CHAPITRE PREMIER
ACIDE GLYCOCHOLIQUE
[, Historique, — L'acide glycocholique a été isolé par Srnvcren (1) qui, en même temps en a élucidé la constitution moléculaire, démontrant qu'il est composé d’un noyau à fonction acide (acide cholalique) et d’un acide amidé le glycocofle, |
I partait de Va bile de Prarrsen préparée d'aprés Ja technique classique modifiée par lui-même,
De Ja bile est évaporée au bain-marie jusqu’à consistance sirupeuse, puis à siccité complète par chauffage au bain d'huile 4 1209, Le résidu est dissous dans de l'alcool absolu froid, Sans décolorer, on ajoute dans la liqueur alcoolique, une pétite quantité d’éther, D précipite une masse sirupeuse et très colorée ; quelque temps aprés on observe la formation de groupes de cristaux en étoiles méêlés à des matières amor-
phes.
La solution surnageante rouge claire est versée dans un
(9 Sean, Lichig's Annal, Chem, Pharm., 65, y.
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vase très sèc et additionnée d’éther. Il se forme un louche plus ou meins épais suivant la quantité de solvant ajouté. Bientôt sur les parois viennent se former des étoiles cristallines blanches ou légèrement jaunâtres.
On décante l’alcool éthéré. On agite fortement les cristaux avec de l'alcool contenant ‘10 0/0 d’éther dans lequel ils ne sont pas solubles. Les cristaux filtrés et lavés avec cette même liqueur sont pressés, puis séchés sur acide sulfurique.
SrRECKER, pour obtenir l’acide glycocholique fait une solution aqueuse de ces cristaux, puis y verse de l'acide sulfurique dilué. La solution se trouble et après quelques heures il se sépare des aiguilles blanches qui donnent souvent au liquide une consistance semi-solide. Fréquemment entre les cristaux se trouvent des gouttelettes huileuses. Les cristaux recueillis sur filtre sont lavés à l’eau froide qui dissout Îles matières amorphes. Repris par l'eau chaude ils donnent des écailles nacrées peu nombreuses. Par refroidissement se dépose l’acide cholique de SrRecxker appelé aujourd’hui acide glycocholique.
Le résidu resté sur filtre est, d’après Srrecker, une modification insoluble dans l’eau de l’acide cholique (acide glycocholique), modification qui, dissoute dans l’alcool et reprécipitée par l’eau, se transforme en acide glycocholique ordinaire.
STRECKER l'appelle acide paracholique.
Le savant chimiste déclare qu’on pourrait aussi préparer l'acide glycocholique en partant de la bile elle-même après purification de celle-ci, mais nulle part il n'indique de technique particulière.
Plus tard Hürner (1) fait connaître une méthode à partir de la bile du bœuf traitée directement : « On verse un certain volume de bile dans un tube à essai, puis de l’éther par dessus et enfin un acide minéral. Le trouble laiteux du début devient bientôt cristallin et parfois si vite qu’en quelques minutes le
(1) Hürner, Journal fur prak. Chem. [2] 10, 267 und 19, 302,
Le RC
liquide qui se trouve sur l’éther se prend en masse. Si on délaie cette dernière avec de l’eau froide jusqu'à la consistance d’une bouillie claire et qu'on filtre, la masse cristalline qui reste sur filtre est pure. Il suffit de la reprendre par de l'eau chaude pour obtenir l’acide glycocholique cristallisé ».
Lassar-Conn (1) qui résume cette technique ajoute : « ces expériences ont été faites à Tubingen. Il est curieux de constater que dans d’autres pays (Leipzig, Berlin, Kænisberg) les biles ne se comportent pas ainsi, tandis qu’à Tubingen il n’y en a que 20 0/0 qui ne donnent pas la réaction ».
A son tour Emicx (2) propose une méthode devant toujours permettre, selon lui, d’obtenir l’acide glycocholique contenu dans une bile : « On dessèche la bile au bain-marie, on pulvérise puis on traite par l’alcool. Après distillation de celui-ci on dissout le sirop résiduel dans dix ou quinze parties d’eau. On agite cette solution avec de l’éther ou du benzol, puis on ajoute pour un litre de bile 4o cc. d’acide chlorhydrique concentré; le mélange est laissé au repos jusqu’à cristallisation. Les cristaux sont séparés par filtration et lavés à l’eau froide. On isole l'acide biliaire en faisant cristalliser dans l’eau chaude mais non bouillante ».
Enfin tout récemment Hammarsten (3) a donné un nouveau procédé calqué sur celui de STRECKER.
On additionne la bile de son volume d'alcool fort, on filtre et distille l’alcool. Le résidu aqueux est précipité par une solution de sous-acétate de plomb. Ce précipité est décomposé à chaud par une solution de carbonate de soude. On évapore à siccité sur le bain-marie et l’on épuise par lalcool fort. Après filtration et distillation de l'alcool, le résidu est dissous dans l’eau puis traité par le noir animal. A la solution filtrée on ajoute de l’éther en excès et l’on précipite l’acide
(1) Lassan-Conn, Die Sauren der Rindergalle und Menschengalle, 1898. Leipzig.
(2) Emica, Monash. f. chem., 3, 335.
(3) Hawmansren (Lehrbuch der physiolog. Chem., 1907).
or
glycocholique par addition d'acide chlorhydrique dilué. Les cristaux d'acide glycocholique et glycocholéinique sont essorés à la trompe puis traités par de l’eau bouillante qui dissout l'acide glycocholique seul. On filtre à chaud et on laisse le filtratum refroidir et cristalliser. L’acide glycocholéinique reste sur filtre. Les cristaux d’acide glycocholique sont dissous dans une solution étendue chaude de carbonate de soude; on neutralise avee HCI étendu et on évapore au bain-marie. On sépare le glycohcolate de soude des restes de sel marin en le traitant par l’alcool ».
Telles sont les différentes et nombreuses techniques qui tour à tour ont été proposées pour préparer l'acide glycocholique de la bile.
Sans nier que l’on aitobtenu l’acide glycocholique eristallisé à l'état de pureté, nous tenons cependant à répéter que STREcKER, dont le travail sur cette question est certainement le plus rigoureux, s’est beaucoup appuyé sur les produits du dédoublement hydrolytique de ce composé pour établir sa constitution et en fixer l'équation