‹ Recherches sur l'isolement du fluorChapitre 9 sur 10 · H FI · texte numérisé non relu

H FI

Si nous cherchons maintenant quelle a été la quantité d'acide fluorhydrique produite au pôle positif par la décomposition de l'eau, nous obtiendrons les chiffres suivants :

1 53 — 33 = 120 divisions,

0,0467 de H FI.

Comparons maintenant les volumes gazeux recueillis à chaque pôle. Nous voyons que les chiffres 9CC,6 et 23cc ni' varient pas du simple au double. La moitié de 23 est de 1 1 ,5 ; nous avons donc une différence de 11, 5 — 9,6 = 1,9. Cela tient à ce que, ainsi que nous l'avons démontré précédemment, le gaz recueilli au pôle positif est de l'oxygène ozonisé, de l'oxygène condensé. Si nous prenons en effet le volume 23cc comme étant celui du fluor produit

RECHERCHES SUR l'iSOLEMEIMT DU FLUOR. 6' I

au pôle H-, volume qui sera alors égal à celui de l'hydrogène, nous allons pouvoir calculer la quantité d'acide fluorhydrique formé et voir si file correspond à la quantité trouvée expérimentalement :

23cc de fluor pèseraient o°r, 08948,

ce qui correspondrait à

ogr,4i5 d'acide fluorhydrique H FI.

Dans le cas où le gaz dégagé au pôle positif aurait pour formule HF12, 23cc de ce gaz produiraient

o,o83o d'acide fluorhydrique.

En titrant la solution du pôle positif, nous avons trouvé qu'elle contenait

o,467HFl,

ce qui se rapproche beaucoup plus du premier chiffre que du second. D'après cette expérience, le gaz actif serait bien le fluor et non un bifluorure d'hydrogène.

D'ailleurs, nous pouvons démontrer d'une autre façon que le gaz obtenu ne renferme pas d'hydrogène. Faisons passer ce corps gazeux sur du fer maintenu au rouge. Dans le cas du fluor, le gaz doit s'absorber entièrement; si nous avons préparé, au contraire, une combinaison de fluor et d'hydrogène, ce dernier gaz sera mis en liberté et pourra être recueilli dans une atmosphère d acide carbonique dont on se débarrassera toujours facilement au moyen d'une solution de potasse.

Voici comment, sur le conseil de M. Berthelut, l'expérience a été disposée. A la suite du tube de platine (Jig. 7), par lequel le gaz actif se dégage, on place un luhe de même métal de om,20 de longueur, réuni au précédent par un pas de vis et rempli de petits fragments de fluorure de potassium absolument sec. Ce

composé relient 1res bien les vapeurs d'acide fluorhydrique, qui produisent avec lui du fluorhydrate de fluorure de potassium. Un autre tube de platine de même longueur, s'ajustant à frottement doux sur le précédent et renfermant un faisceau de fils de fer, a été taré avant l'expérience. A ce dernier tube métallique se trouve réuni, au moyen d'une jointure en caoutcliouc, un grand tube à

Fig. 7.

essai en verre, puis un flacon, tous deux retournés et remplis d'acide carbonique pur. Celte partie de l'appareil a été traversée pendant cinq à six lieures par un courant rapide d'acide carbonique pur et sec. Le gaz sortant a été analysé: ioocc ne donnaient, après absorption par une solution de potasse, qu'une très pelite bulle d'air dont le volume était négligeable.

Du côté de l'hydrogène, on a disposé un tube à essai et un flacon de iUl, réunis par des tubes de verre retournés et également pleins d'acide carbonique pur. L'extrémité de chaque appareil est en communication avec l'air par

un tube de caoutchouc de 2m dont l'ouverture est relevée et placée au-dessus du niveau de l'acide carbonique dans lesflacons. Grâce à cedispositif, il est possible de recueillir sans pression et séparément les gaz qui se dégagent de l'appareil en platine, tant au pôle négatif qu'au pôle positif.

Lorsque toutes ces précautions sont prises, on fait passer le courant de 20 éléments Bunsen dans l'acide fluorhydrique entouré de chlorure de méthyle et refroidi à — 5o° par un rapide courant d'air. Le tube de platine contenant le fer est chauffé aussitôt au rouge sombre, et l'on remarque au travers du platine, par l'incandescence qui se produit à l'intérieur, la forme des fils de fer brûlant dans le gaz. On laisse la décomposition électrolytique se produire pendant dix minutes, en remplaçant le chlorure de méthyle s'il y a besoin. L'expérience est ensuite arrêtée, on démonte l'appareil, on pèse le tube de platine renfermant le fluorure de fer. Ce dernier se trouve à l'état de fluorure cristallisé d'un blanc légèrement verdâtre à l'extrémité des fils métalliques; il s'est produit aussi une petite quantité de fluorure de platine. On transporte sur la cuve à eau les deux appareils remplis d'acide carbonique et ce composé est lentement absorbé par une solution de potasse. Le gaz restant est mesuré et analysé.

Première expérience .

Dans notre première expérience le poids du fer avait augmenté de ogr,i3o; le gaz venant du pôle négatif renfermait (ramené à o° et à 760™") 78°° d'hydrogène, brûlant avec une flamme pâle sans détonation.

L'appareil rempli d'acide carbonique placé au pôle positif n'a laissé comme résidu, après absorption parla potasse, que iocc,20 d'un gaz incombustible renfermant environ un cinquième d'oxygène. Ce volume d'air représente à peu près le volume intérieur des deux tubes de platine employés qui ont été adaptés, remplis d'air, à l'appareil producteur de fluor.

L'analyse de ce gaz a donné :

ce

Sur la cuve à eau 10,2

Après potasse 10,2

Après pyrogallate de potasse 8

D'autre part, 78e0 d'hydrogène pèsent ogr, 006942, ce qui, multiplié par l'équivalent du fluor ig, indiquerait comme poids du fluor mis en liberté os'",t32.

L'expérience nous a donné o,i3o.

Le tube à essai retourné qui se trouvait du côté du pôle positif ne présentait pas trace d'humidité et n'a pas été attaqué.

En résumé, le gaz actif privé d'acide fluorliydrique par le fluorure de potassium a été entièrement absorbé par le fer porté au rouge sombre, sans dégagement d'hydrogène, et il a fourni un poids de fluorure de fer sensiblement correspondant au poids du fluor d'après le volume d'hydrogène dégagé.

Seconde expérience.

Poids du tube de platine -+- faisceaux fils de fer 29,339

Poids du tube après l'expérience 29,477

Après absorption de l'acide carbonique par la potasse, on a recueilli :

Au pôle négatif :

ce Hydrogène ramené à o° et à 760"™ au pôle positif 80, oi

Au pôle positif :

Gaz mesuré sur la cuve à eau J 1 ,4°

Après acide pyrogallique 9, 10

8occ,oi d'hydrogène pèsent ogr, 00712, ce qui, multiplié par 19, l'équivalent du fluor, nous fournit o,i34-

Comme, dans l'expérience précédente, le poids du fluorure de fer obtenu correspond à celui de iluor calculé d'après le volume de l'hydrogène produit etapiès passage du

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gaz sur le fer maintenu au ronge, on n'a pas recueilli d'hydrogène.

Le gaz que nous avons produit au pôle positif de notre appareil est donc bien le fluor.

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