‹ Recherches sur la constitution de la commune à Colmar: augmentée des listesChapitre 55 sur 64 · Ibidem, f» 117, recto, lettre du 26 mars i · texte numérisé non relu

Ibidem, f» 117, recto, lettre du 26 mars i

changer de grand bailli, et il ne restait plus qu^à prendre Phabitude du joug. Ils n'y manquèrent point, et c'est ainsi que le maître et le conseil de Colmar se firent octroyer par Maximilien I" un diplôme, daté de Spire, 17 décembre i5i2 , qui autorisait la ville à poursuivre, soit devant le tribunal aulique de Rothweil, soit devant la régence d'Ensisheim, c'està-dire devant l'ancienne juridiction landgraviale, ceux qui transgresseraient malicieusement les franchises, droits et bonnes coutumes de leur ville (i). On considérait sans doute ce privilège comme une garantie sérieuse ; car on le fit renouveler, le 3i mai 1559, à Augsbourg, par l'empereur Ferdinand V qui, par une véritable ironie, en ce qui concernait du moins la régence, qualifie l'un et l'autre tribunal de conservateurs des libertés communales (2). Au fond ce n'était pas autre chose que le droit d'en appeler des mesures du grand bailli, qui représentait plus spécialement l'Empire, devant la régence d'Ensisheim, qui n'était qu'un établissement autrichien. Et c'est après avoir ainsi compromis son indépendance politique, que Colmar autorisa, en iSyS, l'introduction de la Réforme, et que ses familles patriciennes firent ouvertement profession du culte protestant, ce qui provoqua tout d'abord une irrémédiable scission dans la population et à. bref délai l'ingérence des archiducs dans les afifaires intérieures de la cité. La guerre de Trente ans et les éclatants succès qu'elle valut d'abord à la maison d'Autriche, permirent à l'empereur Ferdinand II de tout oser, chez

1. Archives de Colmar, AA. Tribunaux conservateurs des privilèges.

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