CHAPITRE IV
Résultats de nos Examens
Nous désirons exposer les résultats de nos examens :
1° En ce qui concerne les états d’excitation;
2° En ce qui concerne les états dépressifs de la mélancolie:
3° En ce qui concerne les états dépressifs de la démence précoce.
Dans une quatrième partie de notre travail, nous ferons une étude spéciale des réactions émotives d'ordre circulatoire dans les états mentaux que nous avons définis.
{> États d’excitation
Dans la manie aiguë des malades Jeunes et saines, la circulation peut ne pas être modifiée ; cela est exceptionnel, généralement (Obs. T et ID on observe au cours de l'accès une accéléralion et surtout une instabilité remarquable du pouls ; celte instabilité est particulièrement manifeste chez les malades (Obs. IT) qui présentent au cours de leur accès des variations importantes du ton émotionnel ; ces variations du pouls sont nettement extra-physiologiques. Le: travail systolique S est exagéré au premier degré, c'est-à-dire à la limite des variations physiologiques et des variations pathologiques; de plus, ce
coellicient n'est pas constant et varie, comme le chiffre du pouls,
avec le degré de l'excitation psychique. Les variations de p et de S ne sont pas toujours d'égale importance, mais elles se font principalement dans le sens de l’accroissement. L'activité du myocarde est donc à la fois augmentée et instable,
er er
Nous avons essayé par la méthode de la double courbe d'apprécier les résistances périphériques en ce qui concerne l'état de la tonicité artérielle; nous avons obtenu, selon jes moments, des courbes de vaso-dilatalion ou de vaso-constriction, contrairement à l'opinion classique, la vaso-constriction élaït fréquente; il s'agissait, bien entendu, d’une vaso-constriclion Lemporaire, qui se maintenait peu de temps; on observait, en somme, des oscillations spasmodiques du tonus artériel. Cet élat de vaso-constriction périphérique s’observail chez les malades présentant de la pâleur du visage et un caractère brusque et impulsif de l'agitation motrice (0bs. I); nous l'avons également observé avec ces mêmes caractères chez des épileptiques examinées avant ou après la crise. La vaso-dilatation s’observait principalement chez les maniaques dont le visage était congestionné et vultueux (Obs. Il).
L'augmentation de l'activité cardiaque a pour conséquence une accélération du cours du sang (augmentation de R) que nous avons trouvée particulièrement manifeste chez Emilienne Le... (Obs. 1) : cette malade était, au moment où nous l'avons examinée, un type très pur de manie aiguë: elle présentait au point de vue mental une fuite des idées très accentuée. Contrairement à ce qui a élé dit, chez ces maniaques, la tension artérielle, ou tout au moins la pression minima, ne se modifie pas du fait de l'accès.
La courbe O.-A. déformée « en clocher » pendant la maladie reprend sa forme normale lorsque la malade entre en convalescence, puis guérit; à ce moment, le chiffre du pouls et le travail systolique reprennent des valeurs sensiblement normales (Obs. F).
Chez les maniaques, il y a donc dans le domaine de la circulation un hyperfonctionnement plus où moins désordonné du cœur : le chiffre, la valeur et la brusquerie des contractions ventriculaires augmentent; en dehors de courtes mais fréquentes périodes de spasme, les artères adaptent leur tonicilé à l'état du cœur, ce qui s'explique par l'intégrité de l'élasticité des vaisseaux de ces jeunes malades; il en résulte que chez elles le
fonctionnement excessif du cœur n’aboutit pas à une mise sous pression du sang, mais à un accroissement de sa vitesse de progression.
Diverses causes sont susceptibles de modifier ce type de la circulation des malades excitées : à
1° Nous avons observé que l'agitation motrice suractive le cœur des maniaques : le pouls s'accélère encore, le travail systolique s’aceroit; il en résulte une augmentation secondaire de la vitesse du sang et parfois une légère hypertension. Au contraire, lorsque notre examen a été fait après une période d'agitation motrice violente, et lorsque l'on observait chez la malade des signes manifestes de /alique physique, nous avons noté pour un pouls qui reste fréquent une diminution manifeste du travail systolique qui reprend ultérieurement sa valeur. C’est pendant ces périodes de faligue des maniaques que l'on peut observer de l'hypotension (abaissement de Mn de 1 à 2 cm Hg). Au cours d’un examen praliqué dans ces conditions, nous avons noté de plus que l'aiguille de l'oscillomètre marquait un temps d'arrêt dans sa propulsion systolique : l'oscillalion anachrote que nous observions serait, d'après le docteur Delaunay, un bon signe d'un élat de fatigue du cœur. Nous avons noté des symptômes analogues d’asthénie cardiaque chez des épileptiques examinées dans les quelques minutes qui suivent la crise convulsive ; |
2° Chez les maniaques dont l'état physique périelite, l'examen indique une diminution de S coïncidant avec un rapport R qui | reste élevé, ce qui signifie qu'il y a une diminution de l’ondée ventriculaire, la contraction cardiaque restant cependant brusque; les chiffres suivants que nous avons obtenus chez une une malade de vingt-sepl ans, internée depuis quatre ans, amaigrie et anémiée, nous paraissent significatifs :
Manie avec mauvais t P S R Mn état général. .... 30,2 ‘86 010 2,2 9
3 Nous présentons simultanément les modifications circulatoires observées chez les maniaques scléreuses (Obs. IV) et chez
les maniagnes présentant au point de vue psychique un appoint confusionnel important et au point de vue physique des signes d'imperméabilité rénale légère (trace d'albumine dans les urines, transpiration de suppléance abondante (Obs. IT). Chez ces malades ou bien le rein constitue un obstacle important au cours du sang, ou bien, par suite du durcissement des artères, les réactions vasculaires de compensation ne peuvent jouer que d'une façon incomplète : le système artériel ne s'adapte pas à l'état du cœur. Nous avons pu suivre les variations circulatoires qui se produisent chez les malades de ces deux catégories :
a) Au début de l'accès le cœur s'adapte au supplément de travail qui lui est imposé soit par accroissement du nombre p de ces battements, soit par augmentation de la valeur dynamique de sa contraction (S) (Obs. HIT, Fig. V, C. 4), soit par la combinaison de ces deux procédés (Obs. IV).
b) Pour les raisons que nous venons d'indiquer, cette hyperactivité cardiaque n'aboutit pas à une accélération du sang, mais à une mise sous pression de ce liquide : la pression minima croit (elle passe de 9 à 10 chez Emma B... (Obs. HI, Fig. V).
c) Lorsque l'excitation psychique diminue, l'énergie du cœur diminue parallèlement: il en résulte un retour progressif de la tension diastolique à son chiffre normal.
Les variations du nombre des pulsations nous paraissent intéressantes à préciser :
a) Le pouls ne semble pas varier sensiblement chez les maniaques, qui présentent de l'hypertension au cours de leurs accès et un certain degré d'imperméabilité rénale avec appoint confusionnel (Obs. IT); nous allons décrire du ralentissement du pouls chez une maniaque brightique (Obs. VI : cette tendance à la bradycardie peut s'expliquer soit par une adaptation du nombre des battements cardiaques à la tension artérielle (loi de Marey), soit par l’auto-intoxication des malades qui, comme dans l’urémie, détermine un ralentissement du pouls où du moins neutralise dans une certaine mesure les effets tachycardiques de l'excitation psychique.
ASE
b) Chez Marie D... (Obs. IV) nous avons noté au cours de l'accès maniaque des crises tachycardiques (p = 134) avec irrégularité et inégalité du pouls (10 à 15 oscillations incomplètes à la minute : la valeur de ces oscillations représentant à peu près le cinquième de l'amplitude des autres oscillations).
4 Toutes les variations de la circulation que l’on relève dans la manie aiguë sont assez nettes, mais en somme peu imporlantes; on ne s’étonnera donc pas d'observer chez les excités maniaques une circulation sensiblement normale, identique à celle des malades du même âge atteintes d’affections mentales toutes différentes (paranoïa par exemple); à plus forte raison la circulation serait normale chez les maniaques chroniques.
5° Chez quelques malades entrées à l'asile dans un élat d’excitation suspecte et chez lesquelles nous avons noté une évolution défavorable de la maladie, nous avons observé des perturbations circulatoires anormales par rapport aux types que nous venons de décrire et qui se prêtent mal à une description d'ensemble. Nous devons dire que, par suite de l’impulsivité habituelle de ces aliénées, nos observations sur ce point ont été peu nombreuses; il nous a semblé cependant qu'il existait, d'une façon assez commune, une accélération excessive du pouls qui n'était pas expliquée par un état subfébrile léger (Obs. V).
6° Les variations circulatoires que nous venons d'étudier sont faibles, à la limite des variations physiologiques et des variations pathologiques, bien différentes de celles que l’on observe dans certaines affections organiques; à ce point de vue il nous parait intéressant de signaler le graphique obtenu au cours d’un accès maniaque chez une brightique (Obs. VI, Fig: VI): là des modifications de la circulation deviennent considérables, la valeur dynamique des systoles est accrue au deuxième degré (S > 30), tant du fait du brightisme que de l'excitation psychique, le chiffre du pouls est plutôt hyponormal.
> États dépressifs de la mélancolie
Dans les états dépressifs de la mélancolie, nous avons observé des types circulaloires qui en général peuvent être
opposés à ceux de la manie, ceci nous permettra de les exposer plus rapidement. Ges types circulaloires sont variables selon que s'ajoute ou non à la dépression psychique et à l'inerlie physique soit un état général grave avec amaigrissement et anémie, soit un état anxieux paroxystique.
1° La dépression psychique simple se caractérise dans le domaine de la circulation par une hypoactivité du muscle cardiaque qui se manifeste soit par une diminution de la valeur des contractions ventriculaires, soit par un ralentissement du pouls (Obs. VIT), soit par la combinaison de ces deux causes (Obs. VID ; la bradycardie peut être très accusée (Obs. VII), S est généralement diminué au premier ou au deuxième degré; c’est un peu la formule que l’on a retrouvée chez certains convalescents de maladie grave (pneumonie) et cependant l'état général de nos malades (0bs. VIF et VIT) est bon, il n’y à ni amaigrissement, ni anémie. | À
Si l'on établit le graphique oscillométrique poignet-bras, on remarque qu'il existe chez les sujets jeunes (Obs. VII) un rap-° port normal des courbes; ce rapport est constant, les deux courbes sont basses, il s’agit non d’une véritable vaso-constriction, mais d'une adaptation de la tonicité artérielle à l'état hypotonique du cœur: chez les scléreuses (0bs. VIIT), la courbe du poignet reste élevée par rapport à celle du bras, ce qui signifie que l'état des artères périphériques s'adapte mal à l'état du: cœur.
Il en résulte que la diminution de l'énergie cardiaque aboutit chez les sujets jeunes à un ralentissement du cours du sang (diminution deR, courbe «tendue », Obs. VIT), chez les scléreuses à une hypotension de Mn plus ou moins importante (Obs. IV et VIIT).
2 Lorsqu'à la dépression psycho-motrice s'ajoute un é/at de dénutrilion grave (Obs. X), on observe une diminution encore plus marquée de l'énergie cardiaque, le chiffre du pouls reste aux environs de 50; le travail systolique est abaissé au troisième degré et l’on obtient des graphiques analogues à ceux décrits par Delaunay dans l’état de shock (avec cette différence
Manesse 4
MH ip
cependant que Mn s'abaisse bien plus dans ces états de shock où, dans les cas graves el mortels, la pression minima peut descendre entre 5 et 4); la courbe du poignet est très basse, mais ce qui la distingue de celle des démentes précoces microsphygmiques que nous allons retrouver bientôt, c'est que, si l'on prend soin d'apprécier le plus exactement possible les petites oscillations obtenues, on construit une courbe très réduite, mais qui présente tous les accidents d’une courbe normale. La vitesse du sang est très diminuée, l'hypotension de Mn est habituelle, Chez une malade stuporeuse, inerte et très ané-
miée nos résultats ont été les suivants :
Stupear mélancolique t p S R Mn Ct ANEMICE REZ AOL 68 145 0,7 1
Nous faisons remarquer que cette valeur 5 de la tension diastolique correspond à la pression minima juste sullisante (Moulinier (70).
3 Chez les mélancoliques, au cours des parozysmes antieux, il se produit un relèvement temporaire de l'énergie cardiaque (augmentation de p: Obs. IX, augmentation de S, ou augmentation simultanée de p et de S : Obs. X). Le graphique poignetbras indique chez les anxieux une vaso-constriction souvent très marquée. La pression minima se relève temporairement, chez les scléreux l'hypertension est plus persistante que chez les sujets jeunes.
3 États dépressifs de la démence précoce
En général, il existe chez les dissociées déprimées ou stuporeuses une stabilité beaucoup plus grande de la circulation que dans les états mélancoliques où l'anxiété apporte des modifications importantes du cours du sang et à plus forte raison que dans les états maniaques. C'est dans la forme catatonique de la démence précoce que les modifications circulatoires se manifestent le plus nettement. Nous avons pu distinguer chez ces malades trois Lypes circulatoires :
1° Dans un premier type qui parait spécial aux états de
dissocialion {rès anciens, il y a une discordance nette entre la dépression psycho-motrice qui est très accusée et la circulation sanguine qui n'est pas modiliée d’une façon appréciable; à un moment donné de l’évolution de la démence précoce, il y aurait, au point de vue de la circulation, un retour à l'état normal, « le malade, dit Chaslin, s'installe confortablement dans sa démence pour y durer longtemps ». Cependant la circulation de ces malades reste assez particulière en ce sens que la pression minima ne s'élève généralement pas avec l'âge, ce qui peut s'expliquer par l'absence de l'action hypertensive des émolions et de l'attention (Binet et Vaschide (12), Lahy (56).
2° Nous avons vu dans notre historique que Morel avait signalé qu'il existe parfois chez les aliénés « des différences entre le degré de l'intensité des pulsations dans les artères carotidiennes et radiales »; que la microsphygmie a été étudiée et décrite chez les idiots par Variot, Richet fils et Saint-Girons, Guy-Laroche et Richard; en 1911, Baller (6) avait signalé que chez les déments précoces les troubles vaso-moteurs sont atlribuables à une exagération de la tension des muscles des vaisseaux analogues à la catalepsie de la musculature du corps et que c'est là un symptôme spécifique susceptible de trancher le diagnostic dans les cas douteux; en 1919, d'OElsnitz et Jacquin ont retrouvé chez les déments précoces catatoniques une microsphygmie très nette.
En ce qui nous concerne, nous avons fait quelques recherches avec résultats positifs dans le quartier des enfants idiotes de l'asile de Bordeaux; notre camarade le docteur A. Régis nous a signalé la très grande fréquence de la microsphygmie des idiotes profondes constatée par la simple palpation successive de l'artère radiale et de l'artère humérale.
Chez les malades adultes, la petitesse du pouls s'observe à titre temporaire au cours de la manie (dans cette maladie Baudoin a noté souvent un indice de Pachon très faible au poignet), il s'agit là d’un spasme vaso-constricteur qui ne persiste pas: au cours de la mélancolie la petitesse du pouls correspond à un état hypotonique du myocarde (diminution de S); ce ne
rot sont pas là des microsphygmies par hypertonie du sympathique, comme l’entendent Guy-Laroche et Richard.
Mais dans les élats dépressils et stuporeux de la démence précoce et principalement dans les formes qui s’accompagnent d'altitudes cataleptoïdes nous avons noté des cas très nets de microsphygmie réelle, c'est-à-dire de petitesse permanente du pouls, chez des malades dont les contractions ventriculaires ne sont pas diminuées (S normal). Nous en avons observé un exem-
ple démonstratif chez une dissociée dont nous reproduisons
deux graphiques (Fig. X) qui ont été contrôlés plusieurs fois : celte malade présentait alternativement au point de vue musculaire un état de tension avec conservation des attitudes et un état de flaccidité totale : dans le premier état (Gr. I) on observait un état d'hyperactivité cardiaque (S—6,25, p = 84) avec hypertonie vasculaire (spasme vaso-constricleur énergique et permanent, divergence des courbes, courbe du poignet très tendue, ayant perdu sa forme normale et constituée par deux lignes droites formant un angle obtus très ouvert); il s'agissait en somme d’une microsphygmie typique qui persistait autant que durait l’état d'hypertonie musculaire. Dans le deuxième état, c’est-à-dire dans l’état de flaccidité musculaire (Gr. 11), on observait au point de vue de la circulation un état d'hypoactivité du cœur (S = 4,3, p = 72) avec hypotonie vasculaire (relàchement des parois artérielles, convergence des courbes). Ces résullats et les graphiques obtenus nous semblent objectiver d'une façon très intéressante le phénomène d’exagération de la tension des muscles vasculaires, décrit par Baller.
Jo Dans un troisième {ype qui nous a semblé de beaucoup le plus fréquent (Obs. XI, XIT, XIE et Gr. ZI de la Fig. X) on observe une circulation particulièrement lorpide et on note un état discordant entre le nombre et la valeur dynamique des contractions cardiaques : on trouve un pouls de fréquence soit normale (Obs. XI), soit le plus souvent augmentée (Obs. XI et
XI), en dehors de tout état fébrile ou subfébrile (‘) et une zone :
4 \ 1 CES ‘ : a 'a1 ( ) Ghez Lee malades on pe ut d’ailleurs observer, en dehors de toute cause appréciable à l'examen clinique, des poussées fébriles signalées par Bruce (45)
ER te
auscultatoire des oscillations croissantes réduites de surface au premier degré (Obs. XI), au deuxième degré (Obs. XD), ou au troisième degré (Obs. XI. Il s'agit d'un type de circulation réduite, le cœur ne peut envoyer à chacune de ces contractions que de petites ondées sanguines, il en multiplie le nombre afin d'en compenser dans une certaine mesure l'insuffisance.
Par le procédé de la double courbe nous avons remarqué (comme cela est indiqué Æig. X, Gr. 11) que la courbe du poignet est généralement élevée par rapport à celle du bras, ce qui indique que nous sommes en présence d’une sorte d’hypotonie cardio-artérielle : le cours du sang se ralentit et accessoirement la pression minima s’abaisse.
Dans un certain nombre de cas, ainsi que l’a remarqué Trepsat (108), ces troubles circulatoires, ainsi d’ailleurs qu'un certain nombre d'autres troubles somatiques, s’établissent en même temps que la maladie mentale; souvent on observe un parallélisme remarquable entre l'aggravation de l’état mental et l'aggravation des troubles circulatoires (Lucangeli (60); notre Observation XII est caractéristique à ces deux points de vue.
Malgré leur fixité très grande les perturbations du cours du sang chez les démentes précoces sont susceptibles de se modilier nettement :
1° Au cours des crises vaso-molrices décrites par R. de Fursac (voir historique) chez les dissociés, on remarque à l’examen oscillométrique une augmentation de l'énergie cardiaque, de la vaso-dilatation, une augmentation de la vitesse du sang etide la pression minima; ou obtient par exemple les chiffres suivants :
t P 5 R Mn Etat de stupeur d'une démente précoce... 36,2 72 4,2 0,7 7 Crise circulatoire... 35,8 84 6,2 2 8
2 Lorsque la malade passe d’un état de stupeur à un état de
et que nous avons notées nous-même; qu'il s'agisse de l’une de ces « pous sées paradoxales » de la température ou d’une fièvre symptomatique d'un état physique, il est bien entendu que nous n'avons {enu compte de la lachycardie que si elle se produit en dehors de toute fièvre.
subexcitation, la circulation se modifie, les variations sont du même ordre :
t P S R Mn Etat de stupeur d'une démente précoce... 35,7 72 1,8 0,5 8 Subexcitation:.... 36,8 100 ai 1 9
4 Étude spéciale des réactions émotives d'ordre circulatoire
Dès le début de nos recherches, notre maitre, le docteur Anglade, nous a mis en garde contre une cause d'erreur importante et susceptible de fausser nos résultats; ce sont les réaclions émotives d'ordre circulatoire ; aussi avons-nous voulu consacrer un paragraphe à l'étude oscillométrique de ces phénomènes chez nos malades.
Il est d'observation courante que chez certains sujets l'émotion courte produite par la première visite du médecin accélère le cœur : le «pouls médical » est en somme une réaction physiologique : la rougeur du visage chez ces mêmes personnes témoigne des réactions vaso-motrices d'ordre émotionnel.
«Chez le même individu, dit Pachon (75), selon qu'il est examiné à l’oscillomètre en présence ou en l'absence d’une assis- Lance plus ou moins nombreuse, selon qu'il est exploré pour la première fois, où au contraire qu'il est au courant des manœuvres qu'il va subir et qu'il sait anodines, l'amplitude oscillatoire présente des variations qui frappent l'observateur le moins averti... sans doute dans les conditions qui viennent d’être’ dites, l'impulsion cardiaque peut être modifiée, mais ce sont surtout les modilications du calibre artériel, c'est-à-dire du tonus vasculaire, les réactions vaso-motrices mises en jeu par la sensibilité individuelle, qui traduisent essentiellement les variations de l'amplitude oscillatoire. »
Delaunay s'est également préoccupé de l'influence de l'émolion sur les données immédiates de l'examen 0.-A., il indique
sur un graphique que nous reproduisons {Æig. XI) la courbe obtenue chez un individu émotionné {C 1) et la courbe obtenue chez le même individu à l'état normal /C 2). On voit nettement sur Ce graphique que l'émotion produit une augmentation de l'énergie des systoles qui se manifeste autant par un accroissement de la vitesse du sang que par une élévation de la pression minima. Delaunay signale encore un signe de réaction émolive ; c'est l’«irrégularité de la courbe oscillométrique dans sa phase d'ascension » : « J'ai remarqué, dit-il (25), que chez certains sujets non habitués à l'exploration oscillométrique, la courbe est souvent atypique dans sa phase d’ascension ; il suffit d'éviter la réaction émotive pour constater que la courbe devient d'allure normale; elle se détend pour ainsi dire. »
Telles sont les réactions oscillométriques de l'émotion courte qui ont été décrites et que nous avons vérifiées au début de nos recherches chez quelques malades, dont des épileptiques examinées en dehors des attaques dans le service du docteur Perrens. D'après ce que nous avons observé, ces réactions, comme l'émotion elle-même, sont essentiellement temporaires et disparaissent au plus tard au troisième ou au quatrième examen (il est bien entendu que ces examens successifs doivent être pratiqués à des intervalles de dix minutes au moins, afin de permettre à la circulation, interrompue par l'application des appareils, de se rétablir normalement).
Afin d'éviter ces modifications gênantes et que nous pensions généralement inévitables chez des malades abordées par un médecin armé d'un oscillomètre et d’un sphygmophone, nous avions adopté les règles suivantes : 1° prendre préalablement à tout examen le pouls de la malade pendant quelques minutes et, si ce pouls semble présenter une accélération d'origine émolive, attendre, pour pratiquer l'exploration oscillométrique, qu'il se soit stabilisé à un chiffre sensiblement constant ; 2e habituer les patientes à des investigations répélées, pratiquées en série et n'utiliser les courbes que lorsque l'indice oscillométrique du bras, très augmenté au début, prend une valeur cons-
tante.
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Or, lorsque nous avons abordé l'étude de la circulation dans les états d'excilation, de dépression et de stupeur, nous avons conslaté que, tandis que chez les malades calmes les précautions
que nous venons d'indiquer sont quelquefois nécessaires, elles
sont le plus souvent inutiles chez les malades excitées, déprimées où sluporeuses; chez elles, l'indice oscillométrique ne se réduit généralement pas dans les courbes prises en série, il reste constant où au contraire s’accroit.
«L'oscillomètre, dit Pachon (75), peut juger l’émotivité propre du patient et je ne doute pas que le neurologiste et le pSYychiatre, ne trouvent dans son emploi judicieusement réglé à cet ellet, de précieuses indications pour leurs études propres et l'expertise médico-légale: »
C'est dans ce sens que nous avons entrepris une nouvelle série de recherches : contrairement aux règles que nous avions élablies, nous avons pratiqué d'emblée un examen oscillométrique de nos malades, cela avant tout examen mental ou somatique, et nous avons comparé les résultats de cette première exploration à ceux des examens faits secondairement et en série; nos résultals ont été les suivants : {1° d’une facon générale, chez les aliénés calmes ou pendant les intervalles lucides de la psychose périodique, on rencontre fréquemment des réactions émotives d'ordre circulatoire appréciables par la méthode 0.-A. et produites par la seule présence du médecin; 2 dans les états d’excitalion, de dépression ou de stupeur symptomatiques de la folie maniaque dépressive, de telles réactions ne se manifestent généralement pas; au premier examen la présence du médecin est souvent oscillométriquement indifférente aux malades, le graphique pris-d'emblée ne diffère pas sensiblement des graphiques pris Secondairement et en série : ou, s'il en diffère, ce sont très souvent des courbes prises secondairement qui indiquent des réactions émotives. Chez les maniaques, il est impossible de provoquer des réactions émotives ; chez les mélancoli-
ques, ces réactions peuvent cependant s’obtenir en s'adressant à |
l’aflectivité des malades dont on peut ainsi mesurer | comme l'avait proposé Cramer (22)] le degré de conservation, Mais s’il