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Mais la valeur de cet argument:est diminuée par le fait que les mélanges bien secs de bioxyde d’azote et de CO ont tout autant de difiicultés à s’allumer que le mélange + CO + 0?. De même pour le mélange d'oxyde de carbone et d'ozone.
Les expériences récentes de Bone, Newitt et Townend montrèrent que l'énergie de l’étincelle d'allumage jouait un rôle considérable dans l’inflammation du mélange 2C0 + O0? sec. I faut une étincelle de capacité d'autant plus forte que le mélange est plus sec, car la rigidité diélectrique du milieu gazeux séparant les électrodes devient alors très grande. Toute cette question est exposée en détail dans l'ouvrage de ces auteurs auquel nous renvoyons (lame and Combustion in Gases, Longmans, Green and C°, London, 1927).
Campbell, Whitworth et Woodhead (15) établirent la courbe complète des vitesses de détonation des mélanges humides d’oxyde de carbone et d'oxygène, mais sans en déterminer les limites. Ces déterminations furent faites en employant la méthode photographique, rendue utilisable par l’intense lumière émise par la flamme de la détonation de ces mélanges. Leur tube avait un diamètre intérieur voisin de 15 millimètres. Comme dans presque toutes les courbes de vitesses, la leur présente un maximum, décalé vers les concentrations élevées en oxyde de carbone par rap-
port à la composition stœæchiométrique, et dont la valeur est 1.770 mètres-seconde pour une concentration d'environ 76 p. 100 en CO.
En 1931, Bone et Fraser (6) avaient effectué les mêmes mesures mais en employant des tubes de diamètres intérieurs différents : 13 millimètres pour l’un, 25 millimètres pour l’autre. Les courbes de vitesses obtenues dans ces deux tubes ne coïncidaient pas alors que dans le cas des mélanges oxyhydriques, les valeurs obtenues par Dixon dans des tubes de 9 et 6 millimètres sont sensiblement les mêmes. Avec le tube de 13 millimètres, Bone et Fraser obtinrent un maximum de vitesse de 1.800 mètres-seconde à la concentration de 75,6 p. 100 de CO. Avec celui de 25 millimètres, ce maximum atteint 1.870 mètres pour la même composition du mélange. En poursuivant leurs essais, ils constatent qu’il est impossible d'obtenir la détonation des mélanges d’oxyde de carbone et d'oxygène dans un tube de diamètre intérieur inférieur à 3,6 millimètres. Ces résultats, en contradiction flagrante avec tout ce que l’on admettait jusqu'ici sur l’indépendance de la vitesse de l’onde explosive vis-à-vis de la section du tube dans lequel elle se propage, furent confirmés l’année suivante par Campbell, King, Whitworth (13). Ces auteurs, étudiant l’action des variations de diamètre intérieur du tube de détonation sur la vitesse de l’onde explosive dans différents mélanges gazeux, montrèrent que la même constatation pouvait être faite avec d’autres gaz que l’oxyde de carbone.
L’amorçage de l'onde explosive dans les mélanges d’oxygène et d'oxyde de carbone présente une particularité : M. Le Chatelier montra que si l’on emploie, pour provoquer la détonation du mélange 2C0 + O?, une amorce de fulminate de o gr. 75, l'onde explosive ne prend pas naissance parce que l’onde de choc produite par cette charge est trop rapide pour pouvoir être suivie par la flamme du mélange gazeux, qui reste en arrière et s'éteint. Au contraire, une amorce de o gr. 05 de fulminate provoque régulièrement la détonation.
Enfin nous citerons une autre propriété remarquable de ces mélanges : toutes les photographies de leur détonation faites selon la méthode de Mallard et Le Chatelier présentent un aspect strié : le passage du front de l’onde explosive, au lieu d’être enregistré par une droite, laisse sur la surface sensible une sinusoïde très régulière. Nous reviendrons ultérieurement sur les descriptions et les interprétations données de ce phénomène.
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La limite inférieure de détonation de ces mélanges a été déterminée par Wendlandt. Elle se trouve entre 38 et 39 p. 100 d'oxyde de carbone (vers 38,4 p. 100). En vue de comparer notre méthode à celle qu 11 a employée, nous avons fait quelques essais qui nous permirent de situer cette limite entre 38,0 et 38,3 p. 100. Nos résultats et les siens sont donc très voisins.
Nous avons essayé de déterminer la limite supérieure de détonation de ces mélanges. Saturés d'humidité à la température ambiante (17°) ils détonent jusqu'à la teneur de 90 p. 100 en CO. La vitesse de propagation est alors de 1.473 mètres-seconde. Séchés par passage dans des laveurs à acide sulfurique concentré et dans des tubes à anhydride phosphorique, ces mélanges ne détonent plus pour une concentration en oxyde de carbone supérieur à 83 p. 100, même sous l'excitation d’une amorce de o gr. 1 de fulminate. Ces atiltat sont à rapprocher des travaux de Dixon sur l'importance de la vapeur d’eau dans la réaction explosive de l’oxyde de carbone et de l'oxygène.
30 Étude du mélange ternaire hydrogèneoxyde de carbone-hydrogène.
Dans cette série d'expériences, nous avons fait des mesures de vitesse de détonation avec des mélanges de parties égales d’hydrogène et d'oxyde de carbone additionnés de quantités variables d'oxygène. Les résultats de ces mesures sont rassemblés dans le tableau suivant et portés sur la courbe (fig. 10).