‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 69 sur 170 · QUARANTE-CINQUIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUARANTE-CINQUIEME OBSERVATION

Arachnitis légère des ventricules latéraux.—Sérosité dans ces cavités.

Un marchand du Temple , âgé de vingt-deux ans, d’une constitution nerveuse, ayant le teint pâle et les cheveux blonds, éprouvait un fort rhume depuis le commencement de septembre 3817. Dans les premiers tems, il n'y fit que peu d'attention et n’en continua pas moins à s’exposer aux injures dutems. Vers les premiers jours d’ociobre il survint du dévoiement et bientôt des vomissemens abondans de mucosités , lesquels continuèrent jusqu'au moment où il fut eonduit à l’'Hôtel-Dieu, le 18 octobre.

La poitrine ayant été explorée, parut donner un son mat en avant ; 11 y avait de la toux, une expectoration abondante , la face était décolorée et le sujet paraissait dans un état de morosité. On crut à l’existence d’une pneumonie latente, et l’on prescrivit en conséquence une saignée et douze sangsues sur la région inférieure et droite du thorax qui était sensible.

Les vomissemens contimuèrent tous les jours Q ” 4 ? Fe suivans; mais en général on ne portait que peu d'attention à ce malade qui, sauf un état de langueur et d’abattement, ne paraissait pas grave-

(271) inentaffecté. — Des sangsues furent appliquées à différentes reprises.

Dans la soirée du 23, il se plaint de céphalalgie; les réponses deviennent incohérentes, et la nuit, au dire de ses voisins, il eut du délire.

Troisième période. — Le 24 : perte de connaissance complète ; sensibilité générale trèsdiminuée , mais permettant encore de sentir le pincer; convulsions générales des membres et de la face, avec des intervalles de courte durée; renversement de la tête en arrière ; paupières couvrant à moitié le globe des yeux qui est renversé en haut ; la paupière gauche est presque complétement paralysée. — Saignée.

Le 25: continuation des convulsions avec rigidité; elles ont lieu particulièrement dans certains momens ; alors les muscles du col deviennent roides ainsi que ceux des machoires : contraction forte des doigts de la main droite, de sorte qu'ils se trouvent enfoncés dans la paume de la main : mouvemens spasmodiques d’élévation et d’abaissement du larynx; chaleur générale peu élevée: pouls fréquent ; écume à la bouche ; langue sèche; respiration stertoreuse. Mort dans la journée.

Ouverture du cadavre. — 1°. L’arachnoïde de la convexité des hémisphères, paraissait rouge au premier aspect; elle était injectée ; mais après avoir été lavée, on s’assura qu’elle était dans un

(272) | étatsain, ne présentant ni épaississement m1 roû* geur, ni opacité; elle était couverte de sérosité peu abondante.

20, Les veniricules latéraux contenaient à peu près deux onces et demie d’un liquide transparent sans flocons et limpide : mais l’arachnoïde qui les tapisse nous parut présenter un léger état peu pulvérulent.—Le cerveau, le cerveler, la protubérance, la moëlle allongée étaient dans leur état naturel.—Tubercules dans le sommet des poumons. — Muqueuse gastrique rosée, contenant un mucus abondant. — Intestins sains.

2o1. Ce fait se rapproche beaucoup de l'arachnitis des enfans, tant par la manière brusque avec laquelle éclatèrent spontanément les symptômes de cette maladie, que par la qualité de ces mêmes symptômes. En effet, une perte de connaissance accompagnée de convulsions générales des muscles de la face et des membres, survient presqu’inopinément après quelques heures de délire. Comme ce dernier symptôme , le délire, eut lieu pendant la nuit, etque nous n’en eûmes connaissance que par le dire des voisins du malade, on peut très-bien penser que les différens spasmes ont apparu en même tems que [ui,::ce qui nous représente alors une troisième période survenant pendant le cours d’une première ; en effet, nous pensons qu'il existait déja chez ce

Sujet une arachnitis des ventricules, assez légère à la véfité pour qu’une partie de ses caractères ne fût point ou presque point sensible, mais à laquelle cependant doivent être rapportés les vomissemens qui avaient lieu depuis près de quinze jours , et peut-être l’état de morosité du sujet. Nous observerons » par rapport à cet état latent de la première période, qu'il existait une phthisie pulmonaire, etque les complications thoraciques ou abdominales masquentune partie des phénomènes arachnitiques, comme on s’en assurera à l'article des complications non cérébrales. Nous ne voulons point décider si c’est à l'exhalation spontanée de la sérosité trouvée dans les ventricules , ou seulement si c’est à une irritation, à un nouveau mode de sensibilité dé veloppé subitement dans l’encéphale, et dont Ja cause première paraît appartenir à la phlegmasie préalable de la séreuse de ces cavités, que doit être attribuée l’explosion des accidens du 24 octobre; nous croyons que l’une et l’autre causes peuvent y être pour beaucoup, d’après la ressemblancequi existe entre cette attaque et celle que l’on observe dans la simple hydropisie des veniricules, dans l’arachnitis de la base et dansles épilepsies.

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