CHAPITRE IL
\ DU RÔLE DE L'ÉLONGATION ET DE LA CONTUSION DIRECTE DU NERF , OPTIQUE.
; = Pour notre deuxième série d'expériences, nous commenee cions par ouvrir la boîte crânienne. Nous découvrions > ensuite le cerveau, puis\ nous divisions avec beaucoup de précautions, la partie du lobe frontal qui recouvre la fosse sus-orbitaire et le chiasma, en ayant soin de ne pas léser la 2 paire au niveau de son entrée dans le canal optique; nous prenions un couteau à lame très étroite, nous l’enfonen cions dans le nerf, le dos de l'instrument étant nee sur le 24e rebord du trou optique et le tranchant dirigé en arrière et nr EN dedans, vers la selle turcique; un aide tenait fixement le manche de l’instrument et l’empêchait de varier pendant que nousimprimions, à l’aide d’un corps contondant (fleuret … moucheté), un mouvement de rotation brusque au globe de l'œil. x. l Le nerf optique, tiraillé par ce mouvement du globe de he, venait se sectionner sur le bord tranchant de, l’instrnment. En comparant ensuite la largeur de l’instrument et 4 : LE = étendue dela boutonnière faite, nous pouvions nous rendre < # un compte approximatif de PA Co En pratiquant avec Se précaution une ouverture étroite à la partie moyenne de la __ petite aile du sphénoïde, c’est-à-dire à la partie moyenne du . trajet RE parcourt le nerf dans le canal optique, nous pou-
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vions pratiquer la même opération. Enfin, ouvrant un passage à notre instrument, au niveau de l’union de la petite aile du sphénoïde et du frontal, nous pouvions expérimenter au niveau de la sortie du nerf du trou optique. À ce niveau, nous étions obligé de faire pénétrer notre couteau obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, de façon à appuyer la pointe sur un plan osseux. Nous avons pu constater ainsi que le nerfsubissait des tiraillements. Avecdes forces de 5 à 10 kilogr., nous sommes parvenu à produire des incisions de 5 à 8 millimètres.
Nous avons ensuite essayé de produire la contusion directe du nerf optique avec l'extrémité du corps mousse dont nous nous servions. Tout d’abord, nous avons voulu voir si l'extrémité de notre instrument pouvait pénétrer jusqu’au sommet de l’orbite sans produire de désordres extérieurs trop considérables, comme dans les cas pathologiques dont nous nous occupons. En introduisant brusquement le fleuret,
nous arrivions à pénétrer jusqu’à ce niveau, mais nous Con-
stations alors une dééhirure très étendue de la conjonctive autour de la cornée.
Nous avons alors essayé de produire la contusion du nerf optique sur les parois orbitaires. Pour constater la lésion du nerf, nous avons fait sur la paroi externe de l’orbite une petite fente verticale pratiquée dans l’os. Par cette ouverture, nous faisions pénétrer la lame d’un scalpel, le tranchant de l'instrument tourné du côté de la cavité orbitaire et débordant de quelques millimètres le plan osseux. Nous poussions alors la pointe du corps contondant vers la direction du tranchant. Si le nerf eût été comprimé entre le
tranchant et le corps contondant, ou bien il aurait été sec:
tionné ou bien le tranchant du scalpel aurait imprimé un sillon plus ou moins profond sur les parties du nerf. Il convient de dire ici que si l’on veut constater les traces laissées
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par le tranchant sur le nerf, il-faut mettre à nu la gaîne fournie par la dure-mère. On remarque alors un léger étranglement et à ce niveau un petit trait plus foncé.
Dans nos expériences, nous avons réussi à contusionner les parties molles qui entourent le nerf optique; mais celuici, grâce à sa mobilité et au tissu graisseux qui l’entoure, fuyait devant la pointe mousse de l’instrament et restaittoujours intact. Nous n’avons jamais pu produire la moindre compression du nerf contre les parois de l'orbite.
Si l'instrument pénètre obliquement dans l'orbite et que la pointe rencontre le globe de l'œil, un mécanisme particulier vient se joindre à la mobilité du nerf pour mettre celui-ei à l'abri de la contusion.
Lorsqué la pointe mousse de l'instrument pénètre de dedans en dehors à la partie interne de l’œil, je suppose, elle imprime au globe oculaire un mouvement de rotation aûtour de son axe vertical. Le muscle droit externe se tend de plus en plus, le nerf optique subit lui-même une élongation de plus en plus forte. Il arrive un moment où le globe de l'œil est arrêté dans ce mouvement de rotation par la résistance du muscle. On voit alors le globe oculaire décrire un mouvement de rotation autour de l’axe antéro-postérieur. L'intégrité de ce mouvement se trouve en effet conservée, grâce à l’aile externe de l’aponévrose de Tenon qui joue, par rapport au muscle droit externe, le rôle de poulie de renvoi et l'empêche ainsi de venir, dans un mouvement de rotation
interne du globe, comprimer l’œil et gêner le mouvement
de rotation autour de l’axe antéro-postérieur. *
Grâce à ce deuxième mouvement, la pointe de l'instrument vulnérant se trouve portée soit en haut et en dehors, soit en bas et en dehors, suivant que l’axe de l’instrument se dirige de bas en haut ou de haut en bas. Ce double mouvement de rotation, que l’on peut analyser facilement en poussant len-
es
Too lement l'instrument mousse, ne se produit pas si l’on se sert d’un instrument acéré ou tranchant, car ce dernier divise rapidement les tissus qu’il rencontre et la deuxième paire
‘pourrait être blessée plus facilement. Les expériences de
Berlin lui-même tendent à prouver combien il est difficile, même avec un instrument tranchant, de sectionner le nerf optique sans produire un délabrement trop considérable.
Cet expérimentateur, en effet, cherchant à sectionner la deuxième paire dans son trajet orbitaire, n’y parvint que six fois dans trente expériences.
Nous pouvons donc résumer en disant que chaque fois que le corps contondant glisse dans l’un des culs-de-sac conjonctivaux, en imprimant au globe de l'œil un mouvement de rotation brusque, il se produit une élongation du nerf optique. La deuxième paire peut éviter la compression dans son trajet intraorbitaire, soit par sa mobilité et grâce au tissu graisseux qui l'entoure, soit grâce à la déviation quele globe de l’œil, dans son double mouvement de rotation, imprime au corps vulnérant. Mais, si le nerf échappe à la contusion, les autres parties molles contenues dans l'orbite peuvent être plus ou moins lésées.
D’après nos expériences, il nous est donc impossible d'admettre avec MM. Giraud-Teulon et Yvert que la contusion directe du nerf produise la cécité dans les cas de contusion rétro-oculaire rapportés par M. Cras.
D'ailleurs, MM. Moon et Perrin ont publié des observations où aucun symptôme n'indiquait une lésion du nerf optique ou des parois osseuses, et cependant, chez les sujets observés, les troubles visuels n’ont fait que s’aggraver avec le temps et sont restés incurables, l’atrophie de la papille étant venue terminer la scène.