‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 53 sur 170 · VINGT-HUITIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité de l'hémisphére gauche. — Exhalation séreuse abondante de toute la sur-

face de l'arachnoïde. — Petite quantité dans les ventricules.

Deuxième période. — Le 7 mars 1814, on apporte à l'hôpital Saint-Louis un hussard alsacien entièrement privé de connaissance : à l'exception du délire qui était violent , les autres symptômes

ne présentaient pas une grande intensité ; la face était légèrement animée , les yeux assez rouges, sans être saillans, la langue nette, la respiration libre, le pouls peu fréquent; cependant l’artère avait une sorte de roideur qui la faisait résister à la pression du doigt; l'agitation était très-sensible, mais les mouvemens des membres n’avaient rien de brusque ; le délire était caractérisé par de la loquacité , sans aucune espèce d’emportement furieux.

Le 8 au matin, le malade commença à chanter, ce qu'il fit toute la journée ; dès qu'on l'interrogeait , il se taisait aussitôt. Les autres symptômes prirent un caractère plus aigu dans la soirée ; les veux devinrent plus rouges ainsi que la face, la langue se couvrit d’un enduit brunâtre à la partie moyenne, elle se sécha; la respiration devint plus fréquente ei comme entrecoupée ; le pouls battait soixante-quatorze pulsations par minute, 1l.était fort et vibrant ; le décubitus était extremement variable, le malade changeait à

chaque instant de position. — Petite saignée à la jugulaire ; glace sur la tête ; pédiluves, — Nuit

très-agitce.

Le 9: le délire persistait, mais il n'avait plus le même caractère; a langue était brunâtre et aride ; les dents sèches, les yeux injectés, supportant difficilement la lumière ; déglutition très-

ss consüpation opiniâtre ; urines abondanes ; point de changement dans le pouls.

Glace sur la tête ; sinapismes aux pieds ; lavement laxatif.

Troisième periode. — Le 10, les symptômes deviennent plus alarmans ; depuis la veille au soir , le malade était dans une sorte d’assoupissement ; la face était pâle, les yeux ternes et comme enfoncés dans les orbites ; la langue sèche et immobile ; la respiration entrecoupée par des hoquets ; carphologie ; pouls faible, facile à dé. primer ; extrémités couvertes d’une sueur vis- .queuse.— Vésicatoires aux jambes ; vingt-quatre grains de camphre dans une potion.

Le 11: coma profond; respiration courte et stertoreuse; pouls faible 'et intermittent ; extrémités froides et livides. Les symptômes se prolongent jusqu’au moment de la mort qui arrive le lendemain 12, malgré l'emploi d’un vésicatoire à la nuque.

Ouverture du cadavre. — 1°. Inflammation de l’arachnoïde qui recouvre l'hémisphère gauche du cerveau ainsi que la partie postérieure. Les vaisseaux de cette membrane étaient imjectés, et elle-même était considérablement épaissie.

20, Une sorte d’épanchement séreux baignait la surface intérieure; il se trouvait plus particulièrement accumulé vers la base du crâne...

3°. Les ventricules latéraux contenaient à peine une petite cuillerée de liquide.

4°. La pie-mère était légèrement infiltrée de sérosité. La substance cérébrale était ramollie et comme imbibeée de sérosité. Celle du cervelet offrait la même disposition.

Le poumon gauche était rempli d’une foule de petits grains transparens. — La rate avait un volume double de celui qu’elle a ordinairement. — Les autres viscères étaient sains.

(Dr. Biett. Dissert.)

180. La première période n’a point été observée, et c'est dans le cours de la deuxième seulement que ce malade fut conduit à l’hôpital. Néanmoins les phénomènes qui existaient alors, portaient assez bien les caractères de l'arachnitis, pour qu'on püt reconnaître cette phlegmasie et même le siége de la région afiectée. En effet, si l'agitation des membres , la rougeur de la face et des yeux, l’irritabilité de la vue, la dureté du pouls, la constipation dénotaient une arachnitis, le délire spécifiait la convexité des hémisphères, ce que le coma de la troisième période vient confirmer; ce derniersymptôme reconnait,comme nous l’avons déjà dit, deux causes qui agissent concurremment , l’exhalation de la séreuse , plus abondante à cette époque de la maladie , et le

(520 collapsus dans lequel tombe Vlencéphaie, résultat de la forte excitation éprouvée par ce dernier.

181. Quoique l’arachmitis ait dominé sur l’hémisphère gauche, nous ne retrouvons point de symptômes partiels qui aient pu, durant la vie du malade , faire soupçonner son existenee. Ceci rentre dans ce que nous avons déjà eu occasion d'avancer sur l’inconstance des lésions partielles de l'appareil locomoteur , et que nous examinerons plus tard avec quelque détail.

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