‹ Recherches sur l'introduction accidentelle de l'air dans les veines, et particulièrement sur cette questionChapitre 13 sur 46 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LES MOYENS D'EMPÊ- CHER, D'ARRÊTER OU DE DÉTRUIRE LES EFFETS DE L'IN- TRODUCTION SPONTANÉE DE L'AIR DANS LES VEINES.

Voyons maintenant s'il est possible de trouver, par l'expérimentation, un moyen efficace, d'empêcher ou de détruire le phénomène de l'introduction spontanée de l'air par une veine blessée.

EXPÉRIENCES SUR LES CHIENS

PREMIÈRE EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de l'air par une ouverlure faite à la partie inférieure de la veine jugulaire droite d'un chien, après avoir entouré et serré avec des cordes la poitrine et l'abdomen; aspiration avec une seringue; mort quelques instans après la dernière aspiration ; les cavités droites du cœur étaient remplies de sang écumeux.

Sur une chienne braque de forte taille, on serre d'abord avec force la poitrine avec une corde, puis on découvre la veine jugulaire droite et on la pique dans le point où le flux et le reflux du sang ont lieu. Aussitôt bruit de lapement assez fort. Un instant après, on délie l'animal et le bruit de lapement est extrêmement faible. En tenant les lèvres de l'ouverture écartées l'une de l'autre, l'air s'introduit plus facilement et le bruit de lapement devient plus manifeste. On met l'animal debout et les mêmes phénomènes s'observent. On introduit quelques minutes après, dans la veine jugulaire, un tube d'argent à l'extrémité duquel on fixe une seringue pour faire l'aspiration de l'air. A mesure qu'on fait l'aspiration, la seringue s'échauffe et on est tout étonné de la trouver remplie; les neuf

dixièmes, par du sang, et un dixième par de l'air. Quatre fois, l'aspiration a été ainsi faite, le tube étant au moins jusque dans l'oreillette, et toujours la seringue contenait beaucoup de sang et une très-petite quantité d'air. Par cette action de la seringue, l'animal a perdu environ douze onces de sang. Peu à peu sa respiration s'est accélérée ; déjections alvines ; secousses convulsives; et l'animal est mort peu de temps après la dernière expérience avec la seringue.

Autopsie immédiatement après. — Le cœur est très-gros, l'oreillette droite contient du sang noir non écumeux. Le ventricule droit est plein de sang écumeux couleur chocolat.

L'oreillette et le ventricule gauches contiennent beaucoup de sang rouge.

La veine axillaire gauche contient de l'air ainsi que les veines pectorales et mammaires. La veine axillaire droite n'en contient pas.

Une des veines de la convexité du cerveau contient de l'air. On n'en voit pas dans les autres veines.

DEUXIÈME EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de l'air par une ouverture faite à la partie inférieure de la veine jugulaire droite d'un chien, après avoir comprimé fortement la poitrine et le ventre avec des baudes ; continuation du phénomène après la levée de la compression ; mort au bout de dix-sept minutes ; les cavités droites du cœur étaient remplies de sang écumeux ; les cavités gauches contenaient quelques bulles d'air.

Sur un chien de berger assez grand, on entoure, à 3 heures 19 minutes, la poitrine et l'abdomen avec des bandes que l'on serre fortement et que l'on maintient encore avec de la ficelle; puis on ouvre la veine jugulaire droite à sa partie inférieure ; aussitôt bruit de lapement très-distinct, et quelques secondes après, agitation de la respiration. Deux minutes après, on place l'animal verticalement, et le bruit de lapement devient

beaucoup plus fort et plus fréquent, accélération de la respiration, cris, gémissemens, anxiété, flexion de la tête. On place l'animal sur le dos, et, dans cette position, du sang écumeux sort par la plaie de la veine, ce qui n'avait pas lieu dans la position verticale.

A 3 heures 29 minutes, on enlève le bandage et le bruit de lapement continue. Abandonné à lui-même sur la table, le chien ne se relève pas. Mis par terre, il se relève, se promène, puis tombe. A 3 heures 34 minutes , convulsions , cris , évacuation de l'urine et des matières fécales, hurlemens, flexion de la tête en avant, langue pendante hors de la bouche.

L'animal continue à perdre du sang avec lequel s'échappent quelques bulles d'air.

Cette quantité de sang est assez considérable pour que plusieurs des assistans pensent que l'hémorrhagiea pour beaucoup concouru à la mort.

A 3 heures 36 minutes il est mort, 17 minutes après l'introduction spontanée de l'air.

autopsie. — Bulles d'air dans les veines et dans les artères mammaires, surtout dans celles du côté droit.

L'artère crurale était vide de sang et d'air; la veine crurale contenait du sang écumeux.

Les veines jugulaires et les artères carotides ne contenaient pas d'air.

Bulles d'air nombreuses dans les veines caves.

Au moment où on a piqué la veine cave inférieure, il est sorti, avec une grande quantité de sang, des bulles d'air, et aussitôt après le côté droit du cœur s'est affaissé. L'oreillette et le ventricule de ce côté contenaient cependant encore beaucoup de sang écumeux.Les cavités gauches contenaient quelques bulles d'air.

INTRODUCTION SPONTANÉE. 8t

Sang écumeux dans les artères et dans les veines pulmonaires.

Une valvule existait à une ligne au-dessous de l'ouverture faite à la veine jugulaire. Cette valvule n'avait pas empêché le reflux d'une certaine quantité de sang écumeux.

TROISIÈME EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de l'air par une ouverture faite à la veine jugulaire droite, comme pour une saignée; ligature delà veine; guérison.

Sur un chien de moyenne taille , on t'ait une ponction à la veine jugulaire droite, à un pouce au-dessus de la poitrine. Hémorrhagie abondante, puis introduction de quelques bulles d'air pendant l'inspiration. On écarte le membre antérieur droit, l'ouverture est béante et l'air se précipite avec bruit dans la veine. Ce phénomène est instantané. On ferme aussitôt l'ouverture : la respiration est un peu plus difficile, et après cinq minutes, l'animal est mis de côté.

Dix jours après, il a servi à une autre expérience.

QUATRIÈME EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de l'air par une ouverture faite à la partie inférieure de la veine jugulaire gauche d'une chienne; augmentation des accidens par l'occlusion avec le doigt de l'ouverture de la veine ; mort quinze minutes après : les cavités droites du cœur seules étaient remplies de sang écumeux.

Sur une chienne pleine, on a mis à découvert la veine jugulaire gauche, et 5 minutes après on en a fait la ligature.

A 5 heures 15 minutes, on a ouvert cette veine à sa partie inférieure, au point où l'on voyait le reflux du sang, et aussitôt l'introduction de l'air a eu lieu avec bruit de lapement, léger d'abord, puis après quelques mouvemens de l'animal, dont la respiration est devenue anxieuse et quasi-convulsive, ce bruit a augmenté beaucoup de force et de fréquence. Le claquement

valvulaire sans souffle, entendu avant l'expérience, s'est mêlé d'un bruit humide, et l'animal a éprouvé un grand malaise, s'annonçant par du frissonnement.

A 5 heures 20 minutes, on a bouché avec le doigt l'ouverture de la veine; aussitôt l'animal est tombé dans un état tel que nous le crûmes mort; l'ouverture ayant été laissée libre et ayant même été dilatée et débarrassée des caillots qui l'obstruaient, le bruit de lapement s'est reproduit, en même temps l'animal est revenu à la vie. Cependant, sa respiration était embarrassée et fréquente, commedans le commencement de l'expérience. A ce moment, on a de nouveau bouché l'ouverture de la veine; dès lors la respiration s'est embarrassée, l'animal s'est étendu convulsivement, il a fléchi la tête, a uriné, et il est mort 5 ou 6 minutes après la deuxième application du doigt sur l'ouverture de la veine, 15 minutes après le commencement, de l'expérience.

Autopsie. — Le cœur ne se contractait plus ; il n'offre que quelques mouvemens vermiculaires.

Les cavités droites avaient, par leur distension, un volume triple des cavités gauches. Elles contenaient beaucoup de sang écumeux, tandis que ces dernières ne renfermaient qu'une petite quantité de sang, non mélangé d'air.

Ily avait des bulles d'air, dans les veines cardiaques, et dans la veine sous-clavière gauche.

Un peu d'emphysème existait sur le bord antérieur des deux poumons.

La veine cave inférieure contenait de l'air.

L'orifice auriculo-venlriculaire droit est presque double du gauche.

CINQUIÈME EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de l'air par une ouverture faite à la partie inférieure de la veine jugulaire droite d'un chien ; compression de la poitrine; ligature de la veine -, mort deux jours après ; à l'ouverture faite trente-six heures après, on a trouvé des gaz libres, des bulles et du sang dans les quatre cavités du cœur.

Sur un chien caniche de forte taille, on a ouvert la veine jugulaire droite, à sa partie inférieure, dans un point où avait lieu le reflux du sang. Aussitôt, l'air s'introduit avec bruit de lapement. Après avoir laissé le phénomène se produire pendant un quart de minute, on a comprimé la poitrine brusquement etpar saccade, pendant l'expiration, et fait sortir ainsi, par l'ouverture delà veine, des bulles d'air, et du sang qui était plus rouge que le sang veineux ordinaire.

Deux ou trois secousses] pareilles ont fait sortir une quantité de sang, moindre que la première, sans mélange appréciable de bulles d'air. Entre chaque secousse, le doigt était appliqué sur l'ouverture delà veine, pour empêcher toute nouvelle introduction d'air. On a fait ensuite la ligature de la veine, puis la suture de la plaie, et l'animal, qui 'ne paraissait plus souffrant, a été abandonné à lui-même. Il est mort trois jours après.

Autopsie faite 36 heures après la mort. — Gaz libre et abondant, caillots et sang fluide dans l'oreillette et dans le ventricule du côté droit.

Bulles de gaz nombreuses et sang noir demi-caillé dans les cavités gauches.

Sang fluide et bulles de gaz dans la veine cave inférieure.

Beaucoup de gaz et de sang diffluent dans les artères et dans les veines crurales.

SIXIÈME EXPÉRIENCE

Ouverture des veines crurale et brachiale sans résultat. — Introduction spontanée de l'air par une ouverture faite à la partie inférieure de la veine jugu laire droite d'un chien ; compression de la poitrine ; ligature de la veine ; mort au bout de deux jours; à l'ouverture faite trente-six heures après, les cavités droites et gauches du cœur étaient distendues par des gaz ; elles contenaient en outre des caillots.

Sur un matin de moyenne taille, on a commencé par faire la laryngotomie; ensuite on a ouvert la veine crurale droite et la veine brachiale du même côté, et on n'a observé aucun phénomène , quoiqu'on ait eu le soin de tenir béantes les ouvertures faites à ces deux veines. La quantité de sang que l'animal a perdu, par ces deux saignées, a été évaluée à deux palettes.

17 minutes après, on a ouvert la veine jugulaire droite, à la partie inférieure du cou, et de suite le bruit de lapement s'est, fait entendre. L'auscultation du cœur, dont les battemens étaient, avant l'expérience, précipités mais normaux, a fait percevoir un bruit particulier, indiquant la présence de l'air dans ses cavités. L'animal s'est agité et sa respiration est devenue anxieuse. Au bout d'une minute, on a comprimé la poitrine, puis on a laissé de nouveau l'air s'introduire, et enfin, 17 minutes après avoir ouvert la veine jugulaire, on a terminé l'expérience en liant cette veine. Dès lors, le cœur n'a plus présenté de bruit particulier, et l'animal, mis décote, n'est mort que trois jours après.

Autopsie faite 36 heures après la mort. — L'oreillette droite était fortement distendue; elle contenait de grosses bulles d'air, ainsi que le ventricule correspondant. Les parois de ces deux cavités se sont affaissées aussitôt après leur ouverture.

Les cavités gauches contenaient des caillots noirâtres.

Beaucoup de bulles de gaz dans les veines caves, mam-

maires internes, rénales, et crurales, ainsi que dans l'aorte, les artères iliaque et crurale gauches.

Le tissu cellulaire de l'aisselle était emphysémateux, ainsi que le médiastin postérieur, ce qui était causé sans doute parla laryngotomie.

SEPTIÈME EXPÉRIENCE,

Introduction spontanée de l'air par une ouverture l'aile à la partie inférieure de la veine jugulaire droite d'un chien ; cinq minutes après, on le fait mourir en lui ouvrant la poitrine; on essaie l'aspiration avec une seringue, à l'aide d'un tube placé dans la veine, et on voit que les cavités droites ne s'affaissent que lorsque le tube est introduit jusque dans l'oreillette.

Sur un griffon de forte taille, on met à découvert, à 4 heures 22 minutes, la veine faciale droite, dans laquelle on aperçoit le reflux du sang. A 4 heures 30 minutes, on pique cette veine un peu au-dessus de son embouchure dans la jugulaire. Le sang qui sort par l'ouverture inférieure est un peu plus rouge que celui qui sort par le bout supérieur. Il n'y entre pas d'air, même en tenant écartés avec des pinces, les deux bords de l'ouverture. On pique la jugulaire, au niveau du point où on a piqué la faciale, pour s'assurer si le sang qui vient de la tête est de même couleur que celui qui vient de la face, et on voit qu'effectivement il est semblable. Quelques instans après, on fait sur la même veine une ouverture à un pouce plus bas; il ne se produit aucun phénomène , quoiqu'on tienne l'ouverture béante. On met la jugulaire à découvert, jusqu'à la poitrine; près de celle-ci, on aperçoit le mouvement du sang, coïncidant avec le mouvement de l'oreillette droite. Par la compression de la poitrine, on fait remonter le sang très haut dans la jugulaire. Quand le chien fait de grands mouvemens, la respiration devient très étendue, et alors on aperçoit le flux et le reflux du sang, jusque dans la partie supérieure de la jugulaire. Lors»

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qu'on bouche le nez de l'animal, il n'y a plus ni flux ni reflux; la veine, dans la'^forte inspiration qu'il fait, s'aplatit et se plisse.

A 4 heures 44 minutes, la respiration est accélérée.

A 4 heures 53 minutes, on met à découvert la veine jugulaire gauche,] dans laquelle on aperçoit très manifestement le flux et le reflux du sang. Ces mouvemens cessent, aussitôt qu'on bouche les narines de l'animal, et la veine s'affaisse.

A 4 heures 57 minutes , on fait à la veine jugulaire droite une ouverture dans un point plus rapproché de la poitrine, et l'air s'y introduit avec bruit, lorsqu'on tient écartées les deux lèvres de l'ouverture.

A 5 heures, on fait une nouvelle ouverture à la jugulaire droite, dans un point beaucoup plus rapproché delà poitrine, et l'air y entre, en produisant un bruit très fort; la respiration s'accélère; déjections, mouvemens convulsifs.

A 5 heures 2 minutes, on ouvre le côté droit de la poitrine, et on n'aperçoit dans la veine jugulaire gauche, qui est intacte, aucun mouvement ; l'animal meurt au bout de 2 minutes.

On introduit une sonde de caoutchouc, par la veine jugulaire, jusque dans la veine cave, et on y adapte une seringue, avec laquelle on fait l'aspiration; le côté droit du cœur, qui est très distendu, n'éprouve pas beaucoup de changemens; au contraire, lorsqu'on fait l'aspiration au moment où le tube est introduit jusque dans l'oreillette et jusque dans le ventricule , ceux-ci s'affaissent de la manière la plus évidente. Cette expérience, répétée plusieurs fois, a toujours donné les mêmes résultats. L'oreillette droite continue à se contracter avec force, et à 5 heures 22 minutes, une heure après la mort de l'animal, elle présente encore quelques mouvemens. Sa couleur

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extérieure rouge contraste avee celle de l'oreillette gauche, qui est noire.

HUITIÈME EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de Pair par une ouverture faite à la partie inférieure de la veine jugulaire droite; aspiration avec une seringue; mort une minute après L'aspiration ; les cavités droites du cœur étaient remplies de sang écumeux ; les cavités gauches contenaient un peu d'air.

Sur un petit caniche, on ouvre la veine jugulaire droite, à une assez grande distance de la poitrine ; en maintenant l'ouverture béante, le bruit de lapement a lieu. Un instant après, on bouche cette ouverture, et la veine, qui est isolée dans plusieurs points, s'affaise et se plisse dans l'inspiration. On l'ait ensuite, à cette même veine, une ouverture plus rapprochée de la poitrine. Aussitôt, on entend le bruit de lapement. L'animal est mis debout, il s'agite; le même bruit continue, mais il n'est pas plus fort que lorsque l'animal est couché. Il respire lentement. En comprimant avec force la poitrine et l'abdomen, on l'ait sortir, par l'ouverture de la jugulaire, du sang et des bulles d'air. On bouche les narines , l'animal fait une forte inspiration. Le bruit annonçant l'introduction de l'air est plus fort que précédemment; l'animal s'agite; on comprime la poilrine et l'abdomen, et comme tout à l'heure, il sort, par la jugulaire, de l'air et du sang. La respiration devient accélérée.

On met un tube dans la jugulaire et on cherche à aspirer l'air avec une seringue. Celle-ci est retirée, et contient peu d'air et beaucoup de sang. La respiration est très-gênée à partir de ce moment ; défécation, respiration convulsive, et au bout d'une minute environ, l'animal a cessé de vivre.

11 a perdu, pendant l'expérience, environ huit onces de sang.

Autopsie. — Il y a une assez grande quantité de bulles d'air dans les veines mammaires. Il y en a aussi dans la veine axil=.

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laire gauche. La même veine du côté droit n'en contient pas du tout.

La veine cave supérieure contient du sang écumeux et un peu d'air libre.

L'oreillette et le ventricule droits sont distendus. Il s'en échappe, à l'ouverture, du sang écumeux en grande quantité.

L'oreillette et le ventricule gauche renferment un peu de sang écumeux.

Il y a quelques bulles d'air dans une veine de la convexité du cerveau; on en trouve aussi quelques-unes dans le sinus longitudinal supérieur.

La veine jugulaire gauche contient du sang, mais pas d'air.

NEUVIÈME EXPÉRIENCE

Introduction d'air, à l'aide d'un tube, dans la partie supérieure de la veine jugulaire droite; introduction spontanée de l'air par une autre ouverture faite à la partie inférieure de la même veine; aspiration avec une seringue; guérison.

Sur un chien de chasse mâtiné, de forte taille, on a fait d'abord la laryngotomie, et un instant après on a ouvert la veine jugulaire droite, à deux pouces au-dessus du point où s'apercevaitle pouls veineux; un tube a été introduit par l'ouverture, et l'entrée de l'air a eu lieu aussitôt; néanmoins le phénomène ne s'est pas produit aussi bien que dans d'autres expériences, quoiqu'on l'ait favorisé, en bouchant à diverses reprises les narines de l'animal, pour rendre l'inspiration plus grande.

Un instant après, on a retiré le tube, et à 4 heures 20 minutes, on a ouvert la même veine, à la partie inférieure du cou ; aussitôt, entrée de l'air avec bruit de lapement. Pour favoriser la production du phénomène, on a eu soin de débarrasser l'ouverture y des caillots qui la bouchaient, et de tenir ses bords écartés avec des pinces. Au bout d'une minute, la respiration

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a augmenté de fréquence, et elle est devenue plus calme, à la suite d'un violent effort d'expiration. On amis ensuite l'animal debout, la tête renversée en arrière; dans cette position, l'introduction de l'air a eu également lieu , toutefois après avoir ôté un caillot, qui bouchait l'ouverture de la veine.

A 4 heures 4 minutes, on a poussé un tube, jusque dans l'oreillette, et on a fait l'aspiration avec une seringue. Cet instrument s'est rempli de sang pur; mais par une autre aspiration, un peu d'air s'est échappé avec la dernière partie du sang, lorsqu'on a vidé l'instrument, qui était, il faut le dire, très défectueux.

A 4 heures 54 minutes, l'animal respirait avec beaucoup de difficulté. On l'a abandonné, après avoir lié lebout supérieur de la veine. Après s'être soutenu un instant sur ses pattes, il est tombé sur le côté , s'est étendu convulsivement, et sa respiration s'est arrêtée ; cependant peu à peu, à force de lui jeter de l'eau sur la tête et sur le corps, il s'est ranimé, a fait quelques pas , est allé tomber dans un coin et a présenté de nouveau tous les signes de la mort; quelques heures après, il s'est ranimé et le lendemain il s'est enfui.

DIXIÈME EXPÉRIENCE

Introduction spontanée de l'air par une ouverture faite à la partie inférieurede la veine jugulaire droite ; aspiration avec une seringue de verre ; guérison.

Sur un chien de taille moyenne, on a ouvert, à la partie inférieure du cou, la veine jugulaire droite; il est sorti une assez grande quantité de sang, et quoique l'animal se soit agité, l'introduction de l'air n'a pas eu lieu.

On a fait ensuite, à la même veine, une autre ouverture dans un point plus rapproché de la' poitrine; on a mis l'animal

debout, on a dilaté la plaie, et le bruit de lapement, caractéristique de l'introduction de l'air, ne s'est pas fait entendre. Toutefois, la pression du ventre a fait sortir, par l'ouverture de la veine, du sang écumeux. Enfin on a entendu ce bruit. Néanmoins, de l'avis de tous les assistans, le phénomène n'a pas été, à beaucoup près, aussi évident que dans les précédentes expériences.

On a fait ensuite, avec une seringue en verre, l'aspiration de l'air introduit, et d'abord on a poussé par la veine, jusque dans l'oreillette, un tube à l'extrémité duquel s'adaptait parfaitement le siphon de la seringue. Cet instrument s'est rempli de sang et d'écume; on a repoussé le sang seulement vers l'oreillette, on a laissé le sang écumeux dans la seringue, et après avoir retiré le tube, on a fait la ligature de la veine.

L'animal, qui avait eu, pendant l'expérience, des éjections alvines, a été mis à terre et a marché en chancelant. Trois jours après, il était bien portant; on l'a mis en liberté.

RÉFLEXIONS SUR LES MOYENS DE REMÉDIER AUX EFFETS DE L'INTRODUCTION DE L'AIR DANS LES VEINES.

D'après les expériences du chapitre précédent, on a constaté qu'il n'est pas possible de prévenir l'accident, en comprimant préalablement la poitrine et le ventre, comme on l'avait pensé. La seule compression efficace est celle qu'on applique directement, sur la veine ou sur le tronc veineux principal, et le meilleur moyen pour remédier autant que possible à l'accident, c'est de fermer promplement l'ouverture pariaquelle a pénétré l'air ; on empêche ainsi la continuation du phénomène, et l'animal peut survivre, s'il nes'estpas introduit trop d'air.

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Le même résultat a lieu quelquefois, lorsqu'il se forme un caillot.

Lorsqu'il est entré beaucoup d'air et que l'animal résiste, si on voit sortir du sang spumeux à chaque expiration, c'est un signe favorable ; car si on ferme l'ouverture, l'animal, qui aurait peut-être survécu, meurt promptement.

Les expériences qui précèdent nous conduisent tout naturellement au moyen que j'ai indiqué, et qui consiste à boucher d'abord l'ouverture, à faire exécuter promptement des mouvemens d'expiration, et à favoriser ce temps de la respiration, en comprimant le ventre et la poitrine, pour expulser l'air introduit.

Le meilleur moyen pour détruire le phénomène, c'est de pomper l'air introduit dans le coeur; mais il faut se hâter d'introduire un tube pour faire l'aspiration, car il passe promptement dans le ventricule, et même dans le système vasculaire ; il est vrai qu'on peut pomper l'air, même clans le ventricule ; mais les animaux meurent quelquefois, avant qu'on ait eu le temps d'agir, lors même qu'on a tous les objets préparés à l'avance.

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