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Chez le veau, la lithiase biliaire est rare; quand elle existe, on retrouve en même temps presque toujours des lésions du parenchyme hépatiques. La constatation de cés désordres sérvent d’ailleurs de précieuses indications dans cés recherches. Le volume des calculs ne dépasse pas celui d’une noix ; leur couleur est fréquemment d’un rouge orangé très chaud.

La présence de calculs dans la vésicule biliaire chez Île porc est exceptionnelle ; sur 2.510 vésicules ouvertes nous avons obtenu 5 calculs analogues comme volume et comme teinte à ceux du veau.

Chez le mouton, nous n'avons pu nous en procurer ni en découvrir. |

On peut également recueillir des concrétions biliaires en dehors de la vésicule, dans les canaux biliaires.

Chez le cheval, dépourvu de poche biliaite, c’est dans les coniduits Cystiques ou cholédoques qu'il faut les chercher. Elles sont fréquentes dans ces voies biliaires chez le bœuf et le mouton ; on les trouve groupées, tassées les unes contre les autres, ou à l’état de lamelles concentriques peu consistantes mêlées de mucus, de fibrine, de résidus cellulaires.

La présence de parasites dans le foie est la cause la plus importante de leur formation ; larves de strongle, de sclérostomes chez le cheval ; douves chez les ruminants, grande douve (/usciola hepatica) chez les bovidés adultes, grande et petite douve ( fasciola lanceolata) chez le mouton.

Ces parasites agissent soit directement, leurs œufs, leurs cadavres servant d’amorce, de noyau aux dépôts pigmentaires, soit indirectement par obstruction des canaux biliaires et stagnation consécutive du liquide biliaire, En même temps ils provoquent une inflammation chronique des tuniques de ces canaux, qui aboutit souvent à une calcification partielle avec des éctasies et des rétrécissements cicatriciels. Ces altérations canaliculaires se traduisent à l'examen macroscopique par des travées blanchätres, dures au toucher, à direction radiaire.

Il existe une relation assez intéressante entre la coloration de la bile et la présence des calculs. En effet, dans les biles

vertes, les calculs sont rares, on les rencontre surtout dans les biles jaunes ou jaune orangées. Cette remarque s'applique également à la lithiase canaliculaire.

Si on soumet ces calculs à la dessiccation, sur vide sulfurique, on constate, après un certain Llemps, une fragmentation progressive en petites masses, parfois même en une fine poussière jaune orangée. L’examen des fragments montre leur structure zonaire. Les calculs se forment donc comme les grains d’amidon par des dépôts successifs de matière. Les différentes couches d'opposition se reconnaissent à leur coloration différente, les unes pâles, jaunes ou jaune orangées, les autres plus foncées, orangées ou rouge orangées. Ces variations de teinte peuvent s'expliquer par une condensation plus grande suivant les zones, ou bien par l'existence de pigments de coloration différente. |

Dans certains calculs on observe un arrêt du dépôt de bilirubine ; on constate, dans ces cas, l’existence de couches brunes, ou verdâtres, formées de bile concrétée.

Le centre est ordinairement de coloration brunâtre ; la matière y.est peu condensée, de structure alvéolaire, avec présence fréquente de lamelles brillantes de cholestérines ou d’aiguilles d'acides gras.

L’amorce est constituée le plus souvent par des flocons fibrineux ou muco-purulents; dans un cas très curieux, nous avons trouvé au centre d’une concrétion canaliculaire en voie deformation un cadavre de grande douve entourée d’une mince enveloppe fibrineuse.

Il n’existe pas de données certaines sur le temps de formation des calculs chez les animaux. Cependant l'existence de lithiase biliaire sur les veaux permet d'indiquer une approximation sérieuse. Chez des veaux de trois mois on peut déjà rencontrer des calculs et quelques-uns de la grosseur d'une noix. Avant deux mois, au contraire, ils sont extrêmement rares. On peut donc conclure qu'une durée d’un mois est amplement suffisante.

On admet, avec les auteurs classiques, que les pigments con-

tenus dans les calculs biliaires résultent de la transformation, en grande partie dans le foie, de l’hémoglobine provenant de la destruction au sein de l'organisme des globules sanguins trop vieux ou altérés sous des influences diverses: Cette évolution peut aussi se produire en dehors du parenchyme hépatique ; elle à lieu en particulier dans les foyers hémorragiques par un phénomène de véritable digestion dont les cellules [ymphoïdes sont les agents les plus actifs. ;

Lithiase expérimentale. — Certaines observations nous ont conduit à concevoir au moins provisoirement un mode plus simple de transformation du pigment sanguin en pigment biliaire. Au cours de plusieurs milliers d'examens de vésicules biliaires à l’inspection des viandes aux halles centrales de Paris, nous avons observé deux exemples qui nous ont paru fort intéressants dans cet ordre d'idées.

Il s'agissait d'organes contenant au sein du liquide biliaire des masses dont le poids s'élevait jusqu’à 120 grammes et totalement recouvertes de bilirubine. Aplaties, de surface et d'épaisseur très irrégulières, par leur structure fibrineuse et leur coloration profonde, elles avaient pour origine certaine d'anciens caillots sanguins. Au point de vue pigmentaire, elles présentaient à l’examen une épaisse couche de bilirubine sur toute leur surface et leurs plissements; dans les parties centrales, une coloration rouge foncé due à de l’hémoglobine, enfin entre les deux zones un mélange des deux pigments.

Cette coexistence intime des deux pigments pouvait sans doute s’expliquer par simple dépôt, sur un caillot sanguin jouant le rôle de corps étranger, de biliruhine normalement éliminée par la bile, mais elle pouvait aussi résulter d’une transformation de l’hémoglobine en bilirubine dans la vésicule biliaire elle-même.

En collaboration (1) avec M. Macwe, chef des travaux de physiologie, nous avons réalisé au läboratoire de M. Kaur- Mann, à l'Ecole vétérinaire d’Alfort, une première série d’ex-

Gi) M Püerrrs, Comptes rendus, 1909:

périences. Sur des chiens et des lapins nous avons introduit aseptiquement dans la vésicule, préalablement vidée, des volumes déterminés de sang du même animal. Les animaux opérés étaient tués au bout de six semaines à cinq mois. Voici la technique suivie dans ces expériences : L'animal est fixé sur le dos et anesthésié. On fait une incision sur la ligne blanche; on découvre la vésicule que l’on vide par pression. On immobilise cette poche à l’aide d'une pince. Du sang est prélevé à la seringue duns une des carotides mises à nu au préalable, On l’injecte aussitôt dans la vésicule en introduisant lPaiguille très obliquement dans la paroï, de façon à ce que la perforation de la muqueuse ne soit pas en regard avec celle de la musculeuse. L'orifice de fonction se ferme de suite.

Le 18 novembre 1908, chien de 11 kg. 500. Après évacuation de la vésicule on injecte 5 centimètres cubes de sang carotidien.

L'animal est conservé, sans aucun accident, jusqu’au 11 février. On le sacrifie à cette date, c'est-à-dire trois mois après l'opération,

Dans la vésicule on constate la présence de huit petit caillots brunâtres qui, rapidement lavés à l'eau distillée, sont séchés dans le vide, L'ensemble pèse o gr. 067.

28 janvier 1909, chienne de 10 kg. 800. On injecte 15 centimètres cubes de sang carotidien dans la vésicule, Sacrifiée le 2 mai il ne reste aucune trace de l'injection, aucun résidu.

28 janvier 1908, chien de 16 kg. 500. Injection de 18 centimètres cubes de sang artériel; il succombe le 29 juillet au cours d’un autre expérience. Dans la poche biliaire, absence de caïllots, mais, en revanche, présence de petites granulations orangées analogues à un sable fin. Examiné au microscope ce dépôt est formé d'amas de cristaux classiques de bilirubine.

20 novembre 1909, lapin de 2 kg. 400. Reçoït 2 centimètres cubes de sang dans la vésicule; chez le lapin l’injection offre de grandes difficultés. à cause du peu d'épaisseur des parois de la membrane vésiculaire.

L'animal est tué le 6 décembre. On trouve cinq petits caillots bruns qui, après dessiccation, pèsent o gr. 292.

Ces différents calculs artificiels ont été étudiés au point de vue pigmentaire. |

Après pulvérisation ils étaient épuisés avec du chloroforme bouillant ; la présence de bilirubine libre dans ces conditions se traduit par une coloration orangée du solvant dont l’évaporation abandonne des cristaux typiques.

Seuls les caleuls isolés chez le chien contenaient de la bilirubine. Ceux de lapins n’en renfermaient aucune trace.

En dehors des points qui intéressent la technique des injections intravésieulaires ainsi que des notions sur la coagulaüon du sang en présence de bile, et la durée de ces caillots artificiels, nous. n'avons pu tirer de ces expériences des conclusions bien fermes. Sans doute, en effet, chez le chien l'existence de ces caillots s’aceompagne de la présence de bilirubine, mais cela peut s'expliquer par ce fait que normalement la bile de cet animal élimine de petites quantités de pigment qui se dépose volontiers sur les corps étrangers présents.

Cette interprétation acquiert quelque valeur de ce fait que chez le lapin dont la bile ne contient pas normalement de bilirubine les calculs artificiels en sont dépourvus.

La question reste donc posée et demande de nouvelles recherches. |

IT. Traitement chimique des calculs. — Nous allons tt les principaux points de natre technique.

Les calculs biliaires recueillis sont aussitôt lavés pour éliminer la bile qui les souille, puis séchés. On élimine ceux qui sont riches en matières pigmentaires brunâtres ou verdâtres.

Les autres sont réduits en poudre très fine, tamisée puis soumise à l’action de l'acide chlorhydrique à 10 0/0 au bainmarie. On agite fréquemment le mélange; après une demiheure de contact on décante la liqueur légèrement trouble qui possède une coloration brunâtre et répand une forte odeur d'hydrogène sulfurée.

On renouvelle cinq à six fois la solution acide, on lave à neutralité la poudre qui est séchée à l’étuve à 4o°. Brune tant qu'elle est humide, elle devient rouge brique par dessiccation,

Küsrer après avoir employé l'acide chlorhydrique, recommande l'acide acétique ; d’après lui HOI favoriserait la production de biliprasine, produit artificiel, aux dépens de la bilirubine.

En effet, tandis que dans une expérience portant sur 250 grammes de calculs biliaires il n’obtenait avec HCI que 38 gr. 5 de bilirubine, c’est-à-dire 14 0/0, l'emploi d’acide acétique lui permit de préparer avec le même poids de matière première 67 STARS de pigment, soit 24,3 0/0 en trois extractions :

6 o/o dans la première, 9 ‘» dans la seconde, 2,7 » dans la troisième.

Des essais faits exactement dans les mêmes conditions avec les deux acides, nous ont donné des résultats sensiblement les mêmes.

Dans notre procédé, l’extrait chlorhydrique aqueux s’élève à 18 o/o environ.

La matière si hé à l'étuve à 4o°, broyée à nouveau est introduite dans un soxhlet puis soumise à une série de solvants, dans une chambre noire, comme le conseillent OrNporp et TEEPLE.

. On commence l'épuisement par léther qui enlève les matières grasses, cholestérines, et acides gras; l’opération est achevée dès que l’éther ne dissout plus rien d’appréciable, il se colore à ce moment en jaune safran par solubilisation de traces de bilirubine.

A l’éther on substitue l’alcool méthylique qui dissout une matière colorante d’un beau vert émeraude.

Enfin on épuise au chloroforme rendu anhydre et neutre par agitation sur le carbonate de potasse fondu et sec et distillation.

Le traitement chloroformique des calculs biliaires doit être surveillé avec soin pendant toute sa durée.

Si, en effet, on fait agir le chloroforme aussi longtemps qu'il entraîne de matières solubles, on obtient un mélange de plusieurs substances dont la séparation est extrèmement pénible. Pour y parvenir, il faut alors recourir à une nouvelle extraction qui occasionne des pertes importantes, et peut introduire des impuretés dues au solvant lui-même. Ce dernier.

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point à été particulièrement mis en lumière par W. Küsrer qui le premier a reconnu que le contact répété et prolongé s'accompagne d'une fixation, sur la molétule pigmentaire, de chlore provenant, selon lui, d'une décomposition du chloroforme, mais dont nous avons plus haut expliqué la présence d'une tout autre façon. Il est donc très important, pour éviter ce grave écueil, de séparer au fur et à mesure de leur dissolution les pigments qui passent dans le chloroforme.

Le fractionnement des extraits chloroformiques permet de constater l'existence de plusieurs portions solubles dans le solvant. On n'obtient pas évidemment du premier coup une séparation absolue; d’ailleurs il n’existe très certainement pas de parois étanches entres les différentes portions pigmentaires, au point de vue de la solubilité; mais on parvient à une première approximation toujours perfectible.

L'application de cette méthode nous a permis de réaliser les séparations suivantes ;

Le chloroforme dissout d’abord abondamment une matière jaune-brun, très soluble. L’extraction se fait avec grande rapidité relativement aux autres pigments; on juge qu’elle est terminée de deux façons ; 1° on constate dans le soxhlet et surtout dans les branches du siphon le changement de coloration qui passe du jaune-brun au rouge-orangé ; 2° si on fait un prélèvement à ce moment et qu’on l’évapore au bain-marie il reste un résidu orangé à peine brunâtre. On sépare avec soin la solution chloroformique contenue dans le ballon du soxhlet, et après rinçage de l'appareil on reprend l'extraction avec une nouvelle quantité de solvant.

Ce deuxième traitement demande un temps plus long. Dans le chloroforme passe une substance rouge-orangé, qui se dépose après sursaturation du solvant, sous forme de fin précipité ou de croûtes. |

Lorsque le chloroforme se colore franchement en jaune safran, on cesse l'extraction.

On procède à un troisième épuisement qui est extrèmement long ; chaque siphouage eutraïne, en effet, une faible quan-

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