‹ Recherches sur la destruction des microbes par les cellules amiboïdes dans l'inflammationChapitre 3 sur 9 · Brilisli medical journal , 24 mai · texte numérisé non relu

Brilisli medical journal , 24 mai

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ces derniers bacilles étaient irréguliers, et leur coloration par la méthode de Gram moins intense, et souvent remplacée en partie par la coloration complémentaire de la vésuvine» Assez fréquemment on observait de longs filaments, dans lesquels quelques bacilles paraissaient parfaitement normaux et se coloraient en violet foncé par le violet de gentiane, tandis que d’autres avaient des contours irréguliers et se coloraient par la vésuvine.

Il est difficile de décider si les bacilles à contours irréguliers étaient en voie de dégénérescence, ou si on avait affaire à des microbes dont la croissance avait simplement été retardée. Cependant la seconde hypothèse me semble être la vraie, pour les raisons que voici.

Si on examine la poudre 48 heures après rinoculalion, ces formes irrégulières, au lieu d’être plus nombreuses, ne se rencontrent que rarement et peuvent même faire complètement défaut. Enfin si, au lieu d’examiner la portion centrale de la poudre, on étudie la raclure faite sur la surface du papier, on y trouve une quantité de bacilles courts, droits, épais et absolument normaux.

On rencontre par-ci par-là, à l'intérieur du sac, quelques leucocytes. C’est un fait important, car il réfute complètement l’objection faite à cette méthode, notamment que quelques-unes des matières chimiques bactéricides contenues dans le liquide exsudé, sont arrêtées par le papier. Il est certain que si un corps solide, tel qu’un leucocyte, peut traverser le papier, aucune substance chimique ne peut être retenue. On peut donc déjà conclure do ce qui précède que le bacillus Chauvœi se développe parfaitement dans les tissus des lapins réfractaires. La preuve de ce fait devient absolue si on fait soigneusement des coupes du papier du sac, après l’avoir durci dans l’alcool, le chloroforme, le chloroforme saturé de paraffine et enfin la paraffine pure ‘.

L’examen de ces coupes démontre une grande activité des bacilles, car on voit qu’ils parviennent à se frayer un passage entre les fibres du papier et le traversent jusqu’à une certaine distance. D'un autre côté, les leucocytes, attirés par le poison

d. Ces coupes sont très difficiles à faire. Elles ont été faites et colorées au carmin et au violet, avec un très grand succès, par mon ami le Dr. J. H. Walker de Corwen.

sécrété par les microbes, pénètrent en quantité immense à travers les fibres du papier, de sorte qu’une rencontre entre les microbes et les leucocytes doit avoir inévitablement lieu à un certain point.

On voit alors que quelques leucocytes, ayant pris les devants, contiennent des microbes soit normaux, soit en voie de dégénérescence. D’autre part beaucoup de ces leucocytes ont euxmêmes péri dans la lutte, comme on le voit clairement d’après les signes de dégénérescence qu’ils manifestent. Derrière cette avant-garde on trouve la masse des leucocytes contenant dans leur intérieur une masse énorme de bacilles plus ou moins dégénérés. Il est curieux de voir les petits leucocytes polynucléaires rassemblés en nombre énorme, juste aux endroits où leur présence est utile. Enfin, près de la surface externe de la coupe on ne trouve plus un seul bacille. Tous ont été arrêtés par les leucocytes.

L’observation suivante est digne d’intérêt à un autre point de vue. Ayant inoculé un lapin avec 0S1',005 du 1er vaccin du charbon symptomatique enveloppé dans un sac en papier, je fus empêché de venir au laboratoire pendant quelques jours. En revenant le sixième jour, je trouvai l’animal en bon état.

Le sac en papier ainsi que les tissus environnants furent enlevés, durcis dans de l’alcool absolu et j’en fis des coupes, que je colorai par le carmin de M. Gerrard et le violet de gentiane. Je ne parvins à trouver aucun bacille dans toutes les coupes examinées. La cavité du sac était pourtant très reconnaissable, car elle contenait les débris de la poudre vaccinale et de nombreuses cellules amiboïdes, tandis que le tissu connectif nouveau s’était développé sur la surface externe du papier.

Je n’ai pas besoin de faire ici la description des microphages (petites cellules mono et polynucléaires) et des macrophages (grandes cellules ne contenant qu’un noyau vésiculaire) qui avaient envahi le papier. 11 suffit de dire, que, contrairement aux descriptions de MM. Ballance et Sherrington ‘, j’ai observé tous les stades de développement depuis les leucocytes jusqu’aux grandes cellules épithélioïdes. Le développement de ces cellules plasmiques, dans les productions pathologiques, est absolument

1. Sur la formation clu tissu cicatriciel, Journal île Physiologie, 1880, p. 855

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identique au développement de ces mêmes cellules tel que je Fai observé dans les tissus normaux (rate, ganglions lymphatiques, plaques de Peyer, amygdales, etc.). Non seulement le développement, mais la fonction de ces cellules épithélioïdes pathologiques ressemble à celle des cellules épithélioïdes physiologiques. Comme dans la rate et les ganglions lymphatiques normaux, de même dans le sac en papier introduit sous la peau, les macrophages englobent un grand nombre de petits leucocytes.

Outre les cellules mononucléaires, je trouvai dans le papier à filtrer, de vraies cellules géantes multinucléaires, ressemblant en tout aux cellules correspondantes de la tuberculose. Elles étaient formées par la fusion de plusieurs cellules épithélioïdes, et leur fonction paraissait être exactement la même que celle de ces cellules.

En examinant en effet soigneusement les cellules géantes, je vis que quelques-unes d'entre elles renfermaient des corps particuliers brillants, homogènes, irréguliers, jaunâtres, ne ressemblant en rien à quoi que ce soit appartenant à l'économie animale. Ces masses irrégulières n’étaient rien autre que du papier à filtrer englobé et en partie digéré par les cellules géantes. En certains endroits notamment, ces énormes macrophages avaient été fixés par le réactif, juste au moment où ils étaient en train d’absorber les fibres du papier ; on pouvait alors observer la cellule géante englobant presque entièrement une fibre, dont une partie faisait encore saillie. Ce nouveau fait, ajouté à ceux décrits antérieurement par Soudakevitch, Metchnikoff et moi-même, démontre une fois de plus que la cellule géante n’est pas un corps affaibli et malade (Weigert, Koch), mais une cellule amiboïde excessivement active et utile, — une cellule de combat.

Il était très important de savoir si le second vaccin était encore affaibli sous l’influence des humeurs vivantes du lapin. Les expériences suivantes furent faites à ce sujet.

On divisa en trois parties égales 0gr,lo du 2° vaccin. 0gr,05 furent inoculés à un lapin (A). Il se développa chez cet animal une tumeur absolument typique, qui pourtant disparut graduelement, et le lapin se rétablit complètement.

0gr,0o de vaccin furent enveloppés dans du papier à filtrer

et placés sous la peau d’un autre lapin (B). 24 heures après, on ouvrit la plaie et on incisa le papier, de manière à laisser le contenu s’échapper dans les tissus. Le lapin mourut, 48 heures après, du charbon symptomatique typique.

On introduisit 0Br, 03 sous la peau d’un 3e lapin (C), de la même manière. 44 heures après l’introduction du sac, celui-ci fut rompu par la pression faite à travers la peau. Cet animal succomba 24 heures après au charbon symptomatique.

Afin de démontrer que ce résultat n’était aucunement dûà ce que le virus avait été introduit dans un endroit affaibli par la présence du papier à filtrer, l’expérience suivante fut entreprise.

On mit, sous la peau d’un lapin, un sac en papier renfermant 0er,05 du 2e vaccin, c’est-à-dire une dose non mortelle; 24 heures après, on retira le sac, et son contenu fut introduit sous la peau d’un lapin bien portant. Celui-ci succomba en moins de deux jours au charbon symptomatique.

Une dose de 0sr,000l du 2e vaccin, dose qui, comme je m’en étais assuré antérieurement, donne au cobaye une maladie bénigne et non mortelle, fut enveloppée dans du papier à filtrer et placée sous la peau d’un lapin; 24 heures après on inocula le contenu du sac à un cobaye. Cet animal succomba au charbon symptomatique en moins de 48 heures.

On introduisit de la même manière 0Br, 0003 du 2° vaccin sous la peau d’un lapin, et 24 heures après, on transporta la poudre inoculée sous la peau d’un cobaye ; celui-ci succomba en moins de 24 heures.

Une autre objection qu’on pourrait faire aces expériences est qu’en laissant le virus se développer pendant quelque temps dans l’organisme, et le transportant ensuite sur un second animal, j’injectais à celui-ci non seulement le virus primitif, mais encore les toxines déjà sécrétées dans l’intérieur des tissus, et que ces substances chimiques renforçaient l’effet du virus.

Je démontrerai amplement plus tard que ce n’est pas à cette cause qu'il faut attribuer la virulence plus grande du bacillus Chauvæi.

Revenons maintenant à la description des phénomènes observés chez les lapins inoculés avec le charbon symptomatique.

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Nous avons vu qu’il était extrêmement difficile de trouver les bacilles au point d’inoculation, quand on n’avait introduit qu’une petite quantité de virus, 24 heures après l’opération: d’un autre côté, la même quantité (0B%0005) du 2e vaccin se développe parfaitement, pourvu qu’elle soit convenablement enveloppée dans du papier.

Au lieu d’examiner le point d’inoculation 24 heures après l’injection, examinons-le 3 ou 4 heures après.

On voit alors que beaucoup de bacilles se sont développés, mais que presque aussitôt ils ont été pour la plupart englobés parles leucocytes. Et, 24 heures après l’inoculation d’une petite quantité de virus, ils out presque tous été détruits par les cellules migratrices.

Les phénomènes sont complètement différents si on injecte une quantité de virus suffisante pour produire une tumeur charbonneuse, sans nécessairement provoquer la mort de l’animal.

Comme chez le cobaye, il se forme au point d’inoculation une exsudation rouge sanguinolente qui contient de nombreux leucocytes remplis de bacilles. Après quelques jours, la paroi de l’abcès, souvent si bien limitée que l’on peut facilement la séparer des tissus environnants, est composée d’une quantité innombrable de leucocytes contenant des bacilles dans leur intérieur. Les bacilles diminuent graduellement de la paroi interne à la paroi externe, et finissent par disparaître complètement.

Mais quoique les bacilles soient limités au point d'inoculation, l’œdème occupe cependant une surface considérable. L’exsudation est d’un jaune pâle, sans être mélangée de sang, et s’étend le long des plans musculaires. Chez un lapin, inoculé au ilauc, par exemple, l’exsudation séreuse peut s’étendre depuis le point d’inoculation jusqu’à la symphyse de la mâchoire inférieure, aux aisselles et aux muscles des jambes, et postérieurement jusqu’aux genoux et même plus bas. Une énorme quantité de liquide, jusqu’à 50 centimètres cubes, s’écoule après la mort. On n’observe pas de crépitation dans la tumeur, ell’examcu du liquide exsudatif démontre qu’il ne contient point ou extrêmement peu! de bacilles.

Les phénomènes sont très différents chez les lapins comme chez les cobayes, si on inocule un virus renforcé par un séjour sous la peau d’un autre animal. Les muscles au point d’inocu-

lation sont alors d’un rouge pourpre, flasques et pulpeux. Cet état des muscles s’étend à une certaine distance autour du point d’inoculation, mais jamais on ne voit une quantité d’exsudat séreux aussi grande que dans la forme chronique que je viens de décrire.

On trouve bien quelques leucocytes au point d’inoculation, et quelques-uns d’enlre eux peuvent contenir une petite quantité de bacilles, mais la phagocytose est bien moins marquée que dans les cas chroniques, et le nombre des bacilles au point d’inoculation est proportionnellement augmenté. De plus, il n’est pas rare de trouver de nombreux bacilles dans les muscles, la rate, le foie et, chez les cobayes, même dans le sang du cœur.

Comme nous allons le voir, on peut donner au lapin un charbon symptomatique qui le tue en moins de 24 heures. Dans ces cas si aigus, on ne trouve point du tout de leucocytes au point d’inoculation quoiqu’il y ait un exsudât rouge abondant, dans lequel le bacillus Chauvæi se cultive très bien.

Charrin1 a avancé que, dans les maladies infectieuses, le virus qui les provoque s’atténue graduellement dans les humeurs des animaux qui guérissent de cette maladie, et a démontré qu’il en était ainsi pour la maladie pyocyanique. Pourtant, sans vouloir critiquer les belles expériences de ce savant, je ne crois pas que cela soit une règle générale et qu’il en soit ainsi pour la maladie produite par le bacillus Chauvæi. Les expériences suivantes le prouvent.

Lapin (A) inoculé avec 0gr,05 du 2e vaccin. On lui introduit sous la peau un petit sac en papier contenant 0,001 du premier vaccin, qu’on place de manière à ce qu’il soit entouré par la poudre du 2e vaccin, inoculé antérieurement. Deux jours après, on sacrifie le lapin (A) par le chloroforme; sa température avait oscillé entre 38°, 3 et 39°, 4. Toute la paroi de l’abcès fut raclée et injectée en masse sous la peau d’un cobaye (a). Le sac fut soigneusement ouvert et une trace de son contenu placée sous la peau d’un autre cobaye (b). Le premier ( a ) des deux cobayes fut très malade, mais guérit finalement, tandis que le second (b) succomba au charbon symptomatique en moins de 48 heures.

1. Cité par Bouchard, Essai d’une théorie de l'infection. Berlin, 1890.

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Un lapin blanc (B) fut inoculé de la même manière que le lapin (A), et l'expérience ne fut modifiée qu’en ce que le sac eu papier stationna sous la peau pendant quatre jours. Le cobaye, inoculé avec la paroi de l’abcès, mourut en 2 jours, tandis que l'autre, inoculé avec une trace du contenu du sac, succomba 12 heures avant.

Un autre lapin (C) fut inoculé de même, et le sac en papier resta pendant 6 jours sous la peau. Un cobaye, inoculé avec la paroi de l’abcès, mourut après 5 jours, tandis que le contenu du sac en papier tua un cobaye eu moins de 36 heures.

Une expérience, dans laquelle je voulais laisser plus de G jours le sac en papier sous la peau, n’aboutit pas, à cause de la rupture du sac ; mais il est à noter que ce lapin succomba au charbon symptomatique. On voit en résumé qu’il n’y eut aucune atténuation du 1er vaccin, quoiqu’il ait été baigné pendant plusieurs jours dans les liquides de l’abcès charbonneux.

il était important de savoir aussi si les humeurs vivantes des lapins, dont l’immunité avait été renforcée par une inoculation antérieure du virus, avaient un pouvoir bactéricide sur le bacillus Chamæi. Dans ce but je choisis deux lapins qui avaient, un mois avant, résisté à l’inoculation de 06r,0o du 1er vaccin. On introduisit sous la peau d’un premier lapin un sac en papier contenant 0sr,01 du 2e vaccin, qu’on y laissa pendant 24 heures. Une trace de son contenu, inoculée à un cobaye, le tua en moins de 24 heures. Un autre sac en papier contenant la même dose du second vaccin fut inoculé à l’autre lapin et laissé sous la peau pendant 48 heures. Une minime quantité de son contenu tua un cobaye en moins de 36 heures.

11 a été démontré dans cet article, ainsi que dans un précédent sur le même sujet, que dans le charbon symptomatique les leucocytes se rassemblent au point d’inoculation, dès que les bacilles commencent à se développer.

Dans mon premier article, je n'ai pas donné l’explication de ce fait, quoique je me fusse efforcé d’élucider cette question; mais depuis les admirables recherches de Leber, Massarl et Bordel, Gabritchevsky et Buchner, ont démontré que les poisons chimiques, sécrétés par les microbes, attirent les leucocytes à l’endroit de l’inoculation.

Je puis confirmer ces recherches quant au poison du charbon symptomatique , quoique mon mode d’expérimentation fût un peu différent de ceux qui ont été déjà usités.

Les humeurs contenues dans les muscles environnant le point d’inoculation d’un lapin mort du charbon symptomatique furent filtrées sur un filtre Chamberland. Une éponge stérilisée fut baignée dans ce liquide filtré et fut placée, avec un morceau d’une autre éponge pure et stérilisée, sous la peau d’un lapin. Les deux éponges furent retirées et examinées après trois heures.

Il fut alors constaté que le morceau d’éponge pure ne contenait presque pas de leucocytes, tandis que celui imprégné par l’humeur filtrée en contenait une quantité innombrable.

Dans quelques maladies, au moins dans les maladies mortelles, les leucocytes perdent leur pouvoir d’émigrer pour se rendre au point irrité. De plus, M. Bouchard1 a montré que certaines sécrétions microbiennes injectées à un animal, supprimaient la diapédèse. Les expériences suivantes confirment les expériences de M. Bouchard.

On sait que l’inoculation du bacille pyocyanique provoque une émigration de leucocytes au point d'inoculation. De plus, Charrin2 a prouvé que si l’on introduit 0,2occ d’une culture fraîche et virulente du bacille pyocyanique dans une veino d’un lapin, cet animal succombe en 24 heures à une affection aiguë. À l’autopsie, on trouve le bacille pyocyanique dans tous les organes, le foie, la rate, les poumons, etc.; mais les microbes sont libres dans les humeurs, ils ne sont pas englobés par les cellules. L'expérience suivante montre que chez un animal atteint de la maladie pyocyanique les leucocytes sont incapables de sortir des vaisseaux pour attaquer le bacille.

Un lapin fort et bien portant (A) fut inoculé dans la veino marginale de l’oreille avec 0,lco d’une culture de bacille pyocyanique. 5 heuros après, à 5 heures du soir, on inocula à cet animal, ainsi qu’à un autre lapin (B) de la même dimension, une goutte d’une culture du bacille pyocyanique dans la

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