CHAPITRE PREMIER
La méthode oScillo-auscultatoire et son application à nos malades
Il nous a semblé nécessaire au début de ce travail de résumer la méthode O.-A. en ce qui concerne la technique et les résultats. Il nous a paru essentiel de nous en tenir à une instrumentalion et à une méthode que nous avons appliquée nous-même. On trouvera dans les publications de Delaunay (24, 25, 26, 27, 28, 29) l'explication et la discussion des conclusions de cet
auteur.
Deux instruments sont nécessaires pour l’application de la méthode O.-A. : L'oscillomètre du Professeur Pachon et le
sphygmophone de Laubry. L'appareil du Professeur Pachon est connu de tous; sa structure et son fonctionnement ont été l’objet d’une mise au point toute récente (75). L'appareil de Laubry est formé d'une cupule métallique percée au centre et sur les bords saillants de laquelle vient s'attacher une membrane fortement tendue ; cette cupule forme ainsi une caisse de résonance qui est en rapport avec un stéthoscope bi-auriculaire et qui reste solidaire d'un bracelet qui assure sa fixation au segment de membre à explorer d'après Sergent (95).
Avant tout examen, il est nécessaire de faire placer la malade en décubitus dorsal, dans une position strictement horizontale, «le segment de membre exploré rigoureusement sur le même plan horizontal que la base du cœur » (Pachon). Si la malade n’est pas alitée, il faut la faire étendre sur son lit dix minutes avant l'examen, de façon à éviter les varialions circulatoires
CRU ie
dues au travail musculaire. Il faut encore prendre la température axillaire (t) et le chiffre du pouls (p). Il faut enfin donner au membre supérieur droit la position suivante : «Le membre supérieur repose sur le lit à quelque distance du corps par la face postérieure du coude etle bord cubital de la main, l’avant-bras est en légère extension. »
Avant d'appliquer le sphygmophone, il faut repérer l'artère humérale au coude; cette opération est rendue plus facile, lorsque les pulsations de ce vaisseau sont très faibles, si l’on met provisoirement le bras en rotation externe, l’avant-bras en supination et si l’on recherche l'artère avec le pouce sous le tendon du biceps (d'après Sergent (95). Cela fait, on engage le bras de la malade dans le bracelet du sphygmophone et on applique la cupule de l'appareil sur l’humérale au coude, de façon à placer celte artère selon l'un des diamètres de la membrane vibrante. On resserre enfin le bracelet du sphygmophone, de façon à fixer cet appareil sans pression exagérée.
Le brassard de l'oscillomètre est alors appliqué au niveau de la partie‘inférieure du bras, avec beaucoup de soin, afin que la contre-pression exercée soit autant que possible égale sur toute l'étendue du segment de membre comprimé.
La durée de la manipulation proprement dite ne doit pas dépasser trois minutes : on adapte les branches du stéthoscope de l'appareil de Laubry aux oreilles et, à l’aide de la pompe de l'oscillomètre mise en action, on exerce une contre-pression iniliale de 24 cmHg, puis on décomprime de 2 cmHg en 2 cmHge en cherchant seulement à déterminer aussi exactement que possible Les oscillations pour chaque contre-pression exercée ; on dicte à un aide les chiffres des contre-pressions lues sur le manomètre, suivis des chiffres exprimant les oscillations correspondantes lues sur le cadran oscillométrique : on dictera par exemple :2444)/822 "04/4 "00 A UT/ANAS NN 1/0 Sa Ce 1/2. 14: 3/4. 12: 1 +. (1/2 -— signifie un peu au-dessous de 1/2, 1 + signifie un peu au-dessus de 1).
Lorsque les oscillations deviennent nettement différenciées, on lait la décompression plus lentement : à un moment donné
LR ES
on perçoit ayec le sphygmophone le premier bruit auscultatoire, bruit de souffle parfois très faible synchrone à la pulsation cardiaque ; à ce moment on dicte à son aide la lettre À (qui signifie premier bruit auscultatoire) suivie de la contre-pression et de l'oscillation correspondantes ; soit : A : 41 1/9, 2.
À partir du premier bruit auscultatoire, on note les oscillations en décomprimant de em Hg en em Hg, soit : 11 : 2 3/4. URSS SACS: ALT 9
Lorsqu'il s'agit d'oscillations de grande amplitude, nous avons pris l'habitude de les exprimer en lisant sur le cadran de l'appareil de Pachon les deux chiffres correspondant aux deux divisions entre lesquelles évolue l'aiguille oscillométrique pendant une systole cardiaque : pour déterminer secondairement la valeur de l'oscillation il suffit de retrancher du chiffre maximum le chiffre minimum. Ce petit perfectionnement de technique approuvé par le docteur Delaunay permet une notation plus rapide des grandes oscillations.
Lorsqu'on a observé une première oscillalion décroissante, on peut décomprimer rapidement de 2 em Hg en 2 cm Hg en notant toujours les oscillations correspondantes, soit : 5 : 1 —, 3 : 1/2 —.
La représentation graphique de l'examen que nous venons d'expliquer se fait très simplement : il suffit de porter sur du papier quadrillé les contre-pressions en abcisses (en représentant 4 cm Hg par une division du quadrillage) et les oscillations correspondantes en ordonnées (en représentant une division du cadran de l'oscillomètre par deux divisions du quadrillage), puis de fixer par des points l'extrémité de chaque ordonnée et enfin de réunir ces points par des lignes droites. On arrive ainsi à construire rapidement une courbe (la courbe O.-A.), dont nous repraduisons un type (normal chez une femme de vingt ans (Fig. 1) qui correspond à l'examen que nous avons supposé.
La courbe O.-A. permet de fixer la pression minima et la pression maxima : la pression minima (Mn), ou pression diastolique, a été déterminée en abaïissant une ordonnée du sommet de la courbe : la contre-pression au pied de cette ordonnée
correspond à la pression minima : il s'agit d'une pression minima oscillométrique un peu plus élevée de la Mn oscillométrique classique (première oscillation décroissante) qui ne diffère pas sensiblement des pressions diastoliques déterminées par les méthodes palpatoires ou auscultatoires (Lian). Comme on le sait, Mn, qui doit servir de base pour la détermination des états d'hyper et d’hypotension (Pachon), varie normalement de 8 à 10 cm. Hg.
La pression marima (Mx) ou pression systolique a été déterminée directement au cours de l'examen. Il suffit de lire, sur les résultats obtenus, la contre-pression correspondant au premier bruit auscultatoire. Il s'agit ici d’une pression maxima qui diffère des pressions systoliques palpatoires ou oscillométriques ; quoique trop basse «elle est respectable et honnête, c’est-àdire que dans l'appréciation de Mx elle donne une bonne moyenne » (Billard (9); ses variations physiologiques se font autour d'une moyenne de 12 em. Hg. (de 11 cm. Hg. 1% cm. He.).
Si sur la courbe 0.-A. on trace deux ordonnées, la première élevée à partir de la contre-pression correspondant à Mx, la seconde abaissée du sommet de la courbe (cette deuxième ordonnée correspond à l'indice oscillométrique de Pachon au bras), si à partir du point d’intersection de la première ordonnée avec la courbe on trace jusqu'à l'indice une ligne horizontale, on détermine une surface, indiquée par des hachures sur la figure 4. Cette surface correspond sensiblement à un triangle rectangle dont la base représente la pression différentielle (Mx-Mn) et la hauteur la « plus-value maxima de l'amplitude des oscillations à partir du premier bruit auscultatoire »; cette plus-value (1) est exprimée en divisions du cadran oscillométrique, mais la hauteur réelle du triangle (2 i) est exprimée en divisions du quadrillage (on se souvient qu'une division du cadran osCillométrique est représentée par deux divisions du quadrillage). Ge triangle représente la zone des oscillations croissantes perceplibles à l’auscultation ou zone auscultatoire des oscillations croissantes.
Deux éléments de ce triangle sont intéressants à étudier :