‹ Recherches sur la circulation des lamellibranches marinsChapitre 12 sur 66 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

On trouve aussi à droite du rectum laorte postérieure qui se rend à la partie postéro-supérieure du raphé.

Les branchies ont une structure identique à celle de VAvicule, mais elles sont moins musculeuses.

VULSELLA Lam.

Sa forme rappelle, à certains égards, la forme de l'Ostrea et s’éloigne de celle de l'Avicula par suite d’un aplatissement supéro-inférieur indiqué par l'allongement de la coquille. Le manteau se soude à la masse viscérale jusqu'au niveau du crochet, en sorte que le raphé, très peu allongé, ne correspond qu'à la charnière, sur une largeur égale à celle de l'animal (fig. 8 et 9, d). Les bords palléaux sont donc libres en avant et en arrière à partir de l’umbo. Cet allongement et cet aplatissement ont donné au cœur une position éloignée de la charnière, position qui est anormale, mais qui s'explique facilement. Le musele s’écartant de la charnière a entraîné le cœur avec lui, comme dans l’Huître ; mais ici la rotation du musele sur lui-même a été de quelques degrés seulement, ce qui à amené les oreillettes en arrière et un peu au-dessous du ventricule (fig. 10). L’organe de Bojanus est en arrière, entre les deux oreillettes. Cette disposition est ainsi moins accentuée que dans lAvicule.

La poche péricardique; ne présente pas de pointes antérieures comme dans l’Avicule. Arrondie en avant, elle offre à peu près au niveau de la partie médiane de l’oreillette, un infundibulum, au fond duquel se trouve l'orifice bojano-péricardique. Sa position est donc toujours constante. Il conduit dans la partie étroite de lorgane de Bojanus, un peu en avant de la cavité commissurale, qui existe comme dans l’Avicule, mais est placée au-dessous des oreillettes. Les parois de cet organe offrent très peu de canaux sanguins.

Le ventricule est cordiforme (fig. 10. F), traversé anté-

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rieurement par le rectum (fig. 10, 2). tandis qu'il se termine postérieurement par deux sortes de cœcum qui viennent se réunir sous le rectum et s’y attacher. Les deux oreillettes s’allongent (fig. 10, O. 0’), s'unissent

Fig. 10.

Fig. 8, Circulation de la Vulsella lingulata Lam. d, dépression où se logent les cuillerons.

Fig. 9. Marginales postérieures.

Fig. 10. Cœur.

en arrière du ventricule, assez largement pour ne laisser qu'un petit espace libre entre elles et le ventricule. Leur face regardant le ventricule présente des appendices qui

sont des diverticules en doigt de gant dont la couleur foncée est probablement due à la présence de la glande de Grobben.

Je ne m'étendrai pas sur le système artériel ; il offre de nombreuses analogies avec celui de lAvicule. L’aorte postérieure qui, dans cette dernière, remontait jusqu'à la charnière pour suivre un instant le raphé et se diviser en deux branches allant dans les deux lobes palléaux, se soude ici à l'aorte antérieure (fig. 9, Z), sur une partie de son trajet, jusqu'à ce qu'elle arrive au raphé ; elle revient alors un peu en arrière et se rend dans les deux lobes palléaux (fig. 9, 8, 8°). L’umbo semble tronqué, avec deux cornes latérales (fig. 9). L'’aorte antérieure, au niveau du raphé, est un peu sur la droite, quoique le côté gauche soit le plus développé. A la hauteur des deux cuillerons, elle décrit une ligne sinueuse correspondant à l'intervalle qui les sépare (fig. 8, d); elle y devient plus large et donne, pour les parties latérales, une artériole à droite et deux à gauche, allant se loger entre les cuillerons et la coquille. Le gros tronc irrigue les palpes suivant le mode connu, descend à droite de l’æsophage, qui est petit, et va se distribuer à l'estomac et à l'intestin, tandis qu'une longue branche superficielle passe entre les rétracteurs avant de se ramifier dans le pied.

De l'arrière du ventricule part un tronc sous-intestinal qui prend naissance à droite seulement et qui représente la partie persistante de l'aorte postérieure (fig. 8). Ce tronc est court et se divise bientôt en trois : une branche musculaire (fig. 8) et deux branches palléales. Les deux dernières (fig. 8, 12) s’écartent immédiatemént du rectum. Arrivées au niveau de l’anus sur les bords du muscle, elles se courbent latéralement et entrent dans le manteau. Je n’ai eu à ma disposition qu'un animal unique conservé dans l'alcool : ces artères y formaient une courbe à concavité antérieure assez prononcée. Mais dans l’animal étalé, le manteau s’allonge beaucoup et l'artère devient presque

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rectiligne. Au bord palléal, elle s’unit à la cireumpalléale. C'est donc l'artère communicante de l'Avicule. La disposition y est moins apparente à cause du déplacement vers l'avant qu'a subi le raphé.

L'artère musculaire (fig. 8) descend en avant du muscle et se divise en deux branches qui vont se ramifier entre les faisceaux, suivant un mode bien connu.

Fig. 11. Schéma de la cireulation dans une branchie.

Le système veineux es! identiqne à celui de l’Avicule. On y trouve de même une veine palléale qui se Jette dans la veine afférente de l’oreillette (fig. 1.-0. vh. vh).

Les branchies sont très petites et les deux lames sont inégalement développées (fig. 11); la lame externe étant la plus petite. Elles possèdent trois vaisseaux afférents et un vaisseau efférent, dans le suspenseur (fig. 11, val. va. ve). On remarque que le vaisseau afférent, à peu près médian (fig. 11, va), continue un sinus longitudinal de l'organe de Bojanus : celui-ci vient de la partie antérieure du corps. et il s'ouvre dans le sac viscéral par une fente qui probablement ne possède pas de sphincter. Ce vaisseau afférent envoie à droite et à gauche quelques branches aux deux vaisseaux latéraux qui suivent le bord supérieur des feuillets réfléchis, car ils prennent naissance aux côtés externe et interne des palpes et recoivent le sang de la partie antérieure du corps.

La surface des branchies est plissée et fenestrée ;: mais léur structure est filamenteuse. Les tubercules sont peu distants, comme dans lAvicule. Deux vaisseaux pectinés sont

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réunis par douze à quinze canalicules formant une colline transversale par rapport à la branchie.

PINNA Linné.

Je n'ai pas l'intention d'étudier ici complètement l’appareil circulatoire du genre Pinna. Cette étude a été faite par Milne Edwards pendant son voyage en Sicile sur la Pinna nobilis L. Seule la P. pectinata L. (P. truncata, auct.) m'a présenté quelques particularités que je veux signaler tout en donnant un aperçu sommäire de sa circulation.

Le cœur est dorsal et tout à fait sous le rectum, pas très développé. mais nettement traversé par le rectum qui d’ailleurs est ici très étroit. Dans la P. nobilis, le rectum est très grand et enserré par deux prolongements étroits du ventricule ; aussi a-t-on pu dire que son cœur n'est pas traversé par le rectum, mais puisque la valvule se trouve au-dessus de celui-ci, c’est l'inverse qu'il faut admettre. Dans un individu que j'ai eu à ma disposition à la Station zoologique d'Alger, le prolongement de droite du ventricule était imperforé.

Dans la P. pectinata, la poche péricardique est tout à fait particulière. Elle offre antérieurement une large corne, tandis que latéralement on en trouve deux autres appliquées sur la masse génitale et difficiles à apercevoir. Ces prolongements s'étendent jusqu’au niveau de l'organe de Bojanus dans lequel ils vont s'ouvrir (fig. 12, PB) et cela dans la grande poche bojannienne (fig. 12, 2) très près de l'orifice externe. Celui-ci est à côté de l’orifice génital, et tous les deux se jettent dans un canal court qui vient déboucher au sommet d’une forte papille. L'orifice bojanien n'avait pas encore été vu.

Le ventricule n'offre rien de particulier. Les oreillettes (fig. 12, O) sont peu colorées. Grobben nie l'existence de la glande péricardique dans le revêtement péricardique

Fig. 42. Vue latérale de la Pinne tronquée montrant les sinus palléaux (S, S’, S”).

5’, Artère du byssus. — 5”, Artère d'un rétracteur du byssus. — 10’, Artère de l'appendice. — PB, Orifice péricardo-bojanien.

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de l'oreillette. Leur coloration légèrement brune est due, d’après lui, à des concrétions contenues dans des cellules placées à côté des faisceaux musculaires des parois. Les deux oreillettes s'appuient d’une part sur les organes de Bojanus, d'autre part sur les rétracteurs du byssus. Elles ne sont pas concrescentes.

L’aorte antérieure naît par deux prolongements ventriculaires qui enserrent le rectum dans un anneau vasculaire et qui appartiennent évidemment au ventricule, car on ne rencontre la valvule qu’au delà de leur jonction. L’aorte antérieure (fig. 12, 1). large, se dirige d'abord à gauche, après avoir donné deux artères péricardiques superficielles, jusqu'à l'endroit où il s’en échappe une grosse branche viscérale. Elle s'incline alors à droite, en émettant des artérioles sur le mode de distribution desquelles il est inuile d’insister et, avant d’arriver au miveau de la bouche, elle se relève pour suivre le raphé, puis elle passe audessus du muscle antérieur en le vascularisant (fig. 12, 11). Après cela elle se bifurque en deux troncs qui sont les deux branches antérieures (fig. 12, 8) de la circumpalléale déjà vue par Poli. Milne Edwards ne l'indique pas dans la figure qu’il donne de la circulation de la Pinne marine. J'ai vérifié son existence. Sur une coupe transversale on peut la voir un peu au-dessus et en dedans du nerf circumpalléal. Elle est très difficile à mettre en évidence dans la partie du manteau qu est placée au-dessus de l’adducteur antérieur, tant à cause de la petitesse des bords palléaux en cet endroit, que des lésions qui se produisent presque inévitablement quand on détache le muscle des deux valves.

La première viscérale est très importante et plus large que l'aorte : elle s'enfonce immédiatement dans le foie et la masse génitale. Ses branches antérieures vont se ramifier sur l'estomac utriculaire, tandis que ses ramifications profondes sont très volumineuses et se rendent à l'estomac utriculaire, au cœcum, à la masse génitale et enfin aux ré-

tracteurs postérieurs du byssus. Ses branches postérieures , tout en irriguant l'extrémité de l'estomac tubulaire et son appendice cœcal, se rendent sur la portion intestinale très rétrécie faisant suite à cet estomac, ainsi que sur la grande dilatation qui existe au delà de cette portion rétrécie.

La deuxième viscérale passe à côté du profond diverticule qu’on trouve au-dessus de la bouche, entre la masse viscérale et le manteau, irrigue la lèvre supérieure avec la hernie hépatique qu'elle porte dans la P. nobilis, puis la lèvre inférieure (fig. 12, 4), l'œsophage, et se rend au pied (fig. 12, 5) après avoir envoyé au byssus une artère importante (fig. 12,5”). Celle-ci se bifurque immédiatement. Chacune des branches donne un tronc qui vascularise la moitié de la gaine circulaire d'où sort le byssus et un rameau très long (fig. 12, 5°”) qui va jusqu'àl’extrémité de la gouttière byssale dont il n’est séparé d’ailleurs que par très peu de tissu musculaire et glandulaire. Il accompagne un bourrelet situé dans cette gouttière.

L'artère pédieuse (fig. 10, 5) suit le bord interne de la glande byssogène. Elle se termine à l'extrémité du pied, en ne donnant que très peu de ramifications.

L'aorte postérieure (fig. 12, 2) suit, comme d'habitude, la face inférieure du rectum. Sans valvule à son origine, elle se renfle bientôt et se ramifie à droite et à gauche pendant que le tronc principal, passant à droite du rectum, se dilate pour suivre le raphé et donner les deux branches postérieures de la cireumpalléale. (fig. 12, 9). Il est très difficile de mettre son trajet en évidence, car les animaux sont toujours contractés dès qu'on les retire de leur coquille. Aussi le manteau est-il fortement plissé à cet endroit par suite de la présence de deux gros faisceaux musculaires latéraux et longitudinaux. Les plis n’obturent pas complètement la lumière du vaisseau : ils rendent simplement sinueux le trajet du sang. Sous le rectum, il est facile d’apercevoir l'artère musculaire (fig. 12, 11)

ANRICREE

qui contourne la face antérieure de l’adducteur jusqu’au milieu de sa hauteur. Là, elle émet deux gros troncs qui entrent dans le muscle très près l’un de l’autre, tandis qu’elle se continue par un petit rameau qui va aux ganglions viscéraux et jusqu’à l’anus.

De l'artère rectale (fig. 12. 10) s'échappe l'artère de

l’appendice (fig. 12, 10°) qui, exactement médiane et à section circulaire, se prolonge jusqu'à l’extrémité du gland. Je

nai pu préciser son mode de terminaison. Aussi loin que j'ai pu la suivre, jusque dans le gland terminal, j'ai observé la lumière centrale lui correspondant. Elle ne donne aucune ramification. On ne sait ni à quoi sert ni à quoi correspond cet appendice.

La circeumpalléale (fig. 10. 9. 9°) est très grosse et suit la face externe du manteau au-dessous des deux plis membraneux externes. Elle donne une branche plus interne concentrique qui vient la rejoindre plus loin.

Le système veineux est ici plus net qu'ailleurs ; cependant les voies de retour sont toujours confuses et difficiles à préciser. Je n'insisterai que sur les canaux les plus gros et les plus différenciés.

Le manteau offre de nombreux faisceaux musculaires rayonnants entourés par des sinus. Il présente en outre un bourrelet correspondant à l'insertion de la branchie. Celui-ci recouvre un sinus veineux très gros, (fig 12, S) communiquant largement avec tous les sinus palléaux, car son injection les remplit très facilement, et en outre avec les sinus des membranes que l’on observe à la face interne du manteau contracté. Il s’élargit au niveau de l’adducteur postérieur. En arrière if communique avec deux sinus concentriques situés près du bord palléal. Ces deux sinus viennent se fusionner à la hauteur des palpes (fig. 12. S° S°) en un seul, qui près des oreillettes débouche

dans la veine efférente de la branchie, au point où une faible partie du sang viscéral vient aussi s’y jeter.

Le sang de l’adducteur antérieur se rend en partie dans

les viscères, ainsi que celui du large sinus du pied: celui des palpes va plutôt dans les branchies.

Quant au sang de l’adducteur postérieur, il s’amasse dans deux sinus latéraux situés dans le muscle et qui se voient près de l'entrée des artères. Il tombe de là dans le sinus des ganglions viscéraux, puis dans la branchie ou dans les organes de Bojanus, où il se mélange à la plus grande partie du sang viscéral avant d'aller respirer ou de revenir directement au cœur.

L'organe de Bojanus se compose d’une poche immense, non vasculaire, qui est un simple réservoir, tandis que la portion la plus petite est très vasculaire. Celle-ci se présente sous la forme d’un fuseau renflé mais peu allongé, souvent plein de concrétions dans la P. nobilis. La circulation de l'organe de Bojanus a été bien décrite par Lacaze-Duthiers pour la P. nobilis: il est donc inutile que je l’étudie, on n’aura qu'à se reporter au mémoire de ce savant dans les Annales des Sciences naturelles (67. 3).

Le rectum offre aussi un sinus inférieur et un sinus supérieur, en relation tous deux avec les deux sinus superficiels et collecteurs de l’adducteur. L’appendice anal ne montre aucune cavité qu'on puisse regarder comme un sinus.

APPAREIL BRANCHIAL.

Les branchies sont très développées : elles sont longues. larges et, grâce à des plis plus accentués ici qu'ailleurs, elles offrent une surface respiratoire proportionnellement plus grande que dans toute autre branchie de Pélécypode. A l'œil nu on distingue déjà des plis très serrés et très rapprochés, dessinant des zigzags nombreux et parallèles dans tous les animaux un peu contractés, car il y a dans les branchies du tissu musculaire qui permet à l'animal de rétracter ces organes avec son manteau.

La circulation y est très complexe, difficile à élucider. Les feuillets réfléchis et directs sont à peu près de la

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