A MA FEMME
https://archive.org/details/IA41553007 0028
INTRODUCTION
ga! la détermination des coefficients de croissance n’a pas encore pris en physiologie bactérienne l’importance qu’elle pourrait avoir, c’est que, dans les conditions
habituelles, la croissance d’une culture bactérienne est un phénomène fort complexe, dont de nombreuses conditions contribuent à limiter la rapidité et la durée. La signification physiologique des constantes de croissance dépend de la nature et du nombre de ces facteurs limitants, elle est indéterminée lorsque ceux-ci le sont. Dans la première partie de ce travail on a cherché à montrer que dans certaines conditions expérimentales, facilement réalisables d’ailleurs, la croissance n’est limitée que par une seule condition : la concentration du milieu en substances alimentaires, et obéit à des lois très simples. Les coefficients de croissance prennent alors un sens précis, et sont utilisables comme constantes physiologiques : le taux de croissance (1) exprime l’activité des réactions de synthèse; l’accroissement total de la culture est proportionnel au rendement de la croissance (2). Après avoir, dans le premier chapitre, rappelé les
(1) Nous verrons au cours du premier chapitre pourquoi le taux de croissance doit être considéré plutôt que la vitesse de multiplication, dont la signification est moins bien définie.
(2) On entendra ici, provisoirement, sous le nom de rendement, le rapport :
Croissance totale Concentration de l’aliment
Seule la suite de cet exposé pourra montrer que ce quotient constitue effectivement, dans certains cas, une mesure du « rendement matériel brut » de la croissance, au sens où cette expression est entendue d’ordinaire (voir page 51).
op
caractères généraux de la croissance des cultures bactériennes, om étudiera les variations de ces deux paramètres en fonction de la concentration des substances alimentaires, de la nature de certains aliments (en particulier de la source carbonée) et de la température. On cherchera en outre si il existe une relation entre ces deux constantes, et si le rendement varie au cours de la croissance. On espère montrer au cours de cet exposé que l’étude quantitative de la croissance permet de poser expérimentalement certains problèmes qui jusqu'ici n’ont presque pas été abordés en physiologie bactérienne : en particulier l’influence de la structure chimique des substrats sur l’activité et le rendement des réactions de synthèse. Le dernier cha- . pitre de cette première partie sera consacré à la discussion des principales représentations analytiques de la croissance et des hypothèses qu’elles expriment.
La seconde partie est consacrée à l’étude particulière d’un phénomène auquel j’ai donné le nom de « diauxie », parce qu’il s'exprime dans la croissance sous la forme de deux poussées successives séparées par une phase de croissance nulle. Sans vouloir anticiper sur les conclusions de ce travail, on peut indiquer que ce phénomène est lié à une variation de pouvoir enzymatique, qui se produit en présence de certains mélanges de glucides. Plus précisément il semble qu’il s’agisse d’un phénomène de suppression d’enzyme. Au cours de cette seconde partie on aura constamment l’occasion d'utiliser et d’appliquer les résultats généraux consignés dans la première. On pourra ainsi se rendre compte des services que peut rendre l’analyse quantitative de la croissance en physiologie bactérienne.
Ce travail a été entièrement fait dans le laboratoire de Zoologie de la Sorbonne, dont la confiance de Monsieur le Professeur PEREZ, membre de l’Institut, m'a ouvert les portes en 1934. Sa générosité et sa bienveillance m'ont permis de la mener à bien. Je suis heureux de lui adresser ici le témoignage de ma gratitude et de ma respectueuse affection.
C’est à Monsieur le Professeur CHATTON que je dois mon initiation à la recherche scientifique, initiation qui a eu, pour la suite de ma carrière, une importance déterminante. Qu'il veuille bien trouver ici l'expression d’une reconnaissance fidèle.
Ro
J’adresse ici mes remerciements à Monsieur le Professeur CAUL- LERY, qui à bien voulu s'intéresser à mon activité scientifique et m'a accueilli pendant deux années dans son laboratoire.
Je tiens à exprimer toute la reconnaissance que j’éprouve à l’endroit de Monsieur le Professeur PLANTEroL. L'intérêt qu’il a bien voulu montrer pour ce travail, ses critiques, ses suggestions, sont pour moi une aide et un encouragement précieux. Je tiens également à remercier vivement Monsieur le Professeur GRASSÉ, et Monsieur le Professeur AUBEL, qui ont bien voulu, à diverses reprises, s’intéresser à mes recherches.
Ce travai: doit beaucoup aux suggestions et aux critiques de Monsieur André Lworr, Chef de Service à l’Institut Pasteur. Sans l’aide qu’il m’a généreusement donnée, ces recherches n’eussent pas atteint leur plein développement. Je tiens à lui exprimer mes sentiments de sincère gratitude.
Je ne voudrais pas que letémoignage de mon affectueuse reconnaissance manque ici à mon ami François Morix, dont la collaboration m'a été constamment précieuse, et bien souvent indispensable.
Enfin je voudrais pouvoir dire tout ce que je dois à Monsieur le Professeur TEissier. Sans lui ce travail n’aurait jamais été commencé ; et, sans ses conseils, ses encouragements, son amical intérêt, sans le constant enrichissement de conversations journalières, il n'eut jamais été mené à bien.