‹ Recherches sur la croissance des cultures bactériennesChapitre 62 sur 105 · LL · texte numérisé non relu

LL

Taszeau XXVI.

Consommation de l’aliment ternaire au cours de la croissance d’une culture de B. coli sur milieu S + xylose.

Ce. thiosulfate

Heure Densité Accroissement Cc. thiosulfate correspondant de la culture de densité utilisés au

sucre restant 0,10 L,8 0,00 — — 1,00 7,8 3,00 6,45 8,05 1,55 10,5 5,7 es #5 205 45,0 10,2 7,70 6,80 2,57 21,5 16,7 8,47 6,03 3,00 202 24,4 9,70 4,80 3,90 41,5 36,7 11,60 2,90 3,90 55,0 50,2 14,0 0,50 4,30 58,0 53,2 18,35 0,15 k,75 58,0 53,2 — —

TagzeaAu XXVII.

Consommation de l’aliment ternaire au cours de 1a croissance d’une culture de B. coli sur milieu S + lactose.

Ce. thiosulfate

Densité Accroissement | Cc. thiosulfate | correspondant de la culture de densité utilisés au

sucre restant

Heure

0,0 6,0 0,0 8,20 6,30 0,76 8,2 2.2 ei en 1.45 13,5 7,5 8,75 5,75 2.0 19,8 13,8 9,68 4,82 2,65 31,5 25,5 10,72 3,78 3,10 46,5 40,5 12,7 1,80 3,50 57,5 51,5 13,40 1,10 3,92 63,0 57,0 14,25 0,25 %,55 65,0 59,0 14,50 0,00 4,75 65,1 59,1 ce 2

les figures 21, 22 et 23 expriment chacune : a) la croissance de la culture ; b) la disparition du sucre en fonction du temps ; c) la disparition du sucre en fonction de l’accroissement de la culture.

Discussion des résultats.

L’inspection des graphiques, en particulier de ceux qui expriment la disparition de l’aliment ternaire en fonction de la croissance

de la culture, ne révèle aucune variation du rendement au cours de l’évolution de la croissance. Il n’y a, en particulier, aucune variation perceptible pendant la phase de début, c’est-à-dire pendant la phase de « jeunesse physiologique » que de nombreux auteurs croient avoir mise en évidence. En ce qui concerne le phase finale

CC Thiosulfate

LE (2,] Le) ol CC Thyosulfete

mn

Heures Heures

F1G. 21. — B. col en milieu synthétique + glucose. A gauche, croissance de la culture, à droite consommation du sucre en fonction du temps ; en haut consommation du sucre en fonction de l’accroissement de la culture, (concentration du sucre exprimée en cc. de thiosulfate).

de la croissance, on ne constate pas non plus de variation apparente, par conséquent pas de « vieillissement » sensible. On ne saurait cependant accorder beaucoup de « poids » aux dosages finaux, l’erreur relative étant alors considérable. Aussi la meilleure démonstration du fait que le rendement ne varie pas sensiblement entre le début et la fin de la croissance est-elle la suivante : on constate dans tous les cas que la pente de la droite représentant la disparition du sucre en fonction de l’accroissement de la culture est telle que

Fc L 4

celle-ci rencontre l’axe des abscisses en un point qui correspond précisément à la croissance totale de la culture. Il ne pourrait en être ainsi si le rendement était au début, ne fût-ce que légèrement, inférieur ou supérieur à ce qu’il est à la fin.

Il est clair, au contraire, que la consommation du sucre est cons-

Accroisserent de d'ensite

Heures Heures

F1G. 22. — B. col en milieu synthétique + xylose. À gauche, croissance de la culture, à droite consommation du sucre en fonction du temps, en haut consommation du sucre en fonction de l’accroissement de la culture (concentration du sucre exprimée en cc. de thiosulfate).

tamment proportionnelle à l’accroissement de la culture, que le rendement de Ja croissance aux dépens de l’aliment ternaire est invariable.

Reste à savoir comment on peut concilier ces constatations avec celles des auteurs qui ont mis en évidence des variations considérables des propriétés physiologiques au cours de la croissance. Ainsi WaLzxer et WinsLow (1932) ont trouvé un accroissement très important de la production de CO? par les cultures de B. coli « at the close of the lag phase », MARTIN (1932) a obtenu des résultats analogues.

Un accroissement considérable de la production de chaleur pendant la même période (fin de la phase de latence, et début de la phase exponentielle) à été mis en évidence par les expériences de BAYNE Joxes et Ruees (1929). On pourrait citer encore beaucoup d’exemples analogues. Tout cela paraît indiquer que les cultures bactériennes, tout comme les êtres supérieurs, passent par des « crises » physiologiques qui marquent leur croissance, et modifient profon-

lfate |

CC Thi PQ Gi Æ 01

10 __,20 30 ,40 5 Accroissenent ce alensité

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ne Heures Heures

Fig. 23. — B. co sur milieu synthétique + lactose. À gauche, croissance de la culture, à droite consommation du sucre en fonction du temps, en haut, consommation du sucre en fonction de l’accroissement de la culture (concentration du sucre exprimée en cc. de thiosulfate).

dément leurs propriétés. Il est au premier abord surprenant de constater que la mesure du rendement au cours de la croissance ne révèle rien de semblable, au contraire.

Cette contradiction n’est qu’apparente. Dans toutes les expériences que nous venons de citer, les mesures de densité ont été faites par numération des cellules. Or on sait (V. p. 20) que la taille des cellules bactériennes se modifie au cours de la croissance d’une même culture, et passe par un maximum précisément au début de la phase

exponentielle. Il n’est guère douteux que c’est à ce phénomène que sont dus les résultats que l’on vient de citer. En réalité, lorsque l’on tient compte de la taille des cellules, et que par conséquent on rapporte les chiffres expérimentaux, non au nombre de bactéries, mais à la quantité de substance vivante, l’apparent accroissement d'activité au début de la phase exponentielle disparaît entièrement. C’est ce qu'ont montré en particulier HERSCHEY et BRONFENBREN- NER (1938) et ce qui ressort également des résultats de HUNTINGTON et WinsLow (1937).

L'invariabilité du rendement démontre que les propriétés physiologiques essentielles demeurent remarquablement constantes au cours de la croissance et qu’il n’y a aucune commune mesure entre la croissance d’une culture bactérienne et celle des êtres pluricellulaires. La première est uniquement limitée par les circonstances extérieures, les conditions de milieu, l’autre est soumise à des conditions internes et à des limites indépendantes des circonstances extérieures. Rien ne justifie les expressions de « jeunesse » ou de « vieillesse » appliquées aux cultures bactériennes. Ces vagues analogies ne peuvent conduire qu’à des interprétations erronées des phénomènes. On pourrait en citer maints exemples tirés de la littérature relative à la croissance des bactéries.

D'autre part, les expériences exposées dans ce chapitre permettent d’affirmer que la croissance ne s’arrête que lorsque l’aliment ternaire est totalement épuisé. Elles constituent donc une confirmation directe des conclusions que l’on peut tirer de l’étude de la croissance totale en fonction de la concentration initiale (chapitre IIT), en particulier en ce qui concerne la « concentration d’entretien » et le fait que celle-ci doit être nulle ou négligeable. Il est clair que si la concentration d’entretien n’était pas nulle, la droite exprimant la disparition du sucre en fonction de l’accroissement de la culture rencontrerait l’axe des abscisses en un point qui se trouverait au delà de celui qui correspond à la croissance totale.

D’une manière générale, ces résultats démontrent que la croissance totale constitue bien une mesure du rendement réel.

Résumé du chapitre VI.

Le dosage de l’aliment ternaire pendant la croissance démontre que le rendement est invariable. Aucun signe de « jeunesse » ou de « vieillissement » des cultures ne se manifeste donc dans cette propriété physiologique essentielle.

Les dosages indiquent en outre que, dans les conditions de ces expériences, la croissance ne s’arrête qu’une fois l’aliment ternaire totalement épuisé, ce qui confirme les résultats exposés au chapitre III.

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