ET SES PAUL RODE
qu'ils existent indubitablement et nous retenons qu'il s’agit de Poissons datant du Dévonien (Middle Devonian limestone).
Srexsio, ainsi que Woonwanp d’ailleurs (1922), considèrent les Arthrodires et particulièrement les Macropetalichthyids comme de véritables Poissons qui peuvent être rapprochés des Elasmobranches,
B.— Les Placodermes proprement dits peuvent être subdivisés en trois groupes :
Heterostracés (type : Pteraspis). A 0 Osteostracés (type : Cephalas pie Le ET
Antiarchés (type : Péerichtys).
Les avis sont partagés en ce qui concerne leur place dans la systématique des Poissons.
Pendant longtemps, on en a | fait des Crustacés (RŒMER Fig. 40. — Restauration du plafond 1856); puis Ray LankEsTeR,
du crâne dermique de Macropeta. (1863-1868) d’après les écail-
ee rapheidolabis d'après és d'un Pteraspis, les classa a, canal supraorbital ; b, canal infra- parmi les Poissons. orbital; c, canal préoperculaire ; Js ont été abondamment Re EEE ® 9 étudiés et décrits par Acassiz (1844), Traquain (1890) (84), WoopwarD (1891) (89), Dean (1896) (25), Warson (1916) et Azuis (1922). |
Quelques auteurs trouvent chez certaines espèces de Placodermes des canaux latéraux sur les plaques de la tête et sur La ‘carapace thoracique. Pour Traquair (1888) (81), il y aurait un système latéral marqué chez Pterichtys :
« This system consists of grooves which are apt to be and « have often be mistaken for sutures, actual or obsolete … »
Ceci montre déjà combien l'interprétation de ces éléments est difficile et Ray Lankesren lui-même reconnait que le traje des « rainures latérales » des Placodermes est très différent de celui des Poissons typiques :
UE
« The evurse of these grooves is very different from: that pursued in typical pisces (fig. 11). |
Fig. 11. — Aspect de la région latérale gauche d’un Pterichtys (restauré), ee ; d'après Woodward.
a, plaque postérieure dorso-latérale ; b, trajet du canal latéral.
J’ai cherché, sur des exemplaires de Pterichtydés et de Céphalaspidés du Museum de Paris, si on pouvait découvrir des traces nettes de canaux latéraux.
Pterichtys cornutus du Dévonien de Lethen Bar (Ecosse) présente quelques saillies, fort irrégulières d’ailleurs, sur le bouclier céphalique et il est absolument impossible de dire qu'il s’agit là de système latéral.
Quant aux saillies en forme de lignes régulières, elles ne se trouvent qu aù bord des plaques qui forment la cuirasse de l’animal et en suivent exactement le contour,
comme le montre la figure ci-
pue (fig. . PU Ce DA Fig. 42. — Pterichtys cornutus
plaques, on voit nettement un re- (face ventrale) (Dessin d’après
vêtement finement quadrillé, qui un échantillon du Muséum
4 En d'Histoire Naturelle, galerie de
ne semble pas avoir attiré l’atten- Paléontologie).
tion des auteurs qui ont décrit @, plaques postérieures dorso-
; latérales sur lesquelles on a dé-
les Placodermes. crit le trajet de canaux latéraux Les photographies des exem- (voir fig. 11); 6, revêtement
Ë à e : quadrillé des plaques
plaires de Pterichtydés du Bri-
tish Museum ne nous apportent aucun renseignement au sujet
des canaux latéraux et sont loin de montrer ee que représentent
les schémas des mêmes exemplaires. *
40 PAUL RODE STRESS
Chez Cephalaspis Lyelli, du Dévonien de Forfarshire Ecosse). le boulier céphalique, de même, que le revêtement écailleux du corps, ne présentent aucune différenciation particulière pouvant être confondue avec un système de canaux latéraux.
La présence de canaux latéraux et d’un système sensoriel latéral chez les Placodermes proprement dits parait très douteuse et ce n’est pas d’ailleurs sur des caractères si peu nets
qu'on peut se baser pour faire, de ce groupe de fossiles, des .
Poissons. Les Arthrodires 1, comme l'ont démontré quelques auteurs qui se plaçaient à un tout autre point de vue, doivent être réunis à ce groupe. Srensio (82) dit en effet à ce sujet :
« With the comparatively g good knowledge we now posséss «of their anatomy it is quite clear that the Arthrodires are true « fishes and that, as recently pointed out by Woodward (1922),
« they bave nothing to do with Ostracorderms which, as I have
« been able to make out are much lowly organised agnathous Vertebrates ». : : |
En ce qui concerne les Arthrodires, la présence indiscutable des canaux latéraux est un critérium intéressant.
Au sujet des Placodermes, il y aurait peut-être lieu de mettre à part les Anaspidés (type : Birkenia) qui étaient autrefois rangés, eux aussi, parmi les Placodermes. J’ai examiné des échantillons de Birkenia elegans du Silurien supérieur de Srccaorm.
Leur forme se rapproche de celle dé nos Poissons actuels et il.
existe une ligne latérale assez nette le long du corps.
“Nous sommes donc ici en présence de véritable Poissons, contemporains des Placodermes proprement dits et même antérieurs à eux, ce qui est un argument intéressant au même titre que la présence de la ligne latérale chez les Arthrodires.
B. — Les autres Poissons fossiles.
- Avec les Poissons que nous allons voir maintenant la question de la présence de la ligne latérale et des canaux sensoriels du crâne ne peut donner leu à aucun doute. A partir du moment où nous connaissons, dans les couches géologiques, les premiers Ganoïdes, la ligne latérale est très nette et possède les mêmes caractéristiques extérieures que celle des Poissons actuels.
- J'ai examiné au Muséum un certain nombre de ces fossiles et voici les remarques que j'ai pu faire sur quelques-uns d’entre eux : Rhabdolepis macropterus, Ganoïde du Permien de Lebach.
Sur le corps : ligne latérale constituée comme chez les Pois- sons actuels. Mais toutes les écailles de la ligne ne sont me des écailles « latérales », avec la perforation habituelle. Il n’y en. a, environ, qu’une sur deux ou trois qui soit perforée Quel- ques-unes ont une simple ébauche du petit canal. D’autre part, par endroits, la ligne est irrégulière. Certainés écailles sont situées plus haut ou plus bas que la série Se qui va de l’'opercule à la nageoire caudale.
Paramblypterus decorus. — Ganotde du Houiller de Commentry. La ligne latérale, peu visible, ne parait que sur les deux tiers de la longueur du corps. Elle est constituée par une série linéaire d’écailles occupant la région médiane du flanc du Poisson. | = Amblypterus lateralis. — Ganoïde du Permien de Lebach. Ligne très visible sur la plus grande partie du corps. Ecailles différenciées identiques à celles de nos Poissons actuels.
Amblypterus Duvernoyi. — Ganoïde des schistes bitumeux du Palatinat. La ligne latérale existe et forme une ligne courbe sur la région médiane du corps.
Eurynotus incognitus. — (Esox incognitus de Blainville) ; sans localité, La partie antérieure du corps est seule conservée sur une longueur de 7 centimètres environ, mais montre avec une remarquable netteté là rangée d’écailles un peu au-dessous de la ligne médiane. |
- Pholidophorus. — Ganoïde. Ligne latérale visible. Les écailles de la ligne possèdent de petits renflements très légers analogues à ceux de nos Téléostéens actuels.
- Bélonostomus tenuirostris — Ganoïde du Kimmeridgien de Solenhofen. Indication très nette de la ligne latérale par une série de ponctuations tout le long du corps à partir de la région operculaire. Cette ligne est située un peu au-dessous de la colonne vertébrale dont la trace est également très visible sous le revêtement écailleux du corps.
- Par contre chez Lepidotus, Poisson ganoïde, également du Kimmeridgien 1l n’y a aucune ligne latérale visible, malgré l'excellente conservation de l'échantillon.
= Voici donc un certain nombre de formes que j'ai choisies parmi les plus ancienneS connues. IL n’y à aucune différence avec les Poissons actuels.
- Nous pouvons indiquer, pour terminer cette in qu’un certain nombre d'auteurs ont mentionné la présence du système latéral au cours de la description de Poissons fossiles.
S. Woopwarp (89) montre l'existence de la ligne latérale chez les Ctenothrissa, Poissons du Crétacé, aux écailles pectinées. Îl cite particulièrement : Cr. radians et Ct. microcephala.
ARAMBOURG (3), dans « les Poissons de Licata » l'indique également chez Myctophum dorsale (Clupeidés) et Pseudovomer (Labridés).