‹ Recherches sur la digitaline cristallisée [electronic resource]Chapitre 2 sur 5 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

DIGITALINE CRISTALLISÉE

Toute substance active recèle un principe iratnédial crisiallisabie doué de ses propriétés essentielles.

Mes premières recherches sur la digitale, qui remontent à une époque bien éloignée déjà, me donnèrent à penser qu'il devait exister dans cette plante si active autre chose que le produit amorphe en usage sous le nom de digitaline^ et que, le premier^ j'étais parvenu à isoler.

C'est avec cette conviction que toute substance active recèle un principe immédiat cristallisable, doué de ses propriétés essentielles, que je me livrai à de nouvelles recherches, prenant à tâche, quelles que fussent les difficultés que je savais avoir à surmonter, de les poursuivre jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à te que j'eusse obtenu, par un mode simple, et dans son plus grand état de pureté, ce principe actif cristaUisé de la digitale , sur l'existence duquel je n'avais aucun doute.

Après de longues et patientes recherches mes prévisions se sont réalisées.

La digitaline cristallisée^ qui toujours s'était dérobée aux investigations des chimistes, est enfin acquise à la science.

Cette nouvelle substance se présente en cristaux légers, très-blancs, formés d'aiguilles courtes et déliées groupées autour du même axe.

La digitaline cristallisée est très-amère, d'une amertume persistante, qui rappelle, à part son intensité, celle de la digitale.

Comme elle est à peine soluble dans l'eaU;, sa saveur se développe lentement ; pour bien l'apprécier, il suffit d'en dissoudre une parcelle dans une goutte d'alcool ; une trace de ce soluté prouvera son amertume.

L'alcool froid à 90 centièmes la dissout bien : 12 parties suffisent; bouillant, il n'en faut que la moitié : elle cristallise par le refroidissement.

L'alcool anbydre la dissout moins facilement.

L'étber sulfurique à 65 degrés, exempt d'alcool, n'en dissout que des traces.

Le chloroforme pur est son meilleur dissolvant : elle s'y dissout à froid eu toutes proportions ; ce caractère servira à constater sa pureté.

Le chloral anhydre la dissout rapidement ; peu à peu le soluté prend une teinte rosée qui se communique aux cristaux de chloral hydraté qui se produisent aux parois du verre, au-dessus du liquide ; cette teinte change bientôt, passe au ton vineux, plus durable, et de là au vert bleu foncé, qui persiste longtemps.

La benzine et le sulfure de carbone ne la dissolvent pas.

L'eau la dissout à peine, même bouillante ; cependant elle acquiert une saveur amère prononcée.

Chauffée au-dessous de 100 degrés, elle devient très-électrique ; cette propriété est remarquable : lorsqu'on la sèche au bain-raarie pour la soumettre au chloroforme par la trituration, elle est lancée contre les parois de la capsule et jusque sur les doigts, où elle adhère et dont elle ne se détache que difficilement.

Les acides la dissolvent, réagissent sur elle, et donnent les colorations suivantes :

Acide chlorhydrique concentré : coloration jaune qui passe au vert-émeraude ;

Acide sulfurique : coloration verte, qui, par la vapeur de brome, passe au rouge-groseille; étendu d'eau, le soluté redevient vert ;

Acide azotique : pas de coloration d'abord , puis teinte jaune persistant par l'addition de l'eau;

Eau régale : coloration jaune, qui peu à peu passe au vert obscur ;

Acides sulfuriquc et azotique, à parties égales : coloration rose terne, qui promptement passe au violet foncé.

Chauffée sur une lame de platine, elle fond d'abord sans se colorer, brunit, se boursoufle, répand d'abondantes vapeurs, et disparaît sans laisser de traces.

La digitaline cristallisée n'a point d'odeur ; elle est neutre, non azotée.

L'analyse élémentaire de cette substance a donné pour résultats :

Carbone 51,33

Hydrogène 6,85

Oxygène 41,82

EXTRACTION DE LA DIGITALINE CRISTALLISÉE (Principe aclif pur de la digilale).

Lorsqu'on traite par l'eau la digitale, suivant la méthode indiquée pour en obtenir le produit amorphe, nommé digitaline^ elle est loin d'être épuisée.

L'eau, n'ayant d'action que sur les parties solubles, extractives et salines de la plante, laisse intact dans le résidu, fortement amer encore, et qu'on abandonne comme épuisé, le principe actif cristaUisable, uni à un autre principe, trèsamer aussi, qui s'en rapproche par ses propriétés, mais qui ne cvistalhse pas (i).

Ce principe secondaire, d'oia semble dériver la digitaline cristallisée, possède comme elle, mais à un degré moindre, les mêmes réactions; je le nomme digitaline amorphe.

La liqueur de ce traitement par l'eau ne contient pas trace de digitaline cristallisée.

(1) Outre ces deux principes actifs, se trouve dans ce résidu une substance relar tiveraent abondante, qui cristallise en mûme temps que la digitaline et que d'abord j'avais confondue avec elle, mais qui est /oiaiemen^ dépourvue de saveur. Je la nemrae digitine.

Le produit amorphe qu'on en sépare est soluble à froid dans l'eau, en toute proportion ; je le désigne sous le nom de digiialéine, pour le distinguer de la digitaline amorphe, qui n'est soluble que dans l'alcool.

De ce traitement de la digitale par l'eau, il résulte que c'est le résidu, perdu jusqu'ici, qui devient le plus intéressant. C'est sur lui surtout que j'ai dirigé mes recherches. Le but atteint, j'ai dû, pour éviter deux opérations, m'occuper d'un autre mode, afin d'agir directement sur la plante. Après de nouvelles difficultés, bien des tâtonnements encore, je suis arrivé aux mêmes résultats qu'en opérant sur le résidu.

Voici ce mode, rendu aussi simple qu'il m'a été possible :

1000 parties de poudre grossière de digitale des bois (1) sont humectées avec 1000 parties d'eau tenant en dissolution 230 parties d'acétate plombique cristalHsé; douze heures après on ajoute 80 parties de bicarbonate sodique, en poudre fine (2) ; on prolonge le contact douze autres heures, en ayant soin de mêler de nouveau de temps en temps.

On met ce mélange dans un cylindre à déplacement, en le tassant suffisamment, et on l'épuisé jusqu'à cessation d'amertume, avec de l'alcool à SO centièmes.

On obtient environ S 000 parties de liqueur (3), qu'on distille pour en retirer tout l'alcool (4). La hqueur restante est évaporée au bain-marie, jusqu'à réduction de 1000 parties ;

(1) La digitale des bois récoltée en mai, avant le développement de la tige florale, est plus riche en principes actifs, notamment en digitaline cristallisée Elle doit être séchée avec soin, dans un grenier bien ventilé ou dans une étuve à courant d'air, et conservée à l'abri de la lumière.

(2) Ce sel a pour but de saturer l'acide acétique rendu libre par la fixafion du plomb sur la partie extraclive et tannante de la plante; le mélange, en se neutralisant, retient dans le résidu ce qui est étranger aux principes actifs : la liqueur qui en résulte se trouve ainsi très -décolorée, et mieux que ne l'aurait fait le sel plombique basique, qui d'ailleurs, par son alcalinité, altère les produits. Ces réactions, dans la poudre même, évitent les longues et encombrantes filtratlons nécessaires pour en séparer les précipités, et la perte de la liqueur dont ils sont imprégnés.

(3) Cette liqueur représente toute la digitale, moins la partie ligneuse, le tannin, l'exlraclif et la chlorophylle.

(4) Le bain-marie doit avoir, à sa partie supérieure, un diaphragme en toile métallique ou autre, afin d'empêcher la mousse qui se produit sur la fin de l'opération d'être entraînée dans le serpentin.

refroidie, on l'introduit dans un flacon et on l'étend de trois fois son poids d'eau : il s'en sépare une matière jaunâtre, poisseuse, très-amère, composée de toute la digitaline cristallisée, de la digitaline amorphe et de la digitine ; cette dernière apparaît au milieu de la masse en petits cristaux brillants. Vingt-quatre heures après, on décante la Hqueur surnageante, devenue claire (J); on met le dépôt sur un filtre, on entraine par un peu d'eau la liqueur qui l'imprègne, et on l'étend sur des doubles de papier poreux; bien essoré, on obtient en moyenne SO parties de cette matière. On la dissout dans 1000 parties d'alcool à 60 centièmes, bouillant; on laisse refroidir; une partie de la digitine cristallise aux parois du ballon. On verse dans cette liqueur un soluté, fait avec 5 parties d'acétate plombique cristallisé et 10 parties d'eau chaude, qu'on étend de son volume d'alcool. On sépare, par le filtre, le précipité (2) et on ajoute à la liqueur limpide et bien décolorée un autre soluté fait avec 3 parties de phosphate sodique et 9 parties d'eau chaude ; on filtre do nouveau, on distille pour en retirer l'alcool ; on évapore au bain-marie le résidu de la distillation, jusqu'à réduction de 100 parties; on laisse refroidir : la matière jaune, poisseuse, se sépare, comme d'abord, mais plus pure (3), de la liqueur devenue aqueuse; on met le tout sur un filtre, on lave avec un peu d'eau et on étend sur des doubles de papier poreux, comme il est dit plus haut : bien essoré, on obtient de 20 à 25 parties de cette matière; on la dissout, à chaud, dans un ballon avec le double de son poids d'alcool à 60 centièmes, et on abandonne le tout dans un lieu froid.

La digitine cristaUise aussitôt le refroidissement ; puis, quelques jours après, apparaissent au milieu d'elle les cristaux rayonnés, jaunâtres, un peu opaques, de la digitahne (4).'

(1) Cette liqueur, qui ne contient plus que de la digitaléine, sera traitée à part.

(2) Ce précipité sera repris plus loin pour en retirer la digiline qu'il contient en assez forte proportion : 2 parties au moins, outre celle qui sera séparée bientôt de la digitaline cristallisée.

(5) Cette purification est indispensable, autreraenl la digitaline ne cristalliserait pas. (4) Cette teinte et celte opacité disparaissent par la purification.

Lorsqu'ils ne paraissent plus augmenter, on met le tout dans un cylindre à déplacement, garni d'un tampon de coton; la liqueur mère écoulée (1), on sépare celle adhérente aux cristaux en versant dessus de l'alcool à 35 centièmes ; le magma jaunâtre est dissous à chaud dans 100 par" ties d'alcool à 90 centièmes : on ajoute 5 parties de charbon animal lavé, on fait bouillir quelques minutes, on filtre, et on distille jusqu'à ce qu'il ne passe plus rien; on sèche les cristaux résultants dans une capsule, au bain-marie; on les réduit en poudre fine qu'on introduit dans un flacon àTémori, et sur lesquels on verse 20 parties de leur poids de chloroforme pur (2). La proportion de ces cristaux est de 2 à 3 parties. On agite fortement : la digitaline cristallisée seule se dissout, la substance inerte (digiline) restée intacte vient occuper la partie supérieure du chloroforme, à mesure qu'il s'éclaircit; on filtre vingt- quatre heures après dans un entonnoir couvert; la solution passe vite et limpide; on sépare avec un peu do chloroforme celle qui imprègne le résidu (3). On distille à siccité ; le produit cristallisé du ballon est la digitaline colorée par une matière jaune assez tenace (4); on la dissout dans 10 parties d'alcool à 85 centièmes; on fait bouillir quelques minutes avec un peu de noir animal lavé , on filtre et on agite jusqu'à refroidissement ; le tout ne tarde pas à se prendre en masse. Quelques jours après, on sépare par déplacement les cristaux déjà bien décolorés de la liqueur mère (5); celle restée adhérente est entraînée par un peu d'alcool à 35 centièmes : on recommence cette opération jusqu'à ce qu'ils soient blancs.

(1) Celte liqueur mère tient en solution la digitaline amorphe ; j'indiquerai bientôt le moyen de l'en séparer.

(2) Le chloroforme doit être bien exempt d'alcool ; on l'en sépare facilement en l'agitant avec son volume d'eau et en distillant après décantation.

(5) Gtî résidu relient peu de digitaline ; il se compose presque en totalité de digiline; il est utile cependant de le reprendre par le chloroforme après l'avoir séché el mis en poudre.

(4) Cette matière colorante rougit par les alcalis comme celle du curcuma.

(5) Celte liqueur m'ere, d'une teintii jaune prononcée, relient beaucoup de digitaline cristallisée el un peu do digitaline amorphe. On la sépare de «elle dernière, et on l'amené à blancheur par des crislallisalions successives.

Enfin on les dissout une dernière fois, à saturation, dans l'alcool distillé à 90 centièmes, bouillant : le soluté incolore est versé dans une capsule en verre couverte d'un disque. La digitaline pure apparaît bientôt sous forme d'aiguilles fines, blanches et brillantes, groupées autour du même axe.

L'alcool presque évaporé, on la sèche sur des doubles de papier de soie.

1000 parties de feuilles de digitale donnent 1 partie de digitahne cristallisée.

DIGITALINE AMORPHE (Principe secondaire de la digitale, insoluble dans l'eau).

La digitaline amorphe se trouve dans la première liqueur mère, dense, colorée^ au milieu de laquelle s'est déposée la digitaline cristallisée.

Pour l'obtenir, on étend cette liqueur de deux fois son volume d'alcool à 80 centièmes ; on ajoute 10 parties de charbon animal, on fait bouillir quelques minutes, on filtre et on distille. Le résidu de la distillation, séparé de la partie aqueuse surnageante, séché au bain-marie et pulvérisé^ constitue la digitaline amorphe.

Elle est insoluble dans l'eau, soluble en toute proportion dans l'alcool, et en partie seulement dans le chloroforme.

EXTRACTION DE LA DIGITÂLÉINE (Principe amorphe de la digitale, soluble dans l'eau).

La digitaléine s'obtient de la liqueur d'épuisement d'oti s'est déposée, après en avoir séparé l'alcool, la matière poisseuse qui a donné la digitaline cristallisée.

Cette liqueur, totalement aqueuse, ne contient plus que ce principe secondaire amorphe ( 1 ) , tout à fait soluble dans l'eau.

(1) En présence des principes iraraédiats actifs se trouvent dans les végétaux d'autres principes secondaires amorphes, participant à l'action des vrais principes toujours cristallUés. La digilaléine et la digitaline amorphe sont dans ce cas. A l'appui de cette vérité, ç!) pourrait citer autant d'exemples qu'il y a de principes itpmèdiats connus.

On verse dans cette liqueur un soluté fait avec SO parties de phosphate sodique (1) et ISO parties d'eau, on filtre et on ajoute à la liqueur un autre soluté fait avec SO parties de tannin et 200 parties d'eau (2) ; le tannate digitaléique, en flocons volumineux, no tarde pas à se réunir et à B'jigglutiner au fond du vase.

Le lendemain on décante la liqueur surnageante, on lave le tannate avec un peu d'eau tiède en le malaxant et en l'étirant comme on le ferait pour une résine ; hien essoré, on obtient 100 parties de ce tannate, on le mêle intimement dans un mortier de verre ou de porcelaine cà son poids d'oxyde merourique on poudre impalpable (3), on ajoute au mélange devenu pulvérulent 40 parties d'eau, on couvre d'un linge humide et on agite de temps en temps pour faciliter la décomposition. Plusieurs jours après, lorsque le mélange, de jaune ocreux qu'il était, est devenu vert obscur, on le sèche à l'air ou à l'étuve ; mais, avant que la dessiccation soit complète, on passe le tout à travers un tamis métallique de manière à former une poudre granulée, sans poussière, qu'on achève de sécher et qu'on épuise par déplacement avec de l'alcool à 90 centièmes, bouillant (4). L'alcoolé obtenu,, décoloré par le charbon animal et distillé, laisse pour résidu la digitaléine, à l'état sirupeux, laquelle,, séchée et pulvérisée, donne une poudre blanche sans odeur, d'une amertume acre prononcée et soluble en toute proportion dans l'eau.

La digitaléine est neutre, non azotée : avec les acides elle tend, ainsi que la digitaUne amorphe, aux mêmes réactions

(J) Ce sel a pour effet de débarrasser la liqueur des bases insolubles qui, en se combinant au lannin, empêcheraient ragglulinalion du tannate digilaléique

(2) Pour enlever au tannin l'élher, une raaiière grasse et la chloropliylle qu"il contient. Ce soluté se prépare de la manière suivante : on fait bouillir la quantité de lannin indiquée dans 5Q0 parties d'eau ; on clarifie avec une légère solution d'albumine ou de gélatine; réduit d'un tiers et refroidi, on filtre : ce soluté est parfaitement limpide.

(3) L'oxyde mercurique doit être lavé à l'eau bouillante afin d'en séparer l'acide azotique qu'il pourrait retenir. Cet oxyde est bien préférable à la litharge, qui, par son alcalinité, réagit sur la digitaléine et la produit toujours colorée.

(4) L'alcool froid n'épuise pas ce mélange, la moitié du produit reste dans le résidu. Il est bon, pour maintenir la température, d'envelopper le cylindre à déplacement d'une étoffe de laine.

que la digitaline cristallisée ; mais les teintes, lentes à se développer, ne sont point vives et tranchées comme avec le principe pur : il en est de même dos autres produits du commerce, en usage sous le nom de digitaline. L'analyse élémentaire de la digitaléine a donné j

Cacbone 34,72

Hydrogène 9,22

Oxygène 36,06

DIGITINE (Substance inerte de la digltalej.

La digitine cristallise q,vec la digitaline ; c'est au milieu d'elle quQ se trouve le principe actif pur d§ la digitale,

Magnifique comme blancheur, en fines et brillantes aiguilles nacrées, cette substance est totalement dépourvue de saveur : elle est donc sans valeur médicale.

On peut se demander, vu son innocuité, quel rôle elle joue dans la plante : contribue-t-elle, de ses éléments, à la formation de la digitaline ?

Son étude chimique pourra être intéressante sous ce rapport.

Sa purification est très-facile : séparée de la digitaline cristallisée, on Texpose à l'air pour dissiper le chloroforme qui l'imprègne, et, pour ne faire qu'un seul traitement, on y joint celle mêlée au précipité plombique mis de côté plus haut. On dissout le tout dans 100 parties d'alcool à 80 centièmes, on ajoute 3 parties de noir animal lavé, on fait bouillir quelques minutes, on filtre : la liqueur se prend en masse par le refroidissement ; repris de nouveau, les cristaux s'obtiennent parfaitement blancs : la liqueur cette fois est entièrement incolore : on la sépare et on sèche les cristaux sur des doubles de papier de soie.

1 000 parties de digitale donnent 4 parties de cette substance.

La digitine est neutre, ne contient pas d'azote ; elle n'a pas été encore analysée.

L'alcool la dissout, surtout à chaud, mais moins bien que la digitaline.

Elle cristallise avant le refroidissement.

L'étlier à 65 degrés privé d'alcool ne la dissout pas.

Le chloroforme pur est sans action sur elle ; à chaud, il n'en dissout que des traces.

L'eau la dissout à peine.

L'acide suif uri que la dissout en prenant une teinte rosegroseille qui passe au jaune par l'addition de l'eau.

L'acide azotique la dissout sans coloration.

L'acide chlorhydrique la dissout incomplètement, sans réaction ; en ajoutant de l'eau, les cristaux se déposent.

Brûlée sur une lame de platine, elle fond sans se colorer, répand d'abondantes vapeurs d'odeur différente de celle de la digitaline cristallisée, brunit et disparaît sans laisser de traces.

Tels sont les résultats d'un long travail, d'assidues recherches que je présente à l'Académie de médecine.

Je n'ai pas à faire valoir l'avantage que la thérapeutique pourra tirer de ce principe actif pur de la digitale : invariable par sa nature, toujours identique à lui-même par la propriété qu'il possède de cristalliser, le médecin pourra désormais, en toute sécurité, compter sur son action.

Je joins à l'appui de ce mémoire U7i flacon de digitaline cristallisée pure : un de digitaline amorphe; un dedigitaléine, et un de digitine.

Ces quatre produits, pour l'extraction desquels je me suis appliqué à éviter toute réaction susceptible de les transformer, représentent, moins la digitine^ la partie active de la digitale.

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