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en donnanl: le fruit de mes voyages et de mon expérience. Déja^ dans ma Nouvelle Thérapeutique des Fièvres intermittentes, publiée en 1 8i 2, j ai consigné quelques idées sur la virulence de ces fièvres 5 alors je ne parlai de ce caractère que par occasion • aujourd’hui j’en ferai l’objet spécial de ces Recherches, et je m’attacherai à prouver que ces fièvres peuvent se répandre par contagion. Cette assertion paraîtra extraordinaire à quelques médecins qui n’ont eu a traiter que des intermittentes simples , que je ne considère point comme contagieuses; mais ayant été placé dans des circonstances qui m’ont permis de voir ces mêmes fièvres dans toute leur intensité , j'ai acquis le droit d’en parler avec cette assurance que donne une longue observation. Dans l’îtalie méridionale, et en Espagne, j’ai vu des hommes qui , étant venus depuis peu du nord de l’Allemagne , y firent une cruelle épreuve du climat; ils y furent atteints de la fièvre jaune , parce qu’ils s’y trouvèrent en butte aux causes qui donnent cette fièvre en Amérique, tandis que ces mêmes causes ne produisaient que des fièvres intermittentes chez les
sirUéressée , nepss dîsliiigner parmi ees traités , VHisioire médicale de r Armée d’ Orient , par M. le baron Des Genettes. Ce travail, où Ton reconnaît le philantrope plein de courage, le médecin profond et Tliistorien fidèle , suffirait pour mériter à son auteur la prééminence dans la médecine miiilairc , si , d’ailleurs, elle ne lui était due h tant d’autres titres, '
français méridionaux. Cette double assertion sera
jusliüée par des calculs qui ont toute la précision mathématique. Dans ces circonstances rares , j’ai reconnu la vérité de ce que dit De Humboldt : (c Que partout où des hommes nés sous une lati- » tude froide , se sont hasardés soit dans les ré- » gions basses de la zone torride , soit sur tout
y> autre rivage exposé à une grande chaleur , à y> respirer un air infecté par des miasmes , la » fièvre jaune a pu et dû occasionnellement se )) montrer. » Pendant mon séjour à Rome , j’ai vu cette fièvre dans le même hôpital où je traitais aussi beaucoup de fièvres intermittentes, et la coïncidence de ces deux fièvres dans le même pays , et sous le même toit, m’a conduit à des rapprochemens théoriques qui doivent répandre plus de jour sur la nature des fièvres intermittentes.
Aussi ai- je pensé que le plus sûr moyen de prouver théoriquement que la fièvre intermittente est contagieuse , serait de la mettre eu parallèle arec la fièvre jaune , et de montrer les rapports multipliés qui lient ces deux fièvres 5 ce qui rendra plus facile l’explication des faits que je rapporterai ensuite d’après ma pratique et d’après celle de plusieurs autres médecins.
Mais ce qui parlera fortement en faveur des raisonnemens par lesquels je démontrerai la possibilité de celte contagion, c’est qu’ils se trouvent
d’accord avec les grandes vérilés qui découlent de la connaissance du système du monde, de la |ljysique, delà chimie pnenmaliqne, de 1 histoire naturelle 5 de la zoologie, etc.; et lorsque la mélaj hyslque de la médecine repose sur des bases aussi naturelles et aussi solides , elle n est plus un langage hypothétique , elle cesse de s’appliquer à des calculs spéculatifs, et la médecine devient une science purement physique.
Cependant n’est il pas dangereux pour la réputation d’un médecin , de chercher à augmenter le nombre des maladies dites (ontagieuses , à une époque où l’on s’efforce de le restreindre ? Des tentatives viennent d’être fuites pour prouver que la peste et la fièvre jaune ne se communiquent pas j mais Roserf Id , à Constantinople, et ^^alli, en Amérique, ont payé de leur vie leur imprudence et leur témérité, comme autrefois le médecin Sainte-Marie, pendant la peste d’Arles. On montre plus d’ignorance que de courage en bravant de pareils dangers ; celui qui, nouvel Ëmpédocle, tenterait de mesurer la profondeur des abîmes de l Etna, serait taxé de folie. Un faux zèle animait ces médecins novateurs ; croyant que la nature et ro]>servation viendraient se plier à leurs idées hypothétiques , ils ont sacrifié leur vie, non point à l’humanité, mais à leurs opinions. Ainsi Curiius , aveuglé par sa vanité, se précipita
dans le goufre , et sa mort fut inutile à la prospéri(é de Rome. Je suis dévoré de l* ambition de la gloire y disait un jour le docteur Valli (i), et ,
cette chimère lui fit prendre les rêves de sou imagination exallée et de sa vanité , pour aulant de propositions dont il voulait démontrer Taffirinative : funeste aveuglement qui fit tout-à-la-fois Je charme et le tourment de sa vie , et qui ne finit qu’avec elle ! Puissions-nous ne plus compter de victimes d’une ambition aussi fatale à Thuma»-, ni lé !
Pour moi , en suivant une marche opposée , je tâcherai d’être utile aux hommes de tous les pays , mais ce sera en leur montrant de nouveaux dan-
{i) Ce sont scs propres expressions au docteur De Carro et qu« celui-ci a rapportées dans une lettre aux rédacteurs de la Bibliothèque Britannique (voyez année i8o4)- Le docteur De Carro qui eut plusieurs entretiens avec le docteur Valli , dit à son occasion ;
Il serait à désirer que son zcle fût plus modéré et le but de scs cxpériencés plus évident. J’ai connu personnellement le docteur Valli , il fut îm de mes collaborateurs dans les hôpitaux militaires de ristrie , où j’étais médecin en chef en 1806. Je l’ai vu fort enUphé des idées extraordinaires qui lui ont fait une soi te de réputation. Celle qui l’occupait à cette époque était d’arrêter, ‘dès ‘son invasion, la fièvre typhode , dont nos hôpitaux étaient remplis, Pour cela il employait le moxa sur la région épigastrique ; il l’ordonnait à tous les fiévreux nouvellement arrivés dans les salles qui étaient sous sa direction médicale. Il en usa ainsi pendant un mois ; mais ce moyen ayant été jugé inefficace et barbare, il lui fut défendu d’en continuer l’emploi,, et ilnes« SQumit à cet ordre qu’cA murmurant.
gers , et non point en les poussant vers une imprëvoyance fatale.
Il est des maladies générales dont Torigine n’est plus mystérieuse ; telles sont la peste , la fièvre jaune , la fièvre intermittente et le typhus 5 elles sont le funeste résultat des émanations putrides des végétaux et des animaux , dont l’action délétère est augmentée par la chaleur. Les pays marécageux qui leur donnent naissance, sont autant de volcans qui vomissent l’infection et la mort! La vérité retranchant le merveilleux mythologique de l’hydre aux sept tètes qui dévorait la population de Lerne, n’y voit qu’un vaste marais quïlei^Cule fît dessécher, et auquel il mit le feu a sept reprises ^différentes pour détruire les plantes et les insectes -qui y entretenaient l’infection. Telle est générale- ^ment l’origine des quatre fièvres que jeivien^ de nommer , et qu’dvec quelque fondement on pbu'rrait considérer comme une même maladie, qui serait la peste en orient, la fièvre jaune au midi , l’intermittente à l’occident, et le typhus au nord (i) j et lorsqu’il a été reconnu que la peste, la fièvrè Jaune et le typhus sont des maladies contagieuses il
(r) Je dois faire observer ici que cette idée , à laquelle je donne beaucoup de développement dans le cours de cet ouvrage , n'’est point celle qui a donné lieu à ces recherches. Ce que j’en dis n’est qu’accessoire et ne doit être considéré que comme un des moyens de prouver la possibilité de la contagion des lièvres intermittentes.
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suffira, pour prouver que la fièvre inlennlllenle a le même caractère, de démontrer qu’elle lient aux trois autres fièvres par des analogies extrêmement multipliées : c’est ce que j’aurai occasion d’établir dans le cours de ces Reclierches (i).
(i) La communication deml-olHcielle que j’ai faite de mon ouvrage dans une circonstance , m’a dévoilé quelques-uns des points auxquels la critique s’attachera. Celui sur lequel on a le plus insisté est le danger de la doctrine que j’établis. On a prétendu qu’elle est alarmante ; que dans les hôpitaux militaires on ne rêvera que contagion j que le Ministre sera obsédé de demandes de moyens de désinfection ; en un mot , que ma théoâe va tourner la tête à tous les médecins militaires. Eh! depuis quand les médecins sages et éclairés (s’en rapportent-ils aveuglément à ce qu’on leur dit? J’ai de mes confrères une meilleure opinion. Je^ pense qu’ils consulteront l’expérience avant d’adopter ou de combattre la théorie nouvelle que je propose ; et s’ils viennent jse ranger à mon avis , je n’aurai à m’applaudir que d’avoir appelé leur attention sur une question qui me paraît être d’un intérêt général. Quant aux moyens de désinfection dont on parle , je déclare formellement qu’ils sont inutiles , parce que la contagion des fièvres intermittentes ne se fait que par le contact immédiat ainsi que je le dis dans mon ouvrage, et non point par l’atmosphère. En outre je donne , en quelque sorte, la garantie que ces fièvres ne peuvent être contagieuses à Paris , ni dans le nord de la France , et qu’elles ne deviennent telles dans les départeznens méridionaux qu’à la faveur de quelques circonstances infiniment rares. J’ai dû consigner ici cette courte réfutation d’un certain premier jugement qui a été porté sur mon travail , car il est d’autant plus évident que ce jugement a été dicté par la prévention, que mon livre , dans lequel on a bien voulu plus tard reconnaître de l’érudition et du talent , fut d’abord estimé dangereux sur U titre même. Une telle opinion, qui fut celle du prin-
cîpal opinant, médecin dont le grand âge m’impose cert.iins égards , trouvera sa réplique dans le livre même. Je la rapporte ici dans l’intérêt de ma cause seulement,* et sans avoir le dessein d’atteindre celui qui l’a émise , car je lui paye volontiers ma part de l’estime et de la considération publiques dont il jouit.
Si quelqu’un disait que j’écris contre les doctrines reçues , je répondrais qu’en médecine on doit entendre par doctrines , non point ces croyances scellées du sceau du mystère , dont le caractère sacré commande une foi implicite , mais bien ces préceptes que le raisonnement prouve , que l’expérience confirme et que le temps sanctionne. Rien de tout cela n’existe' à l’égard des fièvres intermittentes. Nulle méthode rationnelle n’a pu leur être appliquée depuis Hippocrate jusqu’à nous ; -les praticiens sont d’un avis unanime là-dessus’: le hasard a mis dans leurs mains le quinquina qu’ils prescrivent par tradition et comme pour l’acquit de leur conscience , mais sans connaître son mode d’action. On rte peut donc appeler doctrines ce qui n’est que ténèbres, et encore moins accuser un auteur d’écrire contre ces mêmes doctrines dont l’existence lient beaucoup du fabuleux, '■
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