‹ Recherches sur la croissance des cultures bactériennesChapitre 28 sur 105 · DONNÉES SUR LE RENDEMENT DE LA CROISSANCE SUR DIFFÉRENTS GLUCIDES · texte numérisé non relu

DONNÉES SUR LE RENDEMENT DE LA CROISSANCE SUR DIFFÉRENTS GLUCIDES

Les résultats qui viennent d’être exposés, outre leur intérêt propre, ont encore celui de justifier l'emploi d’une méthode particulièrement commode pour l’étude du rendement de la croissance en fonction de la nature de la source organique. Ce terme de rendement a été employé trop souvent dans un sens assez vague: pour exprimer, par exemple, les qualités d’un milieu de culture. On l’entendra ici au sens où l’emploie V. HENRI : le rendement matériel est le rapport de la matière organique formée à la matière organique utilisée. Chez les microorganismes, où la portion minérale est extrêmement faible, le poids de substance organique peut être identifié au poids total.

La détermination du rendement matériel exige que soit connu, outre le poids de substance vivante formée, le poids de matière organique réellement utilisée et non pas seulement offerte, c’est-à-dire présente dans le milieu au début de l’expérience. En outre elle ne peut avoir de valeur que dans la mesure où le rendement trouvé est indépendant de la concentration de la source organique. Il est évident que s’il n’en était pas ainsi, la comparaison des rendements sur différents aliments, même à égalité de concentration, serait extrêmement fragile, les variations du rendement avec la concentration de matière organique pouvant ne pas être du même ordre suivant la nature de cette source organique. Ces exigences sont réalisées.

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dans les conditions des expériences décrites aux paragraphes précédents. Le rapport :

Croissance totale Concentration de la source organique

est, dans ce cas, l'expression fidèle du rendement, puisque l’on sait qu’il ne reste plus trace de la source organique au moment où la culture atteint son maximum. En revanche il n’en serait plus ainsi si quelqu’autre facteur limitant intervenait pour fixer le maximum, ou s1 la concentration d'entretien n’était pas nulle.

On ne trouve dans la littérature qu’un très petit nombre de données sur le rendement matériel de la croissance des bactéries. Encore celles que l’on possède sont-elles rarement utilisables, le « rendement » évalué par les auteurs n’ayant avec le rendement réel que des rapports indéterminés. FRoUIN et GuiLLAUMIE (1926) ont déterminé le rendement en poids du bacille tuberculeux sur un milieu synthétique contenant des concentrations croissantes de glycérine. Ils ont dosé la glycérine restant après l’expérience. Malheureusement ils n’ont pas suivi la croissance de leurs cultures, se contentant de prélever les bactéries après « quinze ou trente jours » d’étuve. On ne peut donc savoir si leurs déterminations n'ont pas été faites une fois le maximum réel dépassé, ce qui suffirait à leur enlever toute signification. En outre, et surtout, le milieu utilisé contenait à part la glycérine, de l’asparagine et du citrate de soude. Rien ne permet d'affirmer que le bacille tuberculeux soit incapable d’utiliser, au moins partiellement, ces deux corps comme source carbonée. Ainsi doivent s'expliquer les rendements extraordinairement élevés trouvés par FrRouIN et GUILLAUMIE pour certaines concentrations (82,5 % dans un milieu contenant 3% de glycérine). Les mêmes objections s'appliquent aux résultats apportés par TERROINE, TRAUTMANN, Bonner et HÉE (1926) concernant le rendement matériel de la croissance du bacille de la Fléole. Le milieu contenait en effet, outre du glucose, 0,5 % de peptone. La courbe de croissance n’a pas été suivie (1).

On possède, en revanche, quelques données précises sur le rendement matériel de la croissance de quelques champignons inférieurs,

(1) Il est nécessaire de marquer que ces objections ne s’appliquent pas à la détermination du rendement énergétique, but principal du travail cité.

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en particulier de l’Aspergillus (RAuULIN 1870, TERROINE et WURMSER 1922). Ce sont les seules qui pourront nous servir de terme de comparaison. Il y a donc là une lacune importante dans nos connaissances sur la physiologie bactérienne. Chercher à la combler par une étude systématique n’entre pas dans le plan du présent travail. Il à paru utile cependant de grouper ci-dessous un certain nombre de données réunies au cours de ce travail, données qui pourront apporter des indications utiles pour les recherches plus complètes qui s'imposent. Ces résultats concernent le rendement de la croissance de trois espèces bactériennes : B. subtilis, B. coli et B. typhi-murium, sur différents hydrates de carbone, comprenant les principales classes de glucides : polyalcools, pentoses, hexoses, disaccharides, polysaccharides. Dans tous les cas la croissance à été suivie assez longtemps pour que le maximum, et par conséquent la croissance totale, soit définie avec précision. Dans tous les cas il a été démontré auparavant que la croissance totale ne dépendait que de la concentration de la source carbonée, sans intervention d’aucun autre facteur limitant. Toutes les expériences ont été faites en présence de la même «constance saline » (milieu S).

Les tableaux XI, XII et XIII donnent : a) la concentration de sucre utilisée ; b) la croissance totale correspondante en unités de densité ; c) la croissance totale en mg. de poids sec par litre; d)le rendement.

L'examen de ces tableaux montre tout d’abord que le rendement est beaucoup plus constant qu’on ne pouvait le supposer, étant donné la variété de structure des sources carbonées essayées. On pouvait penser, en effet, que les réactions de synthèses, au moins les premières de la chaîne, pouvant être différentes avec différents substrats, le rendement pourrait subir des variations importantes. D'autre part il paraissait probable que, pour certains sucres au moins, une partie de la molécule devait rester inutilisable. Il ne semble pas, à l’examen de ce tableau, que ce soit là un cas fréquent. Ou du moins, si certains chaînons carbonés sont inutilisables dans les synthèses, 1ls doivent alors pouvoir être utilisés pour la couverture des besoins énergétiques. C’est la conclusion à laquelle arrivent TERROINE et WuRMSER (loc. cit.) dans leur étude sur le rendement matériel de croissance de l’Aspergillus sur différents glucides. Ils ont également trouvé un rendement remarquablement constant, ne

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