CINQUANTE-DEUXIEME OBSERVATION
Arachnitis des parties latérales, de la base et des quatre ventricules.Sérosité floconneuse dans ces
cavités.
Un homme de quarante-six ans, d’un tempérament sanguin , adonné aux boissons spiritueuses, éprouve de vifs chagrins.
Le 14 août, il se plaint d’un malaise général , de coliques, d’une douleur assez vive au front et à l’occiput, laquelle s'accompagne de surdité de oreille gauche et de soif, sans chaleur de la peau ni fréquence du pouls. — Lavement. — Nuit agitée.
Le 15, deuxième jour : la céphalalgie se concentre vers le front ; des évacuations abondantes font cesser les coliques. — Application sur la tête de compresses trempées dans de l’eau froide ; pédiluves. — A trois heures de l’après midi, mou vemens convulsifs spontanés ; renversement des yeux; délire violent; vociférauons. À huit heures , cessation des cris ; soubressauts des tendons ; roideur des membres ; sensibilité au pincé; nulles réponses ; respiration tranquille, par fois suspirieuse. Adix heures pouls sans fréquence, régulier; face ni pâle ni injectée ; chaleur naturelle ; régurgitation de la boisson. — Lavement antispasmodique ; sinapismes aux pieds. —Même état la nuit.
Le 16 : entre huit et neuf heures, 1l recouvre momentanément connaissance, il mdique la poitrine, comme étant la plus affectée. A dix heures et demie, assoupissement profond ; hoquet; vomissement de matières jaunâtres. À midi on le transporte à la charité. — Saignée du pied. — On croit observer moins de signes de sensihi-.
Bté du côté droit et une plus grande dilatation de la pupille gauche ; respiration fréquente, labo rieuse; mucosités écumeuses dans la bouche ; pouls intermittent. Mort à huit heures du soir.
Ouverture du cadavre. — 1°. Les méninges injectées offraient à la face inférieure et sur les côtes du cerveau des traces d’une inflammation manifeste. Une matière puriforme ürant sur le jaune et sur le vert, tenant le milieu pour la consistance, entre les liquides et les solides, était interposée entre l’arachnoïde etla pie-mère. L’inflammation s’étendait à toute l’arachnoïde de la moëlle allongée.
Les ventricules latéraux contenaient chacun, deux à trois onces d’un liquide louche, semblable à du petit lait clarifié, dans lequel nageaient quelques concrétions albumineuses ; un Liste semblable, mais en petite quantité OCCU— pait le troisième et le quatrième ventricules. — L'’arachnoïde spinale était saine.
— Poumons sains. — Estomac contenant sept à huit onces d’un liquide trouble et brunûtre. légère rougeur de la portion de la muqueuse qui avoisine le cardia.
( Dr. CnomEz. Journal de Medecine. )
( 294 ) $ IV. Ærachnitis générale.
205. Le diagnostic de l'arachnitis augmente de difficulté, lorsque l’inflammation envahit une grande étendue de la surface de la séreuse qui en est le siége : alors les symptômes se combinent de différentes manières, selon la prédominance du lieu enflammé. Ainsi, lorsque la phlegmasie domine sur la convexité des hémisphères cérébraux, ou ce quis’y rattache essentiellement, lorsqu'elle existe surles parties latérales de ces mêmes hémisphères, les symptômes se rapportent principalement à ceux que nous avons assignés à cette ré gion, à la convexité; lorsqu’au contraire c’est vers la base que l’inflammation est la plus intense, la forme comateuse chez les adultes, et la forme spasmodique chez les enfans, se prononce davantage. Nous n'avons pas observé que l'inflammation générale, fut suivie d’une mort plus prompte que lorsque la phegmasie est bornée à la seule convexité ou à la base.
L'inflammation générale appartient spécialement aux adultes, et quoique nous ne citions pas dans cet article , plus d’adultes que d’enfans, on n'a qu'à jeter un coup-d’œil sur la masse des faits dont se compose cet ouvrage, pour s'assurer que ces derniers ne présentent presque jamais l’arachnitis de ja convexité jointe à celle de la base,
ce qui est au contraire excessivement commun chez les premiers. L'inflammation des ventricules rentre essenticilement dans celle de la base
‘comme nous l’avons vu précédemment. Il nous suffira donc de quelques faits pour prouver des propositions que la plus grande partie de nos observations confirment.