‹ Recherches sur la circulation des lamellibranches marinsChapitre 3 sur 66 · IG · texte numérisé non relu

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Lamellibranches. mais s’en ünt aux idées et à louvrage de Poli pour la rédaction de son Anatomie comparée (34, 1). Delle Chiaje (33, 1 et 2), dont j'aurai à parler plus loin, s’occupa ensuite de ce groupe d'animaux. Garner (47), en étudiant l'anatomie des Conchifères, donna quelques détails exacts, avec quelques erreurs, sur le système circulatoire du Peigne. Frey et Leuckart (46). dans leur étude du Taret, ne réussissent qu'à voir et à décrire le cœur.

Milne Edwards (83, 2), à la suite de son voyage en Sicile, publia une figure de la circulation de la Pinne marine, et dans son grand ouvrage sur lAnatomie et la Physiologie (83, 3), il décrit en note le système circulatoire de la Mactra, mais sans qu'on puisse se reporter à une figure publiée.

Deshayes, dans l'Exploration scientifique de lAlgérie (34. 2), parle du système circulatoire de la plupart des animaux qu'il étudie, mais ses dissections sont trop peu précises et détaillées pour que ses figures puissent suffire.

Blanchard (15), dans son Règne animal, étudie longuement la Pholade et le Solen. Le système circulatoire de la première seule est figuré, avec une précision remarquable, il est vrai.

C’est alors qu'apparaîil lout une série de belles monographies, dans lesquelles, à côté de données anatomiques très précises, d’aperçus nouveaux, on trouve fréquemment des erreurs ou des omissions regrettables.

Le Taret a fourni à de Quatrefages (101) le sujet d’un intéressant mémoire. Peu après, Lacaze-Duthiers (67, 1), fit paraître son excellent travail sur l'Anomie, qui inaugure cette belle série de recherches qu'il a faites depuis cette époque. Les Naïadés nous sont bien connues grâce aux travaux de Keber sur l'Anodonte (65), de Langer sur le système circulatoire (70) du même animal, de V. Hessling (56), sur l’Huitre perlière d’eau douce.

Vaillant étudia quelques années après les Tridacnidés (131, 1) et deux Malléacés : la Vusella et la Crenatula

PTS (131, 2): P. Fischer s’occupa de l'animal de la Perne (40, 2), de celui de la Pholade (40. 1) et de la Jouannetia Cumingir Sow. (40, 4).

En 1877, dans la première partie de son Anatomie de la Moule commune (113. 2). Sabatier nous a montré que les sujets qu'on croit le mieux étudiés et le plus connus offrent toujours une ample moisson de faits nouveaux au chercheur sagace. La description parfaite du système circulatoire nous fait voir combien il lui a fallu de précautions et de dissections minutieuses avant d'arriver à une conception exacte de ce système si compliqué et nous invite, par conséquent. à nous garder en général des conelusions trop hâtives. et surtout chez des animaux aussi mous que les Lamellibranches.

Nous arrivons maintenant à l'excellente monographie de lArrosoir par Lacaze-Duthiers (67. 7) et à celle de la Jouannetia Cumingii Sow. par Egger (37), où l’on trouve deux schémas très intéressants de la circulation dans les genres Pholadidea et Jouannetia.

Cette revue bibliographique est probablement incomplète. car je n'ai voulu citer que les auteurs qui ont traité assez explicitement de l'anatomie descriptive du système circulatoire et que j'ai pu consulter pour mes recherches.

Mais la littérature est bien autrement riche quand on considère les rapports du système circulatoire avec la turgescence et le milieu ambiant. Peu de questions ont autant préoccupé le monde savant de ce siècle, et ont donné lieu à un nombre de travaux aussi considérable et à des appréciations aussi diverses, souvent complètement opposées. On comprend que l'historique d’une pareille question soit un vrai dédale où l'orientation est difficile et où l’on risque fort de se perdre si l’on veut rendre compte de toutes les opinions émises et parler de tous les mémoires. Je serai done aussi succinct que possible. Ce sujet ayant été très complètement (raité par Carrière.

RQ Griesbach. Schiemenz et Th. Barrois, il est inutile que je vienne ajouter à leur analyse mes criliques personnelles.

Le fait de la turgescence chez les Bivalves. avec ou sans l'introduction de l'eau ambiante, a une trop grande importance pour qu'il ne soit pas nécessaire de préciser auparavant les points essentiels du débat et les opinions principales autour desquelles peuvent se grouper toutes les autres. s

Il est évident que de très petites quantités d’eau peuvent entrer par osmose dans le corps de l'animal, mais elles sont toujours trop faibles pour qu'on puisse leur attribuer le gonflement énorme du pied de ces animaux. Il ne s’agit donc ici que de l’afflux direct et momentané de l’eau tantôt dans des cavités spéciales, tantôt dans le système cireulatoire lui-même. Donc, pour les uns, il y a introduction directe d’eau. et cet afflux peut se faire soit par des ouvertures macroscopiques en nombre fixe situées sur la sole du pied, c'est-à-dire par des pores aquifères. soit par des pores intercellulaires ({ntercellulargaenge) microscopiques. soit enfin par l'organe de Bojanus. Pour les autres, il n'y a aucun afflux d’eau et les pores aquifères sont les ouvertures de glandes fermées du côté de l'animal, tandis que les pores intercellulaires n'existent pas. Pour d’autres enfin, la turgescence du pied, quelquefois énorme, est due à une distension produite par l'entrée de l’eau dans un système aquifère spécial.

Von Heide (55), en 1684, cite incidemment une injection de viseères qu'il a faite par une ouverture située dans le pied, mais il ne parle jamais d'une introduction d'eau par cet orifice.

Von Baer (7,1) voyant des jets d'eau s'échapper du pied

d’Anodontes conelut à une sortie d'eau par une ou deux perforations quoi qu'il en ait trouvé 8-10 sur la carène. Osler (89). Delle Chiaje (33. 1 et 2) signalent des orifices semblables dans différents animaux. Pour Delle Chiaje ces orifices servaient à mettre le système circulatoire en com-

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munication avec le milieu ambiant. I avait admis d’abord (33,3) un système aquifère formé par des canaux qui, comme les trachées chez les Insectes, seraient indépendants des vaisseaux sanguins, traverseraient le corps en tous sens et seraient en communication directe avec l’eau ambiante en un ou plusieurs endroits.

Meckel (80) protesta en soutenant que tous ces pores n’exitaient pas et n'étaient que des déchirures accidentelles. Garner (47) lui répondit quelques années après en signalant la présence d’un porus pedalis dans la carène du pied du Cardium edule et de la Psammobia florida.

Pendant toutes ces discussions on admettait encore chez les Mollusques un système circulatoire complètement fermé et composé d’artères, de veines et de capillaires, d’après l'opinion de Cuvier. C’est alors que Milne Edwards (83,2) formula de la facon suivante les conclusions auxquelles il était arrivé pendant son voyage en Sicile :

1° L'appareil vasculaire n’est complet chez aucun Mollusque;

2 Dans une portion plus ou moins considérable du cercle circulatoire, les veines manquent toujours et sont remplacées par des lacunes ou par les grandes cavités du corps;

3° Souvent les veines manquent complètement et alors le sang, distribué dans toutes les parties de l’économie au moyen des artères, ne revient à la surface respiratoire que par les interstices.

Ces idées de Milne Edwards furent bientôt adoptées par la plupart des savants. Les pores aquifères n’existaient donc pas pour lui et l’endosmose seule pouvait quelquefois y introduire des quantités d’eau considérables.

Valenciennes (132) pour le cas des Lucines et des Corbeilles n’adopta pas son avis. IL admit que « le-pied des Lucines est creux dans toute sa longueur et que ce tube s'ouvre largement et directement dans les lacunes de la cavité viscérale. De plus les cavités intérieures qui contiennent le sang sont mises, par le canal du pied des

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Lucines en libre communication avec l’élément ambiant ».

Von Siebold (121) fut fort embarrassé pour choisir entre ces deux théories, mais il se rallia plutôt à l'opinion de Meckel (80) tant la-communication directe avec l’extérieur lui paraissait impossible et invraisemblable.

Keber, dans sa monographie de l'Anodonte (65), se prononce énergiquement contre les opinions admises. Pour lui l’eau n'entre pas dans le pied. La turgescence n’est pas due à l’eau ambiante, puisqu'elle se produit même chez des animaux qui sont hors de leur élément depuis plusieurs jours. Il explique ce phénomène par un {wrgor vasorum dù à la fermeture de lorifice qu'il a découvert à l'entrée du sinus inférieur de l'organe de Bojanus. L’afflux du sang est facile, tandis que son départ est empêché. Cette idée se rapprochant tant de la vérité, comme je lai montré (81,1), ne fut pourtant pas prise en considération, ainsi que le témoigne la multitude des travaux qui suivirent.

Von Rengarten (107) précise même l'endroit où se fait l'entrée et la sortie de l’eau. Pour lui, c’est par les orifices de l'organe rouge brun dans la poche péricardique, orifices découverts par Keber deux ans auparavant, que se fait l'entrée. tandis que la sortie s'opère par des perforations nombreuses et rapprochées sur la partie postérieure de la carène.

C'est alors que Leydig (75,2) en étudiant le Cyclas cornea crut voir une grande quantité de conduits microscopiques et intercellulaires répandus sur toute la surface du pied et s'ouvrant à l'extérieur entre les cellules épithéliales, et dans les lacunes du pied. Voici comment Leydig fait la description de ces canaux singuliers : « An jungen Thieren, erblickte ich naemlich mit aller Schaerfe, die Fort aquiferi der Haut. Hat die Muschel den Fuss bestmæglichst ausgestreckt, so fixire man den Rand desselben, man wird da erkennen, dass zweierlei Wimperhaerchen schlagen, feinere und von Stelle zu Stelle ein Bueschel laengerer. Die Wimperzellen bilden ein fein granulirten ziemlich dicken Saum.

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