RÉSUMÉ GÉNÉRAL DES EXPÉRIENCES
De toutes les expériences qui précèdent il résulte : 1° Que l'introduction spontanée de l'air, par une ouverture pratiquée à une veine, dans le voisinage de la partie inférieure du cou et de la partie supérieure de la poitrine, là où s'observe le reflux du sang, est un phénomène constant.
2° Que l'air, en s'introduisant de cette manière, produit presque toujours un bruit particulier, qu'on ne peut méconnaître, lorsqu'on l'a une fois entendu, et qu'il est difficile de
92 INTRODUCTION DT. l'AIR DANS LES VEINES.
le confondre avec tout autre, parce qu'il a des caractères distincts.
3° Que l'intensité du phénomène est en proportion de l'ouverture de la veine, de son volume, du voisinage du cœur et surtout de la force de l'inspiration.
4° Que le danger de l'introduction de l'air dans les veines est d'autant plus grand, que l'animal a perdu plus de sang.
5° Que la mort est d'autant plus prompte, que l'animal a souffert plus longtemps.
6° Qu'à l'ouverture immédiate de la poitrine des animaux morts subitement par l'introduction spontanée de l'air dans les veines, on trouve constamment les cavités droites du cœur distendues, ballonnées par de l'air plus ou moins mêlé de sang , tandis que les cavités gauches sont presque toujours vides , affaissées , et ne contiennent que peu ou point d'air.
7° Que la cause de la mort parait devoir être attribuée surtout à l'interruption de la circulation pulmonaire.
8° Que la position verticale favorise souvent l'introduction de l'air, parce que l'animal s'agite et fait de plus grandes inspirations.
9° Que le phénomène peut avoir lieu beaucoup au delà de ses limites, déterminées par le reflux du sang, en canalisant la veine avec un tube.
10° Que l'introduction brusque et forcée de l'air produit presque toujours instantanément la mort, sur des animaux d'espèce et de volume fort différens.
11° Que la compression préalable de la poitrine et du ventre n'empêche pas le phénomène de l'introduction spontanée de l'air.
12° Que l'aspiration de l'air,, par une veine blessée, est
IISTUOPUCTION SPONTANÉE. O.'i
produite uniquement par les parois ihoraciques et nullement par le cœur ni par le poumon.
13° Que l'air sort pendant l'expiration, clans toutes les positions où on place l'animal ; mais que lorsqu'on le met debout, le sang séjourne dans la plaie, s'y coagule et bouche l'ouverture.
14° Que la compression de la poitrine et du ventre, après l'expiration, favorise la sortie de l'air, et en répétant plusieurs fois cette manœuvre, on aide le cœur à se débarrasser de l'air qui distend ses cavités droites.
15° Enfin, que l'aspiration avec un tube et une seringue d<« verre permet d'observer qu'on retire plus de sang que d'air ; mais on peut repousser le sang, garder l'air, et recommencer l'opération, de manière à aspirer presque tout l'air contenu dans les cavités droites du "cœur.