A AS TN NE RS PTE EL PS
IV. Etude des produits d'extraction. — 1. £'xtrait éthéré. — Aucune recherche spéciale n’a été faite sur cette partie. Nous avons simplement constaté la présence d’acides gras et de cholestérines par cristallisation et reprise à l’alcool méthylique sur filtre à succion. Les cholestérines moins solubles sont en partie séparées.
>. Extrait méthylique. — Belle liqueur vert-émeraude. Après distillation de l'alcool il reste une substance vert foncé, insoluble dans l’éther, le chloroforme. Au spectroscope, la matière colorante est caractérisée par la présence d’une forte bande dans le rouge, À — 638.
Cest un produit que nous croyons totalement artificiel, dû’ à l'action de l'acide chlorhydrique, en présence d'alcool, sur
les pigments orangés. Il ne paraît pas, en effet, exister avant l'intervention de ce réactif; des calculs épuisés directement à l’alcool méthylique ne nous ont pas permis d'obtenir ce pigment vert.
J1 contient des traces de Cl et de soufre.
La recherche de ces éléments a été faite par la méthode de Carius en présence de nitrate d'argent.
I. Matière = 0,5205 CI = 0,007 CI 0/0 = 1,43 Il. Matière — 0,610 CI — 0,009
Cl 0/0 = 1,51
Le soufre précipité à l’état de SO‘Ba n’a pu être pesé à cause de son faible poids.
Les conditions de préparation, les caractères de solubilité permettent de l'identifier à la brliprasine de SrœpLer.
Cet auteur assignait à ce pigment la formule C''HN°0f sans tenir-compte du Cl et du S dontil n'avait pas constaté la présence.
W. Küsrer signale à son tour l'existence d'un autre pigment vert, la « choléprasine », qui serait un produit naturel, existant normalement dans les calculs biliaires du bœuf.
Il l'a obtenu pour la première fois en traitant par l'acide acétique, la poudre de ces calculs, après épuisement au chloroforme. Pour le purifier il le fait bouillir avec l’acide acétique concentré et le laisse digérer quelque temps. La solution s’éclaireit, on filtre et lave avec l’acide acétique chaud tant qu'il se colore en vert. L’acide acétique est alors distillé dans le vide, le résidu repris avec beaucoup d'eau est additionné de petites quantités d'’ammoniac. La précipitation n’est pas complète. On recueille le précipité, on le dissout dans un alcali dilué; après filtration on le reprécipite par l’acide acétique, on le lave et le sèche. Dès qu'il est sec, sa solubilité est très faible dans l’acide acétique.
Tout récemment, ce même savant a repris ses recherches en collaboration avec NiërnaMEr suivant une nouvelle technique qu'il suppose devoir lui donner la choléprasine pure.
500 grammes de calculs biliaires sont pulvérisés finement et séchés. On les épuise d’abord avec de l’éther puis avec de l’eau chaude, enfin avec de l’acide acétique à ro 0/0. On lave à l’eau jusqu'à neutralité, on sèche et on épuise par l’éther pendant une journée et demie. On traite à l’alcool à 96° à froid quelques semaines en agitant de temps en temps. L'alcool dissout un pigment vert. On sèche à nouveau et on épuise à chaud avec l'acide acétique qui enlève abondamment un autre pigment vert, la choleprasine.
Pour Küsrer, ce pigment est différent de la biliverdine et aussi de la biliprasine.
Les différences les plus importantes reposent sur les caractères de solubilité et la teneur en soufre.
La choléprasine est soluble dans l’acide acétique mais insoluble dans l'alcool dans lequel sont solubles la biliverdine et la biliprasine.
Elle contient du soufre de 1,06 jusqu’à 1,62 0/0.
Küsrer ne donne aucune analyse de ce produit.
Malgré l'autorité de ce savant il nous paraît difficile d’admettre, sans d’autres données, l'existence de cette matière comme pigment naturel de la bile.
3. Extraits chloroformiques. À. pigment orangé-brun. — Ce pigment, dissous dans le chloroformè, donne en solution concentrée, une liqueur presque brune, en solution étendue, une belle coloration orangé brun.
Par évaporation de son solvant à l’abri de l'humidité et de la lumière il se dépose sous forme de lamelles pailletées, de couleur mordorée avec légère teinte verdâtre rappelant la fuchsine.
IL est extrêmement soluble dans le chloroforme, déjà au contact de ses vapeurs il perd son brillant et très vite fond en une liqueur huileuse.
Ce caractère très important permet à lui seul de le différencier de la bilifuscine de Srœpzer, dont la solubilité est très faible.
Les solutions chloroformiques examinées au spectroscope possèdent quatre bandes d'absorption :
À == 638 « , très accentuées.
Me. nn assez faibles.
on NE AE g
Fig. 5.
ce à 517
Cette substance pigmentaire possède bien une existence réelle ; on l’isole des calculs biliaires comme nous venons de le voir. Cest elle également qui constitue la coloration brune si fréquente dans les biles d'homme, de chien, de mouton.
En outre son spectre est très voisin de celui dé ces biles ; et c'est Vraisembläblement à sa présence qu'elles doivent en partie leur spectre.
Etant donnée la faible quantité de matière que nous avons eu en mains nous n'avons pu encore en faire l’änalyse, ni rechercher la présence de chlore et de soufre.
Le rendement est en général très peu élevé, de 1 à 3 grammes pour 100 ; il est variable avec la nature des calculs: Très faible lorsqu'on n'utilise que les calculs très purs, de coloration orangée ou jaune; il devient plus important lorsqu'on choisit de préférence des calculs bruns, ou même d’un noir brillant avec léger reflet verdâtre très analogue à la substance pigmentaire en question:
Il paraît correspondre au 8-bilirubines de Küsrer : mais le fait de son existence dans les calculs le différencie déjà de ces dernières qui sont des produits artificiels.
D'autre part son mode de préparation comporte une seule
extraction au chloroforme, alors que les G-birilubines subissent plusieurs passages par ce solvant. Les chances de chloruration, de quelque nature qu’elles soient, sont donc moin nombreuses.
La séparation d'avec les pigments orangés s'obtient aisément grâce à sa grande solubilité dans le chloroforme.
B. Pigments rouge-orangé et jaune.— Nous avons vu qu’en fractionnant l’extraction chloroformique on parvient à séparer ces deux matières colorantes.
Quellesrelations entretiennent entre eux ces deux pigments?
Tout d'abord ils correspondent à des calculs de même coloration ; il y a, en effet, des calculs jaunes très pâles, d’autres rouge-orangés. En général chez le bœuf les calculs jaunes sont les plus fréquents, ainsi que chez l'éléphant (M. Arserro Paz nous en a envoyé plusieurs échantillons de Mendoza, République Argentine) ; chez le veau, le chien, le porc, ils sont surtout orangés.
Le plus grand nombre possède des teintes intermédiaires, mélanges de jaune et d'orangé, répartis par zones concentriques plus ou moins régulières.
Dans le traitement des calculs biliaires on a donc affaire à ces deux pigments au moins.
Le produit moyen isolé dans une seule extraction portait le nom de « bilirubine » et était considéré comme une véritable entité chimique par les classiques. |
Les premiers savants qui ont émis la théorie de la pluralité des « bilirubines » et plus spécialement Wizrrams Küsrer, ont basé cette conception uniquement sur des différences de solubilité et de teneur en azote. Mais d’autre part Küsrer a démontré que les différentes portions de bilirubine contenaient des quantités variables de chlore provenant de la décomposition du chloroforme employé aux extractions et aux purifications.
Il en résulte donc que cette notion de pluralité perd par cela même une partie de sa valeur, la présence de CI pouvant suffire à expliquer ces variations de solubilité car « la pré-
=. JQh =
sence de bilirubine chlorée, c'est-à-dire de $-bilirubine, permet de dissoudre plus de pigment que le chloroforme pur » KüsTER.
En étudiant les deux pigments séparés par fractionnement nous indiquerons les résultats obtenus au point de vue de la présence du chlore.
b. Bilirubine. — Le produit le pue soluble dans le chloroforme correspond à la notion qu'on a de la bilirubine ; c'est une matière d'un rouge orangé foncé, bien cristallisée en tables rectangulaires.
La solubilité a été faite à froid et à chaud.
A froid (15°).— Dans une fiole de 300 centimètres cubes on introduit o gr. 524 de substance colorée, bien pulvérisée, puis on ajoute 150 centimètres cubes de chloroforme pur et sec. On bouche et on agite à plusieurs reprises pendant deux heures. On filtre exactement 100 centimètres cubes qu’on met à évaporer dans un vase taré, à l’abri de la lumière.
Le résidu pèse 0,0749 et dans une deuxième expérience 0,0803. | à
La solubilité moyenne est donc de 0,0776 pour 100 à 15.
A chaud. — On chauffe à l’ébullition, au réfrigérant à reflux, 150 centimètres cubes de CHCI auxquels on a ajouté 0,725 de pigment. Après 30 minutes de contact on filtre bouillant 100 centimètres cubes que l’on évapore à sec dans les mêmes conditions que plus haut.
Le résidu sec pèse dans un cas . . 0,137 Bt'dans an autre RE RER ON 0,146
La solubilité moyenne est donc de 0,141 BOUT cent à l’ébullition. :
La recherche de l'azote a été à faite Fi la méthode de Kie- DAHL.
Dosage d’'asote
1. Matière — 0,5226 * Az — 0,049 AZ 0/0 = 9,39 IT. Matière — 0,/4042 Az = 0,0378 Az 0/0 — 9,35.
Recherche du chlore par la méthode de Carivs :
Dosage du CI
I Matière — 0,4782 AgCl pesé — 0,0192 C1 = 0,004 Cl o/o — 0,997 IT. Matière — 0,58o7r AgCI pesé — 0,0174 C1 = 0,0043 CI 0/0 = 0,741
Le CL, étant donné sa très faible proportion, moins de 1 0/0, constitue donc seulement une impureté négligeable.
b’. Biliflavine.— C'est le produit le moins soluble, il possède une belle coloration jaune de chrome et cristallise en petites tables très minces, parfois même les extrémités de ces tables sont arrondies. |
Solubilité à froid (15°).
100 centimètres cubes de chloroforme dissolvent o gr. 6648 de matières ;
100 centimètres cubes de chloroforme dissolvent o gr. 0704 de matière, c’est-à-dire 0,0676 en moyenne. |
Solubilité à chaud (ébullition).
100 centimètres cubes de chloroforme dissolvent 0,126
» De Fa ét 0110 c'est-à-dire o gr. 122 en moyenne.
Azote par la méthode de KserpauL.
Dosage I. Matière — 0,4282 Az = 0,0420 : Az 0/0 = 9,8 IL. Matière == 0,4903 Az — 0,0476 Az 0/0 = 9,7
La recherche du chlore faite par la méthode de Carius sur deux échantillons de matière (0,4548 et 0,5669) nous ont donné des résultats négatifs.
Telles sont les propriétés principales des deux fractions pigmentaires ; leurs différences, sans être trop absolues, permettent cependant d'établir une distinction nécessaire.
Nous proposons, de conserver à la première substance rouge-orangée, plus soluble, moins riche en azote, le nom de
bilirubine, et de donner à la seconde, jaune de chrome, moins soluble mais plus riche en azote, le nom de « biliflavine », déjà employé dans là nomenclature chimie-physiologique mais sans désignalion bien fixe.
Nous avons vu que c’est grâce au changement de coloration des matièrés séparées par le fonctionnement chloroformique que nous avons été conduits à l’étude à peine ébauchée encore de chacune d'elles.
Il nous reste à examiner quelle influence le chloroforme exerce sur la bilirubine et la biliflavine.
W. Küsrer admet, nous l'avons vu, que ce solvant a une action importante sur la bilirubine ; en se « décomposant il fixerait du C1 en plus ou moins grande quantité deo,299 à 4,60/o ». Les portions les plus chlorées deviennent les f$-bilirubines, les moins chlorées représentent les bilirubines.
Pour nous, l’action du chloroforme pur et anhydre sur les matières colorantes biliaires est moins considérable.
Mettant hors de cause le pigment orange-brun très soluble, qui est une substance bien spéciale, nous avons constaté qu’à lui seul, le solvant s’il est capable de modifier légèrement la coloration de la bilirubine et de la biliflavine, ne cède que des traces de chlore, au-dessous de r 0/0.
Si l’on évapore, à l'abri de l'humidité et de la lumière, des solutions faites à froid de ces deux pigments dans le chloroforme, le résidu obtenu a conservé à peu près la coloration de la matièré primitive. On note cependant une légère transformation du jaune én rouge orangé.
Au contraire, en présence de certains agents chimiques ou physiques, lés modifications sont plus profondes.
À la lumière la matière brunit quelque peu, mais sans donner toujours de substance verte comme l'indique Küsrer.
En présence d’eau ou de vapeur d’eau, même altération de faible importance.
L’addition d'HCI très étendu à une solution chloroformique de bilirubine ou de biliflavine donné un résidu rouge-bfun avec une coloration verte diffuse. Pär épuisement avec les
alcools éthylique ou méthylique on enlève cette matière à l'état de magnifique liqueur vert émeraude.
Une plus grande concentration en acide chlorhydrique augmente la transformation en vert; de plus le reste rouge-brun est devenu beaucoup plus soluble dans le chloroforme.
En outre des solvants classiques des pigments biliaires rouge-orangés ou jaunes : chloroforme, diméthylaniline (Küsrer), nous avons employé avec succès le chlorure de benzyl (C*H°CH?CI) et un mélange de tétrachlorure de carbone et de chloroforme.
Dans le chlorure de benzyl, les bilirubines se dissolvent abondamment à chaud, puis cristallisent par refroidissement. Il se forme lentement dans le solvant un précipité brunâtre assez lourd qui, examiné au microscope, se trouve formé d’aiguilles d'un rouge rubis, groupées en étoile et agissant très activement sur la lumière polarisée.
Le mélange tétrachlorure de carbone-chloroforme est fait dans les proportions de 1 de CCI pour 2 de CHCP. Le pigment y est peu soluble même à l’ébullition ; l’évaporation rendue plus lente par le CCI permet d’obtenir de larges tables carrées mais peu épaisses.
L'analyse élémentaire a été pratiquée sur les deux pigments rouge-orangé ét jaune non séparés.
Combustion
L Matière — 0,3386 Atidé carbonique = 0,8243
Eau — 0,1818 ï Acide carbonique = 0,958 x SRE ù II. Matière — 0,28/45 Eau = 01498
Dosage d'azote (méthode de KseLpauL)
I. Matière — 0,9340 A% — 0,050/ Az 0/0 = 9,45 II. Matière — 0,7281 Az — 0,060 Az 0/0 = 9,54 soit en centièmes : : ; C — 66,5 H — 5,95