‹ Recherches sur la constitution de la commune à Colmar: augmentée des listesChapitre 4 sur 64 · SUR L'ANCIENNE CONSTITUTION · texte numérisé non relu

SUR L'ANCIENNE CONSTITUTION

de la

, A constitution de la commune à Colmar, I telle qu'elle a subsisté jusqu'à l'époque de ' la domination française, remonte au XIV* I siècle. Elle est l'œuvre collective des corps de métiers et des empereurs; elle sortit d'une situation qui mit plus d'une fois en péril l'existence même de la cité. Il peut y avoir quelque intérêt à rechercher comment de la confusion de la plus affreuse anarchie, trois ou quatre générations de plébéiens, ont su tirer l'ordre et la sécurité dont leur travail avait besoin.

L suffira de rappeler ici en quelques mots l'origine de Colmar. L'épisode des deux bâtards sortis de son gynécée, raconté par le Moine de Saint-Gall, dans sa vie de Char-

lemagne (i), est le premier texte où nous rencontrons le nom qui fut celui de notre cité.

En 823, Louis le Débonnaire détacha de son fisc de Colmar une section de forêt au profit de l'abbaye de Munster, au val de Saint-Grégoire (2).

En 865, un certain Richinus fit don à la même abbaye d'une manse, avec les bâtiments, terres, champs, prés, vignes, forêts, cours d'eau qui en dépendaient, situés dans la villa et la marche de Colmar (3).

En 903, le comte Luitfrid et ses fils, Huntfrid, Luitfrid et Hugues, firent don à l'abbaye de Saint- Trudpert, dans la Forêt-Noire, d'une autre manse également située à Colmar (4).

D'après ce petit nombre de faits, il paraît que sous les rois de la seconde race, Colmar était une de ces fermes appartenant au fisc, dont l'exploitation et l'administration tenaient si fort à cœur à Charlemagne, que de la ferme dépendait un certain nombre de manses dont les tenanciers pouvaient disposer en toute propriété, même avant le capitulaire de Kiersi, de 877, et que l'on est par conséquent autorisé à considérer comme des terres allodiales. Si on en juge par les antiquités trouvées à diverses reprises sur le territoire de Colmar, par des sépultures où se rencontrent simultanément les deux méthodes d'incinération et d'ensevelissement, il est permis de faire remonter ces établissements jusqu'à l'époque romaine. Tout porte à croire que les der-

1. Gesta Karoli magni, lib, II, apud Pertf. Scriptor., t. Il, p. 749.

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