partie du corps qui va de la tête à l'anus et par groupe de deux
ensuite ; quelquefois même il n’y à qu'une seule ouverture.
I ny a qu'une bande claire sur deux qui soit munie du groupe de perforations. ï
À partir de la région anale, lorsque les bandes sont absentes ou irrégulières les organes latéraux conservent rigoureusement leurs distances bien que le nombre des orifices qui les mettent en rapport avec Le milieu extérieur soit moindre.
Sur la tête, il est impossible de suivre le trajet des canaux. On trouve cependant des orifices assez régulièrement disposés entre l'œil et la bouche.
Cette description montre bien que les canaux ne sont pas liés au développement du système sensoriel ni à sa présence ; il y à, dans beaucoup de cas, présence simultanée des deux appareils, mais des canaux latéraux peuvent exister sans organes latéraux : c’est le cas des Batraciens et même des Reptiles. Cuexy (22, p. 67) signale qu'il existe un sinus lymphatique latéral, correspondant au canal latéral du Poisson, tout le long du corps chez Coronella lævis.
D'ailleurs, n'oublions pas que, chez le jeune Poisson, l'or-
gane latéral est enchassé dans l'épiderme et il existe cependant
un canal entre cet épiderme et la paroi musculaire. Ce n’est
qu’au moment de la formation des écailles qu'un second canal
se formera et sera en relation avec Les organes sensoriels.”
D'autre part, chez quelques espèces de Poissons privés d’écailles sur une partie ou sur la totalité du corps, les organes restent, pendant toute la vie de l'animal, inclus dans l’épiderme : Epinoches et Baudroies (Guirec, 34).
- Pour toutes ces raisons, il v a lieu de penser qu'il faut plutôt BULL, BIOL., a 1, 1929. 3
CA
chercher une relation entre les canaux latéraux et Le squelette. dermique, la formation de ce dernier entraine, ainsi que nous le verrons (p. 54) une modification complète du système sensoriel cutané des Poissons.
G. — Les organes latéraux.
Leur étude aurait plutôt sa place dans la partie histologique de ce. travail où nous les examinerons en détail, mais cependant, dans ce chapitre consacré à l'anatomie comparée, je dirai quelques mots de leurs dimensions par rapport à celles des autres organes latéraux et par rapport à la croissance du Poisson.
Fig. 9. — Dimensions de l’organe latéral chez l’alevin de Truite. Indication des mesures prises. NL, nerf latéral ; CL, canal latéral ; Ep; épiderme ; CD, hauteur ; EF, largeur ; GH, profondeur ; AB, largeur du corps ; 0, l'organe latér al.
Dimensions des organes latéraux. — En mesurant, pour les dessiner, quelques organes latéraux d’alevins de Truite je me suis aperçu que les dimensions de ces organes étaient sensiblement les mêmés chez des alevins d'âge très différent.
J'ai cherché. alors, en multipliant ces mesures, à coordonner les résultats obtenus pour comparer entre eux ces organes et connaitre leurs dimensions au fur et à mesure de la croissance du Poisson, |
Pour éviter une trop longue énumération de chiffres, j'en mdique seulement, dans le tableau ci-joint, un petit nombre
choisis assez espacés au cours du développement, de façon à
montrer plus nettement mes observations et les résultats
obtenus.
Organes
Diamètre du nerf
Hauteur | Largeur [Profondeur | latéral
| Largeur du corps
ot 0 K-
. 8.XH 23 31 40 12 37 OK, S. 6.IX 23 30 m1 12 61 24 B. S. 7. VI 1. 33 39 60 26 61 24 B. S. 3.X.. 1. 30 30 60 26 97 67 B. S: 5.11. .| 4, 26 49 60 42 97 67-B. S. 5.1V 1. 30,3 30 60 42 132 102 8. 1.X . | 2. 30 33 OR CU ESS 432 102 S. 3. VIIL.| 2. ET 33 50 53 49 (adulte). 25 30 75 90 210 50 (adulte). 25 30 90 90 210
La 1" colonne est réservée aux références qui reportent aux préparations étudiées.
2 colonne : La largeur est calculée suivant la ligne À B (Voir schéma ci-contre) (fig. 9). Cette ligne passe par Les organes latéraux et la chorde dorsale.
. 8e Hauteur : Distance entre la membrane basale et l’extré-. mité des cils des organes sensoriels (fig. 9) (Droite C D).
% Largeur : C’est la plus grande dimension de l’organe suivamt la section transversale du corps (E F).
5° Profondeur : C’est la plus grande dimension suivant le - sens de la longueur du corps (G H, perpendiculaire à la fois à AB et CD). |
Les chiffres sont indiqués en microns.
Les mesures ont été faites par le procédé banal du micromètre oculaire, après recherche du coefficient micrométrique des oculaires et des objectifs employés.
Voici donc les résultats des mensurations effectuées chez 4 alevins de Truite et un adulte.
Nous constatons tout d’abord, si l’on s'en tient à l’alevin, que la largeur du corps augmente de quatre fois sa dimension primitive et que le diamètre du nerf latéral suit rigoureusement cet accroissement. 37 O K correspond à un alevin à l'éclosion et 132-102 à un alevin de plus de trois mois. Durant ce laps de
temps la largeur du corps passe de 0 mm. 5 à — 2 mm. Le nerf latéral passe de 12 à 53.
Rien de semblable ne se produit pour les organes sensoriels. Nous constatons, et les chiffres sont formels, qu'ils restent sensiblement dans les mêmes limites pendant tout l'accroissement de l'alevin ; en outre, cette durée de trois mois correspond à l’époque pendant laquelle les organes sensoriels latéraux conservent leur forme de boutons à la surface du corps. C’est en effet au bout de trois mois environ, comme nous le verrons, que se produit la transformation des organes ches la pee et que les écailles prennent naissance.
Il est également intéressant de haie la différence qui existe entre Les dimensions des organes des alevins et ceux des adultes.
Nous constatons cette fois que seules IA largeur et la mr deur ont varié dans des proportions du te au double. Les dimensions semblent du reste se maintenir ensuite, mais il ne n’est pas possible d’être très affirmatif sur ce point, car je n'ai pas pu étudier un assez grand nombre de Truites adultes d'âge très différent. Quant à la hauteur de l’organe, elle reste sensiblement la même.
. Par contre, le nerf latéral augmente dans des proportions | considérables et suit le développement du corps.
En résumé :
Nous constatons que les dimensions des organes sensoriels latéraux du corps de l’alevin de Truite restent les mêmes au cours du développement de cet alevin. Seul, augmente le diamètre du nerf latéral, et de ce fait son importance anatomique croit.
C'est là un fait intéressant, dont la’signification ne peut être trouvée et mise en relief que par l’examen des faits d’histologie et d’'embryologie.
FO 5 RU PALÉONTOLOGIÉ
Au début de ce travail, j'ai indiqué que mon but était de présenter la question de la ligie latérale coiime üïe moñographie. La partie paléontologiqué se trouve donc justifiée; elle
ORGANE SENSORIEL LATÉRAL DES TÉLÉOSTÉENS #1 orient ici comme une documentation supplémentaire destinée à fournir des matériaux qui peuvent avoir quelque intérêt.
- Je me suis demandé, en à effet, si l’examen des formes fossiles ne pouvait pas apporter de No era intéressants concer- nant la forme et les variations possibles de ce système sensoriel, en un mot si la paléontologie ne pouvait pas ajouter uélaoee à précisions à l’étude morphologique comparée de la ligne latérale, comme elle le fait en d'autres cpposianeess ‘ À ma connaissance, personne n’a envisagé ‘étude de la ligne latérale du point de vue général où je me place. De nombreux" traités et mémoires de paléontologie signalent la présence de la ligne latérale chez certains Poissons fossiles, mais on n’a pas examiné les points suivants :
1° Les Placodermes et les Arthrodires, qui sont considérés: comme les Poissons de l’époque primaire, ont-ils des canaux latéraux sur la tête et le corps?
2e Existe-t-il des différences, au point de vue de la ligne latérale, entre les autres groupes de Poissons, en remontant dans les couches géologiques, et Les Poissons vivant actuelle- | ment ? ?
A. — Placodermes et Arthrodires.
Ces deux groupes sont particuliers à l’époque primaire. Réunis autrefois sous le seul nom de Placodermes, ils sont actuellement considérés comme formant deux groupes distincts, tant au point de vue de leurs formes que de leurs affinités avec les espèces actuelles.
+ À. — Les Arthrodires possèdent des canaux sensoriels très nets qui sont indiqués par un certain nombre d'auteurs. Le travail le plus important à ce sujet est certainement celui de Erick A: son Srensio (1921) (82). « On the head of the Macropetalichthyids ». Dans ce travail, Srexsro, donne la description des canaux latéraux de la tête des Arthrodires (fig. 10). Ces canaux sont absolument comparables à ceux du crâne de nos Poissons actuels. Je n’envisagerai pas ici les variations de forme,: de trajet, décrites avec beaucoup de soin par l'auteur. Le principal intérêt, en ce qui nous concerne, est de savoir