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l'aspect d’une arborisation, mais celui d’un réseau irrégulier. Ce n’est que vers la charnière que les lacunes semblent se disposer dans un certain ordre, de sorte qu'on peut obtenir quelques cordons assez nets de matière colorée allant se jeter dans la veine longitudinale de la branchie et de là directement dans l'oreillette. Ceci est surtout visible près des crochets où l’on trouve une partie plus foncée en continuité avec l'organe de Bojanus dans le P. violacescens. Le microscope montre à cet endroit des ilots colorés dans lesquels on aperçoit des cristaux polyédriques sans forme bien déterminée, identiques à ceux de l'organe rénal. Je ne suis pas fixé sur leur composition chimique, car malgré de nombreux essais, je n’ai pu obtenir la réaction de l'acide urique et de l’urée. Peut-être ces cristaux sont-ils les analogues de ceux que l’on trouve dans la partie glandulaire de la veine longitudinale de la Moule. Sabatier pense qu'ils sont formés par des phosphates et des sels de chaux. De sorte que le manteau jouerait dans l’épuration du sang un rôle complémentaire de celui que joue l'organe de Bojanus.
Le sang du manteau ne passe pas forcément par les branchies, mais une partie peut s’y rendre avant de revenir au cœur.
Etudions maintenant les sinus du corps proprement dit.
Les sinus interfasciculaires de l’adducteur antérieur se jettent dans ceux de la masse viscérale. Ceux de l’adducteur postérieur se réunissent au sinus des ganglions : de celui-ci part un canal qui conduit le sang à la branchie.
On sait que le pied du Pétonele est formé par de nombreux faisceaux musculaires, surtout longitudinaux et transversaux, qui laissent entre eux des lacunes où le sang peut s’amasser. Mais sur une coupe transversale du pied, on trouve toujours deux sinus qui offrent, on le reconnaît sans peine, une position et une direction relativement constantes. Ils représentent le lieu de convergence des autres sinus moins importants.
Le sinus antérieur part des viscères antérieurs el suit le bord supérieur du pied, au-dessus de l'artère pédieuse ; il s’ouvre par de nombreuses fentes dans les lacunes du pied. Le sinus postérieur remonte l'arête postérieure du pied et vient se réunir à un grand sinus viscéral, traversé par des faisceaux musculaires, situé longitudinalement audessous du péricarde.
ILest facile de voir en outre que les deux organes de Bojanus sont réunis (fig. 24, #) par une commissure transversale placée en arrière du ventricule, au-dessous du rectum et en avant des rétracteurs postérieurs du pied (fig. 26). Dans cette partie anastomotique il existe un large canal
Fig. %5. Valvule de Fig. 26. Organes de Bojanus. l’aorte antérieure.
sanguin qui envoie une grosse branche à chaque organe de Bojanus (fig. 26, B°). Il s'ouvre antérieurement, juste au-dessus du point de confluence des sinus par un orifice transversal, en boutonnière (fig. 26. PB), situé exactement entre les deux endroits où les connectifs cérébroviscéraux percent la paroi pour passer de l'organe de Bojanus dans le sac viscéral (fig. 51. cv). L'orifice bojano-
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pédieux établit done une communication entre les sinus pédieux et viscéraux (fig. 26, SP) et les canaux des organes de Bojanus. Dans les animaux contractés par Palcool, la fente est très difficile à trouver et se confond facilement, grâce à ses deux lèvres appliquées l’une contre l’autre, avec un trabécule musculaire transversal.
Une injection, faite dans la cavité viscérale d’un animal vivant, ne peut passer par l'orifice: elle ne pénètre facilement dans l'organe rénal que lorsque l'animal est mort, c’est-à dire en résolution musculaire. Cet orifice, dont j'ai montré la présence constante chez tous les Pélécypodes ayant un pied bien développé, ne peut donc être une simple perforation de l'enveloppe du sac viscéral pour le passage du sang: sa structure anatomique démontre plus directement qu'il doit jouer un rôle important dans la biologie de l'animal.
Il est très difficile, à cause de sa petitesse, d'isoler le lambeau qui porte la fente et de lexaminer au microscope par suite de l'épaisseur des parois. Pourtant, en incisant le plancher péricardique antérieurement et latéralement, de façon à rejeter le lambeau vers l'arrière, on peut apercevoir l'orifice. On y voit deux bourrelets, un antérieur et un postérieur, formant lèvres. En colorant par la purpurine, il m'a été facile de voir que ces bourrelets sont musculaires et qu'ils sont constitués par des fibres circulaires en sphineter et par de nombreuses fibres transversales. Celles-ci viennent latéralement former un éventail et, par leur contraction, elles aident à l’occlusion hermétique. La structure de l’orifice est identique à celle de la fente de la Lutraire (voir fig. 51, ZA, LP), on peut done lui rapporter ce que j'en dirai. Le sphincter doit être soumis à l'influence de la volonté de l’animal. D'ailleurs il m'a semblé voir dans la lèvre inférieure un mince filet nerveux émanant de l’un des connectifs cérébro-viscéraux. Le sang serait bientôt accumulé dans l'organe en trop grande quantité pendant la contraction du pied, s'il
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n'y avait un déversoir : un ou deux canaux des reins vont s'ouvrir largement dans le sinus des ganglions viscéraux. Je parlerai plus longuement de ces rapports à propos de la Lutraire, dont l'organe de Bojanus beaucoup plus développé m'a offert plus de facilités pour mes recherches.
Le sinus de ganglions peut faire l'office de réservoir sanguin, mais le sang passe de là facilement dans les branchies gràce au canal. vaisseau ou sinus, que suit le nerf branchial et avec lequel il longe le bord libre supérieur du suspenseur branchial triangulaire. De ce vaisseau afférent naissent des branches qui se rendent à la base de tous les filaments en passant en dehors de la veine efférente (fig. 27, va). Ceux qui partent de la courbure se rendent à la partie antérieure de la branchie. La veine longitudinale (fig. 37, ve) antérieure se réunit à la postérieure pour donner à ce niveau une veine afférente oblique, très courte, longue de 1 à 2m qui va s'ouvrir dans l'oreillette en passant dans la paroi externe de l’organe de Bojanus,
Fig. 27. Un filament branchial.
I y a une grande analogie entre la structure de la branchie du Pétonele et celle de l'Arche. Pourtant on
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trouve dans les Pétoncles certains caractères qui rapprochent plus leur branchie de celle des Peignes que j'étudierai plus loin.
Ainsi le vaisseau afférent communique, comme je lai dit, avec une membrane mince, allongée le long du squelette du filament et qui est parcourue par un vaisseau sur son bord libre. Elle se termine à mi-hauteur du filament. Le support prend la forme d’une gouttière longitudinale, en sorte qu'elle vient s’appuyer sur les deux bords (fig. 27, 5) Dès qu'elle cesse, le support se réduit à une tige placée sur le bord interfoliaire du filament. La structure en est fibrillaire : je crois même y avoir vu quelques fibres musculaires. Le canalicule possède alors une largeur de 200-250z, tandis que le squelette n’a que 304 environ.
Au bord libre, chaque canal se recourbe vers sa base (fig. 27). L'ensemble des canaux constituera le feuillet réfléchi. On trouve du tissu conjonctif et quelques fibres musculaires qui forment un commencement de septum entre les deux branches des canalicules. Au sommet du feuillet réfléchi, chaque canal se termine par une lame conjonctive (3004) se soudant latéralement aux voisines et que l’épaississement de la membrane entoure complètement (fig. 27).
La paroi des canaux est formée par un épithélium externe reposant sur une substance cartilagineuse anbhiste : celle-ci renferme des cellules sécrétrices du côté interne et de plus quelques fibres musculaires. Un endothélium tapisse la paroi à l’intérieur.
Les filaments, tous égaux, offrent sur leurs faces antérieures et postérieures des amas peu élevés de cellules (fig. 27, 7). Les cellules, d'apparence polygonale, forment des disques allongés dans le sens du filament et irrégulièrement arrondis. Il est à remarquer que ces disques ne sont pas placés sur l’épaississement de la membrane servant de support au filament. C’est d’ailleurs ce qu’on trouve dans l’Arca Noae.
. L'union des canalicules a lieu par les cils vibratiles de l’épithélium de deux canaux adjacents. Deux disques en regard s'unissent comme des brosses par leurs cils, qui sont en outre agglutinés par une substance cimenteuse. Les cils des cellules épithéliales ordinaires ont 94, tandis que ceux des cellules des disques ont une longueur double, soit 184. Les cellules des disques elles-mêmes sont en massue, avec un gros noyau et des prolongements ; elles ont 34 de hauteur tandis que les autres n’ont que la moitié (1,54).
Au bord libre, l'union des filaments m'a semblé se faire de même au moyen de cils vibratiles appartenant à des cellules épithéliales allongées.