‹ Recherches sur la BergeniteChapitre 3 sur 11 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

En étudiant les différentes espèces ‘de saxifrages, M. Garreau retira en 1850 du saxifrage de Sibérie (Bergenia Siberica, Mæœnch), un principe cristallisable qu’il nomma Bergenin (1). Le but du travail qu’il avait entrepris était de trouver dans la composition chimique des saxifrages des raisons nouvelles venant à l’appui de la formation du genre Bergenia au profit de quelques espèces primitivement réunies au genre Saxifraga.

Cette scission avait été fondée sur l’engaînance des feuilles, la gamosépalie du ealice : à sa base, la frutescence des tiges et la pentadynamie des élamines.

À ces caractères botaniques, M. Garreau ajouta celui de lexistence exclusive du Bergenin dans les espèces du nouveau genre.

Les principales substances extraites des souches de ces plantes par M. Garreau, sont les suivantes :

Tannin, environ vingt pour cent des souches desséchées.

Bergenin, fécule, cristaux nombreux d’oxalate de chaux.

(1) Garreau , Journal de médecine, chirurgie et pharmacie militaires. Année 1850,

page 313.

Le tannin des saxifrages est considéré par M. Garreau comme identique à celui de l'écorce du chêne. J’ai vérifié en effet que ce tannin se comportecomme l'acide quinotannique avec les solutions de gélatine, d’albumine , d’émétique, des sels ferriques et avec les acides minéraux concentrés. Cependant, je n’ai pu obtenir d’acide gallique par l'exposition prolongée de sa solution au contact de l'air, mais j'ai constaté la formation d’un produit insoluble dans l'eau froide, soluble dans l'alcool et l’eau bouillante; le corps qui se déposait par refroidissement de cette dernière solution était, à mon avis, un produit d’oxydalion; il ne présentait aucun des caractères de l’acide gallique.

Le Bergenin, qui doit surtout nous occuper, était obtenu par M. Garreau en faisant agir l'alcool à 85° bouillant sur les souches desséchées et pulvérisées. Ce liquide évaporé fournissait un extrait qui était repris par une grande quantité d’eau distillée ; une forte proportion de tannin à l'état d’apothème insoluble était ainsi éliminée. Le liquide filtré et réduit à un petit volume donnaït bientôt des cristaux de Bergenin.

M. Garreau s’occupa sommairement des caractères physiques de ce corps. qu’il considéra comme un acide faible et signala les composés qu’il peut former avec les alcalis, et en particulier, celui que lon obtient en précipitant une solution aqueuse de Bergenin par le sous-acétate de plomb liquide.

Il fit connaître une autre réaction qui mérite d’être notée : c’est la transformation du Bergeniu en acide oxalique par Paction de l’acide azotique étendu.

Dans ur autre mémoire, publié àla fin de l’année 1880, par MM. Garreau et Machelart, sur les applications aux arts et à l’industrie des produits qu’on peut retirer des

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saxifrages, et en particulier, du tannin et du Bergenin (l), les auteurs apportèrent une modification importante dans le procédé de préparation du Bergenin, primitivement employé par M. Garreau. Cette modification consiste à traiter d'abord la poudre des souches desséchées par l’éther aqueux qui en retire le tannin, et à reprendre ensuite le résidu par alcool bouillant, qui dissout le Bergenin. |

Ils fournirent quelques notions nouvelles sur ce corps: ils donnèrent notamment sa composition élémentaire ; ils reconnurent que le Bergenin n'est pas un glucoside, qu’il ne se dédouble pas par l’action des acides étendus et ne fermente pas sous l'influence de la levure de bière, de 12 synaptase et de la diastase.

Ces deux mémoires laissent sans solutions les questions suivantes : équivalent et la fonction du Bergenin.

Avec l’autorisation de M. Garreau, j’airepris l’étude de ce corps et je me suis appliqué à déterminer les deux points qui viennent d’être mentionnés. Je présente donc ici l'histoire chimique complète de cette substance qu’il me paraît préférable de désigner sous le nom de Bergenite pour marquer ses analogies avec la mannite, la pinite et la quercite, analogies que la suite de ce travail mettra en evidence.

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