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PRÉPARATION

Les procédés d’extraction de la Bergenite que Je vais décrire s’appliquent au traitement des souches fraîches du Saæifrage de Sibérie, ils ont le tort de sacrifier le tannin qu’elles renferment ; mais, d’un autre côté, ils ont l’avantage

(1) Grarreau et Macheiart. Comptes-rendus de l’Académie des sciences, 6 décc:nbre 1880 , page 942.

d'économiser un temps assez long employé à ladessiccation des souches et de simplifier les opérations. Du reste, ayant en vue l'étude spéciale de la Bergenite, j’ai donné la préférence aux procédés qui m'ont paru les plus commodes pour obtenir ce corps à l’état de pureté.

Premier procédé.

Les souches sont râpées et épuisées par l'eau à 80°, afin d'éviter d'entraîner dans les liqueurs la matière amylacée ; le tannin qu’elles renferment est précipité par l’albumine, dont l’excès est ensuite coagulé par la chaleur.

Il est important, pour obtenir des liqueurs claires, d’opérer rapidement, afin de ne pas laisser au tannin du saxifrage le temps d’absorber l’oxygène de l’air. J’ai observé, en eflet, que ce tannin oxydé n’est plus précipité par l’albumine. Il est insoluble à froid, soluble à chaud, et se sépare par refroidissement dans un tel état de division, qu’il traverse les filtres et communique aux liqueurs un aspect laiteux.

Après filtration et évaporation, on reprend l’extrait obtenu par l’alcool concentré et chaud, on filtre et l’on retire ce dissolvant par distillation, le liquide qui reste fournit des cristaux par refroidissement.

Par une nouvelle cristallisation dans l'alcool, on obtient de la Bergenite très pure.

Deuxième procédé.

Pour se débarrasser du tannin, on remplace l’albumine par une solution d’acétate neutre de plomb qui, ainsi que nous L verrons plus tard, ne précipite pas la Bergenite.

los

On filtre et on sépare l’excès de plomb qui reste dans la liqueur par un courant d'hydrogène sulfuré; on filtre de nouveau et on concentre la liqueur acide au bain-marie, jusqu’à ce qu’elle soit réduite au quart de son volume primitif.

On l’abandonne alors à elle-même et la Bergenite ne tarde pas à cristalliser.

On purifie les cristaux comme il a été dit plus haut. Ce procédé très simple est à la fois économique, puisqu’il supprime l’emploi de l’alcool et de l’albumine. Il a donné

de très bons résultats, soit 8 à 10 grammes de Bergenite par kilogramme de racines fraîches.

Propriétés physiques.

La substince ainsi obtenue est en petits cristaux incolores, très réfringents, d’une saveur amère. Ces cristaux appartiennent au système orthorhombique. La forme la plus ordinaire est celle du prisme droit de 9115”, modifié sur la moitié des arêtes basiques par des faces inclinées de 126°22’ sur celles du prisme. Celte modification conduit au sphénoïde rl ombique que j’ai observé dans certains cas, dans son complet développement.

Cette hemiédrie permettait de prévoir l’action de la Bergenite sur la lumière polarisée. Elle dévie, en effet, vers la gauche le plan de polorisation. J’ai trouvé pour son pouvoir rotatoire moléculaire

nd

Ce nombre est la moyenne des deux déterminations suivantes :

1° — 0,512 gr. de Bergenite dissous dans 100 centimètres cubes d’eau distillée et observés dans un tube de 22 centimètres de longueur, ont donné la déviation — 35° ; d’où l’on déduit

35 X 100 ae CPS or osie CE

2° — 0,243 de Bergenite dissous dans 50 centimètres cubes d’eau distillée et observés dans un tube £e 20 centimètres , ont donné la déviation — 30”

30° x 50 d’où [«|» —=— Tosd24r — 51° 26”

Les solutions furent faites à chaud et observées après refroidissement.

Je dois faire remarquer que ce résultat présente quelque incertitude à cause de la faible concentration des solutions que nous avons dû employer, vu le peu de solubilité de la Bergenite dans l’eau. Il est facile, en effet, de voir à l’ins-

pection de la formule du pouvoir rotatoire moléculaire [je = © , & étant la déviation, P le poids de la substance, et V le volume de la solution, que l’erreur de lec-

ue d’autant plus grand que P est plus petit par rapport à V, c’est-à-dire que la solution est moins concentrée. Avecles solutions que j’ai employées, une erreur de lecture de 1’, cause dans l’expression du pouvoir rotatoire moléculaire une erreur de 2

degrés.

ture est multipliée par le facteur

La Bergenite est soluble dans alcool et dans l’eau et insoluble dans l’éther et la Benzine.

En | —

Les tableaux suivants donnent la solubilité de ce corps dans l’eau et dans l’alcool pour quelques températures :

100 grammes d’eau dissolvent :

COUR SE DER RARE MAUR 0 gr. 121 de Bergenite. A Ms rte ri Sue 0 gr. 159 > ROBE ame nettes à A de ve 0 gr. 645 > DUO TR rm rene 9 gr. 3886 »

100 grammes d’alcool absolu dissolvent :

Re sure de duree 1 gr. 59 de Bergenite.

TO Eee nn ide ct a ane nes date 7 gr. 35 >

On voit qu’à 15° la Bergenite est environ 10 fois plus soluble dans l'alcool que dans l’eau.

J’ai déterminé sa densité par la méthode du flacon, en prenant la benzine comme liquide auxiliaire.

J’ai préalablement desséché ce liquide par le chlorure de calcium et je l’ai ensuite rectifié.

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