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et surtout plus large dans sa partie supérieure; au contraire, dans le Busard ( Circus macroscelis , Newton, C. Mai llardi, Terreaux), les tarses sont beaucoup plus longs et plus grêles. Notre os fossile ressemble beaucoup en plus grand à celui de 1 ’Astur palambarius , il semble provenir d’un oiseau de ce genre, et je regrette de n’avoir pas pu le comparer à celui de XAslur melanoleucus du cap de Bonne-Espérance, qui semble s’en rapprocher par ses dimensions: de façon que, jusqu’à ce que cette comparaison ait pu être faite, je dois hésiter à considérer ce tarsométatarsien comme nous indiquant une espèce d’oiseau de proie inconnue aujourd’hui dans cette partie du globe.
Les anciens voyageurs nous parlent bien des Rapaces de Maurice, mais souvent il est très-difficile de savoir à quelle espèce se rapportent ces descriptions incomplètes. Ainsi, en 1602, William van West-Zanen cite, dans son Journal de voyage , le Faucon ( Va/ken ) (î) ; Dubois nous parle de «Pappangues gros » comme desChapons, faits au surplus comme des Aigles, empor- » tant les petits des Cochons et des Cabris » ; et plus loin il signale les « Pieds jaunes , de la taille et de la forme des Faucons, et les » Émerillons, qui, quoique petits, emportent les Poullels ». Ces Pappangues peuvent être le Circus Maillardi , ou l’oiseau dont je viens de décrire l’os du pied.
Longueur du tarso-métatarsien . 0,080
Largeur de l’extrémité supérieure . 0,011
Largeur de l’extrémité inférieure . 0,013
Largeur minimum du corps de l’os . 0,000
Le Flamant 11e visite plus que rarement l’île Maurice, et cependant il y était autrefois très-commun, d’après le dire des voyageurs. Les fouilles de M. Clark ont fourni un assez bon nombre d’ossements provenant de ces oiseaux. M. Newton a pu aussi s’en procurer quelques-uns qu’il m’a communiqués, et je les ai comparés à ceux des diverses espèces du même genre. Ces débris appartiennent à une espèce plus grande que le Phœnicoptenis minor , Geoffroy. Cette dernière se trouve dans le sud de
(1) Strickland, The Dudo and its Kindred , p. 14.
oiseaux di s Iles mascarkkînes.
l’Afrique, à Madagascar, et s’abat parfois à Maurice, ainsi qu’on a pu le constater en 1870, où une bande d’une quinzaine d’individus a séjourné pendant quelques jours dans cette île. J’ai pu
Flamants, et reconnaître que c’était bien un P. minor , et qu’il différait sensiblement par sa taille de celui dont on a trouvé les restes fossiles. Je suis disposé à les rapporter, ainsi que l’a déjà fait Coquerel, au Phœnicopterus erythrœus , (pii vient aussi de l’Afrique australe; mais la détermination des diverses espèces de Phœnicoptères de l’ancien continent présente tant de difficultés, surtout quand on ne peut se servir des caractères que fournit le bec, que je ne puis présenter cette détermination qu'avec beaucoup de réserves. Parmi ces fossiles, se trouve un tarso-métatarsien bien complet, ayant exactement les dimensions d’un os analogue provenant du Phœnicopterus erythrœus; mais d’autres métatarsiens sont beaucoup plus développés ; je n’en ai malheureusement que l’extrémité inférieure, (pii est au moins égale à celle des plus grands Flamants ordinaires {Phœnicopterus antiquorum , Temminck) : aussi il est peut-être possible (pie ces deux espèces aient vécu ensemble, ou bien ne doit-on les considérer (pie comme des races d’un seul et même type spécifique. Nous savons déjà que la taille de l’espèce commune varie beaucoup; peut-être le bec peut-il aussi subir certaines modifications.
Longueur d’un tarso- métatarsien fossile de Maurice. . .
Largeur de l’extrémité supérieure .
Largeur de l’extrémité inférieure .
Largeur de l’extrémité inférieure d’un autre métatarse Largeur de l’extrémité inférieure d’un autre métatarse.
J’ai déjà eu l’occasion de dire que les îles Maurice, de la Réunion et Rodrigue, à l'époque où nos navigateurs y abordèrent pour la première fois, étaient en possession d’une faune spéciale très-remarquable par de grands oiseaux apténiens inconnus sur le reste du globe, des Tortues gigantesques, des Sauriens et beaucoup d’autres animaux terrestres qui ne pou-
alpsi. iiiim: udwag&ds.
vaient y être arrivés par mer et y vivaient en grand nombre. Cette population zoologiijue si riche, si variée, ne semble pas avoir pu naître sur des terres d’une étendue si restreinte, et des considérations sur lesquelles j’ai déjà insisté dans plusieurs circonstances m’ont déjà conduit à penser que ces îles doivent être considérées comme les restes d’un continent dont les habitants, avant de disparaître complètement de la surface du globe, auraient trouvé, sur les points culminants abaissés presque au niveau de la mer, un dernier refuge.
Or, d’après le caractère général de la faune aborigène des îles Mascareignes, on peut être assuré que ces terres présumées ne reliaient aucune de ces stations, soit avec Madagascar ou l’Afrique, soit avec l’Inde ou l’Australie, car on n’y voit aucun des animaux dépourvus d’ailes qui caractérisent les populations animales de ces contrées. La faune malgache est toute spéciale, mais elle avait cependant avec la faune néo-zélandaise et celle des autres parties de la région antarctique des points de ressemblance tels, qu’on ne peut hésiter à la classer parmi les faunes australes. Il est donc possible que jadis elle se soit étendue davantage au sud, et nous nous trouvons amenés à l’idée d’une grande terre existant jadis dans ia partie de l'océan Antarctique, occupée aujourd’hui par les immenses bancs déplantés marines que l’on désigne sous le nom vulgaire de Kelp.
Dans l’état actuel de nos connaissances, on ne peut former que des conjectures très -vagues relativement à l’ensemble de la faune, dont la population animale des îles Mascareignes nous a offert un échantillon ; mais il est a espérer que, lorsque les voyageurs naturalistes auront exploré les marécages, les cavernes et les terrains meubles des îles Crozet, de Kerguelen, des îles Saint-Paul, et aussi de quelques autres points de la même région, ils y découvriront des débris fossiles analogues à ceux trouvés à l’île Rodrigue ou à Maurice, et qu’à l’aide de ces restes on pourra reconstituer plus complètement la population éteinte de cette région, et apprécier ses relations avec la faune néozélandaise, dont elle n’était peut-être qu’une branche.
ARTICLE n° a.
OISEAUX DES ILES MASf.AR EPINES.