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SPECTROSCOPIE DE LA BILE

De très nombreuses et très importantes recherches ont été faites, nous les résumerons au cours de cet exposé.

Nous n’étudierons que quelques types de bile : d'homme, de chien, de porc, de poule (gallus domesticus) et de poisson Colin (merlucius vulgaris).

Les vésicules biliaires (1) qui nous ont servi ont été recueillis aux abattoirs parisiens ou aux halles centrales.

Après lavages à l’eau distillée des vésicules souvent souillées de sang et d'autres impuretés, la bile était reçue dans des vases maintenus à température relativement basse.

Les observations étaient faites en cuves et en tubes d'Erarp, avec ou sans dilution.

Certains échantillons parfaitement limpides se prêtent à l'examen optique ; mais la plupart sont plus ou moins troubles, et souvent l'addition d’eau distillée provoque la formade précipités qui gènent beaucoup le passage de la lumière.

Comme pour le sang l’emploi de fluorure de sodium nous a rendu de grands services. Si l’on ajoute, en effet, même de très faibles quantités de fluorure à un échantillon trouble de bile, il se produit très vite un léger précipité floconneux qui englobe et entraîne les éléments en suspension. De même si pour étendre une bile on utilise la même solution fluorée, le trouble que produit l’addition d'eau pure se rassemble et tombe au fond de la liqueur biliaire.

Nous verrons, comme cela avait été démontré par nos pré-

(1) Ces recherches ont porté uniquement sur la bile de la vésicule, plus facile à se procurer dans les meilleures conditions de pureté.

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décesseurs, que les biles des différentes espèces animales n’ont pas un spectre identique, mais en outre nos recherches démontrent que dans une même espèce il y a des différences individuelles qui dépendent en particulier du nombre, de la nature et de la quantité des pigments, toutes choses variables dans chaque cas.

Bile*de l’homme. — Nous n’avons pu disposer que de quelques vésicules qui nous ont été remises par le docteur GÉRY, ättaché à l'hôpital Pasteur.

Leur contenu très visqueux était brun-marron en couche épaisse, orangé foncé en couche mince. |

Examinée en cuve prismatique, présence de deux faibles

bandes ; axe 107 (À — 572) et axe 121 (} = 536), beaucoup plus accentuées sur une longueur de 10 centimètres.

Dans cette dernière condition on observe une nouvelle bande, axe 600 (À — 600). Le spectre devient donc (fig: 3-I]).

50 Go 70 80 90 100 0 120 130 4,0 150

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À 726 660638 600 572 535, Fig. 3. < MES Mie

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Bile du porc. — La couleur est fort variable ; tantôt d’un Jaune extrêmement pâle, tantôt orangé-foncée, assez rarement brune. A cette teinte fondamentale jaune orangée s'ajoute fréquemment une nuance verte due à la présence d’une faible quantité de pigment vert; cette superposition des couleurs est d'ailleurs un caractère commun à presque toutes les biles, elle s'explique par la coexistence de plusieurs pigments.

Si on s’en rapporte aux descriptions classiques « la bile de porc ne possède pas de spectre à l’état frais, mais quatre heures après son extraction de la vésicule biliaire, elle apparaît brune en couche épaisse et jaune en couche mince; elle donne une bande d'absorption faible, située à gauche de D, puis une absorption continue s'étendant dans le vert, de la moitié de l'espace entre D et E, jusque dans la région ultraviolette » HeNocQuE.

Il s’agit 1à certainement d’observations incomplètes.

Nous avons, en effet, établi les deux points suivants :

La bile de porc fraîche possède toujours un spectre ;

Les bandes d'absorption de ce spectre varient de nombre et d'intensité suivant la coloration des échantillons.

Les biles très peu colorées possèdent les deux bandes fondamentales À — 572 et À = 535 (fig. 3, spectre I).

Dans les échantillons plus foncés, l’intensité de ces plages est fortement augmentée.

Enfin lorsqu'elle est nettement orange foncée et surtout verdâtre il s'ajoute la bande x — 600.

Bile du chien. — La coloration de la bile du chien est également variable, tantôt orangée très pâle, tantôt orangé foncée, enfin assez fréquemment brun verdâtre.

Le spectre suit plus ou moins étroitement ces différentes nuances (fig. 3, spectre V).

Parmi les auteurs qui ont le plus étudié cette bile au point de vue spectroscopique il faut citer MM. Werrugimer et Meyer qui lui ont consacré un long article très documenté dans les Archives de physiologie.

Nous reproduisons les conclusions de ce travail : « Si l’on

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