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plit de matière colorée. Il me fut alors facile de reconnaître que l'artère pédio-viscérale se continue par l'artère pédieuse , exactement médiane, et que l’orifice béant que l'on voit sur une coupe transversale, est celui de cette artère. Une injection dans le sens centrifuge me permit en outre de constater que l'extrémité pédieuse n’est pas perforée ; par une accentuation de la pression, j'obtins des ruptures latéralement, mais non à l'extrémité, à la place où devrait se trouver le soi-disant pore aquifère.
Valenciennes (132) avait déjà vu que des injections du « canal pédieux avaient rempli les lacunes de la masse viscérale, et j'ai cru voir, ajoute-t-il, des traces de vaisseaux injectés. » Barrois (9, 4) avait remarqué que ce « tube » ne s’ouvre pas à l'extérieur. « Le canal pédieux » n'est pour lui « qu'une lacune à section extrémement réqulière, communiquant à la partie postéro-inférieure avec les nombreuses lacunes vasculaires de la masse viscérale. Cette lacune offre l'aspect d’une ellipse parfaite : elle est creusée au sein d’une masse 4le tissu conjonctif dans lequel sont disséminées quelques rares fibres musculaires, d'autant moins denses qu’on approche davantage de l’extrémité libre du pied. »
Mes recherches me permettent de préciser ce point, de montrer que l’on a affaire à une artère (fig. 43, 5), et de conclure que le sang intervient seul dans la turgescence du pied. L’afflux du sang, aidé par la contraction des faisceaux musculaires transversaux puissants qui resserrent la cavité viscérale, et par la fermeture de l’orifice bojanien, amène la réplétion de l'artère, c’est-à-dire produit une turgescence qui, relative d’abord, s’accentue bientôt. Le pied revient à l’état de flaccidité lorsque le sphincter se relàchant, le sang afflue dans l’organe de Bojanus et de là, par des orifices très visibles, dans le sinus musculaire et périrectal, puis dans le manteau. On voit donc que le mécanisme de la turgescence est le même que dans les autres types de Bivalves que j'ai étudiés, et que la loi que j'ai
énoncée se vérifie de plus en plus. Les dispositions anatomiques sont tout à fait suffisantes et donnent donc, dans ce cas, d’utiles renseignements. Je ne citerai que pour mémoire la bifurcation de l’aorte antérieure et celle de l'aorte postérieure ; les branches constituent la cireumpalléale (fig. 42, 9).
APPAREIL BRANCHIAL.
On sait que les lames branchiales des Lucines sont au nombre de deux, c'est-à-dire qu'il y en a une de chaque côté (fig. 42. Br). Elles affectent une forme subquadrangulaire, sont lisses et épaisses. Fixées dans la région dorsale et antérieure, elles descendent jusqu’à l’arèête inférieure du pied et s'étendent d’un muscle adducteur à l’autre.
Le feuillet réfléchi est interne ; il supporte en son bord supérieur un vaisseau afférent duquel s’échappent de nombreux canaux, larges, extensibles, qui suivent ou plutôt qui forment les septa. Ys communiquent done avec les deux feuillets. Ils vont jusqu’au bord libre, où s’observe une gouttière, mais pas de canal collecteur.
Le vaisseau efférent est au bord d'insertion et les canaux qui y débouchent à angle droit suivent le feuillet direct, mais au milieu des compartiments branchiaux et par conséquent en alternant avec les septa. Ils partent du feuillet réfléchi, se replient au bord libre, pour venir suivre le feuillet direct. On voit donc que le feuillet réfléchi est surtout afférent et le feuillet direct efférent.
Examinons maintenant la structure des feuillets.
En ouvrant un compartiment du feuillet réfléchi, on voit sa surface intérieure formée par un treillis de mailles, irrégulières dans les animaux contractés, mais ordinairement rectangulaires, dont les côtés transversaux partent du canal afférent. La largeur de ces fenêtres est de 30 &, leur longueur est de 200-250 & et la largeur des canalicules limitant les fenêtres est de 20 4 (fig. 44).
La surface extérieure montre aussi une couche de fenétres régulières: comme cette couche est facile à isoler d’une manière parfaite, on peut l’examiner au microscope.
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Fig. 4%, Fragment de la lame branchiale,
Les deux treillis parallèles sont réunis par des piliers très nombreux. réguliers, perpendiculaires à leur plan et recouverts par un épithélium. Ils ne sont pas soudés les uns aux autres (fig. 44). Ils donnent au feuillet une épaisseur d'environ un demi-millimètre (400 +).
Comment ces piliers se mettent-ils en relations avec les deux plans fenestrés ? Des injections réussies en certains endroits m'ont montré que ce sont des canaux sanguins, d’une largeur de 1504 environ, fixés solidement sur le réseau intérieur, le long des canalicules allant au bord libre. J'ai pu isoler un de ces canalicules portant ses tubes. Au microscope, on voit que ceux-e1 se touchent à peu près par leur base. Les anastomoses transversales ne portent pas de tubes. Il en résulte que les tubes forment autant de séries qu'il y a de canalicules. Entre les deux réseaux se trouvent donc de longues allées communiquant latéralement entre elles. Grâce à cette disposition, les fenêtres sont toujours ouvertes, le contact avec l’eau est augmenté et la fonction respiratoire n’a pas à souffrir de la disparition d’une lame branchiale puisque cette perte est compensée par une augmentation de surface considérable.
Cette disposition se modifie peu au bord libre. Une légère dépression y forme une gouttière longitudinale, et les canalicules externes du feuillet réfléchi se continuent
AE directement par ceux du feuillet direct. Il en est de même des canalicules internes.
Deshayes (34, 1) avait conclu à une soudure de deux lames branchiales, dans la Lucine, en sorte que leur lame unique correspondrait aux deux lames des autres Lamellibranches. Ce qui n'est évidemment pas l'expression de la vérité. Il est plus simple et plus logique d’admettre qu'il y a eu arrêt de développement, que la lame externe n'est pas apparue, et que la surface respiratoire s’est augmentée grâce au dispositif spécial que j'ai signalé et qui en fait un appareil branchial tout particulier, car on ne rencontre une pareille structure nulle part ailleurs dans la classe que j'ai étudiée.
Pour résumer en quelques mots les résultats de mes recherches sur les Lucines, je dirai que l’on trouve deux aortes qui donnent un cireumpalléale ; que la grosse artère viscérale se continue jusqu’à l'extrémité du pied : sa section est médiane et elliptique sur une coupe transversale du pied; que l’orifice bojano-viscéral existe avec son sphincter ; que la lame branchiale interne qui persiste possède des septa entre les deux feuillets : ils sont formés par les canaux afférents, tandis que les vaisseaux efférents suivent le milieu des compartiments : que l’on trouve deux plans parallèles de fenêtres constituées par des canalicules qui sont unis par des tubes, leur étant perpendiculaires.