VII. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Au cours des chapitres précédents, 1l est apparu clairement que la question de la ligne latérale se présente sous un jour nouveau. |
Les organes latéraux des Poissons étaient considérés jusqu'ici comme des organes sensoriels résultant du développement de la placode épihranchiale du Vague, et de « l'envahissement du tronc par des éléments d’origine céphalique », suivant la formule de Béaro.
Suivant Parker et ManwiNc, ces organes latéraux seraient sensibles aux vibrations de faible THAT Enfin, le système sensoriel latéral était considéré comme fonction de la vie aquatique, puisqu'il existe ‘également chez les Batraeiens Urodèles aquatiques et les larves des Anoures. |
En reprenant l’étude aux points de vue anatomique, histologique, embryologique et expérimental j'arrive aux résultats que voici :
76 RU .! LA PAUL RODÉ A, — Rappel des résultats obtenus. PT
1. Anatomie. — a) Le rotois RAR latéral de corps € nt De innervé par une branche particulière du Vague et il y a lieu de 54 distinguer d’une part, un nerf latéral à la fois moteur et sensi-
tif, absolument constant et se distribuant à la musculature du A ex corps et aux muscles de la nageoire caudale, d'autre part un nerf de la ligne latérale, exclusivement destiné à Nha sensibilité | des organes. Ce nerf est variable dans sa position et sa lonx" gueur (Voir p. 23). | :
Er b) Il existe, chez le Poisson adulte, des relations entre la | 0 moelle épinière et le système latéral du corps. Bauoecor l'avait montré chez les Cyprins et les Brochets. Je les ai mis en évidence chez la Truite, le Gardon (p. 29). | | c) Les canaux latéraux ne sont pas liés au système sensoriel as latéral. L'exemple de l'Entelurus æquorus, dont j'ai précisé la ED forme du corps, la disposition des plaques dermiques et celle des organes de la ligne latérale, montre que des canaux latéraux peuvent exister sans organes sensoriels (p. 30). d) Enfin, les organes sensoriels latéraux offrent cette parti- cularité de conserver leurs dimensions particulières chez l’alevin, pendant tout son développement. Leur développement de ne suit donc pas celui du corps (p. 34).
2. Histologie. — J'ai montré par plusieurs exemples qu'il . n'y avait pas lieu de faire une classification des organes latéraux, mais qu’en réalité, les Poissons se répartissent, ‘à ce point de vue, en deux groupes :
a) Les Poissons à écailles dont les organes latéraux, libres à la surface de la peau chez le jeune, s'enfoncent dans les têguments après la formation des écailles. Exemple : Truite...
b) Les Poissons à peau nue, sans écailles, chez lesquels les organes sensoriels restent libres à la surface de l’épiderme pendant toute la vie de l'animal. [ls sont absolument compara-
| bles aux organes des jeunes du groupe précédent (p. 45). F Exemple : Epinoche.
3. Embryologqie. — J'ai indiqué qu'il y a deux périodes de l’évolution pour les organes sensoriels du corps des Poissons
a) Une période embryonnaire ont à la formation de boutons sensitifs libres à la surface du Corps. une £
b) Une deuxième période post-embryonnaire, qui se place, chez les Téléostéens, au moment de la formation des écailles et aboutit à la disposition définitive. Cette disposition consiste en un retrait de l'organe à l'intérieur là l'épiderme et aboutit à son atrophie. l
D'autre part, j'ai mis en évidence trois faits qui me paraissent
importants :
a) À chaque organe primitif, au moment de la Hotination, | correspondent, ne façon à peu près constante, 2 boutons sensitifs. L'un d’eux cHeparait au moment de l’éclosion de l’ale: vin (p. 52).
b) La moelle épinière prend part à la formation des organes
sensoriels. Tout se passe comme si elle déterminait la disposition de ces organes à intervalles réguliers, tout Le long du corps. Les relations entre la moelle épinière et les organes latéraux, qu’on retrouve chez l'adulte, sont probablement des restes de ces relations embryonnaires (p. 52).
c) La formation des écailles, chez la Truite, débute par les écailles de la ligne latérale. À chaque organe sensitif correspond la formation d’une écaille latérale ; on a ainsi une rangée à partir de laquelle se formeront les autres rangées d’écailles (p. 56).