C6H206 — C'H802 Æ 2 CO? HE 2 H
Glucose Ac. butyrique
L'action de l'hydrogène naissant sur les sulfates contenus dans l’eau et particulièrement sur celui de calcium, le transforme en sulfure.
ST
Les composés sulfurés organiques semblent être un produit de désassimilation des bactéries au moment où les conditions de leur vie deviennent pénibles.
Lorsqu'on fait vivre la levure de bière dans l’eau distillée à la température de 25°, c’est-à-dire lorsque cette cellule est condamnée à l’inactivité, elle n’assimile plus, elle se nourrit à ses dépens ; si l’on soumet cette levure à des traitements appropriés, on isole entre autres produits un composé remarquable entrevu par Hesse, étudié successivement par Pasteur, Béchamp et Schutzemberger, qui n’est autre qu’une leucine sulfurée, de constitution inconnue.
D’après Schutzemberger elle retient 4 p. 100 de soufre qui fait partie intégrante de la molécule.
Ii est probable que cette propriété n’est pas spéciale à la levure ; d’autres ferments fabriquent dans des conditions qui nous sont pour la plupart inconnues, des composés sinon semblables, du moins voisins, ce qui expliquerait la présence dans les eaux impures d’un dérivé sulfuré qui possède les caractères de la cystine.
Les dérivés sulfurés une fois ne conservent leurs formes que dans des conditions particulières.
Lorsqu'une eau chargée de sulfures minéraux vient au contact de l’air l’acide carbonique les décompose ; en même temps se développent à la surface des sulfobactéries qui sont des aérobies manifestes, exigeant d’après Winogradski, outre l'oxygène, un composé sulfuré tout formé, comme l’acide sulfhydrique.
Sous la double influence de l’oxygène et de la bactérie, l'hydrogène sulfuré est décomposé, le soufre est absorbé par la bactérie, en partie emmagasiné comme aliment de réserve, en partie rejeté à l’état d’acide sulfurique.
Hess
Une autre portion subit une oxydation chimique qui engendre plusieurs dérivés sulfurés. Le sulfure de calcium provenant de la réduction du sulfate, sous l’influence de l’oxygène de l’air et de l’acide carbonique, donne d’abord un polysulfure et du carbonate de calcium ; le polysulfure par une oxydation plus profonde est converti en sulfate, qui termine le cycle des métamorphoses.
De sorte que dans une eau contaminée on pourra rencontrer de l’hydrogène sulfuré libre, des sulfures minéraux plus ou moins altérés, par conséquent des hyposulfites, des sulfures organiques, produits d’altération de la cellule microbienne elle-même.
Dans tous les cas, la présence de semblables composés est corrélative de la vie anaérobie et d’une teneur élevée de l’eau en matière organique. Aussi on les trouve particulièrement dans les eaux d’égout et celles qu’elles ont souillées, dans les puits peu profonds qui recoivent souvent des eaux de surface, incomplètement débarrassées des produits nuisibles par une filtration efficace à travers le sol.
Recherche qualitative des composés sulfurés. — Lorsqu’une eau contient de l'hydrogène sulfuré, ou du sulfure de fer ; elle présente certains caractères qui rendent superflues les recherches ultérieures.
L’odeur spéciale de l’hydrogène sulfuré, perceptible à l’état de traces, la saveur de l’eau, son aspect trouble, suffisent largement pour la faire rejeter de la consommation. Il en est de même lorsqu'elle tient en suspension du sulfure de fer, qui donne à l’eau un aspect repoussant. Sous ces formes, le soufre est facile à reconnaître, mais il n’en est plus de même lorsque le métalloïide est engagé dans une
combinaison minérale, comme l’hyposulfite de calcium, ou organique, comme les amides sulfurées. Déjà dans l’hyposulfite, le soufre est occlus, la mise en évidence du métalloïde exige la décomposition de la molécule primitive qui d’ailleurs est réalisée par les sels d’argent à chaud. Il en est de même pour les sulfures organiques, qui se forment dans les fermentations putrides et des amides sulfurées, du genre de la leucine que nous avons signalée.
Nous ne nous occuperons ici que du soufre occlus et non décelable par les réactifs ordinaires des sulfures.
Dans une note insérée aux Comptes Rendus de l’Académie des sciences de 19006, j'ai décrit les caractères des eaux contenant des suifures, leurs propriétés vis-à-vis des réactifs colorés, et deux méthodes pour séparer le soufre ou les composés sulfurés.
La première consistait à distiller l’eau sous pression réduite ; le soufre mis en liberté était caractérisé par le produit de la distillation.
La seconde comportait la précipitation de la matière organique par le réactif barytique, la reprise du précipité par du carbonate potassique au 1/100°, et l'examen microscopique du résidu de l’évaporation de cette solution, préalablement acidulée par l’acide acétique.
La présence des composés sulfurés était décelée par l’aspect des cristaux, qui affectent les formes hexagonales de la cystine et partagent ses propriétés.
Ces procédés qui nécessitaient la mise en œuvre d’un volume d’eau notable, ont été simplifiés ; l’un d'eux, celui au chlorure d'argent ammoniacal rappelle les méthodes colorimétriques qui ont été décrites dans les pages précédentes. |
ES
H. Causse.
Recherche des composés sulfurés par le chlorure d'argent ammoniacal. — Cette méthode repose sur ce fait qu’en solution ammoniacale, un sel d’argent, mis au contact d’un sulfure, donne du sulfure d’argent insoluble dans l’ammoniaque.
Tous les sels d’argent ne se prêtent pas à une double décomposition facile en présence de faibles quantités de dérivés sulfurés en solution très étendue, le nitrate, par exemple, donne des résultats variables, ce qui tient sans doute à l’oxydation d’une partie du soufre, tandis que le chlorure offre une action régulière qui nous a fait adopter cette combinaison.
La recherche comporte la préparation du réactif que l’on obtient facilement comme il suit.
Solution ammoniacale de chlorure d'argent ammoniacal. — Dans un volume quelconque d’une solution d’azotate d'argent, on verse de l’acide chlorhydrique étendu, jusqu’à cessation de précipité, puis un excès. Le mélange est agité, le chlorure d’argent formé se réunit rapidement. On décante l’eau-mère, on lave le chlorure à l’eau distillée ; après avoir enlevé l’eau de lavage, on verse de l’ammoniaque à 22° étendue de son volume d’eau, jusqu'à dissolution du précipité.
Toutes ces opérations doivent être faites à la lumière du gaz où à l’abri des rayons solaires directs ; le réactif luimême sera conservé dans l’obscurité.
Pratique de la recherche. — On filtre soigneusement sur un double filtre 150 c.c. d’eau environ, que l’on divise en deux parties.
L’une est souillée par addition d’eau d’égout ou de tout autre liquide putréfié ; on garnit ensuite avec ces deux échantillons deux tubes de 60 c.c. de capacité, A et B.
À reçoit l’eau à analyser, B l’eau souillée. On ajoute à chacun 5 c.c. de réactif, on mélange ; à froid, on n’obtient généralement aucune modification de l’aspect des tubes. On les porte dans un bain-marie chauffé vers 80° ; s’il n’est pas dans un endroit obscur, en entoure les tubes d’une enveloppe opaque.
Tout d’abord l’action de la chaleur ne provoque aucun changement, excepté toutefois un trouble blanc dû -à la séparation du carbonate calcique ; mais si l’on retire les tubes après trente ou trente-cinq minutes de chauffe, B aura pris une teinte Jaune brun plus ou moins accentuée, accompagnée par un précipité de même couleur. Quant au tube A, ou bien il sera coloré, ou il ne se sera pas produit de coloration ; d’où deux cas à distinguer.
Premier cas. — Le tube A, examiné suivant l’axe, ne présente qu’un trouble blane sans trace de brun ou de jaune; le précipité cristallin est incolore, on en conclut que l’eau est exempte de sulfures minéraux ou organiques.
Deuxième cas. — Il s’est développé une teinte brune d’intensité variable, suivie d’un précipité de même couleur ; l’eau contenait des sulfures minéraux et organiques ; elle doit être tenue pour suspecte et contaminée par les eaux d’égout ou les infiltrations de fosses d’aisances. En même temps que l’on aura observé la coloration, l’eau présentera d’autres caractères également significatifs tels que réaction positive au chloromercurate de paramidobenzène, négative au violet sulfureux; l’azote albuminoïde dépassera la
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moyenne et l’on constatera la présence des sels ferreux et de l’acide phosphorique en proportion notable.
Tous ces faits établissent la valeur de l’eau et permettent de la classer. Lorsque la proportion de sulfure est faible, le liquide se clarifie rapidement; il présente une légère fluorescence verte; le précipité est rarement brun mais affecte une teinte Jaunâtre.
Si la proportion de sulfure est relativement forte, bien que l’eau ne possède nullement l’odeur hépatique, le précipité est brun, la liqueur est trouble, et se clarifie péniblement.
Recherche des composés sulfurés, après chawffage de l’eau. — Le procédé qui a été employé est calqué sur celui qui à été décrit pour le réactif au chloromercurate de paramidobenzène.
On filtre sur un double filtre 200 c.c. d’eau que l’on répartit dans deux flacons bouchant à l’émeri ; l’un des échantillons est souillé, le tout est porté à l’étuve chauffée à 40-41° ; au bout de quarante-huit heures on filtre 50 c.c. de chacun des liquides dans deux tubes A et B ; on ajoute 3 c.c de chlorure d'argent ammoniacal et l’on conduit le reste de l’opération comme il a été dit ci-dessus. Les eaux pures n’éprouvent aucune modification, les eaux impures se colorent en brun plus ou moins foncé ; elles abandonnent un dépôt de sulfure d’argent de volume variable.
Méthode par précipitation. — À un volume d’eau filtrée qui peut varier d’un à quelques litres, on ajoute pour chaque litre 20 c.c. de réactif barytique, on ferme le vase, on agite, on abandonne au repos ; lorsque le liquide est clair et le précipité réuni, ce qui demande de douze à quatorze heures, on le soutire.