A ME APPAREIL RESPIRATOIRE
Bonnet (17) fait de la branchie du Pecten Jacobaeus un groupe spécial sous le nom de Coulissenkieme, mais mes recherches me permettent d'affirmer qu'elle fait partie des branchies filamenteuses comme celle du Pecten groënlandicus. Par sa structure, elle se rapproche beaucoup de la branchie de la Lima elliptica étudiée par van Haren Noman, et il me sera facile de faire comprendre que les modifications qu'on y remarque ne sont dues qu'au changement de forme qu'a subi le Pecten. par suite de la rotation du muscle et de l'allongement de la masse génitale.
L’asymétrie du corps entraine pour les deux branchies des insertions différentes. Celle qui correspond au lobe operculaire s'attache sur le muscle, tandis que lautre s'insère sur le manteau suivant une ligne qui répond à la petite veine palléale, et qui arrive à peu près au niveau de l'anus. Le suspenseur branchial renferme un vaisseau afférent plus interne et le vaisseau efférent. II est nécessaire d'opérer par injections pour se rendre compte de la structure des branchies des Peignes. Chacune d'elles se compose de canaux principaux ou pectinés,. réunis au bord libre par une membrane renfermant des fibres musculaires, et reliés latéralement entre eux par des canalicules respiratoires qui leur sont parallèles
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Fig. 80. Coupe transversale de deux gouttières branchiales.
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(fig. 30, cp, ce). Le vaisseau afférent ne communique qu'avec les canaux principaux qui sont à la fois afférents et efférents (fig. 30, 4, e). Ces canaux supportent, sur leur bord regardant l’espace interfoliaire, une membrane plissée qui atteint à peu près le milieu de la longueur du canal dans le feuillet direct. Le bord libre de cette membrane est parcouru par un vaisseau afférent. De celui-ci partent à angle droit des branches très fines qui se jettent directement dans le canal principal. Le sang doit se rendre ensuite au feuillet réfléchi, puis revenir par le même tube dans le vaisseau collecteur efférent, car chacun des canaux forme un système isolé, et quoiqu'ils soient unis au bord libre, leurs cavités ne communiquent pas entre elles.
Entre deux canaux adjacents sont placés quinze à vingt canalicules. A cause de la forme arquée de la branchie, l’espace est insuffisant pour leur permettre de s’intercaler entre les canaux et de se placer sur un même plan les uns à côté des autres. Ils forment une gouttière dont le fond s'appuie sur l’autre lame branchiale. Elle est forcément étroite près du support branchial, tandis qu'elle s’élargit en arrivant au bord libre où elle cesse, car là les canalicules peuvent se placer les uns à côté des autres et ils s'unissent latéralement entre eux et aux canaux principaux : mais leurs cavités ne communiquent pas. Le feuillet réfléchi n'offre pas de gouttière, tous les filaments sont placés sur un même plan et avant de se souder par un élargissement terminal en forme de palette. Ces palettes se séparent très facilement sans que l’on observe de déchirures : il est probable qu'elles sont reliées entre elles par les cils de l'épithélium qui recouvre l'élargissement de la membrane anhiste formant la palette.
Les canalicules, près du vaisseau efférent, se partagent en deux groupes correspondant à deux canaux adjacents, afin d'aller, après un trajet héliçcoïdal, déboucher à la base de ces canaux par des orilices assez petits et très près du vaisseau efférent, mais non pas dans la membrane plissée,
Les canalicules sont difficiles à injecter ; car quel que soit le point d'attaque que l’on choisisse pour pousser linjection, la matière arrive toujours rapidement dans la membrane plissée qui se crève bientôt, ce qui rend impossible toute injection complète. En effet, la matière poussée par le vaisseau afférent remplit la membrane plissée. puis le canal afférent ; tandis que l'inverse se produit par le vaisseau efférent. La communication entre les deux vaisseaux est ainsi largement ouverte. Il faut donc admettre que dans les canaux du feuillet direct et du feuillet réfléchi, réumis entre eux par une membrane, il y a deux courants sanguins de sens inverse, comme dans l’Arche et le Pétoncle.
Le squelette des canaux pectinés est assez particulier. D'après Bonnet (17) il est creusé d’un canal longitudinal qui communiquerait avec un canal sinueux sur une cerlaine longueur, et qui en est ensuite séparé par un pont de même substance que le squelette. Le ruban squelettique forme, sur la face qui regarde l’espace interfoliaire, une gouttière dont les bords portent de distance en distance des tubercules striés, allongés (Aoehrensporen de Bonnet) et recouverts par un épithélium cilié. Ils servent de point d'attache aux canalicules respiratoires par l'intermédiaire de tubérosités coniques ciliées que ceux-ci portent tous à la même hauteur. Ces tubercules, qui ont de 100 à 120, de hauteur empiètent les uns sur les autres, s'unissent par leurs faces latérales et forment ainsi dans les parois de la gouttière des fenêtres d'environ un tiers de millimètre de longueur. Leur largeur est à peu près la moitié de la longueur des tubercules. Chaque fenêtre est donc limitée de deux côtés par les canalicules et quelquefois par un canal pectiné, des deux autres par les tubérosités.
Dans l’Avicule, chaque canalicule porte deux tubercules qui se correspondent, en sorte que l’union se fait par les sommets des tubérosités ; tandis que dans les Peignes, il n'existe sur le canalicule qu’un seul tubercule à la même hauteur: il est placé du côté de l’espace interfoliaire.
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En coupe transversale, les canalicules sont ovales. à parois uniformément épaissies. mais assez épaisses pour qu'elles ne puissent venir s'appliquer exactement l’une sur l'autre et fermer le canalicule quand il est vide. Les tubercules sont des épaississements de la paroi.
Les rubans squelettiques soutenant les canaux des deux lames branchiales, l’externe et l'interne. sont réunis à leur base par une tige longitudinale qui fait saillie dans le vaisseau efférent et avee laquelle les parois des canalicules sont aussi en relation. En outre. la paroi du vaisseau efférent, très contractile, donne en face de chaque canal un certain nombre de fibres musculaires qui se séparent en deux groupes, vont à droite et à gauche du support diviser l'espace en deux parties correspondant aux deux groupes des canalieules. Ceux-ci débouchent donc dans une espèce de sac contractile. Il est probable que lorsque le besoin de respirer se fait fortement sentir, l'animal lance du sang dans les canalicules par la contraction des faisceaux musculaires dont j'ai parlé et qui se continuent dans les parois des canaux. L'épithélium cilié est partout, sur les canaux et les canalicules. Les cellules très petites et à gros noyau reposent directement où sur le support branchial ou sur leur membrane anhiste, très réfringente , laquelle offre
arfois des cellules conjonctives plus ou moins distinctes.
L’endothélium des canalicules est si délicat que je n'ai pu réussir à le mettre en évidence : mais il est probable qu'il existe comme dans l’Avicule.
En somme, par sa conformation, l’arrangement des canaux et des canalicules, la branchie des Peignes se rapproche beaucoup de celle de lAvicule ; mais elle en diffère par un point essentiel, par la position relative des vaisseaux afférents et efférents, ce qui modifie complètement la circulation dans les branchies. En effet, le bord supérieur du feuillet réfléchi ne porte pas de canal afférent comme dans l’Avicule : en sorte que ces organes du Peigne peuvent ètre regardés comme éloignés de ceux de