‹ Recherches sur la faune ancienne des iles MascareignesChapitre 5 sur 9 · FAUNE DE L’ÎLE MAURICE · texte numérisé non relu

FAUNE DE L’ÎLE MAURICE

Dans des mémoires précédents, j’ai fait connaître quelques oiseaux de l’ile Maurice qui appartiennent à des espèces éteintes, mais qui ont pu être restitués presque complètement, grâce aux découvertes faites il y a quelques années dans la mare aux Songes, devenue célèbre par le nombre des ossements du Dronte (lue bon en a retirés.

Depuis la publication de mes recherches sur la Foulque et l’ Aphanapteryx , M. Newton a bien voulu me faire parvenir d’autres pièces osléologiques provenant du même gisement, et ajoutant à ce que nous savions de la faune ancienne de cette île.

Ces pièces appartiennent à quatre espèces différentes, dont deux n’ont plus aujourd’hui de représentants, tandis que les deux autres vivent encore dans la même région.

Les premières sont :

1° Le Perroquet déjà désigné sous le nom de Psittacus mau ritianus ;

2° Un oiseau de proie jusqu’ici inconnu.

Les seconds sont :

1° Un Flamant;

2° Un Héron garzette ( Ardea Garzetla).

Le bec du Perroquet de Maurice ( Psitt, mauritianus , Owen), sur lequel j’ai déjà appelé d’une manière toute spéciale l’atten-

OISEAUX DES ILES MASCAREIGNES

liuu des naturalistes, indiquait un oiseau d’une taille considérable. Ces indications se trouvent confirmées par l’examen d’un tibia qui m’a été récemment envoyé par MM. Newton (1). Cet os est très-remarquable par sa taille ; il dépasse en longueur celui des grandes espèces de Kakatoès, telles que le Cacalua galerita et le C. erythrolophns ; ii est plus grêle que chez ces derniers; il s’en distingue aussi par l’égalité relative des deux condyles inférieurs, qui ne s’observe pas dans les Perroquets que je viens de citer, où le condyle interne est plus large et rejeté en dedans, (fiiez les Aras, l’os de la jambe est plus court et plus massif que chez les Kakatoès, ce qui lui donne un aspect trèsdifférent de celui que présente notre os fossile.

Ces Perroquets de grande taille auraient évidemment frappé l’attention des voyageurs; cependant aucun n’en parle. Ainsi Dubois, qui énumère les représentants de ce groupe qui vivaient à Maurice au xvm* siècle, attribue aux plus grands une taille un peu supérieure à celle d’un Pigeon, tandis que le Psittacas mauritianus devait se rapprocher par ses dimensions du Microglosse.

Le seul os que j’ai pu observer du Rapace de l’île Maurice est un tarso-métatarsien parfaitement conservé, qui me paraît provenir d’un Autour (2). Je l’ai comparé avec son analogue chez toutes les espèces de Madagascar et des Mascareignes, et je n’en ai trouvé aucun avec lequel il pût être identifié. Sa longueur et ses formes grêles, aussi bien que ses dimensions absolues, l’éloignent de tous les Faucons {Falco minor, Bonap., Hypotriorchis Eleonorœ, Gêné, H . concolor, Ternm., Dissodeclcs zoniventris, Peters, Tinnunculus Newtoni, Gurney, T. punctatus , Temm.),et des Acci piler aussi bien que des Spizaetus [Spizaelus occidentalisé Daudin , Accipiter Franciscœ , A. Smith, A. rnadagascariensis , Verreaux, A. Lantzii , Verreaux, A. Moreli, Pollen, A. Brvtus , Pollen). Il ne peut appartenir à XHaliœtus vociferoides , qui est beaucoup plus grand et plus robuste. Chez le Butco brachypterus, l'os du pied, bien qu’assez allongé, est plus trapu,

(1) Voy. pi. 15, fig. 1, lu, ip.

(2) Voy. pl. 15, fig. 2.

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