I. Matière
SO‘Ba pèsé — 0,786 S — 0,108 S'o/o 155,72 IT, Matière = 0,3625.
SO:Ba pèsé — 0,669 S = 0,092 S oo = 25,46
Il. s'agit donc bien de taurine existant à l’état libre dans la bile ainsi conservée.
IL nous restait à rechercher l’origine de cette taurine ? … Plusieurs hypothèses se présentaient à l'esprit, seul ke contrôle expérimental pouvait fixer la valeur de chacune. . C'était, d’abord la présence à l'état normal de taurine libre dans Ja bile de chien. Mais les expériences faites précédemment avaient démontré que la hile fraîche n’en renferme pas. Puis la, possibilité d'une saponification des faurocholates pendant l’évaporation de la bile au bain-marie. Certains auteurs admettent, que cette simple concentration à chaud provoque la. libération de taurine. Nous avons fait dé nombreux essais non seulement avec de la bile de chien, mais avec. d’autres.biles riches en sels soufrés (bœuf, veau, congre). Dans tous les cas, les résultats ont été négatifs ; nous avons, même constaté que l'ébullition prolongée de la hile maintenue à un volume à peu. près constant ne Hu aucune modification. hydrolytique. sensible... : :.: : 19
La coïncidence entre ces deux Etes bee + taurine. et ds de conservation de la bile nous Sander à rechercher.une relation étroite, de cause à effet, entre ces deux facteurs. Nous avons consacré à cétte étude trois échantillons de. bile : r° un litre de bile de chien datant de 11 mois; 2°200 cc. de bile de bœuf remontant à 7 mois; 3° deux litres de bile de congre de 18 mois; tous échantillons additionnés ‘de CH}, déposés dans des chambres froides au-dessous de 10° et sans fermentation apparente. Or ilnous a été impossible dans aucun des trois de retrouver de taurine libre. Bien que très inférieur à celui de la bile de chien (4 ans), le temps de conservation était suffisamment important pour qu'il ait au moins un débnt de saponification. Hess
Enfin on pouvait invoquer les. phénomènes de ent iles si fréquents dans la bile de la plupart des animaux. Les recherches de Buckner sur la bile putréfiée avaient, en effet, démontré que la putréfaction peut libérer de la taurine en même temps d'ailleurs que de | ammoniac dans des biles soufrées. Nous ävons donc:étudié au point de vue ÉRAIaIseNRe cette bile suspecte.
. Comme nous l'avons dit, l'examen. macroscopique nous ayait montré que sauf la coloration devenue verdâtre, ses caractères physiques étaient. restés les mêmes : odeur fade caractéristique, limpidité, absence de, grumeaux ou de voilés. microbiegus. Or lorsqu'une bile.fermente très vite elle dégage une forte “odeur sulfurée ou ammpniacale, sa coloration vire. au rouge, puis s’atténue fortement, enfin on constate la présence de troubles ou de voiles bactériens. TIRE
- Nous ferons remarquer, à ce sujet, que si les biles dé bœuf, veau, porc, etc., putréfient facilement, celle de shien fermente avec beaucoup plus de difficulté.
De nombreux examens hactériologiques ont été ft sur des échantillons de bile pris à des hauteurs différentes: Les diverses méthodes de coloration simple ou double : thionine, zieh] dilué, gram, etc.. n’ont rien donné. TS
: Pris dans les mêmes échantillons, de nombreux FRE cpicuh sur les milieux ordinaires, bouillon simple et peptoné, gélose, gélatine, pores de terre, sont restés stériles aussi bien dans le vide qu’à la pression ordinaire. :;. : Nous étions ainsi conduits à attribuer la saponification par. tielle des sels soufrés de la bile à Ja présence du chloroforme. employé à titre d’antiseplique. Gamment expliquer l’action dy chloroforme ? J
..Nous admettrons qu ni se : décompose lentement avec mise en liberté d'acide chlorhydrique ; et nous verrons plus loin eombien est active cette influence hydrolisante des acides: minéraux même à des teneurs très faibles sur le taurocholate. -Or précisément. le chlorofarme avait presque iotalement disparu dans cette bile ancienne. C’est là un argument. sérieux à l'appui de l'hypothèse de sa a oi progressive. : .:,1: | ; I tE Rae
Que devient l acide cholalique correspôndant aux 22 gr. dé taurine.?: UT
Si l’on slave V sountiou classique :
GHENSO" AO EG O"- CHNS 0°
on trouve que théoriquement 408 grammes d’acide cholalique correspondent à 107 grammes de taurine, et dans ce cas particulier que 22 grammes de taurine valent 83 98, c'est-à-dire 84 grammes d'acide cholalique.
Ces 84 grammes de substance ne sont cependant pas précipités comme ils devraient l’être ét comme cer a lieu dans le cas de l’hydrolise acide.
Faut-il admettre que dans la bile, milièu éminemment colloïdal, la chaîne cholalique libérée reste à l’état de dissolu-tion plus ou moins parfaite, de même qu’une série d’autres malières, graisses, acides gras, lécithines, cholestérines, etc. ; ou bien entre-t-il en combinaison avec le taurocholate non attaqué pour faire un sel acide ?
La question reste entière.
Si, pour nous, l'existence de taurine libre dans la bile de chien conservée en présence de chloroforme est due à l’action de ce composé chloré, il semble que cette action ne doive pas être étendue à d’autres biles. La bile de congre, par exemple, après deux ans de conservation dans les mêmes conditions, n’a subi aucune modification. Malgré les recherches les plus minutieuses nous n'avons pu constater la présence de taurine dans un volume de 1 litre 850 de liquide.
La différence des résultats ne peut s'expliquer par la seule question de temps; il faut certainement faire intervenir les propriétés particulières des taurocholates des deux espèces animales d’ailleurs si éloignées dans l’échelle zoologique.
IT. — Taurocholate de soude cristallisé. — Méthode de préparation. — Nous partons de la masse des acides biliaires obtenus en traitant la bile de chien conservée en présence de CHCF d’après notre méthode de traitement général de la bile. On les dissous dans l’eau et on traite par la baryte pour précipiter les petites quantités de glycocholate. Après carbonatation et filtration, on concentre les eaux qui contiennent le taurocholate.
C'est dans une dé ces concentrations restée incomplète
que nous avons eu précisément l’occasion deconstaterla grande facilité de cristallisation du sel soufré de la bile de chien.
Le produit du traitement d’un litre debile, en vue de séparer le taurocholate, avait été évaporé au bain-marie à consistance sirupeuse, puis abandonné plusieurs mois dans un endroit sec, En reprenant cette matière nous avons remarqué qu'il existait des centres de cristallisation dans la masse et qu'en traçant avec une baguette de verre des lignes reliant ces centres, la cristallisation se propageait en quelques instants suivant ces directions. Bientôt toute la masse fut envahie.
Les cristaux examinés au microscope étaient de gros prismes alongés, polarisant fortement la lumière, mais dont le système cristallin n'a pu être déterminé. Vainement nous avons tenté de les isoler de leur gangue amorphe blonde. L'eau distillée froide dissout très vite à la fois les cristaux et la substance amorphe.
L'alcool aqueux en fait autant. L'alcool absolu dissout d'abord la matière amorphe et les petits cristaux ; les gros cristaux, au contraire, persistent un certain temps; on aurait donc pu en séparer sur trompe une bonne partie. Mais préoccupés d'appliquer la méthode classique de cristallisation dans le milieu éthéro-alcoolique de PLATTNER, nous avons négligé de les recueillir. Nous nous proposons d’ailleurs de revenir sur ce point intéressant, qui n’a été signalé par aucun auteur.
Pour le moment, nous retiendrons seulement ce fait, c’est qu'il est possible d'obtenir à l’état cristallisé, le taurocholate de la bile du chien par simple concentration du sel amorphe tel qu’on l’isole d’après notre technique. La cristallisation rappelle celle des sucres dans les sirops concentrés ; la sursaturation souvent très longue peut être rompue par l’addition d’un germe ou par toute autre cause mécanique. L'isolement des cristaux de sel biliaire, bien que délicate, n’est pas impossible ; le sirop cristallin versé sur filtre à succion et traité par de petites quantités d'alcool absolu libère, en effet, les gros cristaux.
Nous avons préparé le taurocholate.cristallisé en saturant
En De
une trop grande concentration en éther sont repris par l'alcool absolu et peuvent ainsi rester dans le cycle des cristallisations ménagées.
Les cristaux une fois formés, il reste à les isoler et à les conserver. La difficulté à surmonter est ici très grande. Si on essaie de les recueillir sur filtre de papier même en opérant à basse température et en s’aidant du vide, il arrive que la filtration est trop lente et qu'ils se redissolvent presque en totalité dans leurs liqneurs mères. C’est, qu’en effet, les liqueurs abandonnent, par évaporation, pendant cette opération d'une certaine durée, en même temps que les cristaux, de petites quantités de sel biliaire amorphe. Or celui-ci est très hygroscopique; dans un air non sec il absorbe très rapidement de la vapeur d’eau, fond et redissout les éléments cristallins.
Nous avons, après bien des insuccès, résolu la difficulté, par l’emploi de filtres système Garos. Ce sont des cônes de dimensions variables, en terre spéciale d'une grande porosité. Pour utiliser ces cônes, on les dispose dans des entonnoirs en verre sur les parois desquels ils s'appuient grâce à des anneaux en caoutchouc, ou pessaires. [ls sont montés sur des récipients coniques reliés à une trompe à eau à grand débit. Sous l'influence du vide, la garos s'appuie avec force sur le pessaire.
On verse alors sur ces filtres ainsi disposés les solutions mères contenant les cristaux biliaires. La liqueur éthéroalcoolique filtre instantanément, laissant ses cristaux qui se déposent et se dessèchent presque complètement.
On les recueille avec soin en évitant les souillures assez fréquentes dues à la friabilité des cônes. À l’aide d’un scalpel on les détache et on les soumet à l’action du vide sur acide sulfurique. Nous avons préparé, par cette technique 80 grammes d’un très beau produit blanc, stable à Pair sec.
Au point de vue rendement, on peut dire que toute le taurocholate amorphe est susceptible de prendre la forme cristalline. Les déchets sont dus à des pertes pendant les manipulations toujours délicates.
Hammarsrex, dans ses recherches sur la bile de petite morue, attribue la non-cristallisation d'une importante quantité de sel biliaire à l'emploi d'alcool concentré. Nous avons essayé, comme 1l le conseille, d'employer des alcools aqueux ; mais sans succès. On obtient plus difficilement des cristaux et audessous de 15 0/0 d’eau plus rien ne cristallise.
L'alcool éthylique n’est pas le seul alcool au sein duquel le taurocholate peut cristalliser.
L'alcool amylique, en particulier, nous a donné de bons résultats. On dissout le sel biliaire amorphe dans un assez grand volume d'alcoolamylique sec et on ajoute lentement de l’éther. Il se fait ici également un léger trouble à chaque addi- Uon ; ce trouble persiste lorsqu'on a atteint une certaine limite que l'on apprécie avec un peu d'habitude. Après quelques instants il se forme des prismes allongés très peu épais, brillants, qui se séparent par filtration sur garos. Après évaporation de l’éther, les cristaux se redissolvent très vite dans leurs liqueurs-mères amyliques. Ils doivent donc être recueillis aussitôt formés. On peut isoler plusieurs récoltes de cristaux.
Même en l'absence d’éther, le taurocholate est susceptible de cristalliser; la lente évaporation d'une solution de sel biliaire dans l’alcool éthylique absolu donne de gros prismes, souvent légèremént jaunes, groupés en houppes ou en étoiles.
La recristallisation du taurocholate de soude n'offre pas d’autres difficultés que celles de la première cristallisation. Les cristaux sont dissous dans l'alcool éthylique absolu à une dilution étendue ; on ajoute de l’éther jusqu’à louche persistant.
Cette opération correspond, bien entendu, à une purification ; on obtient de très longues aiguilles blanches, brillantes, soyeuses; mais en même temps elle s'accompagne de pertes importantes. Partant de 10 grammes de matières, on en récupère à peine 4 grammes ; le reste demeure en sursaturation.
1. Propriétés physiques. — Le taurocholate cristallisé de la bile de chien se présente donc sous l'aspect de fines aiguilles, incolores, agissant énergiquement sur la lumière polarisée.
Piettre 9
Ces cristaux sont très stables à l'air sec; dans l'air plus ou moins saturé de vapeur d’eau, ils l’absorbent peu à peu, se rämollissent et se résolvent en une masse sirupeuse blonde.
Leur stabilité est d'autant plus grande qu'ils sont plus purs; nous avons conservé lés échantillons dé deuxième cristallisation pendant plus dé vingt jours dans l'atmosphère du laboratoire.
Comme nous l’avons déjà dit, la présence entre les cristaux, de tracés de sel amorphe éntraîné pendant la cristallisation ou formées au cours de la filtration explique leur instabilité.
Le taurocholaté ne possède aucune odeur spéciale, sauf une légère odeur fade. La saveur en est très particulière ; une patcellé infiniment petite déposée sur la pointe de la langue provoque une Sensation douce et fortement sucrée. Puis dès que la salive est parvenue à la base de l'organe et dans le pharynx, où perçoit une saveur fade et écœurante qui détérmine des” nausées. -
Nous n’avons pu constater l'amertume si accusée dont parle les auteurs ét sur laquelle HAammarsren s’est appuyé pour adtnèttre l’existencé des deux acides biliaires soufrés : acide taurocholique et acide taurocholéinique.
La solubilité du taurocholate, nulle dans l’éther, est assez élevée dans l'alcool froid et surtout chaud, et très grande dans l’eau.
Il fond à 550° au bloc MAcQUENNE, en Se ramollissant.
Pouvoir rotatoire spécifique est dp — 275 en solution alcool éthylique à là température moyenne de 20°.
2. Propriétés chimiques. — Le taurocholate cristallisé; après dessiccation à poids constant sous vide sulfurique est soumis à l'analyse élémentaire.
Combustion
Acide carbonique = 0,6560 Eau — 0,2279 Acide carbonique — 0,8906
Eau = 0,3163
[. Matière — 0,2958 |