Ibidem, FF. Prévôté
à racheter définitivement la prévôté et à en disposer à perpétuité (i). C'est ainsi qu'elle devint simple office municipal. Mais elle ne fut rendue élective qu'en i52i: jusqu'à cette date, les officiers que la ville revêtait de cette charge, ou qui la prirent à ferme, ne participent point au renouvellement annuel des magistrats et des conseillers.
Nous avons vu ci-dessus (p. io8) que la vacance du grand bailliage, de 1470 à i486, rendit un moment au prévôt son mandat de représentant de l'Empire. Rien ne justifie mieux ce que je viens de dire de la corrélation des deux offices, et du peu d'importance du prévôt, comme rouage politique, quand le grand bailli était à son poste.
E pourrais clore ici mes recherches, mais je ne crois pas inutile de rappeler à grands I traits la destinée ultérieure de ces institutions si laborieusement établies.
Tout fait supposer que le retour de l'Empire à la maison d'Autriche, en la personne d'Albert II et de Frédéric III, avait mis nos villes en grande défiance, et qu'il en résulta un certain trouble dans les notions politiques que l'expérience leur avait inculquées. Aucune ne pouvait avoir oublié les entreprises incessantes dont les Habsbourg, même exclus du trône impérial, avaient menacé leur immédiateté et leur indépendance. L'exemple de Mulhouse, qui
I. Archives de Colmar, FF. Prévôté, cf. Ah, diplom,, t. II, p. 34o. Le texte de Schœpfiin, d'après un vidimus de 1459, est peu correct.
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depuis si longtemps était comme une proie jetée à toutes les convoitises des vassaux nobles des pays antérieurs, parlait assez haut des dangers que la nouvelle grandeur des descendants de leurs anciens landgraves allait faire courir à leurs libertés.
Malheureusement il leur était difficile de concilier ce qu'exigeait leur sécurité, avec la fidélité qu'elles devaient au nouveau prince, et elles ne surent même pas ménager leurs alliés naturels contre la maison d'Autriche.
L'avènement de Frédéric III menaçait les Cantons confédérés au même titre que les états immédiats de l'Alsace. Le plus simple sentiment de leur situation aurait dû rapprocher nos villes libres et nos villes impériales des vaillants montagnards qui, depuis Morgarten, tenaient les Habsbourg en échec. Malheureusement à ce moment même éclatait leur première guerre civile avec Zurich, et pour pouvoir résister aux autres cantons, Zurich se jeta dans les bras de l'Autriche. Cette scission fut pour Colmar un premier sujet d'hésitation, et quand au commencement de i444, Bâle, au nom de ses alliés, d'une part, Zurich de l'autre, les prièrent d'assister à une conférence qui devait se tenir à Baden, sous les auspices de l'évêque de Constance, le maître et le conseil déclinèrent cette double invitation, par la raison que leur ville n'avait pas sujet de sortir de sa neutralité, et qu'elle reconnaissait pour son suzerain le roi des Romains, l'aîné des princes et le chef de la maison d'Autriche (i) qui avait pris parti parmi les belligérants.
I. Archives de Colmar, BB. Liber missivarumy i442-48, f" 69 verso et 70 recto, lettres du 21 et du 28 janvier i444.
Plus tard, comme on les accusait malgré cela d'une connivence secrète, ils protestèrent auprès du margrave Guillaume de Hochberg-Sausenberg, grand bailli des pays antérieurs, contre ceux qui les croyaient capables de faillir à leur loyauté et de se déclarer pour les Confédérés et contre la maison d'Autriche (i).
Enfin quand la guerre eut éclaté, et que Dâle demanda à notre ville, non pas un concours effectif, mais simplement pour les Confédérés la faculté de s'approvisionner chez elle, si les opérations militaires faisaient passer leurs troupes à sa portée, le maître et le conseil opposèrent à cette demande un refus formel (2).
Et cependant l'entente de l'empereur Frédéric III avec le dauphin Louis XI, et sa responsabilité dans l'invasion de l'Alsace par les Armagnacs avaient été flagrantes, et si l'on avait pu oublier ses menées, est-ce que les trames qu'il ourdit plus tard avec Charles le Téméraire, dont la fille devait un jour devenir sa bru, non seulement contre les ressortissants de l'Empire en Alsace, non seulement contre les Confédérés, mais même contre son cousin Sigismond d^Autriche; n'auraient-elles pas dû déterminer dans la politique de nos villes le même changement de front, définitif, absolu, qui s'était opéré à Mulhouse en i466, et auquel cette dernière ville resta fidèle jusqu'au bout ?
Quand, dans la direction de leurs affaires, nos pères commettaient des méprises pareilles, il ne servait plus de rien de faire des difficultés pour