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Physiologie. — J'ai montré que la destruction de la ligne

latérale, par quelque procédé qu’on lobtienne, est sans effet sur l'équilibre de l’animal, pourvu qu'on opère d’une façon convenable en permettant au Poisson de respirer normalement (p. 61). En ce qui concerne l'influence de vibrations de faible. fréquence, mes résultats montrent que la sensibilité, toute relative d’ailleurs, des organes aux vibrations est subordonnée à la présence d'organes libres a la surface de la peau, et que les Pois- sons à écailles ne sont nullement sensibles à ce facteur (p. 71).

Ce résultat est d'autant plus certains qu'il correspond aux

constatations anatomiques et histologiques.

B. — Vue d'ensemble.

Les différents résultats que je viens d'indiquer, nous mettent donc en face des faits suivants :

78 PAUL RODË

Les organes sensoriels latéraux du corps des Téléostéens ne

sont sensibles aux vibrations qu'à l’état de boutons sensitifs -

enchassés dans l’épiderme et en contact direct avec le milieu extérieur. Encore cette sensibilité est-elle très faible.

Peu de Poissons adultes possèdent cette disposition : nous avons vu que ce sont des Épinoches, des Gobius, et des Baudroies.

Cependant tous Les Poissons téléostéens ont des organes sensoriels libres avant la formation de leurs écailles et perçoivent, pendant cette période, les vibrations. |

Il faut donc considérer que les organes sensoriels latéraux du corps ayant la forme de boutons sensitifs et non contenus dans

les écailles ont un rôle sensoriel. [ls- perçoivent des vibrations . et semblent être une « annexe de l'organe auditif ». Cette conclusion est d'accord avec l’anatomie ; nous avons vu en effet que.

la branche nerveuse de la X° paire, qui innerve les organes latéraux, est en relation avec le centre acoustique. c

Quant aux Poissons adultes, dont les organes sont renfermés à l'intérieur des écailles, leur sensibilité serait à peu près nulle : ce sont des organes enkystés : dans bien des cas, du reste, leurs éléments cellulaires sont en dégénérescence, principalement chez des individus âgés et la perforation des écailles qui doit assurer la communication de l'organe avec le milieu extérieur est souvent oblitérée.

J'ai rencontré quelquefois des parasites ou des commensaux dans ces ouvertures des écailles latérales : notamment un Rotifère dans une écaille latérale de Cyprin. On m'a même signalé le cas de nombreux Poissons de mer capturés en Méditerranée ayant leurs écailles latérales occupées par des parasites divers (1).

Me fondant sur les résultats acquis au cours dé ce travail et sur les données histologiques et embryologiques, je pense qu'il faut considérer le système des organes sensoriels latéraux du corps des Téléostéens comme un vestige de système sensoriel — d’origine métamérique — et qui devait être développé chez des organismes dépourvus de productions dermo-épidermiques.

Cette «lisposition, nous la retrouvons encore aujourd’hui chez les jeunes Téléostéens, jusqu'au moment de la formation des

(!) Indication verbale de M. Barzzy, Laboratoire Arago, Banyuls-sur-mer,

‘écailles et chez quelques formes particulières dont l’é épiderme reste nu pendant toute la vie de l'animal.

La paléontologie ne peut, ainsi que Je l'ai montré (p. 36),

nous fournir aucun renseignement utile à ce sujet.

Les modifications que subissent les organes latéraux (dévemr post-embryonnaire) sont dues à la formation des. écailles, qui provoquent un retrait de l'organe et paralysent en” quelque sorte sa fonction. :

Si l'emplacement et la forme définitive des organes étaient liés au développemen‘ des canaux latéraux, nous devrions les trouver constitués de la même facon chez les Poissons à écailles et chez ceux qui n’en ont pas. Or, il n’en est rien : le système de canaux latéraux est indépendant du système sensoriel (voir p.33). :

Je me résumerai en disant que l'organe sensoriel du Téléostéen adulte, au corps recouvert d'écailles, n’est plus qu’un organe rudimentaire, mais un organe dont l’évolution et les phases de développement sont toujours assurées, parce qu'il est encore fonctionnel, tant que le squelette dermo-épidermique n’existe pas.

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