PYROGÉNATION DE LA BILE
Bien que cette méthode ne soit plus en faveur nous avons tenté de l’appliquer à la bile. On sait, en effet, que si les corps riches en azote et en oxygène subissent, pendant la pyrogénation, des décompositions profondes, il n’en est pas de même pour les substances à chaînes longues. Les carbures gras distillent volontiers, et leur connaissance peut fournir de précieux renseignements sur la constitution des molécules auxquelles ils appartiennent.
En présence d’alcalins et d’alcalino-terreux la pyrogénation permet aussi la synthèse de cétones dont l'isolement apporte également des indications importantes.
Nos recherches ont porté sur les biles de bœuf et de porc.
La bile est recueillie dans des récipients de forme haute rendant plus aisé le dépôt des matières solides en suspension ainsi que la décantation du liquide clair surnageant.
On prend un certain volume de celui-ci qu’on verse dans une capsule plate en porcelaine. Après concentration au bain-marie jusqu’à sirop épais, on ajoute son volume de soude ou de potasse ; à chaud il se fait un savon homogène très épais.
Le mélange bile-alcali est transvasé dans une marmite en fonte et chauffé à petit feu en agitant constamment. Il se” dégage de l’ammoniac pendant un certain temps. On cesse de chauffer lorsque la concentration est achevée. On a alors une matière de consistance butyreuse, verdâtre avec la bile de bœuf, jaunâtre avec celle de porc, répandant une odeur de carbures octyliques. |
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A cet état elle est prête à la pyrogénation.
La distillation sèche est pratiquée à l’aide d’une bouteille à mercure, suivant un dispositif qu’il ne nous à pas paru intéressant de décrire.
On chauffe d’abord lentement pour achever de chasser Peau et fondre la masse. Sans cette précaution il se produit rapidement un boursoufflement de la matière et par suite une obturation dé l’orifice de dégagement des vapeurs.
Il s'échappe d’abord de la vapeur d’eau qui se condense dans le ballon récepteur.
Vers 80° passent des vapeurs qui, par refroidissement, donnént un liquide citrin, huileux, très réfringent.
Entre 120° et 160° la distillation devient plus abondante, on récueille un liquide à peine coloré.
De 160° à 220° il y a raleñtissement notable. Le liquide distillé possède une teinte brune très nette.
À partir de 240° jusqu'à 3000 nouveau maximum dans le: rendement. On obtient une huile très foncée qui se condense vite et s'écoule lentement.
Enfin de 300° à 4oo°, ce sont des goudrons brun rougeâtre qui se prennent en une poix épaisse très près de la bouteille ;
on ne peut les faire arriver au ballon récepteur qu’en chauffant le tube de dégagement dans toute sa longueur.
On arrête la pyrogénation à ce moment.
Dans la bouteille il ne reste qu'un produit noirâlre, très salin, à demi-calciné.
À chaque expérience on traite 600 gr. de savon biliaire.
Les produits de la distillation sont isolés pour être traités ; ils forment cinq portions :
re portion, produits qui passent de 80 à r20° 2e pas — 120 à 160 3e Le 2 160 à 220 Le 2 ne 2h40 à 300 5e ER 3e 300 à oo
Telle est la marche générale des expériences.
Nous avons fait varier quelques-unes des conditions, en particulier la proportion d’alcali ajoutée à la bile.
La pyrogénation faite sans addition de base caustique donne de mauvais résultats.
On constate que la calcination commence dès que la bile a dépassé l’état sirupeux ; il ne se produit alors qu'une distillation extrêmement faible.
Il nous a semblé que la principale raison était due à la présence de matières azotées, mucines ou pseudo-mucines qui charbonnent très vite.
En effet, si on débarrasse, au préalable, la bile de ces substances, soit par précipitation à l’aide d’alcool selon le procédé d'HürNeR, soit d'après notre technique par évaporation à sec suivie de reprise par l'alcool, on remarque que la distillation quoique médiocre est cependant plus abondante.
Le rôle des alcalis est triple. Ils protègent les matières organiques contre l’action brutale du feu nu en formant une masse homogène qui bout à une température élevée.
En outre la présence d’eau retenue énergiquement par NaOH ou KOH permet et facilite l'entraînement des produits de pyrogénation.
Enfin, comme pour les alcalino-terreux dans la formation artificielle de cétones grasses, les alcalis se prêtent à la libération des chaînes carburées par destruction des carboxyles terminaux.
La quantité de soude ou de potasse qui donne le maximum de rendement est d'environ 10 pour 100 gr. de bile sèche.
Au-dessous de 5 o/o le rendement est inférieur.
Au-dessus de 18 0/0, la trop grande proportion des matières minérales gêne la distillation.
Le-rendement en produits volatils s’élève de 14,2 à 17,6 pour r00 gr. de bile sèche dans le cas de bile de bovidé.
En reprenant chacune des cinq portions et en soumettant celles qui passent entre 80 et 120°
120 et 160 2h4o et 300
à une nouvelle distillation on isole:
1° Un liquide incolore qui passe de 90 à rro° ;
2° Un liquide légèrement coloré en brun de (120-r40°) qui correspond à un maximum inférieur ;
3° Un liquide fortement brunâtre (de 260-28o°) qui représente un maximum supérieur.
Combustions Produit distillant entre (90-1100) :
Matière — 0,2075 Acide carbonique = 0,6355
Eau — 0,2215 soit en centièmes :
C=—=18/;,2 HET 100 Produit correspondant au maximum inférieur (120-140) : Matière — 0,2592 Acide carbonique — 0,7220 Eau — 0,2485 soit en centièmes :
Produit correspondant au maximum supérieur (260-2800) :
Matière — 0,2818 Acide carbonique = 0,7513 e : Eau — 0,3007 soit en centièmes :
Dans les queues de pyrogénation on sépare par la méthode classique de petites quantités de bases complexes et aussi de phénols qui, au moment de leur libération par l’acide chlorhydrique, donnent lieu à des réactions colorées très intenses variant du vert au bleu et au violet.
La pyrogénation de la bile de porc en présence de baryte nous a donné en produits volatils un rendement beaucoup plus important que celle du bœuf, de 30,50 à 33,54 0/0 de bile sèche.
Malgré le nombre des expériences faites et dont nous ne donnons qu'un très court résumé, nous avons abandonné cette question pour nous consacrer à l'étude des substances biliaires d'un intérêt beaucoup plus grand.
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