APPLICATION A LA MÉDECINE LÉGALE
Considérée sous le rapport physiologique et chirurgical, la question qui nous occupe me semble fort éclairée par les faits observés sur l'homme, et surtout par les expériences réitérées
(1) J'éprouve une bien vive satisfaction à témoigner publiquement ma gratitude à mon collègue M. Chervin, pour l'appui et les encouragemens qu'il m'a donnés pendant le cours de mes expériences (voir la note qu'il a publiée dans la Gazette des Hôpitaux du 10 février 1838, n° 18, page 71).
un grand nombre de fois sur les animaux vivans et sur les cadavres. Voyons s'il ne serait pas possible de tirer parti de ces résultats, en les appliquant à la médecine légale.
Evidemment, si on trouve les cavités droites du cœur distendues par du sang ècumeux, après une blessure des veines jugulaires ou sous-clavières ; si le blessé n'a pas perdu une grande quantité de sang, on peut dire que c'est l'introduction de l'air dans le cœur qui a déterminé la mort.
Tandis que si l'air contenu dans ces cavités n'est pas coloré, écumeux, mêlé au sang et qu'il s'échappe en masse, on peut dire^qu'il s'est introduit après la mort.
A cette occasion, je crois utile de rappeler l'anecdote suivante : à l'époque où je faisais des expériences sur les chevaux, à Montfaucon, beaucoup de curieux y assistaient; ils étaient étonnés de la rapidité avec laquelle on faisait mourir ces animaux par l'introduction de l'air dans les veines. Parmi eux, se trouvait un peintre en bâtimens d'une humeur fort joviale et qui ne tarissait pas en plaisanteries de toutes sortes.
Il dit à un de ses camarades qu'il prenait habituellement pour son plastron. « Quand tu seras las de ta femme, et que > tu voudras t'en débarrasser, tu n'auras qu'à lui souffler dans » la veine, ni vu, ni connu, * Sentant toute la portée d'une pareille plaisanterie, je dis avec intention que nous avions le moyen de reconnaître le fait.
L'état de distension des cavités droites du cœur, après avoir laissé échapper l'air qu'il contenait, serait un caractère fort important, s'il était constant.
J'avoue bien volontiers que cette partie de mes recherches laisse beaucoup à désirer et qu'il serait utile, sous tous les rapports, de poursuivre ce que je n'ai fait qu'ébaucher.