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Recherches sur la contagion des fièvres intermittentes

Lqrsqüe des maladies épidémiques contagieuse^ régnent sur divers points du globe , est-il à propos de traiter de là contagion des fièvres iniermiUentes? On doit répondre qu’aucun temps n’est particulièrement réservé à l’examen des propositions qui se rapportent à Tintéret général ; celle c[ue -j’avance aujourd’hui est depuis long-temps l’objet de mes recherches, et ce que j’en publie ne m’est aucunement suggéré par lés .circonstances malheureuses dont quelques peuples de l’un et de l’autre continent souffrent aü'moment où j’écris (i).

'Déjà quelques médecins ont agité la question relative à la contagion des fièvres intermittentes. “Les uns l’ont soutenue, mais faiblement; d’autres d’ont rejetée sans la combattre. On doit attribuer cette diversité d’opinions à ce qu’on manquaiPde l'enseignemens précis sur les maladies qui sont particulières à certains pays ; mais aujourd’hui que l’influence des climats sur l’économie animale est

(i) Cet ouvrage Rêvait paraître à la fin de Pété de 1817 : des raisons dont la connaissance n’importe point au lecteur , en ont relaidé la publication. On devra donc se reporter à celte époaue ' pour tout ce qui^era dit des maladies actuellement régnantes.

niieux-connue , on est ccndiiit à éliiclicr les (icvres inlermiltenl-es avec ^his de soin j cl la proposilioli qui tend h savoir si elles soûl, coulagieuses , se reproduit avec mi nouvel îniei êlï

Pour en donner une solution satisfaîsanle , j ai cru devoir la présenter sous un point de vue plus étendu que’ celui socs lequel on l'a considérée jusqu a ce jour '; peut être inênie-jngera-t-on que j’çn ai fait un 'suièt’'de discussion tout nouveau., îieu de Vexaminer isolénienl, je' la traiterai ^pajr comparaison , 'afin -deda faire envisager. sous plusieurs aspects P ce qui donnera a nies rai sonne mens un degré" dé probabilité que . Ion apeiçoit plus difficilement dans* lesu'âisüiîs tirées imniédialement du'sujel 5' quelle que. spit leur, justesse.

Sans doute /si jqn’aVais considéré que les difficultés .qui sont inséparables de l’exposition d’une ibeorie nouvelle, j'aurais juge cette enlreprise audessus de mes forces 5 mak-je sais^ aussi que l’huniaiiité lient 'compte des efforts que Ion fait pour elle, et dans celte confiance je n’ai pas craint de présenter à la discussion ma théorie sur la Con^

ta gion des Fie\> res intermittentes.

Sans avoir le dessein de comballre direclemenl les anciennes opinions sur celle contagion , jai du néanmoins, pour InUérêt de la science même , publier des faits qui sont en opposition avec elles, et chercher la solution d’un problème qui se rap-

porlc à l’origine et à la nature des quatre fièvres principales qui allaquenl 1 kamiiie dans les quatre parties du monde j savoir, la peste , la fièvre jaune , la fièvre intermittente el le tjplius.

J, e inystcre quieache la nature des fièvres inler- Kiittenles est difficile à pénétrer sans doute j mais les difficultés qui sont attachées à ce sujet seront xnoi ns grandes si l’on s’éclaire des lumières acquisCsS récemment sur les fièvres qui sont particulières aux pays qui sont placés, sous des latitudes plus australes ou plus boréales que cell'^s sous lesquelles nous vivons , cl sarlonl si l’on n’admet des théories anciennes que ce qui aura, été confirmé par les connaissances modernes. On ne doit -point considérer ce que nos prédécesseurs ont écrit sur les fievres intermittentes , comme autant de préceptes auxquels il n’est pas permis de toucherl’investigation de la vérité est de tous les temps ; déjà elle a fait découvrir de grandes erreurs , et je ne doute pas qifun jour on ne qualifie ainsi tout ce qui a été écrit contre la contagion des fièvres intermittentes.

Les siècles passés nous offrent en effet des époques auxquelles les doctrines les plus invétérées ont été tOLil-à-coup ébranlées. 11 s’est fait alors ce qu’on peut appeler des révolutions dans le monde scientifique, et les lois qu’on avait suivies jusqu’à ces mêmes époques ont été remplacées par d’anlrei

lois opposées aux premières. L’hjpotbèse de Gai ilée, publiée par Newton , substitua le mouvement des planètes à celui dû soleil ; la découverte de la circulation du sang fît réformer d’anciens préceptes; et de nos jours, l’eau, l’air , la terre et le feu ont cessé d’être considérés comme les élémens de toutes les substances (i).

Si je parlais des classifîcations des fièvres , je dirais que chaque siècle en a produit de nouvelles, et qu’elles se sont éclipsées successivement , parce qu’elles ont toutes ce vice radical, qu’elles rapprochent des maladies disparates^ ou qu elles éloignent celles qui sont de même nature; quelles

(a) Tout le monde sait ce que Galilée eut à souffrir à cause de sa découverte , et ce que les nouvelles idées sur la circulation du sang attirèrent de déplaisirs à l’infortuné Michel Servet qui , par ce qu’il en dit dans ses Traités du Chistianisme , prépara la grande réputation d’Harvée. Mais sans plarler de ces temps d’incrédulité qui sont déjà loin de nous , il suffirait de rappeler l’époque où la chimie moderne nous éclaira sur la nature d’une foule de substances que l’on croyait Indécomposables , et où elle porta son flambeau jusque dans le corps humain pour expliquer la plus importante de ses fonctions. Ou vit alors quelques vieux médecins tourner en ridicule ces utiles innovations et tenir aux erreurs des anciennes doctrines dans lesquelles ils étaient entretenus par la paresse et peut-être aussi par l’affalhlissement des facultés intellectuellefi , qui sont familiers à un âge avancé. La cataracte et la surdité séniles affligent l'esprltaussl blenquele corpset sont des boulevards que les vérités nouvelles ne peuvent franchir pour combattre les anciennes erreurs qui s'y tiennent retranchées.

donnent des explications imparfaites des phe'nomènes des maladies , et par conséquent qu’elles conduisent à une thérapeutique erronée , ou du moins incertaine ; et , se seraient-elles ainsi multipliées , ces classifications , si l’une d’elles avait trouvé le secret de la nature des fièvres?

Au lieu d’en proposer une nouvelle , je viens au contraire rapprocher plusieurs de ces maladies , et considérer la peste , la fièvre jaune , la fièvre intermittente et le typhus , comme des maladies tellement analogues, qu’elles semblent se confondre, être de même nature , et constiluer seulement autant de variétés qui résultent de l’influence du climat ou des habitudes de l’homme , de la latitude plus ou moins méridionale des pays , ou de leur élévation au-dessus du niveau de la mer. Pour rendre probable une proposition de cette importance , je me suis éclairé des lumières des médecins voyageurs , tant français qu’espagnols et anglais , et j’y ai ajouté les résultats de mon observation pendant les années que je viens de passer dans le service médical des hôpitaux militaires. ■

Dans la carrière que je viens de parcourir , j’ai vu l’homme transporté subitement des régions méridionales de l’Europe vers les confins de l’Europe septentrionale. Dans la même année j’ai visité les bords de l’Ebre et ceux de la Moscowa ; et tandis que nos armées poursuivaient les ennemis de la

pairie , avec plus de pLilanlropie je poursuivais les ennemis du genre humain. Heureuse combinaison d’efforts oii l’on voit l’art , source de gloire , qui délruit l’homme, et celui, pins modeste, qui veille a sa conservation , balancer leurs moyens pour l’intérêt et pour le soutien de la société.

Quoique celte vérité soit bien sentie , on n’en a pas mieux apprécié jusqu’à ce jour les services des médecins militaires. Celle classe de serviteurs estelle donc d’autant moins recommandable que ses travaux sont plus étendus? Les combats de la philantropie médicale ont pour champ le monde entier , pour but la santé de l’homme de tous les pays ; et le bien qu’ils procurent, ou les conquêtes qui s’ensuivent, craignent moins la faux du temps que les éclatantes victoires obtenues à force d’inhumanité. On ne saurait le nier, les médecins mi- .Sitaires ont aussi leur genre de gloire à acquérir; le bruit du canon n’est point le précurseur de leur triomphe : opposés à tout ce qui détruit 1 homme , ils recherchent tout ce qui tend à sa conservation ; dans la paix et dans la guerre 1 humanité avoue les services qu’ils rendent à la patrie, et à cet égard la médecine militaire française n’a point de rivale.

Pendant le siècle, une nation avide de tous les genres de gloire , étendit ses découvertes avec son commerce dans les quatre parties du monde, et en rapporta des connaissances exactes sur îe^

maladies ({ui proviennenl de la différence des climats. Ce fut en effet aux médecins anglais que l’Europe f U redevable des meilleures descriptions de la fièvre jaune , des fièvres malignes des Indes orientales, des maladies des Européens dans les pays chauds, du scorbut, etc.

La France , à son tour , a vu ses armées non-seulement en Europe, mais encore-en Afrique, sur les frontières de l’Asie et en Amérique. De toutes ces expéditions , les médecins mililaires ont rapporté les notions les plus précises sur le géuie morbifique particulier à ces régions, génie tellement supérieur à la puissance humaine, que seul il s’est opposé à la valeur française et Fa rendue inutile. A ces différentes époques les médecins mililaires ont publié divers ouvrages , parmi lesquels on en compte plusieurs qui sont au rang des meilleures productions médicales, et que la science avoue comme autant de faisceaux de lumières qui doivent éclairer sa marche et assurer ses progrès (i).

Excité par de si beaux exemples, j’ai voulu, médecin militaire , payer aussi nia dette nationale

(i) J’aurais trop à faire si je voulais nommer les médecius militaires qui ont donné des traités sur la peste , la fièvre jaune et le typhus, et sur-lout si j’entreprenais de leur payer le tribut d’éloges qu’ils niérlient. Mais quelque silence que je m’impose à cet égard , je ne puis , guidé par une tîstime aujourd’hui bien dé-

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