‹ Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendances (volume 2)Chapitre 1 sur 33 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

En 1862 je pris la résolution d'entreprendre un voyage scientifique à Madagascar et dans ses dépendances , afin d'y étudier la Faune et la Flore encore peu connues, et de rassembler en même temps des objets d'histoire naturelle et d’ethnographie. L'idée de ce voyage auquel je consacrai trois des meilleures années de ma vie, me fut suggérée par mon excellent ami M. le Professeur Dr. H. Schlegel, Directeur du Musée royal d'histoire naturelle des Pays-Bas.

‘ Après m'être familiarisé autant que possible avec les connaissances nécessaires, et avoir étudié les ouvrages de mes prédécesseurs, dans l'étude desquels je fus secondé avec empressement par mes savants amis MM. les docteurs J. A. Herklots, $. C. Snellen van Vollenhoven et E. M. Beima, conservateurs du Musée royal d'histoire naturelle des Pays-Bas, je désirais trouver un compagnon de voyage fidèle. Rencontrer un tel homme n'était pas facile d'abord, mais cette difficulté fut bientôt surmontée. J'avais un ami chasseur passionné, qui avait souvent exprimé le désir de visiter des pays étrangers et peu connus, où il pourrait chasser tant qu'il voudrait, puisque la chasse, sur un terri-

toire réservé, d'un malheureux lièvre ou d'un couple de perdmix ne lui convenait plus. C'est pourquoi

il désirait vivement passer quelques années dans un pays où le droit de chasse n’existât point et où les

territoires réservés fussent des choses inconnues: un tel pays était pour lui le vrai paradis des chasseurs!

Je ne m'étonnai donc nullement que lorsque je lui fis connaître mon plan de voyage pour le pays de chasse en question, il n’hésita pas à m'accompagner et à partager avec moi les hasards de ce voyage pour lés contrées lointaines, où il pourrait s’abandonner plus que jamais à sa passion pour la chasse.

Cet homme était Monsieur Douwe. Casparius. van Dam, qui dit adieu à sa famille et quitta une bonne position, pour me suivre à Madagascar. Il vint d'abord bientôt me rejoindre à Leyde pour apprendre l’art de préparer et de conserver les peaux et les squelettes d'animaux, cet art lui fut enseigné pratiquement par le préparateur en chef du Musée M. T. C. Termeer et il put aussi profiter en même temps des sages conseils de M. Schlegel. M. van Dam s'occupa de ce travail jusqu'à la fin de l'année suivante; époque à laquelle nous devions faire l'expédition. Par l'intermédiaire de notre Gouvernement on nous avait procuré des lettres de recommandation ministérielles de l'Angleterre et de la France; grâce aux eflorts zélés des Curateurs de l'Umiversité de Leyde, qui favorisaient notre entreprise scientifique. Parmi ces hommes vénérables je dois exprimer ici ma reconnaissance à Messieurs le Baron van der Heim de Duivendijke, ancien commissaire de $. M. le Roi, dans la Province de la Hollande méridionale et le Chevalier Gevers d'Endegeest, ancien Ministre des affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas; lesquels nous ont témoigné une sympathie, dont je conserverai toujours un souvenir précieux.

Je n'ai pas besoin de dire que les autorités anglaises et françaises, dans les contrées que nous parcourions, nous traitaient avec distinction et appuyaient notre but. Nous devons pour cela des remerci-

ments sincères à M. le Gouverneur de l'ile de la Réunion, le Contre-Amiral Baron Darricau et à son digne

successeur M, Jules Dupré; au Gouverneur de l'ile Maurice et de ses dépendances, son Excellence Sir

Henry Barkly; au commandant en chef de Mayotte et dépendances, M. le commissaire de la Mariré Gabrié et à son successeur M. le Colonel Colomb; aux commandants des possessions Françaises sur la côte de Madagascar, Sainte-Marie et Nossi-bé, MM. Lagrange et Lucas; au commandant en chef des forces navales Françaises sur la Côte orientale d'Afrique M. Tricault: aux différents commandants des navires de guerre Français Mahé de la Bourdonaye, Loiret, Lynx et Dupleix; parmi lesquels je n’oublierai jamais des hommes comme Tétar de Cosquer, Biquerel et Conrad, que j'estime sincèrement. Je mentionne aussi avec plaisir les capitaines des navires français et hollandais: Polymnie, Mathilde, Desilles, Levant et Ary Scheffer, MM. Regnier, Delaroque, Hus et Day, qui nous traitèrent pendant notre séjour sur leurs bâtiments, comme leurs amis. Avant de finir ma Préface, il me reste une tâche à accomplir, c’est de remercier tous ceux qui nous ont reçu avec la plus grande hospitalité et qui nous soignaient avec empressement. Parmi ces personnes estimables je nomme en premier lieu: à l'ile de la Réunion les vénérables vieillards: MM. de Fondaumière et Rétout ainsi que ses fils à la Possession, ‘M. le docteur Lacaille et M. Crétien à Saint-Paul, MM. Brulon, Toudic et Boyer de Giroday à Sainte- Suzanne; les savants amis Charles Coquerel, Auguste Vinson, Alfred Grandidier, Lantz, Louis Morel, Achille Berg, les frères Bories, Emile Jacob de Cordomoy, Paul de Monforand, Bridet, Delval et Roussin, ainsi que MM. Boucherot, Lemazurier et Richard à Saint-Denis. A l'ile Mayotte MM. les planteurs Chaulier et Bourcher, nous ont donné les preuves de leur hospitalité et de leur amitié, ainsi que MM. Jules Verger, Escudier, O'Neill et le Chérif Kalyfan à l'ile Nossi-bé, A l'ile Maurice: notre digne compatriote M. E. M. Ooms, Chancelier du consulat des Pays-Bas à Port-Louis, ainsi que MM. Edward Newton, Fraser, Richardson, Caldwell, Meller, Bouton, Clark, Mullens et Madame la douairière Moon. Au Cap de Bonne Espérance; MM. Hugo et van Blerk à Simonstad. En France M. Emile Postel, à Cherbourg: MM. Geo. Gerhardi et van Houten au Hävre. J'éprouve un grand plaisir à faire connaître dans cette relation de voyage, la manière digne des plus grands éloges, avec laquelle ces nobles gens nous ont reçus et traités. Je m’empresse encore aussi de remercier les collaborateurs qui m'ont secondé d’une manière digne dans mon travail. Et à présent encore un mot à ceux qui comme naturalistes ou comme savants prendront mon écrit en mains et qui me feront l'honneur de le lire. Ce n'est pas seulement le simple récit de mes rencontres et de mes aventures de voyage, mais aussi celui de mon séjour et de mon passage dans les différents lieux pendant mon expédition. Je voudrais voir ma relation de voyage entre les mains de tout le monde; c’est pour cela que je l'ai écrite dans un style populaire, mais je me suis efforcé en mème temps de la composer telle que l'homme de science ne la lise pas sans fruit.

Si j'ai contribué par.cet écrit à accroître les connaissances des pays que j'ai explorés, et des peuples et des productions de la nature et de l’art, que j'y ai étudiés, alors je me trouverai largement récompensé des sacrifices que m'ont imposés mes recherches, et je conserverai pendant le reste de ma vie le

souvenir le plus doux et le plus agréable de mes voyages.

Schéveningue, Juin 1868. Francois P. L. POLLEN.

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