PARASITES
Nous terminerons ces recherches anat^.Kiîquessur les lai*ves des Éphêmérines par quelques mots sur divers parasites internes et externes dont nous avons constaté Texistence che» ces insectes. •
4* En disséquant une larve de Cloéon {du Rhône), nous avons trouvé dans la cavité thomcique un corps arrondi, proportionnellement assez gros. Ce corps, placé contre les parois de Testomac, m*a paru ne présenter aucune adhérence avec celles-ci.
Extrait de cette larve, ce curieux parasite rappelait par son aspect certaines formes de gmins de poHen, dont Tenveloppe externe ou extine se serait rompue, ce qui aurait permis à Fîntine de former à l'extérieur un prolongement conique, sorte de boyau pollinique. Nous ci-oyons bien que cette proéminence offerte par le parasite est due à la compression que j'aurai probablement feît subir à ce dernier en dilacérant les tissus de la larve pour l'isoler (fig. 115).
Le contenu de ce corps singulier consistait en une masse de granulations au milieu desquelles se trouvaient quelques vésicules assez grandes; certaines de ces vésicules ont des parois délicates et ne présentent aucune trace de noyau à leur intérieur; d'autres, au contraire, possèdent une enveloppe fort épaisse et sont toujours munies d'une ou de plusieurs granulations à leur centre.
Cette masse sphérique est, avons-nous dit, enveloppée par deux membranes : l'une, interne, excessivement fine et sans aucune trace de constitution cellulaire, accompagne le prolongement conique; l'autre, externe, qui est beauconp plus épaisse,
m'a semblé présenter des traces de contours cellulaires. Cette dernière membrane offre extérieurement de nombreux bourrelets sinueux, nullement reliés les uns aux autres, ce qui donne à ce corps un aspect assez singulier.
Ce parasite avait près d'un millimètre de diamètre.
Pendant que je l'observais sous le microscope, ce parasite ne s'est pas contracté une seule fois, tandis que dans le corps de la larve il paraissait avoir une certaine mobilité complètement indépendante des cocitractions musculaires de l'insecte qui le portait.
2*^ Dans la cavité générale de divers Heplagenia longicauda, il nous a été possible de constater la présence de corps arrondis, assez gros et de teinte blanchâtre. Ces corps, au nombre de deux ou trois dans chaque individu, adhéraient plus ou moins aux parois du tube digestif.
Il était facile de reconnaître, en les observant sous un faible grossissement, que l'on avait affaire à des kystes de psetido-navicelles. Nous étions donc en présence d'une espèce de Grégarine. Laquelle? C'est ce qui nous a été impossible de savoir, n'ayant pu suivre cet être dans son développement.
Si l'on venait à déchirer l'enveloppe, les pseudo-navieelles s'échappaient immédiatement et cheminaient dans tous les
sens^
Laplupartde ces pseudo-navieelles étaient ovoïdes(fig. 39, è), d'autres elliptiques ou arrondies, et parmi ces dernières un assez grand nombre offraient uneespèce de creux enleur milieu. Quelques-unes paraissaient être (fig. 39, c) sur le point de se subdiviser en deux.
Tous ces corps étaient hyalins et forlement réfringents.
11 y avait aussi des vésicules plus grosses que les pseudonavieelles et contenant ou une espèce de nucléus avec des granulations, ou, plus souvent, un certain nombre de jeunes pseudo-navieelles (fig. 39, a).
3"* D^ins les tissus de toutes les larves (VO/igoneuria garummca, nous avons toujours trouvé, des multitudes de corps arrondis rappelant assez bien un Cestode enroulé sur lui-
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même (i). Ces corps étaient souvent empilés les uns sur les autres.
Ces parasites étaient enkystés dans les tissus placés sous les téguments chitineux ; quelquefois cependant on en trouvait dans les parties voisines du tube digestif.
Nous avons représenté, à un grossissement d'environ trois cents fois en diamètre (fig. 66), un certain nombre de ces corps enkystés ; et, dans notre figure 67, nous donnons, à un grossissement un peu plus fort, un de ces parasites isolé.
Si Ton déroule cet animal afin de tâcher d'en étudier la structure, on observe qu'il ne présente dans sa longueur aucune trace de divisions transversales; ses téguments sont généralement très lisser, ou bien ils offrent parfois quelques stries transversales très fines.
La cavité générale du corps de ces êtres est dépourvue de toute organisation interne, si ce n'est en avant où nous voyons un renflement peu accentué au milieu duquel se trouve, soit un corps de forme assez irrégulière (fig. 68, a), soit une espèce de ver enroulé une ou deux fois sur lui-même (fig. 68, b). En avant de ce renflement céphalique, tout à fait k l'extrémité du corps, cet animal présente une petite concavité qui doit remplir les fonctions d'une ventouse.
Quel est cet animal , est-ce un Cestode ou un Nématode ? Pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir suivre ce parasite dans toutes ses migrations.
Il est probable que cet être pénètre dans le corps de VOligoneuria avec les aliments; il doit séjourner un certain temps dans le tube digestif de la larve, puis traverser les parois de celui-ci pour arriver dans les tissus sous-épidermiques. Lorsque le parasite, enroulé sur lui-même, s'est enkysté, tous les organes internes de cet animal doivent subir une atrophie, excepté en un point, en a. Si la larve de VOligoneuria vient à être dévorée par une larve carnassière (larves de Perlarides) ou par quelque poisson, le parasite ou les parasites qu'elle
(l)Voy. les ligures 66, 67 el 68.
ARTICI.Ii; h^ 1.
peut contenir, se développent dans le tube digestif de ces animaux, leurs œufs sont peut-être ensuite expulsés et donnent alors naissance à une nouvelle série; si, au contraire, la larve de VOligoneuria arrive k l'état parfait, il est probable que ses parasites meurent avec lui.
¥ Il nous reste à parler d'une espèce de Saprolégniées qui se développent rapidement sur le corps de quelques larves d'Éphémérines.
Lorsque Ton conserve dans un petit cristallisoirdesPr(?5o/?^stoma punctifrons vivants, si l'on n'a pas le soin de renouvl er au moins tous les jours leur eau, on ne tarde pas à voir que sur certains d'entre eux prennent naissance de petits filaments qui, deux ou trois jours après, les enveloppent tout à fait. L'insecte ne résiste pas longtemps aux attaques de ce parasite, le plus souvent il meurt au bout de vingt-quatre heures.
Chez YHeptagenia longicauda, ces Saprolégniées ne se for* ment qu'après la mort de la larve.
La fréquence des apparitions de ces parasites végétaux m'a engagé à représenter un Prosopistoma (fig. 116) couvert par eux; puis séparément (fig. 117) un de leurs zoosporanges au moment où il va s'ouvrir pour laisser échapper les zoospores. Celles-ci m'ont paru être munies à leur extrémité rostrale de deux cils vibratiles assez longs etégaux (fig. 119). Ces zoospores, à leur sortie du zoosporange, demeurent à peine en mouvement pendant quinze ou vingt secondes ; elles se fixent ensuite sur un corps quelconque et s'arrondissent.
Nous avons plusieurs fois remarqué sur des tiges de Saprolégniées des corps sphériques, semblables à des zoospores immobiles. Ces corps, mis en communication directe avec des cellules vides de ces tiges, paraissaient (fig. 118) verser dans la cavité de ces cellules leur contenu granuleux.
Nous désirons que ces indications très sommaires sur ces parasites puissent offrir quelque intérêt à ceux qui ont fait de ces sortes de recherches leur spécialité.
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Telles sont les recherches anatomiques qu'il nous a été possible de faire sur les larves des Éphémérines ; nous aurions désiré pouvoir, sur tous les types principaux, pousser ces études aussi loin que pour les genres Heptagenia, Cloeopsis, Tricorythus et Prosopistoma ; malheureusement, comme nous Tavons déjà dit, il nous a fallu très souvent étudier l'organisation de ces insectes sur des individus conservés dans Talcool depuis longtemps {VOniscigaster de la Nouvelle-Zélande, les Polymitarcys de la Hollande, VOligoneuria garumnica, etc.), ou parfois, comme pour le Bœtisca, nous contenter de quelques enveloppes nymphales.
Nous pensons cependant que ces recherches, toutes incomplètes qu'elles sont, auront démontré l'utilité que présente au point de vue systématique la connaissance de l'organisation interne et externe, non seulement des larves des Éphémérines, mais encore de celles de tous les autres Orthoptères pseudo- Névroptères. La majorité des Insectes de ce sous-ordre présente à l'état parfait une atrophie plus ou moins complète de plusieurs organes dont l'étude ne peut être cependant complètement négligée.