Ibidem
l'interrègne, la date du 3o septembre est en contradiction avec ces faits. Il faut nécessairement admettre avec Pfeffçl la date du i4 juillet, qui nous donne tout le temps voulu pour comprendre l'ordre de leur succession et de leur dépendance mutuelle (i). Quoi qu'il en soit, nous trouvons, sous la date du mercredi après la Saînt-Gall (17 octobre) 1291, le prévôt Walther à la tête du conseil, sanctionnant l'acquisition d'une maison par l'hôpital de Colmar (2).
Après l'élection d'Adolphe de Nassau, en 1292, le bailli provincial Othon d'Ochsenstein vint à Colmar recevoir le serment de la ville. Il ne l'obtint qu'après s'être engagé, au nom du nouveau roi des Romains, envers le prévôt, à lui conserver sa charge durant la vie du roi, à maintenir l'exil prononcé contre les nobles exilés précédemment, et à ne pas introduire ses troupes dans la ville (3).
Cette transaction du souverain avec un dignitaire municipal qui ne relevait que de lui, est fort remarquable. Outre le fait personnel à Rœsselmann, on peut y voir le premier exemple connu du serment promissoire que le bailli provincial prêtait aux villes impériales de l'Alsace, pour leur garantir leurs libertés et coutumes. Ce serment était dû par le bailli provincial à son entrée en fonctions, et se renouvelait au nom de l'empereur après son élection à l'Empire; il précédait lui-même le serment des villes. C'est de ce dernier que dépendait la reconnaissance du nouvel empereur ou de son représentant par le sujet. L'é-
1. Le Liber vitœ de la cathédrale de Bàle donne la date du i5 juillet {Mus julii). V. Trouillat, t. II, p. 5o8.
2. X. Mossmann, Les Etablissements de bienfaisance à Colmar au treizième siècle, dans la Revue d'Alsace, t. II, p. 244.