‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 68 sur 170 · QUARANTE-QUATRIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUARANTE-QUATRIEME OBSERVATION

Arachnitis de la base.—Sérosité dans les ventricules.

Marie Magne , femme Léger, âgée de vingtsix ans, avait éprouvé pendant toute la première quinzaine de juillet 1820, de vives douleurs de iête. Le 28 du même mois, ses règles se supprimérent à la suite d’une frayeur.

Première période. — Vans les premiers jours de septembre , forte céphalalgie. Entrée à l'H6tel-Dieu ; elle fut placée à la chinique.

Le 6 : céphalalgie lancinante, très-vive , se faisant sentir dans toute la région supérieure de la iête ; rougeur des conjonctives ; bouche amère ; langue blanche; nausées; pouls à peine fébrile ; état général peu altéré. — Décoction de tamarin.

Deuxième période. — Le 7: facultés intellec-

tuelles très-libres ; continuation de la douleur de tête; lenteur physique et morale.—Ipécacuanha.

Les 8, g et10:la céphalalgie persiste à peu près au mème degré ; l’appareil locomoteur est parfaitement libre ainsi que l’état de l'intelligence ; la chaleur est peu développée.

Le 11 : affaissement plus marqué ; facies plus ‘altéré ; toujours céphalalgie vive. — Vésicatoire à la nuque. 6

Le 12 : assoupissement dont on retire facilement la malade ; lenteur dans les réponses.

Troisième période. — Le 13: abattement plus considérable ; état adynamiforme ; intelligence libre ; assoupissement ; fréquence du pouls ; diminution de l’opthalmie. — Julep antispasmodique avec extrait de quinquina ; tamarin.

Le 14:la malade parait un peu moins affaissée; elle répond un peu plus facilement, montre bien sa langue ; les paupières sont presque continuellement fermées ; les pupilles sont à peine contractiles , et ne sont point sensiblement dilaices ; les membres supérieurs sont également flasques des deux côtés, mais non pas paralysés ; la peau n’a point de chaleur ; la sensibilité générale est très-peu prononcée ; le pouls conserve un peu de fréquence: le décubitus est en supination. — Tamarin , julep extrait de quinquina ; lavement camphré ; vésicatoire sur le

cuir chevelu. Mort dans la journée sans délire sensible.

Autopsie cadavérique. — 1°. L’arachnoïde qui tapisse le carré des nefs optiques et la partie située au devant de la protubérance annulaire , était épaissie, plus difficile à rompre que dans l'état naturel, et pénétrée d’une sérosité citrine assez épaisse : cette infiliration était tout-à-fait semblable à celle qui résulte de l'applicauon du vésicatoire.

2°. La portion d’arachnoïde qui recouvre les hémisphères cérébraux, présentait çà et là quelques légers épaississemens très-peu sensibles ; mais ces épaississemens l’étaient beaucoup plus sur certaines anfractuosités où 1ls suivaient les

vaisseaux et ne présentaient eux-mêmes que de simples trajets linéaires : larachnoïde, dans ces endroits , était opaque, infiltrée de sérosité, ce qui n’était bien appréciable que dans l'intervalle des circonvolutions où la séreuse est plus facile à examiner : en général tout ceci n’était qu'excessivement léger.

3°. Chaque ventricule latéral contenait environ une once de sérosité citrine avec de légers flocons albumineux. Leur membrane examinée avec soin, ne présenta ni granulation nt épaississement. Les plexus choroïdes contenaient l'un et l'autre un kiste séreux de la grosseur d'une tête

d’épingle , lequel renfermait de petites concretions. |

4°. Une once et demie de sérosité était épanchée à la base du crâne. — Le cerveau était en général mou, il se déchirait avec facilité ; la voûte à trois piliers était très-ramollie et présentait sa blancheur naturelle.— La plèvre gauche offrait des granulations dans toute son étendue. — Viscères abdominaux, sains. | 197. Le ramolissement de la voûte à trois piliers ne nous à pas empêché de placer cette observation dans cette série des arachnitis simples. Il paraît en effet n’avoir déterminé par luimême aucun symptôme. Nous croyons pouvoir citer ce fait comme un tÿpe d’arachnitis de la base, chez les adultes ; nous y trouvons tous les caractères que nous avons assignés à cette région.

198. Ici se terminent les faits particuliers re- Jatifs à l’arachnitis de la base: nous n’avons pas cru devoir ajouter des réflexions à chacun de ces faits, surtout pour ceux qui se trouvent au comméncement de cet article et qui ont eu lieu chez des enfans : en effet, ce sont toujours les mêmés phénomènes, et ce que l’on a dit de l’un se trouve applicable à tous les autres. Ce sont toujours des lésions du globe de l’œil, dés convulsions des membres, le renversement de la tête en arrière , coincidant avec un assoupissement plus ou moins

profond.

199. Nous allons passer actuellement à l’examen de l’arachnius des ventricules ; nous allons voir que cette inflammation ne se borne presque jamais à ces seules cavités de l’encéphale, et que, dans la plupart des cas, les diverses autres régions de l’arachnoïde y prennent part: aussi est-ce pour applanir les difficultés dans ces nouvelles recherches , que nous avons traité de la base immédiatement après la convexité , afin de pos-

séder le plus de connaissances possibles, et d’être

plus à même de distinguer les nouveaux phénomènes qui pourraient appartenir à l'arachnitis des ventricules, de ceux qui nous ont été fournis par les autres régions, si toutefois cette région de l’arachnoïde enflammée a des caractères qui lui sont propres.

Ç LIL. rachnitis des ventricules.

200. Si nous sommes parvenus jusqu'ici, à déterminer les caractères qui distinguent larachnitis de la convexité de celle qui affecte la base, nous sommes obligés d’avouer que nos recherches sont beaucoup moins satisfaisantes, relauvement à celle qui se développe dans les venticules. En effet, cette dernière arachnitis se trou vant dans le plus grand nombre des cas, combinée à celle de la base et très-souvent même à celle de la convexité en même tems, il devient très-difficile de reconnaitre les symptômes qui Jui

sont propres. Nous n’avons pas été cependant sans l’observer bornée aux seuls ventricules , et nous nous sommes assurés qu'aucun signé particulier, aucune manière d’être, ne pouvait la faire distinguer de celle qui est propre à la base : ce sont toujours la céphalalgie, des vomissemens, le renversement de la tête et les différens spasmes des membres, l’assoupissement , la Constipation et D nietoe le manque de fréquence du pouls, tous symptômes que nous avons déjà vus appartenir à l'arachnitis de la base. Le petit nombre de sujets chez lesquels nous l’avons rencontrée seule,

nous donne lieu de penser qu’elle est due à la violence de la cause arachnitique, et peut-être aussi à une susceptibilité particulière de la sé— reuse de ces cavités. La violence de la cause détermine l’inflammation de tout l’ensemble de la séreuse , tandis que la susceptibilité individuelle détermine l’arachnitis des ventricules. Dans le plus grand nombre des cas où cette phlegmasie est intense et fort étendue, la membrane des venticules n’y prend nulle part, son exhalation seule est augmentée.

Les faits que nous allons citer, comme ceux que chacun peut observer dans sa pratique parüculière , confirmeront ce que nous venons de dire sur l’arachnitis des ventricules.

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