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résultats obtenus. C’est l’activité vitale ou physiologique des tissus, en un mot, le travail vital qui est le point de départ de l'élaboration de la lymphe.
Peut-on maintenant, ces données étant acquises, considérer la lymphe comme on le faisait autrefois, c’est-à-dire comme un liquide plasmatique non utilisé pour la nutrition des tissus? Évidemment non. Nous savons que le plasma sanguin ne transsude pas, comme on le pensait, sous l'influence de la simple pression sanguine,mais que au contraire l'élaboration lymphatique qui en dérive sans aucun doute est soumise à des lois de production beaucoup plus complexes.
Le courant lymphatique ne peut plus être considéré comme un courant de dérivation, et l'appareil lymphatique comme une canalisation d'échappement pour les fuites ou le trop-plein de l'appareil artério-veineux. Ce n'est nullement cela, et l'interprétation qui me paraît découler de mes recherches, comme de celles de Hamburger, de Asher, et d’autres, est que : le système lymphatique périphérique représente dans ses origines tout au moins, un collecteur qui draine tous les tissus et recueille les produits résiduels de l’activité vitale des éléments organiques (activité nutritive et fonctionnelle sous toutes leurs modalités).
Envisagé sous cet aspect, le système lymphatique périphérique représenterait un véritable appareil d'excrétion.
Je sais bien qu’une telle opinion paraîlra au premier abord comme quelque peu subversive et paradoxale; mais elle n'a en réalité que l'inconvénient d’être nouvelle puisque l'interprétation des faits amène à cette conception.
Je ne parle, bien entendu, que du système lymphatique périphérique et non du système des chylifères dont le rôle est tout différent. J'ai indiqué au début de ce travail pourquoi on ne pouvait pas homologuer ce qui se passait du côté de l'intestin avec ce qui se passait vers la périphérie de l’organisme, et je tiens à y insister pour que l’on ne puisse donner à mon opinion un sens que je n'y attache pas.
J'exclus aussi de cette conception d'appareil d'excrétion, le système ganglionnaire annexé au système lymphatique; les ganglions représentent au point de vue physiologique des transformateurs de la Iymphe.
Ce qui à première vue semble se montrer en opposition avec la conception ci-dessus énoncée, c’est que le déversement du courant
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lymphatique périphériqué s'effectue dans la circulation générale, et qu'il semble y avoir là une raison naturelle qui s'oppose à ce que l'appareil lymphatique soit un appareil d’excrétion.
La raison n’est qu’apparente, car le système veineux peut, lui aussi, à un certain point de vue, être considéré comme un collecteur ou un drainage d’excrétion.
Or, nous savons déjà que la lymphe périphérique contient moins
de sucre, moins de principes albuminoïdes, plus d'acide carbonique, que le plasma du sang artériel; c’est donc presque une démonstration et nul doute que cette démonstration ne devienne plus parfaite le jour où l’on aura établi non seulement la composition chimique comparative du plasma artériel, du plasma veineux et du plasma lymphatique, mais encore la composition comparative de la lymphe au repos, de la lymphe durant le travail, de la lymphe produite sous des actions médicamenteuses diverses ou sous des actions pathologiques.
En résumé, je me crois autorisé à dire :
4° Que la lymphe n’est pas un simple produit de transsudation du plasma sanguin à travers les capillaires sous l'influence de la pression du sang;
2° Que la filtration du plasma sanguin sous l'influence des variations de pression vasculaire est toujours faible;
3° Que la lymphe est surtout un produit d'élaboration des tissus comparable à du plasma sanguin dépouiflé de ses principes nutritifs ;
4° Que sa formation est en rapport direct avec l’activité vitale de ces tissus ;
5° Que l'appareil lymphatique périphérique représente à un certain point de vue un appareil d’excrétion.
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Vu et approuve :
Paris, le 5 mars 1901.
Le Doyen de la Farulté des sciences, G. DARBOUX.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.
G. Moussu. — L'origine de la lymphe. 4