NOMBRE
I)K8 PAB0I88KB
ayant es écoles.
les écoles de fliles.
par es curés.
NOMBRE DES PAROISSl
AYANT DBSicOLn TENU»
ni3 -
Doyenné d'Aumale
— de Gisors
- de Neufchâtel. . .
— de Canville . . . .
— d'Eu
— de Pavilly
de Meulan et de
Pontoise . . . .
de Bacqueville . .
de Brachy
de Foucarmonl. .
de Bourgthe ronde.
du Havre
des Loges
de Pont-Audemer.
de Magny
d'Envermeu. . . .
de Bray
de Valrnont. . . .
de St-Georges. . .
de Fauville . . . .
de Sl-Romain . . .
de Longueville . .
de Ry
de Cnilly
de Cbaumont . . .
Totaux
Manquent les doyennes de La Gbrétienté , de Baudemont, de Gamaches et de Périers. Sur
1159 paroisses visitées dans les autres doyennés, on trouve quMI y en avait SO/i absolument privées d'écoles, 850 sans écoles de filles. Mais il Taut observer, pour établir une comparaison juste entre cette époque et la nôtre , au point de vue de rinstruction publique , que le nombre des municipalités équivalant, à Torigine, à celui des paroisses, est tombé, dans le département de la Seine-Inférieure, par suite de réunions successives de plus de 1000 municipalités où il était en 1790, à 759, chiffre actuel. Aux premières années du règne de Louis XV, il y avait plus de clercs à tenir les écoles que de vicaires et de curés. Peut-être cent ans plus tôt aurait-on con-^ staté le contraire. Vers la fin du XVIP siècle encore, certains vicaires n'obtenaient de gages de la paroisse qu'à la condition d'instruire les enfants. Le 31 octobre 1669, le sieur de Buci, seigneur de Merval , donna à la fabrique dudit lieu une maison avec jardin et 2ili0 liv. de rente pour un chapelain qui célébrerait chaque jour une messe basse et ferait gratuitement l'école. En 1693 , les habitants du Bec-Grespin , en promettant 50 liv. par an pour la condition du vicaire , retinrent qu'il serait tenu de faire l'école aux enfants (1).
(4) La même maison servait asseï fréquemmeDt d*école et de vica-
Partout, à très-peu d* exceptions près, la condition des maîtresses d'écoles laïques était précaire. Les fondations étaient en petit nombre et , comme on disait alors , il y avait peu d'écoles réglées. Nous avons vu que plusieurs demoiselles, notamment au Fossé, à Hodeng, à Ëtrépagny, se chargeaient de F instruction des filles par un sentiment de charité. C'était un salutaire exemple, qui ne pouvait avoir pour effet que de relever, dans l'opinion publique, une profession qui avait droit à Testime et à la sympathie. Quant aux clercs, leur traitement variait suivant les localités : il leur était fait ici par le curé , là par le trésor ou la fabrique , ailleurs par la communauté des habitants. Parfois ils avaient leur logement dans une maison de Téglise paroissiale , et on leur abandonnait les fruits du cimetière et des rues communales. 4 ces divers avantages , il faut joindre ce qu'ils quêtaient dans la paroisse et des droits d'écolage, en général fort peu élevés. En résumé, les procès-verbaux des visites pastorales, oii nous avons puisé les éléments de notre stati-
rial ; quand on le pouvait , on rétablissait dans le cimetière. F. Caillol Coqueromonr, Terrier de Trouville, vicomte de Caudebec, aux Arch. de la Seine-Inf. c Le cimetière de la paroisse sur lequel est bfttie Téglise, le vicariat et un autre corps de bâtiments servant à tenir les petites écoles. >
stiqiie, nous montrent la société, de 1710 à 1720, à une grande distance de la perfection en Tait dMnstruction publique à Tusage du peuple des campagnes ; mais aussi ils attestent de louables efforts pour arriver à ce but , et Ton pouvait prévoir que, naturellement et sans secousse , on s'en serait rapproché de jour en jour. Il est visible que le goût pour renseignement était en progrès, et que partout il y avait une noble émulation pour sortir de Tignorance. Les garçons des paroisses oii il n'y avait point d'écoles allaient , en général , à celles des paroisses voisines , et dans un certain nombre de lieux, les filles privées encore de maîtresses spéciales, essayaient de se Taire recevoir chez les maîtres avec les garçons. On signale à Tarchevêque Mgr d'Aubigné, 8 paroisses dans le doyenné de G ha u mont , pareil nombre dans le doyenné des Loges , 6 dans celui de Valmont , Il dans celui de St-Romain , 20 dans ceux de Meulan et de Pontoise, où les clercs se permettaient d'admettre les petites filles à leurs classes. L'archevêque le leur défend expressément et sous peine d'interdit (1). Partout il en-
Ci) calendes du cUoc^ de Rouen, 1692. A Yfelol, défense de recevoir les filles à Pécole des garçons; la défense ser.i publiée au prône. Arch. de la Seioe-Inf. G. 706. — i697. Au Beo-de-Morlagne , défense de recevoir aucune fille dans Técole des garçons ; les curés
joint aux curés d'aviser aux moyens d'établir deux écoles séparées et réglées, Tune pour les
sont exhortés à empêcher cet abas. /6. G. 707. — 1698. A Âuiebosc , même défense. Ib. G. 708. — 170A. A Sier?ille et k Braqueluit, défense aux vicaires de recevoir les filles avec let garçons. Ib, G. 710. >- Il en était de même dans toute la Normandie. Statuts publiés par. Mgr de Nesmond , évéqoe de Bayeux, dans son synode de 1662 : « Nous défendons aux maîtres de recevoir des filles dans leurs écoles, à peine de suspense pour les ecclésiastiques et d'excommunication pour les laïques, et aux mattresses de recevoir des garçons , sous les mêmes peines. » D. Bessin , Concilia Norm, , pars iecunda^ p. 253. — Statuts synodaux de Mgr Gabriel-Philippe de Froullay de Tcssé, évêque d*Avranches , 1682: t Nous défendons expressément de recevoir en même école les garçons et les filles. > Ib, , p. 3â0. — Statuts de Henri de Maopas du Tour, évêque d'Êvreux , 166Â : t Nous ordonnons que dans toutes les villes, les filles, quelque jeunes qu'elles soient, ne soient point enseignées aux écoles des hommes, ni les garçons en celles des femmes. • /6. , p. A23. — Statuts de Mgr Jean Forcoal, évêque de Sëez , 167Â : « Nous défendons aux hommes de recevoir chez eux les filles, et pareillenieni aux femmes de recevoir les garçons. > Ib. , p. ÂA6. — Mandement de Tévêque de Lisieux, août 1730. Lisieux, chez Jacques Aulney du Honceray : « Art. 1. Enjoint aux doyens ruraux de veiller à ce qu'on fasse le catéchisme... , à ce qu'on tienne les petites écoles et que les filles soient instruites dans une école séparée de celle des garçons. » On peut signaler des dispositions analogues dans les statuts de tous les diocèses. Dès le 19 mai i628, un arrêt du Parlement de Paris avait défendu aux maîtres d'enseigner les filles et aux maîtresses d'enseigner les garçons. Mémoires du clergé, L I, p. 1056. — M. Edouard La Boulaye, dans son livre: Paris en Amérique, soutient cette thèse étrange, qu'il est avantageux que les filles soient élevées avec les garçons. Il est à désirer et à croire. Dieu merci, que des considérations très-légères, quoique présentées avec esprit , ne l'emporteront pas sur les leçons d'expérience et sur
garçons, l*autre pour les filles. Le vœu du GouveriiemeDt et de T Église était qu*il y eût des écoles pour ces dernières dans toutes les paroisses, à moins que la population ne fût trop peu considérable. Aussi trouve- ton très-fréquemment exprimé ce regret dans les procès-verbaux des visites pastorales : « Pas d'écoles de filles , bien qu'il y ait 100 communiants. »
Le nombre des écoles s'accrut notablement dans le cours du XVIII* siècle. On conserve à l'archevêché les procès-verbaux des visites archidiaconales du Grand-Gaux faites , en 1750 , par Claude-Louis Rose , vicaire-général. Ces procèsverbaux, dressés sur des questionnaires imprimés, contiennent des réponses à diverses questions, dont quelques unes seulement sont à noter ici : « S'il y a un vicaire, — s'il fait son devoir, — s'il fait exactement les catéchismes , — s'il tient les petites écoles ? — S'il y a un maître et maîtresse d'école et une sage-femme approuvée? —
rautorilé des personnes les plus graves el les plus dévouées aux intérêts de Tenfance. Nous (préférons au sentiment de M. La Boulaye celui de Bourdoise. Le seigneur de Boin?illiers voulant confier aux prêtres de St-Nicolas les écoles de filles qu'il venait d'établir, Bourdoise refusa : • II est indécent et dangereux , dit-il , que les hommes enseignent les filles el les filles enseignent les hommes. » Vie de Bourdoise^ déjà citée, p. 177.
SMl y a un clerc maître d'école ? • On constate par ces documents que dans le doyenné de St- Romain , sur kO paroisses , il y en avait 36 qui possédaient des écoles; 31 étaient tenues pour les garçons par des clercs , li par des maitres ,
I , celle d'Etainbus, par le vicaire. Il n*y avait de maîtresses d'école qu'à Gonfreville-l'Orcher (deux sœurs d'Ërnemont) , Grosmesnil , Gaineville, St-Aubin-des-Cercueils et St-NicoIas-de-la- Taille. II n'y avait d'école d'aucune sorte à Loiselière , paroisse de 80 communiants et de 6 religionnaires ; à St-Jean-des-Essarls, paroisse de 50 communiants et d'un nombre égal de religionnaires ; à St-Laurent-de-Brèvedent, paroisse de 350 communiants et de 6 religionnaires. Dans le doyenné du Havre, sur 38 paroisses, il y en avait 32 qui possédaient des écoles ; 27 étaient tenues pour les garçons par des clercs, 5 par des maîtres ; aucune n'était tenue par des vicaires ou des curés.
II n'y avait d'écoles de filles qu'à Bléville (sœur d'Ërnemont), Goderville, St-Jouin, Ingou ville. Il n'y avait d'école d'aucune sorte à Beaurepaire, Ecuquetot , St-Supplix , Leure , Raimbertot , Tennemare. Mais les enfants de Leure allaient aux écoles du Havre, et ceux de Raimbertot, à Buglise. Nous nous en tenons à ces deux doyennés. Les autres nous fourniraient des résultats à peu près
semblables (1). En 1757, sur 17 paroisses du doyenné de Ry el 15 du doyenné de Cailly, pour lesquelles nous avons les procès-verbaux des visites archidiaconales , il s'en trouve 11 encore où il n'y avait pas d'écoles. En 1759, sur 23, 5 sont mentionnées comme en restant privées (2). Mais à rapproche de la Révolution , un progrès considérable se réalise, à en juger par le district de Rouen, où Ton comptait, en 4790, sur 102 communes pour lesquelles on a des renseignements , 13 seulement où il n'y avait pas d'écoles: Sahurs, St-Aubin-jouxte-Boulleng , Cléon , Epreville, I^ Pommeraye , St-Denis de Bondeville , Ormesnil , Tendos , Esteville, Yquebeuf , Collemare, St-Germain etSt-André-surCailly. Le nombre des maîtres laïques, sans charge à l'église , s'était accru au préjudice de celui des clercs, de même que, dans la première moitié du même siècle, le nombre des clercs s'était accru au préjudice de celui des curés ou des vicaires maîtres d'école. Cependant des vicaires ou chapelains remplissaient encore les fonctions d'instituteurs à St-Martin-du-Vivier, Canteleu, Hénouville, Quevillon, Yville, St-Aubinla-Poterie, Servaville , Morgny, La Rue-St-Pierre
(1) Arch. de rArchev.
;2) Arch. de la Seioe-InC F. de rArche?.
et St-Jean-siir-Gailly. Le curé s'en chargeait à Cordel le ville , Grugny , St-Crespin du Becquet. L'instituteur du Petit-Couronne avait 300 liv. de traitement en vertu d'une délibération des paroissiens , qui portait que chaque feu qui enverrait des enfants à l'école aurait à payer 3 liv. Celui de Roncherolles-sur-le- Vivier , qui était en même temps clerc de l'église , avait 300 liv. , réparties au marc la livre sur tous les contribuables ; il avait, de plus, une maison construite pour lui près de l'église et les fruits des arbres du cimetière. Celui de Préaux touchait les revenus d'une somme de 2,080 liv. donnée, en 1728, par le sieur Lamulle, curé. Celui de Boislevêque prenait 100 liv. sur le trésor et les fruits du cimetière ; il avait, de plus, son logement et l'écolage. Le dernier abbé de St-Ouen , M. de Brienne, ayant obtenu du roi Tautorisation de vendre la réserve de la Forêt- Verte, à condition d'en employer le prix en œuvres pies , avait fait choix d'un emplacement pour y construire une école, quand la Révolution éclata et fit tomber cette fondation. A Martainville-sur-Ry, l'école de filles avait élé fondée , dès i 61 k , par les aumônes de Louis Castel dit La Bruière , auxquelles s'ajoutèrent celles du curé, Henri Dergny, 1676-1681, et d'Anne de Pardieu. Au
Petît-Quevllly , en 1772, Jean-Baptiste Mesnard , prêtre de la congrégation de la Mission de St- Lazare de Paris , avait donné 187 liv. de rente pour la fondation d'une école gratuite de filles. Les sœurs de la Providence enseignaient à Roumare, où le duc de Penthièvre leur avait fait construire une maison , et à Préaux , grâce à une donation de 3,300 liv. données par le sieur Turgis. Longpaon et Carville avaient chacun une école de frères de St-Yon et de sœurs d'Ernemont. Sotteville avait une école de filles fondée, en 1686, par M. de La Fosse , pénitencier de la cathédrale, mais pas d*école de garçons, bien quMI y eût dans la paroisse plus de 3,000 habitants. Aucun établissement stable pour renseignement gratuit n'avait été fondé à Oissel , ni même à Elbeuf , si Ton en excepte la maison des Ursulines Aussi se plaignait-on de la grande ignorance qui régnait parmi le peuple de cette ville, occupé dès le jeune âge au travail des manufactures. A Houppeville, deux paysans faisaient Técole chez eux , à défaut d'autre occupation. A Eslettes , le clerc enseignait « pour autant qu'il en savait, c'esl-à -dire très-peu de chose » [i).
Les progrès de l'instruction primaire au XVIII*
(4) Arch. de la Seine-Ior. Série L.
siècle sout attestés non-seulement par les états que nous ?eooDs de dresser aussi exactement qu'il nous a été possible, mais par les signatures, d'année en année plus nombreuses, qu'on peut voir à la fin des rôles d'imposition des paroisses. En 1 695 , sept collecteurs de la ville du Tréport , pris évidemment dans la classe aisée, sinon même parmi les notables, déclaraient ne savoir ni lire \\\ écrire (1). Vers le milieu du XVIII' siècle, les écbevins de Caudebec-en-Caux , ville déchue , mais qui avait encore son importance et qui était le si^e de plusieurs juridictions , portaient plainte contre leur maire , allouant que, comme il ne savait lire, force lui était d'avoir recours à sa femme, lorsqu'il s'agissait de prendre connaissance des lettres administratives qui lui étaient adressées (2). De pareils traits dMgnorance n'auraient pu être cités à la fin du même siècle. Ce n'est pas seulement dans les rôles de contribution qu'on en trouvera la preuve , c'est encore dans les tableaux des paroisses pour la nomina*tion des collecteurs , dans les procès-verbaux de nomination de syndics en vertu d'ordres du roi , en 1787; dans les cahiers de doléances des paroisses, en 1789.
(i) Arcb. de la Soinp-Iiif. C. m.
(S) Ib. C. S005.
Le progrès au XVIII* siècle consista non-seulemeni dans Taccroissement du noniire des écoles de garçons, mais encore, et principalement, dans les mesures prises pour assurer la condition des maîtres, et dans la Tondatioii d'écoles spéciales pour les filles.
A cette époque, il est assez ordinaire de voir les habitants des paroisses Taire rendre par Tintendant des ordonnances qui les autorisent à sMmposer annuellement pour Fenlretien des maîtres d'école. La tutelle administrative des communes par rËtat n'est pas un fait nouveau. Ces ordonnances avaient besoin elles-mêmes d'êtœ confirmées par arrêts du Conseil. Elles l'étaient, du reste, sans difficulté. Mais, généralement, on atteignait le but par des fondations et des donations dues à la générosité de personnes pieuses, sans qu'il en coûtât ni imposition à la paroisse , ni subvention au gouvernement. C'est ainsi que se sont fondées presque toutes les écoles de filles de la communauté d'Ernemont, répandues jusqu'au nombre de 1 06 dans le diocèse de Rouen , au moment de la Révolution.
On sentait que , pour l'instruction gratuite de la jeunesse, pour celle des filles notamment, rien n'était préférable aux communautés , pour le bon marché de l'enseignement ot pour la perpétuité
de l'espril religieux qu'on désirait voir régner dans ^ les écoles.
Malgré la défaveur qui s'attachait aloi*s aux gens et aux biens de main-morte , Tadministration ne concevait à Tégard des communautés de Temmes aucun ombrage. Ainsi, à propos de la fondation d'uue école de filles à Oissei, pour laquelle une personne pieuse avait offert âOO liv. de rente, Tintendant écrivait au ministre, en 1756, en le priant d'autoriser les habitants à accepter cette libéralité : « On ne peut pas meltre^^te fondation au nombre de celles qui tendent aenrichir les geus de main-morte au préjudice des autres sujets de l'État « (1).
Vers la même époque, en 1753 , les habitants de Pont-l'Evêque ayant demandé la permission d'accepter la donation qui leur était olFerte par M. de Bailleul, de /i50 liv. de rente pour {ondÊ une école de charité qui serait gouvernée par deux prêtres à sa nomination et à celle de ses héritiers, le comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État , écrivait à ce sujet à l'intendant de la généralité: « Vous examinerés, s'il vous plaist, si un tel establissement, qui tient beaucoup du litre de béiiclice , répond autant que le sieur de
(1) Ârcb. delà Seinc-lnf. C. 91).
Bailleul peut ie penser à ses vues de charité . et si , au lieu de multiplier les directeurs des nouvelles écoles dans la province de Normandie , il ne seroit pas plus convenable et même plus seur pour rinstruction d'appeler à Pontlevéque des frères de Tinstitut de St-Yon. Ce seroit« ce semble, plus conforme à l'esprit de Tédit du mois d'août 1749, . lOjuUlet 1753(1).
Les écoles n'étaient soumises à aucun règlement uniforme , ni pour l'enseignement , ni pour les heuiw des classes, ni pour la nomination des maîtres. Le contrat de fondation faisait loi. Ici , la nomination était attribuée au seigneur patron ; là, au curé et à la fabrique ; d'autres fois, elle était réservée au fondateur et à ses héritiers. Mais , partout, l'école était placée sous l'autorité du chancelier de la cathédrale, sous celle du curé, et, sans exception, sous celle de l'archevêque , en vertu d'édits et de déclarations du roi (2).
(i) Areb. de la Seine-Inr. C. 911.
(S) c Les régens , précepteurs ou maîtres d^écoles des petites villes ou villages seront approuvés par les curés des paroisses ou penoones ecclésiastiques qui ont droit de les nommer ; et où il y aura plaintes desdits maîtres d*écoles , régens ou précepteurs , y sera pourvu par les archevêques etévèques, chacun en leur diocèse. N*cntendons néanmoins pr^udlcier aux anciens privilèges des Universités. • Édit de 1606 , art. 14. — t Les régens , précepteurs , maîtres et maîtresses d*écoles des petits villages seront approuvés par les curés des paroisses ou autres personnes ecclésiastiques qui ont droit de le faire et les arche-
Cependant il parait, par an certain nombre d'exemples, que les maîtres d'école n'étaient
véques oa évéques ou leurs archidiacres^ dans le coars de lear visite, poarroDt les interroger , s*ils le jugent à propos, sur le catéchisme^ en cas qu*ib renseignent aux enfants du lieu, et ordonner qne l*on en mette d*autres en leurs places, s'ils ne sont pas satisfliits de leur doctrine ou de leurs mœurs, ou même en d*autres tems que celui de leur visite , lorsqu*lls y donnent lieu pour les mêmes causes. • Édit du mois d*aTri' 1695, art. S5.— « Traité du gouvernement tfiriiuel et temporel dtê paroiêêes, par M, J***, eonêeilUr au présidial d'OrUanê, 4769 f p. 233 , cb. intitulé : De» ÉcoUm de charité*
Ordonnance de Mgr Colbert : t Comme IMnstroction de la jeuneise est un des plus importants devoirs de la sollicitude pastorale, nous avons un grand interest de choisir avec une attention particulière des personnes capables d*instruire les enfouis > ; en conséquence, il commet Pierre Frechon pour foire Técole de rinstmclion des garçons nouveaux convertis de Dieppe jusqn^à la Calende prochaine, en rendant compte de ce qu*il aura ftit dans sa charge, 2 janvier 1702. — Ordonnance de Mgr d^Aubigné, archevêque de Rouen, contre Bonnel, ci-devant maître d^école de la paroisse d'Oissel; défense à lui folle , sous peine d*interdit, de s^immiscer dans Tinstruction de la jeunesse, ce qui sera publié au prône de la paroisse, 8 octobre i708« — Arch. de PArch. — Placet adressé à S. R. Mgr le cardinal de La Rochefoucauld et à Mgr le grand maître écoUtre de son diocèse par les syndic et principaux habitants de Villers-sur-Aumale^ contre un magisier , du métier de carreleur , qu*ils représentent comme incapable, ne sachant ni lire ni écrire, ni distinguer i d*avec 2 ; il avait été reçu par le curé ; la plainte est jugée calomnieuse.— Information par le doyen de St-Georges, d*après Tordre du vicaire-général, sur un particulier, qui , malgré le curé et au pr^udice du clerc^ voulait s^ingérer de tenir école à S**-MargueHte-aQr-Duclair ; défense de continuer cette école, conformément à Tavis du promoteur du diocèse, 1780. — Ordonnance du même prélat par laquelle il autorise René Delarue, clerc habitué de St-Denis de Rouen, à tenir les petites écoles dans
pas , partout et daus tous les cas , révocables par la seule volonté des curés ou des évèques. En
ladite paroisse, parce que ledit Heoé ne se servira que des calécbismes et livres de piéié approuvés, qu*il instruira les enfants dans la crainte de Dieu , le respect qu*ils doivent à TÉglise et à notre Saint- Père le pape , Tobéissance au roi, la modestie , le bon exemple en toutes leurs actions et les principes de la religion catholique, apostolique et romaine ; 5 août 4767 ). — Ordonnance du même prélat : ■ Vu la supplique du curé de Draqueville, la délibération des trésoriers et habitants de cette paroisse... approuvons Pierre-Jacques Bfallet, clerc tonsuré du diocèse, à Teffet de Paire les fonctions de clerc des sacrements... de tenir les petites écoles pour les garçons sous nolre^ seule et unique dépendance et celle du curé tant pour Tinspection, police et visite des écoles... Défenses à toutes personnes de s*immi8cer à foire les fonctions de clerc et tenir les écoles sans Tagrément du curé... Sera notre piésenle autorisation lue et publiée au prône de la messe paroissiale le dimanche qui en suivra la réception..., aura le logement attenant au cimetière..., Pherbe et les fruits du cimetière..., 80 liv. de gages par an..., pourra prendre des enfans une rétribution honnête suivant Tiisage du pays..., à Texceplion des eofons pauvres qu*il sera tenu d*eoseigner gratuitement, lorsqu'ils seront natifs de la paroisse et qu*ils rapporteront un cerliâcat de pauvreté signé du curé... Deux heures de classe le matin , deux heures le soir ; entretiendra la classe propre et bien ouverte pour en renouveler Tuir après le départ des écoliers... Maintiendra la police et le bon ordre et avertira le trésorier en charge des abus sur lesquels il serait bon de recourir à Tautorilé séculière, 1771. — Consentement donné par Bouchard, curé de St-Patrice de Rouen, à ce que Marguerite Rose tienne les petites écoles, pourvu qu'elle apporte les permissions ordinaires du chancelier, du chapitre ou de M. Tabbé Marescot, vicaire-général, vu Talisence de M. Tabbé Cornet, chancelier, 33 sepL i77à.— Au dos d'un certificat du curé de St-Godard, en faveur d'un maître d'école, autorisation de M. de Goyon, vicaire-général, en ces termes: • On peut expédier au porteur la permission de tenir les petites écoles au Petit-Bouvreuil. On me Ta demandée pour lui, > 1774. Arch. de la Seine-Inf. F. de rArch. — Sur l'autorité du chancelier, v. le premier chapitre de ce mémoire.
1730, uo maitre d'école de Beaumont-le-Roger , ayant donné de justes sujets de plainte par sa conduite , le curé le fit condamner à cesser ses fonctions par ordonnance du juge de police de Lisieux. L'affaire vint par appel devant le Parlement , où nous avons cru inutile de la suivre : « Il est inoui , disait le curé , qu'un aventurier sans famille ni extraction, étranger au pais, s' opiniâtre à vouloir endoctriner et tenir école dans un lien contre le gré du juge de police , du curé, du clergé et de quantité rP honnêtes gens» (1).
(1) ArcU. de la Seino-Inf, F. rie M. f,c ('hovalipr, itncien avocatgénéral du Parlcmnit.
Cac*n. — T>p. f.E BLiNC-HAROKI..