BAZA MADAGASCARIENSIS
Pernis madagascariensis, Smith, Afr. Zool., p. 157. C’est avec doute que j'identifie cette espèce avec le Pernis madagascariensis de Smith,
la description qu’en a donné cet auteur étant de celles qui font, par leur insuilisance !), le désespoir du naturaliste. Elle se rapporte, toutefois, plutôt à l'oiseau ,de PAfrique qu'à celui de Madagascar.
L'espèce Africaine offre en effet, une taille moins forte, un bec moins gros, des pieds plus faibles, des plumes occipitales plus allongées et un système de coloration assez dif- ‘ férent. Le Musée des Pays-Bas possède deux individus de cette Baza Africaine: l’un, au premier plumage et tué dans la terre de Natal, l’autre, au passage à la livrée parfaite et tué à la Côte d'Or; ce dernier est le N°. 1 de ma Monographie des Pernes, voir Muséum des Pays-Bas, Pernes, pag. 6. Ces deux individus ne différant pas entre eux par l'espèce, il est évident que l'oiseau de l'Afrique australe est identique avec celui de l'Afrique occidentale. Il faut, par conséquent, rapporter à cette espèce l’Aviceda euculoides de Swainson, West-Africa, 1, p. 104, pl. 1; les Avicida Verreauxi et buteoides, Lafresnaye, Revue Zool., 1843, p. 180, et l'Hytiopus cafer de Sundevall, dans Troschel, Archiv, 1851, p. 81.
L'espèce de Madagascar est assez reconnaissable à son système de coloration très modeste et rappelant, à s'y méprendre, le Buteo brachypterus de cette même île. Elle présente, en effet, des teintes beaucoup moins foncées que celles des autres Bazas, et les taches des parties inférieures ne prennent pas la forme de bandes transversales, propres à toutes les autres Bazas.
Le bec est plus robuste, et plus voûté que dans l'espèce Africaine, et d’un noir passant au jaunâtre à la base de la mandibule inférieure. Les bords latéraux de la mandibule supérieure sont pourvus, chacun, de deux dents, ainsi que cela a lieu dans les autres Bazas.
Les tarses sont courts, mais robustes, emplumés par devant sur la moitié de leur longueur et revêtus, du reste, de petites plaques de forme irrégulière. Les doigts sont garnis, en dessus, de plaques, en dessous de tubérosités très acérées et rudes au toucher, ce qui est également le cas de toutes les plaques et écailles des pieds. Les ongles sont noirs et un peu plus courbés que dans les autres Bazas.
Cinquième rémige un peu plus courte que la quatrième qui dépasse la troisième d’un quart de pouce. Les cinq premières rémiges échancrées à leur barbe interne. Queue carrée à l'extrémité. Plumes de l’occiput passablement étroites et un peu allongées. Freins revêtus de plumes de forme ordinaire, non pas en écailles, et entremélées de soies raides et noires.
Toutes les plumes de l’oiseau blanches à leur partie basale. Celles du dessus de la
1) Pour prouver cette assertion, il suffira de constater que M. Smith ne fait pas même mention des incisions du bord latéral de la mandibule supérieure. Du reste, l'ouvrage cité de M. Smith n'ayant jamais paru et étant resté incomplet, on ne peut guère en vouloir à ces naturalistes qui, par ces raisons, et nous sommes de ce nombre, sont contraints de l’ignorer.
tête d’un brun noirâtre, mais à bords latéraux roussâtres; celles des côtés de la tête et de la gorge d’un roux-brun et à bords roussâtres ou blanchâtres. Une tache en moustache peu large et une tache semblable sur la ligne médiane de la gorge d’un noir ou brun noirâtre. Les autres parties inférieures de l'oiseau d'un blanc relevé, en grande partie, sur chaque plume, par une fache d'un brun clair ou brun rougeàtre clair. Ces taches sont étroites ou manquent même, en partie, sur le jabot, les plumes sous-caudales et le bas-ventre; elles sont par contre excessivement larges et ovalaires sur la poitrine, le ventre, les flancs et les plumes des jambes. Couvertures inférieures des ailes d'un blanc jaunâtre relevé, sur chaque plume, par une large tache semblable à celles de la poitrine; mais celles des grandes couvertures tirant au brun grisàtre.
Manteau, dos, face supérieure des ailes et de la queue d’un brun plus ou moins foncé suivant l’état plus ou moins parfait des plumes, et relevé, à l'exception du manteau, du dos et des couvertures alaires, par de larges bandes d’un brun clair. On compte environ quatre de ces bandes sur les rémiges, les dernières scapulaires et les rectrices ; mais la bande basale passe plus ou moins parfaitement au blanc, et ces bandes sont en général plus ou moins blanchâtres à la face inférieure des rémiges et des rectrices. Ces dernières sont en outre terminées de brun clair, et les plumes des parties supérieures présentent en général des bordures plus ou moins sensiblement prononcées d’un brun pâle.
Aile 11 pouces 2 lignes et 11 pouces 5 lignes; pointe de l’aile 2 pouces 9 lignes et 3 pouces 2 lignes; queue 7 pouces et 7 pouces 5 lignes; longueur du bec sans la cire, 11 lignes; hauteur de la mandibule supérieure 5 lignes et demie; tarse 15 à 16 lignes: doigt du milieu 16 lignes; ongle de ce doigt 8 lignes.
L'iris de l'oeil est d’un brun jaunâtre; les pieds sont d’un jaune blanchâtre dans le vivant.
Nous n'avons pu nous procurer que deux individus de cette espèce, savoir un mäle tué le 7 Septembre 1865 près de Sjangoï, et une femelle tuée le 30 Juillet 1865 dans l’île de Nossi-bé. Ces deux individus ont le plumage un peu usé, aussi commence-t-il à régénérer sur le dos et les ailes.
Ces oiseaux que les naturels de Madagascar confondent avec le Buteo brachypterus porte chez eux, comme celui-ci, le nom de Tinoro. Ils se tiennent de préférence à la lisière des forêts, qui se trouvent dans les lieux marécageux et se nourrissent principalement d'insectes, tels que cigales, guêpes, abeilles, mantis etc. Ils sont faciles à tuer, car ils restent, sans se mouvoir, à regarder stupidement le chasseur qui les approche. Mon ami, M. Lantz, les a rencontrés à la Côte-Est de Madagascar et en a également tué
un couple.
STRIX FLAMMEA.
Linné; Hartlaub Madagascar, p.24
Voir sur cette espèce et sa répartition géographique: Schlegel, Muséum des Pays-Bas, Striges, p. 24.
Sganzin qui, le premier, a observé l’effraie de Madagascar, veut qu’elle se distingue constamment de l'espèce d'Europe; Hartlaub, qui en a examiné un individu conservé dans les galéries du Musée de Paris, constate, par contre, qu'elle ne présente pas de différence notable.
A juger de cinq individus tués à la Côte Nord-Ouest de Madagascar, l’effraie de cette île, tout en se rattachant intimement aux individus de l’effraie commune de l’ancien Monde, offre cependant, en général, une taille un peu plus forte et des pieds un peu plus robustes. Elle est, sous ce rapport, intermédiaire entre les individus de cette effraie commune de l’ancien Monde et ceux de l'Amérique. Du reste, il n'existe guère la possibilité, ni la nécessité, de séparer spécifiquement les individus de l’effraie commune, suivant les différentes localités qu’elle habite.
Voici les mesures principales de nos individus. Aile 10 pouces 4 lignes à 11 pouces 5 lignes; queue # pouces 7 lignes à 5 pouces; tarse 2 pouces 5 lignes à 2 pouces 9 lignes; doigt du milieu 14 à 17 lignes.
Cet oiseau, répandu dans presque toutes les régions du globe, se trouve également à Madagascar où il est commun. Nous l'avons surtout trouvé en abondance dans les forêts qui avoisinent la rivière de Congoni, située au fond de la baie de Passandava, ainsi que dans l’îlot de Sacatia situé près de Nossi-bé. Les Malgaches regardent l’effraie comme un satellite du diable et lui donnent pour cette raison le nom de Vouroun-doulou, ce qui signifie oiseau du diable. Quand cette chouette crie très fort pendant la nuit, ils croyent que cela présage un malheur à quelqu'un. Aussi racontent-ils beaucoup de fables et d’anecdotes au sujet de ces oiseaux. Le vouroun-doulou des Malgaches à les mêmes habitudes et la même manière de vivre que notre effraie, excepté qu'il se tient, au défaut de masures, dans les arbres de la forêt.
SCOPS MENADENSIS.
Bonaparte, Consp., 1, p. #7. — Strix menadensis, Quoy et Gaimard. — Scops rutilus, Pucheran, Rev. et Mag. de Zoologie, 1849, p. 29 et Archives du Mus. 4, p. 326, pl. 22; Kaup, Trans. Zool. Soc. 4, p. 229.
M. Hartlaub, Madagascar, p.25, a fait observer, à juste titre, que le Scops de Madagascar ne diffère pas de celui de Célèbes; mais ce savant adopte, comme espèce par-
ticulière le Scops rutilus de Pucheran, qui n’est évidemment fondé que sur des individus à teinte du fond rousse du Scops menadensis. Or, on sait que les teintes du plumage des Scops et d’autres Oiseaux nocturnes, par exemple de l’Ulula aluco, sont excessivement sujettes à varier et que c’est plus particulièrement la teinte du fond qui varie depuis le gris blanchâtre jusqu’au roux très intense. Au reste, tout le monde connait ces variations dans le Scops asio et dans le Scops zorca de l'Asie, et elles sont également fréquentes dans les Scops menadensis et magicus.
Ces deux espèces ne paraissent se distinguer entre elles que par leur taille, plus forte dans le magicus que dans le menadensis. Leur répartition géographique présente des faits très curieux.
Nous possédons 24 individus de ce Scops magicus ou leucospilos de Gray. Ils ont été recueillis à Ternate, Batjan, Halmahéra, Amboine, Bourou, dans le groupe d’Arou, à Soumbawa, et nous en avons même deux, indiqués par feu Forsten, comme tués à Gorontalo à Célèbes.
L'espèce ordinaire de cette grande île se rapporte cependant au Scops menadensis, dont nous ne possédons que 13 individus recueillis, pour la plupart, dans différentes parties de Célèbes; et dont un seul vient du groupe de Soula, un autre de l’île Siao du groupe de Sanghir, un autre de Madagascar et deux autres de l’île de Flores, près de Timor. Les teintes de cette espèce ne sont pas moins variables suivant les individus que cela a lieu dans les espèces voisines. En effet, dans les uns, c’est le gris, dans d’autres le brun foncé, dans d’autres encore le roux vif qui forme la teinte dominante.
Notre individu de Madagascar tient, sous ce rapport, le milieu entre tous les autres. C'est une femelle qui offre les dimensions suivantes. Aïle 5 pouces 7 lignes; queue 8 pouces 1 ligne; bec 9 lignes; tarse 13 lignes, doigt du milieu 9 lignes et demie.
Oeil et doigts jaunes; bec d’un noir bleuâtre.
Il est assez difficile de se procurer des individus de cette espèce, quoiqu'elle soit assez généralement répandue à Madagascar. Elle se tient de préférence dans les vieux tamariniers, où elle fait entendre, pendant les nuits sombres, son cri monotone et lugubre /COU, COU, COU.’ grands lépidoptères et d’autres insectes. Le Scops menadensis porte à Madagascar, chez les Antancars et les Sakalaves du Nord, le nom de Toutouroucou, à cause de son cri.
Elle vit de chauve-souris, de souris, de petits oiseaux, de lézards, de
Quand une de ces chouettes commence à crier, toutes les autres qui se trouvent dans le voisinage, répondent tout d’un coup en poussant les mêmes sons.
NOCTUA POLLENI.
Schlegel, Contributions, 1. c., p. 81.
Cette espèce rappelle sous beaucoup de rapports le Strix superciliaris de Vieillot, ou
Strix Sonnerati décrit et figuré par Temminck, PI. col. 24, d’après un individu ‘indiqué comme ayant été rapporté par Sonnerat de Pondichéry.
Elle s’en distingue cependant par ses pennes caudales et ses grandes rémiges pourvues de taches claires, tandis que ces parties sont uniformes dans la Noctua superciliaris; par la présence d’une large écharpe noirâtre terminant la gorge et s'étendant jusque vers le bord postérieur de la région des oreilles; par cette région plus foncée; enfin, par la teinte du fond des parties supérieures tirant beaucoup moins au rougeâtre.
Nous possédons de cette espèce deux mâles, ne différant entre-eux que par la teinte du fond de la poitrine et du ventre, laquelle est, dans l’un, blanche, dans l’autre individu, roussâtre. Ces deux individus présentent les caractères suivants.
Aile 6 pouces 10 lignes; queue 4 pouces à 4 pouces 2 lignes; tarse 13 lignes; doigt du milieu 9 lignes à 9 lignes et demie.
Iris de l'oeil noir. Bec très robuste, d'un blanc jaunâtre ou bleuâtre, mais plus ou moins fortement teint de noir bleuâtre à sa partie basale. Pieds d’un blanc jaunâtre. Doigts parsemés de soies très raides, clair-semées et brunes. Tarses revêtus de plumes touffues roussâtres. Troisième rémige un peu plus courte que la quatrième et la cinquième, qui sont de la même longueur. Queue un peu arrondie. Dessus de l'oiseau d’un brun foncé, légèrement pourpré et tirant un peu au roussâtre ou au grisâtre. (Cette teinte est cependant interrompue par de fines taches rondes et blanches, semées sur la nuque et le dessus de la tête, tandis que l’on en voit de beaucoup plus grandes sur les barbes externes des scapulaires et des couvertures moyennes et grandes des ailes; il existe encore des taches semblables, mais plus ou moins en bandes, sur les deux barbes des rémiges du second ordre et à la partie basale de celle du premier ordre. Les pennes de la queue, plus pâles en dessus qu’en dessous, offrent en outre des traces plus ou moins prononcées de taches en bandes, au nombre de sept environ. Les plumes de la face et la gorge sont d'un roussâtre passant au noirâtre vers la pointe des plumes. Il existe au dessus de l'oeil une raie roussâtre partant du front et, en arrière de la gorge, une large écharpe noirâtre s'étendant jusque vers la région des oreilles. Les autres parties inférieures sont blanches ou d’un blanc roussâtre; mais on voit, sur le jabot, la poitrine et l’avant-ventre, environ une quinzaine de bandelettes d'un brun rougeâtre. Les couvertures inférieures des ailes sont d’un blanc roussâtre, foncé vers le pli de l'aile et passant au brun à la partie terminale des grandes couvertures.
Nous avons observé cet oiseau, en 1864, dans les forêts de Syrangene et, en 1865, dans celles de Sjangoy, lieux situés l’un et l’autre dans la partie Nord-Ouest de Madagascar. Cette chouette que les Sakalaves du Nord et les Antancars nomment Touwe-touwe-cou n’est pas rare dans les contrées que nous venons de mentionner. Elle a l'habitude de fréquenter les clairières des bois, où elle fait la chasse aux chauve-souris, aux rats, aux souris, aux petits oiseaux dormants et aux grands lépidoptères nocturnes. C’est surtout pendant
ol
les nuits sombres que la Noctua Polleni vole, se perchant, à chaque instant, sur une branche, pour faire entendre, par intervalles, son cri assez fort de miao, miao. C'est alors que le chasseur peut réussir à l’abattre, quoiqu'il ne voie souvent que ses grands yeux ardents, qui brillent dans le feuillage comme des étincelles.
Nous avons souvent observé, dans les forêts qui avoisinent la rivière de Cogony, une espèce de Bubo qui approche par sa taille de notre Bubo maximus et qui n’a rien de commun avec le Bubo madagascariensis. Je suis certain de cela, parce que j'ai vu, à Maurice, chez mon ami Edward Newton, un individu de cette dernière espèce qui n'était pas plus grand que notre Strix aluco. Il nous a été malheureusement impossible de tuer ce grand
oiseau qui pousse des cris semblables à un fort grondement.
PSITTACUS OBSCURUS.
Bechstein, Latham, Uebersetzung, p. 89. — Psittacus vaza, Shaw. — Coracopsis vaza, Bonaparte; Hartlaub, Madagascar, p. 58. — Coracopsis comorensis, Peters, Sitzungshericht Acad. Berlin, 1854, p. 371. — Coracopsis melanorhyncha, Finsch, Nederl. Tijdschrift voor de Dierkunde, Berigten 1863, p. 20.
C’est le grand Vaza de Madagascar et de l’île Anjouan. Nous verrons plus bas que la teinte du bec est variable dans cet oiseau. Nous en avons examiné une série considérable d'individus tués à l’état sauvage.
Aile 10 pouces à 11 pouces 10 lignes; queue 6 pouces 9 lignes à 7 pouces 1 ligne; bec 17 à 19 lignes; tarse 10 à 11 lignes; doigt du milieu 17 lignes à 18 lignes et demie.
Bec blanc à l'époque des noces, noirâtre après la mue. Iris de l'oeil brun foncé. Pieds grisâtres.
M. Coquerel, Catalogue, p. 10, note, dit de cet oiseau. De Madagascar: autrefois très commun dans l’île de la Réunion; très rare aujourd’hui.
Ces perroquets se trouvent en abondance à Madagascar, dans les forêts qui avoisinent les parties cultivées. De tous les oiseaux de l’île, ce sont ceux qui se lèvent le plus tôt et qui se couchent le plus tard. Ils vivent par couples ou en petites bandes de 4 à 6 individus et se tiennent sur les arbres les plus élevés des forêts, choisissant plus particulièrement ceux qui sont les plus touffus. Îls se nourrissent de grains et de fruits d'arbres, mais, pendant la récolte du riz, ils se régalent de ces grains et deviennent excessivement gras. Suivant les malgaches, la ponte aurait lieu pendant les mois de Janvier et de Février, dans des trous d'arbres. Quant à moi, j'ai observé qu'ils se réunissent vers la fin d'Octobre en bandes considérables; on les entend alors, pendant une grande partie de la journée, pousser des cris ou plutôt des croassements très forts, pendant que les mâles se battent pour conquérir une femelle. Après le mois d'Octobre on les rencontre accouplés. Ils ont l'habitude de voler assez haut et hors de la
mn.
portée des coups de fusil. En volant, ils font entendre, par intervalles, des cris sifflants. On peut le mieux observer et chasser ces perroquets à l'heure du midi, quand la chaleur est ardente; ils se réfugient alors dans les forêts pour se reposer. S'il y en a plusieurs de réunis et qu'on a le bonheur d'en blesser un, on est presque sûr de tuer toute la bande, surtout quand l'oiseau blessé crie bien fort On peut alors abattre à son aise tous ceux qui viennent à son secours. Les malgaches prennent ces oiseaux quand ils sont jeunes pour les élever, et ils leur apprennent à parler et à siffler; leur éducation faite, ils les vendent aux blancs. (Cependant, j'ai souvent vu de ces perroquets apprivoisés dans des cases malgaches qu'on ne voulait vendre à aucun prix: tellement le propriétaire s'était attaché à son élève. (Cet oiseau présente le fait curieux que la couleur blanche du bec change totalement pendant le temps de la mue, en une teinte brunâtre ou noirâtre. Le grand Vaza se tient constamment séparé du petit; du moins, je n'ai jamais observé ces deux espèces ensemble. Les Antancars et Sakalaves nomment ces deux espèces Querra, ou bien ils distinguent le Psit. obscurus sous le nom de Querrabé, c’est à dire le grand Querra, et le Psit. niger sous celui de Querra-céli-céli c'est à dire le petit Querra.
PSITTACUS NIGER.
Linné, À, p.145. — Coracopsis nigra, Bonaparte; Hartlaub, Madagascar, p. 59.
Le petit Vaza parait être propre à l'île de Madagascar. Nous en avons examiné une quinzaine d'individus tués à l’élat sauvage.
Aile 8 pouces 2 lignes à 9 pouces; queue 6 pouces 2 lignes à 6 pouces 9 lignes; bec 11 lignes et demie à 12 lignes et demie; tarse 8 lignes à 8 lignes et demie; doigt du milieu 13 lignes à 13 lignes et demie.
Bec noirâtre, üirant quelquefois sur le blanchâtre à la mandibule inférieure. Pieds grisâtres. Jris de l'oeil brun.
Cette espèce a presque les mêmes habitudes que le Psittacus obscurus; mais on la trouve plus souvent et en plus grande abondance. Ce perroquet a le caractère bien plus doux que le grand Vaza et il est beaucoup moins méfiant; on le voit aussi plus souvent chercher sa nourriture à terre. Il se nourrit de grains et de fruits d'arbres, mais le plus souvent de ceux des arbustes. Les indigènes prétendent que le petit Vaza ne niche pas dans le même mois que le grand; cependant, je les ai trouvé déjà accouplés en Novembre. Ces oiseaux vivent ordinairement en familles de six à douze individus et ils aiment à se balancer dans les touffes des arbres pendant la grande chaleur du jour. Comme leurs congénères, ils font de grands ravages dans les champs de riz. Ils détériorent souvent les Jeunes arbres et ne sont pas bien vus, pour cette raison, des malgaches. Quand ils volent, ils font entendre, par intervalles, un sifflement assez agréable; mais
quand ils se battent entre-eux ils poussent des croassements perçants et désagréables. Le petit Vaza s’apprivoise facilement, il apprend à parler et à siffler des airs, et imite presque tous les sons qu'il entend. Chez cette espèce, on observe les mêmes changements de la couleur du bec que dans le grand Vaza. La chair de ces oiseaux est très dure et coriace; mais en la bouwillant on en obtient un potage excellent, très sain et même plus fortifiant que la soupe de poulet. Cette espèce porte chez les Antancars et Sakalaves le nom de Querra-céli-céhi.
PSITTACULA CANA.
Wagler, Monogr., p. 625. — Psittacus canus, Gmelin. — Poliopsitta cana, Bonaparte: Hartlaub, Madagascar, p. 59.
Cette petite espèce, originaire de Madagascar, à été introduite à la Réunion et à Mauritius.
Oeil brun; bec d’un blanc bleuâtre. Pieds d’un gris noirâtre.
M. Coquerel dit de cet oiseau dans son Catalogue des oiseaux de la Réunion. Originaire de Madagascar: elle est assez rare à Bourbon.”
Cette perruche que les Antancars et les Sakalaves du nord nomment Carocou est très abondante dans les lieux où les malgaches cultivent leur riz. On conçoit facilement, que ces oïseaux, qui sont presque exclusivement granivores, font de grands ravages pendant la récolte du riz. Ils vivent en société, mais dans le temps de la ponte par couples; souvent j'ai vu des bandes d’une centaine et quelquefois de vrais nuages de ces oiseaux, faisant continuellement entendre, du matin jusqu'au soir, leur cri perçant de ”cru-cru.” À certaines époques, elles perchent par bandes, l’un presque collé à l’autre, sur les branches des ouattiers, et c’est alors que les malgaches les prennent avec une espèce de glu dont ils enduisent ces branches, soit pour les manger, soit pour les vendre, enfermés dans de petites cages construites de raflia, aux blancs qui traitent sur les côtes. J'ai souvent essayé de les tenir en cage; mais ils moururent presque toujours du spasme aux pieds ou, séparés les uns des autres, par suite de languissement. (Cette espèce de perruche a été introduite aux îles de la Réunion et de Maurice, mais il parait qu’elle ne se multiplie guère dans ces îles. Les lieux qu'elle préfère sont les plaines cultivées, mais entrecoupées de broussailles.
CUCULUS ROCHIL.
Hartlaub, Proc. Zool. Soc. London, 1862, p. 224. — Cuculus canorus, Hartlaub, Madagascar, p. 63.
Le coucou de Madagascar offre absolument les mêmes teintes et les mêmes formes que
le coucou ordinaire; mais il est d’une taille beaucoup moins forte et le cède même, sous ce rapport, au Cuculus striatus des Indes et au Cuculus capensis de l'Afrique, espèces qui, du reste, s’en éloignent par d’autres caractères (voir Schlegel, Muséum, Cuculi). Notez également que l'iris de l’oeil est, dans le coucou de Madagascar, jaune comme dans le coucou ordinaire et non pas brun comme dans le Cuculus striatus des Indes.
Aïle 5 pouces 9 lignes à 5 pouces 11 lignes. Queue 5 pouces 3 lignes. Bec 8 lignes. Tarse 7 lignes. Doigt du milieu 7 lignes et demie.
Inis de l'oeil et pieds jaunes; bec bleu-noir, en dessous jaunâtre.
Ce coucou se trouve assez fréquemment dans les contrées de la partie Nord-Ouest de Madagascar que nous avons explorée. Comme on a pu voir, il n’y a aucun doute que cette espèce ne soit très différente de notre coucou commun que l’on avait énuméré à tort dans la Faune de la grande île Africaine. Elle est du reste beaucoup plus petite et a la voix tout à fait différente. Le Cuculi Rochi vit isolément; jamais je ne l'ai rencontré par couples. Il est très méfiant, et par cela difficile à trouver et à tuer, il fréquente surtout la lisière des fôrets et fait entendre, de temps en temps, son cri rappelant presque la voix humaine et composé des syllabes: cong-cong-cong. C’est pour cette raison que les Antancars lui donnent le nom de Boto-cong-cong. On entend sa voix qui n'est pas désagréable de très loin, soit avant que l'aurore se montre derrière les montagnes, soit longtemps après le coucher du soleil. Cette espèce vit d'insectes, surtout de chenilles et de guèpes.
LEPTOSOMUS AFER.
G. R. Gray; Hartlaub, Madagascar, p. 63.
Nous avons pu examiner une vingtaine d'individus de cette espèce, assez connue des naturalistes. Ils ont été tués à Madagascar et dans l’île de Mayotte.
Aïle 8 pouces 11 lignes à 9 pouces 5 lignes; queue 7 pouces 8 lignes à 7 pouces 8 lignes; bec 19 à 91 lignes.
Bec d’un brun-noir. Pieds couleur d'orange. Iris de l'oeil gris-brun.
Les indigènes de la partie Nord-Ouest de Madagascar désignent cet oiseau sous le nom de Cyrombo. Il a la singulière habitude de planer dans l’air et de faire entendre, en reployant les ailes contre le corps, un cri très fort. Ce cri, rappelant les syllabes de Tu-Hou! Tu-Hou! Tu-Hou! va en augmentant en force. Nulle part nous n’avons trouvé cet oiseau en plus grand nombre que dans les forêts qui avoisinent les baies de Boény et Jongony, dans la partie Sud-Ouest de l’île de Mayotte. Le tapage qu'ils font pendant toute la journée est vraiment ennuyant. Quoique très actifs comme crieurs, ces oiseaux sont paresseux et stupides: aussitôt qu'ils se sont perchés sur une branche d'arbre, ils y restent, pour ainsi dire, immobiles et dans une position perpendiculaire, de sorte qu'il
est facile de les apercevoir et de les abattre. En les apercevant dans une position pareille, on croirait voir des oiseaux empaillés. Je suppose qu’ils vivent en polyandrie, parce qu'on voit toujours trois fois plus de mâles que de femelles; souvent j'ai rencontré trois mâles en compagnie d’une seule femelle, et tous se laissaient tuer l’un après l’autre. En effet, quand on en a tué un, les autres ne bougent même pas, ou se contentent simplement de se déplacer d’une branche à une autre. Ces oiseaux vivent principalement de sauterelles, mais ils dévorent aussi des chaméléons et des lézards, ce qui donne à leur chair une odeur désagréable, semblable à ce que l'on observe dans celle du Cuculus canorus. En préparant ces olseaux, nous en avons souvent trouvé qui etaient couverts d’une espèce de gros parasite de la famille des Ornithomya, offrant une teinte d’un vert sale. Je n'ai pas été à même d'étudier la propagation de cet oiseau; mais, étant à Mayotte, j'ai vu un individu faire un nid d’une espèce de joncs dans le trou d’un grand badamier, Terminalia cappa. Ces oiseaux, en criant, gonflent la gorge de la sorte que cette partie offre l'apparence d'une espèce de poche pendante. Blessés, ils hérissent les plumes frontales et auriculaires, ainsi que celles de la gorge et se défendent en distribuant des coups de bec bien appliqués. Les cyrombos jouent dans les chants et récits religieux des malgaches un grand rôle. Les colons français de Mayotte appliquent à ces oiseaux le nom de Perroquet. Communs à Madagascar et à Mayotte, ils ont encore été observés,
suivant Sclater, dans l’île d'Anjouan.
COUA COERULEA.
G. R. Gray, Genera of Birds; Hartlaub, Madagascar, p. 60. — Cuculus madagascariensis coeruleus, Brisson. — Cuculus coeruleus, Linné.
Nous avons examiné une vingtaine d'individus de cette espèce, très répandue dans l’île: de Madagascar.
Aile 6 pouces 5 lignes à 7 pouces; queue 8 pouces 9 lignes à 9 pouces 7 lignes; bee 9 à 10 lignes; tarse 23 à 24 lignes; doigt du milieu 14 lignes et demie à 15 lignes et demie.
Iris de l’oeil brun. Bec et pieds nours.
Pendant le premier voyage que nous avons fait dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, nous n’avons rencontré qu'un seul individu de cette espèce, tandis que nous l'avons observée en abondance lors de la seconde visite que nous y avons faite en 1865, notamment dans les forêts qui avoisinent le fleuve de Congony abouchant dans la baie de Passandava.
C'était surtout dans les fôrets qui avoisinent cette grande baie que nous avons trouvé cet oiseau en grand nombre. Les indigènes le désignent du nom de Maria. Il se tient de préférence dans les forêts de paletuviers. On le voit ordinairement sautiller dans les broussailles ou sur les branches les plus inférieures des arbres élevés, en battant
continuellement de la queue et en faisant entendre le cri monotone de cir-cir-cir ”” fl se nourrit principalement de chenilles, de chrysalides et d’autres larves d'insectes, ainsi que de petits molusques, notamment de colimaçons. Le vol de ces oiseaux est lourd et presque toujours en ligne droite. Ils mènent ordinairement une vie solitaire, mais ils vivent vers le temps de la ponte par couples; rarement on les voit réunis par petites compagnies.
COUA CRISTATA.
Gray, Genera of Birds; Hartlaub, Madagascar, p. 62. — Cuculus madagascariensis cristatus, Brisson. — Cuculus cristatus, Linné. — Serisomus cristatus, Swainson.
Nous avons sous les yeux une vingtaine d'individus de cette espèce.
Aile 5 pouces à 5 pouces 4 lignes; queue 7 pouces 6 lignes; bec 9 lignes; tarse 18 lignes; doigt du milieu 11 lignes à 11 lignes et trois quarts.
Jris de l'oeil rouge. Bec et pieds noirs.
Cette espèce de coua appartient aux oiseaux communs dans la partie Nord-Ouest de Madagascar. Elle fréquente surtout les forêts de paletuviers et fait entendre, en grimpant ou plutôt en sautant de branche en branche, son cri monotone ”toc-toc-toc.” En criant, elle lève sa huppe et bat de la queue et des ailes à chaque instant. Son vol est difficile, et le plus souvent descendant; aussi ne bat-elle guère des ailes en volant. Elle se tient ordinairement dans les branches basses des arbres et aime, comme le toulou, à se reposer, pendant les grandes chaleurs, dans les touffes d'arbres, en gonflant ses plumes et en se couchant complètement sur les branches. Sa nourriture consiste en limaçons et en insectes qui se trouvent dans les lieux marécageux. La manière de vivre de ces oiseaux a, du reste, beaucoup d’analogie avec celle du Coua coerulea. Ils sont, comme celui-ci, faciles à abattre, puisqu'ils ne se méfient pas du chasseur. On les rencontre ordinairement par couples. Les indigènes de la partie Nord-Ouest de Madagascar les désignent sous le nom de Tywoucou. M. M. Lantz et Grandidier ont rapporté bon nombre d'individus de cette espèce de la partie orientale de la grande île Africaine.
COUA REYNAUDII.
Pucheran, Revue zool., 1845, p. 41; Guérin, Magazin, Oiseaux, pl. 56; Hartlaub, Madagascar, p. 61.
Nous n'avons pu examiner que quatre individus de cette espèce.
Aile 5 pouces; queue 7 pouces 7 lignes; bec 8 lignes; tarse 19 lignes; doigt du milieu 12 lignes à 12 lignes et demie.
Iris de l'oeil rouge; bec et pieds noirs.
Cette espèce est assez rare dans la partie Nord-Ouest de Madagascar que nous avons
explorée. Les indigènes mêmes ne connaissent que très peu cet oiseau et il ne porte pas même de nom particulier dans leur pays. On ne sait que fort peu sur sa manière de vivre. Il se tient presque continuellement à terre. Quand on le chasse, il se contente de voler, en rasant la terre, jusqu'à une petite distance, pour se reposer aussitôt de rechef. On le rencontre presque toujours par couples. Il hante les clairières des bois et se nourrit de larves de coléoptères et de petits limaçons, qu'il cherche à terre sous le feuillage. Nous avons observé cette espèce en Octobre 1864 dans les fôrets de Syrangene dans l'intérieur, et en Août 1865 à Ambani-alla dans la baie de Passandava. Mon ami Lantz, naturaliste voyageur français, en à rapporté des échantillons des environs de Tintingue dans la partie orientale de Madagascar.
CENTROPUS MADAGASCARIENSIS.
Cuculus melanorhynchus, Boddaert. — Cuculus tolu, Gmelin. — Centropus tolu, auctorum. — Corydonyx melanorhynchus, Cabanis. — Centropus tolu et superciliosus, Hartlaub (nec Rüppell), Madagascar, p. 60. — Centropus tolu et Lafresnayi, J. Verreaux.
On a pu voir par ma monographie des Centropus, Muséum, Cuculi, p. 60, combien ces oiseaux sont variables par leur taille et leurs teintes, que les femelles présentent généralement une taille plus forte que les mâles, et que leur livrée imparfaite est très différente du plumage parfait. (Ces phénomènes, négligés par les auteurs, ont donné lieu à l'établissement d'un nombre considérable d’espèces nominales et on a pu voir par l'énumération de la synonymie de l'espèce de Madagascar qu'elle n'a pas échappé au sort commun des espèces du genre. 3
Il n’existe en effet, à Madagascar, qu’une seule espèce de Centropus et elle est sujette, par rapport aux variations de sa taille et de ses teintes, absolument aux mêmes lois que les espèces voisines, savoir les Centropus rectunguis et monachus. Il est par conséquent clair que M. Hartlaub a pris les individus au plumage imparfait comme appartenant au Centropus superciliosus (qui, lui-même, n’est fondé que sur des individus au plumage imparfait du Centropus monachus), et que M. Verreaux a établi son Centropus Lafresnayi sur des individus au plumage imparfait ou présentant des variations individuelles de l'espèce de Madagascar.
Les mesures suivantes sont empruntées à une vingtaine d'individus du Centropus de Madagascar. Mâles: aile 5 pouces 2 lignes à 6 pouces 7 lignes; queue 8 pouces 1 ligne à 9 pouces 9 lignes: bec 12 à 15 lignes; tarse 16 à 18 lignes; doigt du milieu 11 à 13 lignes. Femelles: aile 6 pouces à 6 pouces 4 lignes; queue 9 pouces 8 lignes à 10 pouces; bec 414 à 15 lignes; tarse 17 à 18 lignes; doigt du milieu 13 à 14 lignes.
Cet oiseau appartient au nombre des plus communs de Madagascar, du moins dans
les parties que nous avons parcourues. Îl ne se méfie pas de l’homme, est toujours
en action et fait entendre très souvent son cri fort et monotone de toulou-toulou. En prononçant ces syllabes, il est presque toujours perché sur une branche d’arbuste, gonflant ses plumes, haussant et baissant la tête et battant des ailes et de la queue, chaque fois qu'il pousse son cri. Il se tient de préférence dans les broussailles, surtout dans les mimosa’s qui sont répandus dans ces endroits où les indigènes ont défriché les forêts. Le toulou, c’est le nom qu'il porte chez les Antancars et Sakalaves, aime à grimper de branche en branche dans les arbres et se reposer pendant la grande chaleur du jour dans les arbustes, en gonflant ses plumes et en se couchant complètement sur les branches. Quand un de ces oiseaux crie, tous ceux qui se trouvent dans le voisinage, répondent de la même manière à cet appel. On entend son chant monotone même durant les belles nuits et la monotonie de ce chant est bien propre à produire une certaine tristesse chez le chasseur qui, loin de sa patrie, se sent souvent isolé et délaissé dans ces contrées sauvages. Le toulou mène le plus souvent une vie solitaire; cependant, on trouve ces oiseaux quelquefois par couples ou en petites familles de trois à quatre individus ensemble, mais toujours éloignés à une certaine distance les uns des autres. La voix de la femelle est plus basse et plus forte que celle du mâle. C'est vers le mois d'Octobre que ces oiseaux commencent à s’accoupler et à nicher. Le mid qu'ils construisent est ordinairement placé dans des arbustes à une hauteur de dix à douze pieds du sol; il a la forme d’une boule pourvue d’une ouverture latérale qui est à peine assez grande pour que l'oiseau puisse y passer. Îl est construit d’une espèce de jone et d’autres herbes et ne présente que peu d'art. Les oeufs, le plus souvent au nombre de quatre, sont assez petits pour la taille de l'oiseau. Ils ont à peu près la grandeur des oeufs d'étourneau et offrent la même forme que ceux-ci; mais ils sont plus allongés et d’un blanc uniforme, Les petits ont un vilain aspect, puisqu'ils ont la tête très grosse pour leur taille, une peau de couleur noirâtre et parsemée de longs poils blancs. Il paraît qu'ils muent une seule fois par année: j'ai tué dans les mois de Juin et de Juillet des individus en mue complète. Quant aux changements des couleurs du plumage, nous faisons observer que la teinte jaune roussâätre de la livrée qu'ils portent durant les mois de Février, Mars, Avril et Mai, passe successivement au noirâtre, et cela sans que les plumes tombent. Le toulou se nourrit surtout d’orthoptères et de larves d'insectes, mais dans une certaine partie de l’année, il mange les grains d’une espèce de malvacée. Il paraît aussi qu'il fait la chasse aux petits oiseaux, parce que, ayant mis en cage un individu en société de quelques foudias, il se jeta sur eux pour les tuer et dévorer. On voit ces oiseaux souvent dans les hautes herbes faire la chasse aux sauterelles et, suivant les indigènes, aux souris. Leur vol est lourd, égal, et rasant presque toujours la terre; mais ils descendent de haut en bas avec beaucoup de vitesse. On a prétendu que ces oiseaux se trouvent aussi à Mayotte; quant à nous, nous ne les avons jamais observés dans cette île; mais
bien dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, ainsi que dans les îles de Nossi-Bourrah (Saint-Marie), Nossi-bé et Nossi-falie.
ALCEDO VINTSIOIDES.
Lafresnaye, dans Guérin, Mag. de Zool. 1836, pl. 74. — Corythornis vintsioides, Kaup; Hartlaub, Madagascar, p.31.
Nous avons examiné une douzaine d'individus de cette petite espèce, provenant de Madagascar et de l’île de Mayotte.
Elle a le bec noir, les pieds d’un rouge vermillon et l'iris de l'oeil brun.
Aïle 2 pouces 1 ligne à 2 pouces 8 lignes; queue 13 à 14 lignes; bec 12 lignes et demie à 15 lignes; tarse 8 lignes et demie à 4 lignes; doigt du milieu # lignes et demie à 5 lignes.
Cet oiseau est très commun à Madagascar et à Mayotte. On le voit toujours aux bords des rivières, des ruisseaux, des lacs, des cataractes, et dans les forêts de palétuviers s'étendant le long de la côte maritime. Ils se nourrit de petits poissons et de certains insectes aquatiques, sur lesquels ils se lance avec rapidité. Cet oiseau a du reste la même manière de vivre que notre martin-pêécheur, aussi le cri qu'il fait entendre ressemble-t-il beaucoup à celui de cette espèce. A Mayotte, on le voit souvent percher sur les feuilles de la canne à sucre près des canaux qui traversent les champs, ayant continuellement les yeux fixés sur la surface de l’eau, et attendant avec patience le moment qu’un petit poisson ou un insecte se présente au dessous de lui, pour sy lancer lestement en plongeant dans l’eau. Ayant saisi sa proie, il retourne, afin de la dévorer sur la tige qu'il vient d'abandonner; on le voit aussi élever la huppe, hausser et baisser la tête, pour rester ensuite, souvent pendant une heure, dans une position presque immobile. Cette espèce est nullement farouche et se laisse facilement approcher. Elle vit presque toujours solitaire, quelquefois par couples et on ne voit rarement plus de trois individus ensemble. Nous avons trouvé cet oiseau à Mayotte, à Nossi-bé, à Nossi-falie, à Tani-kely, à Nossi-Bourrah et à Madagascar. Dans cette
dernière île, il porte le nom de Bintsi.
DACELO MADAGASCARIENSIS.
Ispida Madagascariensis, Brisson, Orn., IV, p. 508, pl. 38, fig. 1. — Dacelo rufulus, Lafresnaye. — Ispidina madagascariensis, Bonaparte.
Cette espèce qui rappelle par sa petitesse et ses teintes, les Dacelo à trois doigts (Ceyx), et plus particulièrement le Dacelo rufidorsa de Java, s'en éloigne cependant par ses pieds pourvus de quatre doigts. Elle se rapproche sous ce rapport d’une espèce de Célèbes,
récemment découverte, savoir le Dacelo fallax, Schlegel, Contributions, F, dans le Nederlandsch Tijdschrift, vol. 2.
Nous ne possédons qu'un seul individu de ce joli oiseau. C’est une femelle qui présente les détails suivants. :
Aile 2 pouces 8 lignes; queue 14 lignes; bec 13 lignes; tarse 3 lignes et trois quarts; doigt du milieu 4 lignes et trois quarts de ligne.
Bec, pieds et iris de l'oeil rouges.
Dessous, à l'exception des flancs, ainsi qu’une mêche de plumes sur les côtés du cou blancs. Pennes et plumes des ailes noirâtres, mais bordées de roux. Toutes les autres parties de l'oiseau d’un roux vif, pourpré sur la tête et le dos.
Cette jolie espèce est très rare dans les contrées que nous avons explorées à Madagascar. Nous ne l’avons observée qu'une seule fois; c'était le 15 Août 1865 dans une forêt près du village Ambany-alla. Il paraît que ces oiseaux ne fréquentent que les forêts, comme l'indique leur nom indigène de Bintsi-alla, ce qui veut dire Bintsi de la forêt. Leur manière de vivre nous est inconnue; la seule chose que nous avons observée c’est que, quand ils sautent d’une branche à l’autre, ils font entendre un petit cri sifflant.
On énumère, depuis Brisson, parmi les Dacelo de Madagascar, une autre espèce, habitant l'Asie, depuis la Syrie jusqu'aux Philippines. C’est le Dacelo fusca, Schlegel, Muséum, Alcedines, p. 28; Alcedo fusca, Boddaert d’après Buffon, PI. enl. 232 et 894; Ispida madagascariensis coerulea, Brisson, Ornith., IV, p. 496; Alcedo smyrnensis, Linné; Alcedo gularis, Kuhl, et Alcedo melanoptera, Temminck, nec Horsfeld; Halcyon gularis, Swainson, Hartlaub, Madagascar, p. 80. Cette espèce n'ayant pas été retrouvée à Madagascar, on peut d'autant plus révoquer en doute l'indication de Brisson qu'il a obtenu son individu de l’intendant Poivre, qui a encore fait faire des collections ailleurs, notamment aux Philippines.
MEROPS SUPERCILIOSUS.
Linné, 1, p.183; Hartlaub, Madagascar, p.931. — Apiaster madagascariensis, Brisson. — Merops aegyptius, Forskal. — Merops Savignyi, Swainson. — Merops Vaillantii, Bonaparte.
Cette espèce est répandue dans toute l'Afrique jusque dans le Sud de l’Europe, l'Asie mineure, les îles Comores et Madagascar. On ne peut guère établir des distinctions suivant les lieux qu’habitent ces oiseaux. Il n’en est pas moins vrai, cependant, que les individus de certaines localités offrent des différences dans les nuances des teintes; mais ces différences ne sont ordinairement sensibles que dans les adultes, elles sont de très peu d'importance et sujettes à des variations individuelles: en un mot, en adoptant ces distinctions, on serait embarrassé à chaque pas, lorsqu'il s'agirait de les circonscrire.
Quant à nos individus de Madagascar et de l’île de Mayotte, dont le nombre s'élève
à une trentaine, ils ont été tués tous dans la moitié de l’année qui répond à notre saison froide, et par conséquent, hors de la saison des amours. Ils offrent en général des teintes moins vives que ceux tués sur le Continent de l’Afrique et dans l’Europe méridionale, et c’est plus particulièrement le dessus de la tête qui saute aux yeux parce qu'il offre une forte teinte d’un brun olivâtre. Cette teinte olivâtre se répand encore ordinairement, quoique d’une manière beaucoup moins sensible, sur les autres parties supérieures. On voit, cependant, dans un certain nombre d'individus, que l’olivâtre des plumes du dessus de la tête et du manteau commence à changer au vert, absolument comme cela a lieu dans les individus des autres contrées qu'habite l'espèce.
Aïle 4 pouces 9 lignes à 5 pouces 3 lignes; queue 3 pouces 2 lignes à 3 pouces 5 lignes; pennes mitoyennes de la queue 4 pouces 7 lignes à 5 pouces 8 lignes; bec 16 à 18 lignes; tarse 4 lignes à 4 lignes et demie; doigt du milieu 5 lignes à 5 lignes et demie.
Bec noir: Pieds bruns. [Iris de l'oeil rouge.
Nous avons rencontré cet oiseau dans les îles de Mayotte, de Nossi-bé, Nossie-falie et à Madagascar, où il est commun dans les lieux situés entre le promontoire Ambatou, les plaines de Syrangene et le long des hautes rives de sable bordant le fleuve Ambassuana. Îl y est assez généralement connu sous la dénomination de Saint-Esprit. IL se tient de préférence dans les planes sur la lisière des forêts ou le long des fleuves. On le voit presque toujours perché sur les branches d’un arbre mort dans les plaines et les clairières ou le long des bords des fleuves et des lacs. Ces oiseaux ont l'habitude de quitter, à chaque instant, la place qu'ils ont choisie pour y exercer la chasse, de tracer des cereles autour de l'arbre sur la branche duquel ils étaient perchés, en criant d’uñ ton doux airio! cirio!, pour reprendre de nouveau la même place. Perché, leur corps offre une pose perpendiculaire, ce qui ne les empêche pas d’attrapper avec adresse, au vol, les insectes qui passent devant eux. Ces oiseaux ne sont nullement farouches et laissent approcher le chasseur sans méfiance. Quand le coup de fusil a manqué, ils se bornent à revenir immédiatement sur la branche qu'ils occupaient, et ils répètent cette manoeuvre jusqu'à ce qu'un coup de fusil vient les tuer. Ces oiseaux vivent presque toujours par couples et rarement isolés; on les voit aussi quelquefois par bandes de 6 à 12 individus. Pour nicher, ils se réunissent en colonies. En montant le fleuve d’Ambassuana, nous vimes, à peu-près à moitié chemin de cette belle rivière, dans une espèce de haut rempart de sable, une quantité de trous entourés de guêpiers qui, en volant, ne cessaient de pousser des cris assez forts. J’ordonnais aussitôt à mes domestiques Antancars de sauter de l'embarcation à terre et de tâcher d'examiner ces trous. Cependant, ils refusaient d'exécuter mon ordre, parce qu'ils craignaient de s’enfoncer dans la vase qui se trouvait au pied du rempart. Le désir et la curiosité que j'éprouvais à la fois de savoir si ces trous récélaient des nids, m'engagea d'être le premier à sauter à terre, ce que je fis, m'enfonçant toutefois jusqu'aux genoux dans la vase. Aussitôt que mes Antancars et mon
créole bourbonnais Eugène me voyaient à terre, ils ne tardèrent pas de me suivre. Ads cependant reconnu l'impossibilité d'atteindre les trous, je fis descendre un de mes jeunes Antancars attaché à une forte corde et retirer, au moyen d’une baguette au bout de laquelle nous avions eu som d’attacher une fourchette, ce qui se trouvait dans ces nids. Malheureusement, tous les trous étaient vides, et l’ordure qui se trouvait à leur entrée, indiqua que les petits avaient déjà quitté les nids. Les guêpiers venaient en même temps de tous côtés et en nombre considérable voler autour de nous, en poussant des cris lamentables et s’approchant de très près du jeune Antancar. (Ces trous, cereusés en forme de tuyau, avaient une profondeur de près d’un mètre, avec une ouverture de la largeur d’une main de femme. Le fond en était garni de paille et de plumes. La ponte de ces oiseaux a lieu vers le milieu du mois d'Octobre. Les oeufs, presque toujours au nombre de deux, sont assez petits pour la taille de l'oiseau, très fragiles et d’un blanc pur. Ils muent dans les mois d'Avril et de Mai; du moins, tous ceux que nous avons tués dans ces mois, étaient en mue, les longues rectrices médianes de la queue leur manquaient et ils avaient perdu la couleur vive de leur plumage. Les Antancars et Sakalaves désignent ces oiseaux sous le nom de Sicirici-rico, emprunté à leur cri.
UPUPA MARGINATA.
Peters dans Bonaparte, Ateneo italiano, tom. Il, Agosto 1854; Hartlaub, Madagascar, p. 92.
On ne connait que quatre espèces de ce genre anormal, mais se rattachant naturellement aux Calaos (Buceros). Dans toutes, le mâle est ordinairement d’une taille plus ou moins forte que la femelle.
L'une d’entre elles se distingue de toutes les autres par ses grandes rémiges d’un noir uniforme et, par conséquent, dépourvues d’une bande blanche. Elle habite l'Afrique australe. C’est l’Upupa minor de Shaw, Gen. Zool., vol. 8, p. 189; Upupa africana, Lichtenstein, Dublettenverz., p. 16; Upupa cristatella, Vieillot, Galérie, vol. 2, p. 306, pl. 184; Upupa capensis, Swainson dans Jard. et Selby, IL. Ornith., pl. 142; je crois enfin que l’Upupa monolophus de Wagler, Syst. avium, p. 125, établi sur le Promerops promenar femelle de Levaillant, Promerops et Guépiers, pl. 9, repose sur un individu de cette espèce à queue imparfaitement développée ou artificielle. — Cette espèce est de taille peu forte; la temte dominante est d’un roux-rouge assez intense et il n'existe pas de blanc en dedans des taches terminales noires de la huppe. Aïle 5 pouces à 5 pouces 5 lignes; queue 3 pouces 6 lignes; bec 23 lignes et demie à 25 lignes.
Toutes les autres espèces de huppes ont les grandes rémiges ornées d’une large bande blanche. La première rémige est ordinairement noire; cependant, on lui voit quelquefois une tache blanche, mais ce trait est purement individuel et il existe même des individus
qui ont cette rémige, dans l’une de leurs ailes, d’un noir uniforme, tandis qu’elle est, dans l’autre aile, pourvue de cette tache blanche.
L'espèce ordinaire, Upupa epops de Linné, est reconnaissable à la teinte blanche ou blanchâtre, qui sépare le roux de la huppe de la tache noire de son extrémité. Aile 5 pouces 1 ligne à 5 pouces 7 lignes; queue 8 pouces 5 lignes à 3 pouces 11 lignes; bec 17 à 29 lignes. J'ai devant les yeux une série composée de vingt-cinq individus recueillis dans notre pays, en Allemagne, au Maroc, dans la Sénégambie, au Sennaar, au Cap de Bonne Espérance, et dans la Chine. L'espèce a encore été observée dans la Mésopotamie (Horsfield) et elle étend ses migrations depuis l'Asie centrale jusqu’au Bengale (Jerdon, [, 591). La huppe ordinaire porte encore les noms d’Upupa vulgaris, Pallas; Upupa bifasciata et major, Brehm; Upupa senegalensis Swainson (nec Blyth, quae Upupa indica); Upupa indica Hodgson (nec Layard), et Upupa maculigera, Reichenbach.
Une autre espèce, très voisine de la huppe commune, habite le Bengale jusqu’au Nipaul, l'Hindoustan et Ceylon. J'ai devant les yeux des individus de ces différentes contrées, dont l’un, de Pondichery, a le plumage teint de rouge par la poussière des terres ocreuses de son séjour, absolument comme cela a quelquefois lieu dans la Noctua brama. (Cette huppe, qui se rapproche par sa petite taille de l’Upupa minor, s'éloigne, en outre, de la huppe commune, par la teinte rousse de son plumage plus foncée, ainsi que par le manque de blanc en dedans des taches terminales noires des plumes allongées de la tête. Aïle # pouces 6 lignes; queue # pouces 9 lignes; queue 3 pouces À ligne; bec 21 à 24 lignes. C’est l’Upupa indica de Layard, dans Bonaparte, Ateneo italiano, Août 1854, p. 12; Upupa nigripennis, Gould, apud Horsfield et Moore, Catalogue, vol. 2, 1856—1858, p. 725; Upupa minor, Sykes (nec Shaw); Upupa senegalensis, Blyth {nec Swainson).
L'espèce de Madagascar, Upupa marginata de Peters, rappelle l'Upupa indica par le roux de canelle de son plumage un peu plus foncé que dans l’espèce ordinaire et parce que cette teinte n’est pas séparée, par du blanc, des taches terminales noires de la huppe; mais elle est, en général, d’une taille un peu plus forte que l'espèce commune, la barre blanche de la queue est, à l'ordinaire, un peu plus étroite et plus distante de l’extrémité de la queue qui est, proportions gardées, un peu plus allongée que dans la huppe commune.
Nous avons devant nous six individus de cette espèce, savoir trois mâles et trois femelles.
Mäles: aile 5 pouces 4 lignes à 6 pouces; queue 4 pouces 2 lignes à 4 pouces 6 lignes; bec 23 à 29 lignes.
Femelles: aile 5 pouces; queue 3 pouces 10 lignes; tarse 24 à 25 lignes.
Cette espèce de huppe découverte par M. le Professeur W. Peters dans les environs de la baie de Saint-Augustin à la Côte Sud-Ouest de Madagascar a été retrouvée par
nous dans la partie Nord-Ouest de cette île. Il paraît qu'elle n’a pas encore été observée dans la partie orientale de Madagascar. Nous l'avons toujours rencontrée par couples et fréquentant les lieux sablonneux. Les endroits qu’elle visite sont reconnaissables à une quantité de pelits trous creusés à l'aide du bec, pour chercher et retirer sa nourriture de la terre. Aussi ces oiseaux aiment-ils à fréquenter les parcs aux boeufs, où ils se nourrissent des insectes qui se tiennent dans les excréments du bétail, ou bien des mouches qui s’y abattent eu abondance. Leur cri consiste en un bourdonnement qui ressemble aux syllabes Cour- Cour. Ils le poussent, haussant et baissant la tête et en balançant la huppe. Ces oiseaux sont farouches et difficiles à surprendre. Nous ignorons leur manière de nicher, mais nous avons observé que le temps de la ponte a lieu dans le mois d'Octobre. Cette espèce porte chez les Antancars et les Sakalaves le nom de Bérauw.
CAPRIMULGUS MADAGASCARIENSIS.
Sganzin |. ©, p. 28; Hartlaub, Madagascar, p. 95.
Ajoutez à la description donnée de cette espèce par M. von Pelzeln, dans Hartlaub, L. c., les détails suivants. Les deux paires externes des rectrices sont pourvues, dans les mâles adultes, chacune, d’une très large tache blanche occupant l’extrémité de ces pennes. Dans les femelles, au contraire, ces taches sont rousses et beaucoup plus petites. Les trois premières rémiges portent, chacune, une large tache claire; et ces taches sont, chez les mâles, tantôt blanches, tantôt rousses; chez les femelles, constamment rousses. Il en est de même des taches claires que l’on voit en arrière de la gorge. Oeil, bec et pieds bruns. Les jeunes individus, pris dans le nid, ressemblent, par leurs teintes, parfaitement aux adultes.
Voici les mesures des principales parties prises sur une dizaine d'individus de l’espèce. Aile 5 pouces 3 lignes à 6 pouces. Queue 3 pouces 11 lignes à 4 pouces 8 lignes. Bec 4 lignes et demie à 5 lignes. Tarse 6 à 7 lignes. Doigt du milieu 6 lignes et demie à 7 lignes et demie.
Cette espèce d’engoulevent est assez commune à Madagascar, notamment dans certaines parties de la Côte Nord-Ouest, comme par exemple près du petit lac qui se trouve entre le promontoire Ambatou et le village Sjammanore; c'était surtout dans ces lieux que nous avons pu étudier ses moeurs, en dépit des souffrances que les piqûres de myriades de mousquites nous occassionnaient dans ces marécages. Dès que le soleil se couche, les engoulevents quittent l'intérieur des fürets où ils reposent, pendant toute la journée, dans l'herbe, pour commencer leur vol rapide le long de la lisière des bois ou bien à la surface de l’eau. Ils ont quelquefois l’habitude de monter, à peu de hauteur, droit dans l'air; puis, ils se laissent tomber soudainement pour reprendre leur vol ordinaire. Ils se nourrissent exclusivement d'insectes nocturnes, comme certains lépidoptères et coléoptères.
Le chant de ces oïseaux est monotone, et on peut le comparer au son que produit la glace quand on y jette une balle ou une pierre pour la faire rouler rapidement à sa surface, Les syllabes qu'on remarque dans leur chant sont principalement celles de Tar-tar-ta-ro ; de là le nom malgache Tartaro-lépec que les Antancars et Sakalaves donnent à ces oiseaux. Au grand matin, on les voit perchés sur les branches des arbres, le long de la lisière des forêts, et faisant entendre leur chant monotone jusqu'à ce que l’aurore se montre derrière les montagnes. C’est alors qu'ils se réfugient dans l’intérieur des forêts pour se coucher dans l’herbe ou sur le sable, dans les endroits ombragés des arbustes qu'on trouve dans les plaines. Suivant mes observations, la ponte a lieu vers la fin du mois de Septembre. Le nid qui est destiné à recevoir les oeufs, dont le nombre est presque toujours de deux, est construit de quelques brins de paille et placé dans une petite excavation creusée dans la terre. Les parents nourrissent leurs petits longtemps après que ceux-ci ont quitté le nid.
CYPSELUS GRANDIDIERI
Chaetura Grandidieri, Verreaux..— Collocalia Coquerelü, Pollen, in ltteris.
Cette espèce appartient au nombre de celles dont la queue, à-peu-près carrée, est composée de pennes dont les baguettes pointues se prolongent un peu au delà de la barbe de ces pennes.
Elle rappelle, du reste, par la conformation de ses pieds, par l’ensemble de sa physionomie et par ses teintes, le Cypselus franciae; mais elle est d’une taille plus forte; les plumes de ses parties inférieures offrent une teinte plus enfumée et elles sont ornées, chacune, d’une raie noirâtre. Dessus avec les ailes et la queue d’un brunnoir fuligineux interrompu, sur le croupion, par une très large bande d’un gris-brun clair.
Aile 4 pouces 7 lignes; queue 20 lignes; bec 2 lignes; tarse 4 lignes et demie; doigt du milieu 3 lignes et demie.
Oeil noir. Bec et pieds bruns.
Nous avons observé cette espèce dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, où elle porte le nom de Fitili-Aurou, ce qui signifie oiseau du jour. Mon ami, M. Lantz, l’a trouvée dans la partie orientale de l’île. Ces oiseaux appartiennent à ceux dont l'utilité pour l’homme est très grande. Ils détruisent, en effet, journellement, des milliers de mousquites, dont la piqûre est si douloureuse et qui tourmentent constamment les hommes et les animaux. Îls se tiennent de préférence dans les plaines et les places ouvertes. Dans les environs du village d'Ampampaména , où se trouve une plaine parsemée de beaux Lataniers, j'ai observé ces oiseaux en grand nombre se perchant de temps en temps sur
les tiges du grandiose feuillage de ces arbres et faisant entendre unanimement un petit
cri qui ressemble à celui de notre martinet, mais qui est beaucoup moins fort. Leur vol a également beaucoup de rapport avec celui de notre espèce.
CYPSELUS PARVUS.
Lichtenstein, Verzeichniss, 1823, p. 58 (individus de la Nubie). — Cypselus ambrosiacus, auct. recent. (nec Gmelin): Temminck, PI. col. 460, fig. 2; Hartlaub, Madagascar, p.26. — Cypsiurus ambrosiacus, Lesson. — Dendrochelidon ambrosiacum, Bonaparte. — Cypselus unicolor, Hartlaub (nec Jardine), Madagascar, p. 26.
Nous avons lieu de croire qu'il n'existe, à Madagascar, qu'une seule espèce de Martinet à queue profondément fourchue. On croit cette espèce identique avec le Cypselus ambrosiacus des auteurs modernes, répandu dans une grande partie de l'Afrique. Quant à l'épithète d’ambrosiaca, elle a été empruntée à l’Hirundo ambrosiaca de Gmelin, laquelle est fondée, à son tour, sur la Hirundo riparia senegalensis de Brisson, Ornith., Il, p. 508, pl. 45, fig. 4 L'oiseau de Brisson s'éloigne, cependant, du Cypselus ambrosiacus des auteurs modernes, par sa gorge présentant cette même teinte enfumée, qui est répandue uniformément sur toutes les parties inférieures de l'oiseau, tandis que ce dernier oiseau a la gorge blanchâtre ou blanchâtre avec des taches longitudinales foncées. I résulte de ce fait que le véritable Cypselus ambrosiacus, établi par Gmelin d’après Brisson, dont nous possédons trois individus tués à la Côte d'Or et auquel il convient probablement de rapporter le Cypselus unicolor, Jardine, de l’île de Madère, forme une espèce différente du Cypselus ambrosiacus des auteurs modernes, auquel nous attribuons l'épithète de parvus inventée par Lichtenstein.
Nos individus de cette dernière espèce ont été tués au mois de Mai dans l’île de Mayotte, et en Septembre dans l’île de Madagascar. Ils ont tous les plumes de la gorge blanchâtres mais ornées, chacune, d’une tache longitudinale foncée. Leurs teintes sont plus foncées que celles de l'individu figuré par Temminck, auquel ils ressemblent, du reste, sous tous les autres rapports.
Aile 4 pouces 4 lignes à 4 pouces 8 lignes; queue 2 pouces 10 lignes à 3 pouces; bec 2 lignes; tarse 8 lignes et demie; doigt du milieu À ligne et demie.
Iris noir. Bec et pieds bruns.
Nous avons observé cette espèce dans l’île de Mayotte et dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, où elle est très abondante. On la voit pendant toute la journée parcourir l'air d’un vol tellement rapide, qu'il est fort difficile de l’abattre. Nous avons constamment trouvé ces oiseaux dans les plaines et dans les clairières des forêts. Ils aiment surtout les lieux où il existe beaucoup de cocotiers et de lataniers, sur les grandes feuilles desquels ils se réunissent souvent par bandes. Au dire des indigènes, ils nichent encore sur ces arbres. Ils vivent exclusivement de petits diptères, mais surtout des
mosquites qui se trouvent en myriades dans ces lieux. Les Sakalaves du Nord de Madagascar leur donnent le nom de Fitili-andra.
CYPSELUS FRANCICUS.
Hirundo francica, Gmelin, 1, p. 1017: Hirondelle de Bourbon, Buffon, PI. enl. 544, fig. 2. — Collocalia francica, G. R. Gray; Hartlaub, Madagascar, p. 27.
Oeil, bec et pieds noirs.
Mesures prises sur une série d'individus tués à la Réunion. Aïle 3 pouces 44 lignes à 4 pouces 1 ligne; queue 1 pouce 10 lignes à 2 pouces; bec 1 ligne et demie à 2 lignes; tarse 4 lignes; doigt du milieu 2 lignes et demie.
Les petits ne se distinguent des adultes que par leur taille moins forte.
Nous avons observé cette espèce dans l’île de la Réunion où elle est très abondante. Elle aime surtout les places ouvertes ou bien les ravins et les parcours des rivières qui se trouvent dans cette magnifique île. Le vol de ces oiseaux ressemble à celui des hirondelles de campagne. Ils vivent en société de plusieurs individus et nichent par grandes compagnies. La construction de leur nid est admirable: il est fait d’une espèce de Lichen (Usnea Evernea) laquelle se trouve en abondance sur une espèce de bruyère qui croît sur les sommets des montagnes, ainsi que d’une espèce de glu ressemblant à la gélatine des nids du Cypselus esculentus des Indes orientales. A la Réunion, la gélatine du nid du Cypselus francicus se vend aux négociants Chinois, mais elle est inférieure à celle de l'espèce Indienne et les nids en sont beaucoup moins fournis. Ces, oiseaux attachent leurs nids, les uns contre les autres, aux rochers plus ou moins inaccessibles, de sorte qu'il est très diflicile et dangereux de s’en procurer. C’est surtout sur les rochers escarpés qui avoisinent la rivière des pluies, entre la Possession et Saint-Paul, conduisant aux sources sulférineuses de Mafatte, que ces oiseaux nichent en grand nombre. Pendant notre séjour dans l’île de la Réunion, M. Grégroire Rétout a eu la bonté de nous en procurer suflissamment pour en étudier la construction. C'est un fait curieux que la ponte de ces oiseaux se fait, à ce qu'il paraît, par intervalles; du moins J'ai trouvé, dans plusieurs nids, des oeufs fraichement pondus et d’autres déjà couvés pendant quelque temps, ainsi que des petits qui venaient d’éclore avec d’autres qui avaient déjà acquis la moitié de leur grandeur et d’autres encore qui étaient prêts à quitter le nid. J'ai communiqué quelques renseignements ainsi qu'une figure de ces oiseaux à mon ami le Dr. Ch. Coquerel qui les a publiés dans son mémoire, intitulé La Salangane de l'île de la Réunion, dans l'Album de cette île. Notre ami, le Dr. Paul Bories, a également publié un mémoire fort intéressant sur la constitution chimique des nids de cette espèce. Les oeufs de cet oiseau, ordinairement au nombre de 3 à 6 dans chaque nid, sont d’un
blanc pur. Suivant le Dr. Hartlaub et mon ami M. Edward Newton, cette espèce se
trouverait aussi aux îles Maurice et à Madagascar. Quant à moi, je ne l'ai jamais rencontrée dans cette dernière ile.
HIRUNDO BORBONICA.
Gmelin, 1, p.1017: Buffon, PI. enl. 544, fig. 2, vol. 7, p. 344. — Cotyle et Phedina borbonica, Bonaparte. — Phedina madagascariensis, Hartlaub, Madagascar, p. 27.
On sait que M. Hartlaub a séparé de l’Hirundo borbonica les individus de Madagascar, et que cet ormithologiste attribue à ces derniers des ailes et des tarses plus longs, des teintes plus claires et des souscaudales d’un blanc presque uniforme. Ne possédant pas des séries de ces oiseaux, nous ne sommes pas à même de nous prononcer défimtivement sur leurs rapports mutuels; nous ferons seulement observer que le caractère emprunté par Hartlaub à la taille de l'oiseau n’est qu'accidentel, et que les teintes de nos individus tués à Madagascar, en Septembre et Novembre, présentent encore des différences de celles indiquées par ce savant pour sa Phedina madagascariensis. Il paraît, toutefois, que les individus de la Réunion et de Maurice, dont nous n'avons cependant vu qu’un très petit nombre, se distinguent de l'oiseau de Madagascar par des teintes plus enfumées et leurs souscaudales foncées, quoique terminées de blanchâtre.
Voici, du reste, quelques indications sur l'oiseau de Madagascar.
Aïle 4 pouces 3 lignes à 4 pouces 4 lignes; queue 2 pouces 1 ligne; bec 3 à 4 lignes; tarse 5 lignes et demie; doigt du milieu 4 lignes.
Oeil brun. Bec et pieds noirs.
Pennes de la queue et .toute l'aile avec les scapulaires d’un brun noir. Toutes les autres parties supérieures d’un brun tirant un peu au gris, notamment sur la tête et interrompu par des taches longitudinales foncées. Les plumes des parties inférieures sont également ornées, chacune, d’une tache longitudinale noire, mais celles des souscaudales sont linéaires. La teinte du fond de ces parties inférieures est, du reste, d’un blanc jaunâtre passant au gris-brun sur les côtés du jabot.
Quant à l'oiseau de la Réunion, M. Coquerel, Catalogue des animaux de la Réunion, p. 11, en dit: »Cette hirondelle qui se retrouve à Maurice et à Madagascar, est commune à la Réunion. Une variété très remarquable qui est connue dans le pays sous le nom d’Hirondelle des galets et qui se pose en effet sur les galets du rivage au bord de la mer, constitue peut-être une espèce distincte. Elle est un peu plus grande, avec le bec plus fort, mais les tarses et les doigts sont plus grèles et les ongles moins épais et plus longs. Le dessus du corps et de la queue, les grandes pennes des ailes sont d’un brun moins fauve, et le dessous du corps d’un gris assez clair tiqueté de brun”. Ceci indique un oïseau semblable à celui de Madagascar, mais qui ne diffère peut-être de la borbonica que par un âge plus avancé.
Cette espèce devient de jour en jour plus rare dans l'ile de la Réunion ainsi qu’à Maurice et, actuellement, elle est même bornée à certaines localités. Nous l'avons observée dans les montagnes situées entre le bourg appelé la Possession et la ville de Saint-Paul, principalement près de l’usine de notre bon ami Rétout. Ces oiseaux se posent souvent sur les branches d'arbres et les pierres, mais c’est à tort que l'illustre Buffon prétend qu'ils volent autour des navires qui se trouvent sur la rade. Leur vol est très rapide et ressemble à celui de nos hirondelles. Suivant M. Jean Rétout, chasseur habile habitant la Possession, cette espèce se trouverait aussi dans la Savanne qui s'étend entre cette place et Saint-Paul et qui est connue sous le nom de Point des galets. Les habitants de la Réunion prétendent que dans cette espèce qu'ils nomment l’Hirondelle des blés se trouve une variété à laquelle ils donnent, pour l'en distinguer, le nom d'Hirondelle des galets. J'ai fourni quelques renseignements ainsi qu’une figure de cette espèce à feu mon ami le Dr. Ch. Coquerel qui les a insérés dans un mémoire publié sur cet oiseau dans l’Album de la Réunion, tome IV.
Quant à l'oiseau de Madagascar, ses habitudes sont les mêmes que celles de l'espèce bourbonnaise. Pendant notre séjour à Ambassuana, le 7 Octobre 1864, nous avons vu une bande de ces oiseaux se réunir pour partir pour d’autres parages. Cette bande formait un véritable nuage. On vit voltiger ces oiseaux pendant dix minutes, en errant par ci par là dans la plaine, pour partir aussitôt dans la direction Sud-Est et en poussant des cris unanimes. Cette Hirondelle porte chez les Sakalaves du Nord le nom de Manauwy. Nous l’avons également trouvée à Nossi-bé, dans les environs du lac de Pombylava.
NECTARINIA ANGLADIANA.
Gray, Genera of Birds. — Certhia madagascariensis viridis, Brisson. — Buffon, PI. eni. 919, fig. 2 et 8. — Cinnyris madagascariensis, Quoy et Gaimard. — Angaladiana madagascariensis, Reichenbach.
Nous avons examiné une dizaine d'individus de cette espèce, remarquable par sa taille considérable et ses belles teintes métalliques. Voici quelques détails destinés à compléter son histoire.
Aile 2 pouces 4 lignes à 2 pouces 7 lignes; queue 17 à 19 lignes; bec 11 à 12 lignes; tarse 6 lignes et demie à 7 lignes et demie; doigt du milieu 5 lignes à 5 lignes et demie.
Iris de l'oeil brun. Bec et pieds noirs.
Femelles. Teinte générale des parties supérieures d’un vert noirâtre, avec une étroite raie surcilaire d’un blanc jaunâtre. Parties inférieures d’un jaune clair, mais interrompu, sur chaque plume, par une large tache longitudinale noirâtre.
Cette espèce est assez commune dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, surtout
dans les environs d’Anourontsanga (Mourounsang), le poste Hova le plus septentrional à la Côte-Ouest de cette île. (Ces oïseaux charmants vivent en compagnie et presque toujours en société de la Nectarinia souimanga et quelquefois de l’Eroessa tenella. On les voit, pendant toute la -journée, voltiger parmi les branches des arbres et autour des arbustes en fleurs dont ils sucent avec leur langue le nectar qui fait leur principale nourriture. Cependant, ils vivent aussi de petits insectes et des fruits des Musa’s et Magnifera’s. Leur chant est fort, assez agréable, mais peu varié; parfois aussi, ils font entendre un eri qui ressemble à celui de notre moineau (savoir: chippe-chippe), et qui me fit penser à un oiseau de ce genre lorsque je l’entendais pour la première fois. Leur vol ressemble à celui de la bergeronnette. Ces oiseaux ont encore l'habitude de se suspendre avec leurs pieds aux petites branches, à la manière des mésanges. Pendant les fortes chaleurs, ils aiment à se sécher dans les rayons ardents du soleil et à arranger les plumes mouilliées par la forte rosée du matin dont les calices des fleurs sont remplis. Le nid de ces oiseaux a la forme d'une poche avec une ouverture latérale. Ils le pendent le plus souvent à l'extrémité d’une branche d’arbuste du genre Mimosa. Il est construit de petites racines, de feuilles sèches et de fines lianes, le tout revêtu de fil d’araignée. Chez les Antancars et les Sakalaves du Nord de Madagascar, cet oiseau porte le nom de Souy. C’est un fait curieux que l’on voit toujours plus de mâles que de femelles de ces oiseaux. Nous avons également observé cette espèce dans les îles de Nossi-bé, Nossi-falie, Nossi-mitsiou, Fany-kély et Nossi-bourrah (Saint-Marie). M. M. Lantz et Grandidier l'ont rapportée des environs de Tintingue à la Côte-Est de Madagascar.
NECTARINIA SUIMANGA.
Certhia madagascariensis violacea, Brisson. — Soui-manga, Buffon. — Certhia souimanga, Gmelin. — Certhia madagascariensis, Latham. — Cinnyris souimanga, Reichenbach.
C’est l'espèce commune de Madagascar. Nous en avons examiné une jolie série d'individus, originaires des Côtes Nord-Est et Nord-Ouest.
Aile 1 pouce 9 lignes à 2 pouces; queue 14 à 16 lignes; bec 7 lignes à 8 lignes et demie; tarse 5 lignes et demie; doigt du milieu 3 lignes et demie.
fris de l'oeil brun; pieds et bec noirs.
Nous avons observé ce charmant petit oiseau dans la partie Nord-Ouest de Madagascar. Il est plus particulièrement abondant dans les mimosa's ombrageant la plaine qui s'étend le long de la colline sur laquelle est bâti le fort Hova à Anourontsanga (Mourounsang). Il fait presque continuellement entendre son chant qui ressemble à celui de notre grimpereau. Il se nourrit plus particulièrement du nectar des fleurs de l’Acacia lebbec. Il porte chez les malgaches, comme le Nectarinia angladiana, le nom de Souy.
NECTARINIA COQUERELIL
Verreaux dans Hartlaub, Madagascar, p. 34.
L'île de Mayotte nourrit cette belle espèce, qui ne paraît pas se trouver à Madagascar.
Nous n’en possédons que le mäle adulte qui offre les dimensions suivantes.
Aile 1 pouce 11 lignes; queue 15 lignes; bec 7 lignes; tarse 6 lignes et demie; doigt du milieu 4 lignes et demie.
Cet oiseau habite l’île de Mayotte et non pas celle de Madagascar. Il aime à voltiger autour des mimosas et d’autres arbres de la famille des Acacias. Quelquefois on l’observe sur les feuilles des Cocotiers cherchant sa nourriture. Il se nourrit, comme ses congénères, principalement du nectar des fleurs et il arrive quelquefois qu'il s'enfonce totalement dans les calices des grandes fleurs. Il est continuellement en mouvement, battant des ailes comme les papillons et faisant entendre un petit chant qui rappelle celui de la Mésange bleue, quoiqu'il soit beaucoup moins fort. On le voit assez souvent en société du Zosterops mayottensis, mais ordinairement il mène une vie solitaire, et jamais je ne lai vu réuni en aussi grand nombre que les Nectarinia angladiana et souimanga. Les colons français de l’île Mayotte lui appliquent le nom de colibri.
ZOSTEROPS MADAGASCARIENSIS.
Hartlaub, Madagascar, p. 40; Monograph. Zoster. in Cabanis, Journal , 1865. — Ficedula madagascariensis minor, Brisson, Ornith., IT, p. 498, pl. 28, fig 2. — Motacilla madagascariensis, Linné. — Sylvia annulosa, Swainson , Zool. Ilustr., pl. 164; Zosterops flavigula, Swainson, Menag., p. 294.
L'histoire des différentes espèces de Zosterops habitant l'île de Madagascar et ses dépendances est assez embrouillée. Nous ne connaissons qu'une seule espèce originaire de la grande île: savoir le Zosterops madagascariensis. L'île de Mayotte nourrit le Zosterops mayottensis, très différent de tous les autres. A la Réunion il existe, outre le Zosterops haesitata, une espèce anormale par le manque du tour blanc des yeux: c’est le Zosterops borbonica, qui vient aussi de Mauritius, et cette dernière île produit en outre le Zosterops mauritanica.
On a encore énuméré comme originaires des contrées dont nous traitons, les Zosterops olivacea, chloronotos et curvirostris. Le Zosterops olivacea repose sur la Certhia madagascariensis olivacea de Brisson: voir Brisson, Ornith., vol. II, p. 625, pl. 33, fig. 1, et Buffon, vol. VI, p. 841, mais non pas PI. enl. 575, fig. 1, qui paraît représenter la femelle d'une espèce de Nectarinia. Brisson dit que cet oiseau a été apporté de Madagascar à l’île de Bourbon. Il paraît se rapprocher du Zosterops haesitata, mais il est impossible de l’adopter comme espèce sur des documents aussi incomplets que ceux
fournis par Brisson et Buffon, — Le Zosterops chloronotus, Hartlaub, Madagascar, p. #1, et Newton, Isis, 1862, p.272 (mais non pas Certhia chloronotus de Vieillot et Zosterops curvirostris de Swainson, oiseaux étrangers au groupe de Madagascar), est l’espèce de l'ile de Mauritius, et qui ne paraît pas se trouver ailleurs. (C’est, du reste, le Figuier de l'ile de France de Buffon, sur lequel est fondé la Motacilla mauritanica de Gmelin, p.981; quoique, et la description et la figure que Buffon donne de cet oiseau, soient faites sur deux espèces différentes (voir PI. enl. vol. VI, p. 161, pl. 705, fig. 1). Buffon dit, en effet, de cette espèce: dans l’île de Madagascar, cet oiseau est connu sous le nom de tcheric: il a été transporté de l’île de France, où on l'appelle oeïl blanc, parce qu'il a une petite membrane blanche autour des yeux, etc”, et plus bas: »M. le vicomte de Querhoënt, qui a observé cet oiseau à l'île de France, dit qu'il est peu craintif et que néanmoins il ne s'approche pas souvent des lieux habités, qu'il vole en troupe et se nourrit d'insectes”. Il est encore bon de faire observer que Buffon a emprunté le nom de Cheric à Brisson qui l’employe pour le Zosterops madagascariensis, et que Brisson lui-même a donné l'initiative de la confusion qui règne dans l’histoire de ces oiseaux, en citant l'espèce de l’île de France comme étant la même que celle de Madagascar.
Revenons maintenant à l'espèce de Madagascar.
Le Zosterops madagascariensis, voisin du Zosterops capensis de Sundeval offre les traits suivants, empruntés à une dizaine d'individus.
Aile 2 pouces à 2 pouces À ligne; queue 16 à 18 lignes; bec 4 lignes et demie à 5 lignes; tarse 7 lignes; doigt du milieu 4 lignes et demie.
Point de différence extérieure entre les deux sexes.
Iris de l’oeil et pieds bruns; bec noir.
Pennes de la queue noirâtres. Rémiges noirâtres, mais à barbe externe pourvue d’un liséré vert jaunâtre. Cette dernière teinte occupe toutes les autres parties supérieures jusqu'aux côtés de la tête et du cou: elle est peu vive et tire légèrement sur le noirâtre. Tour de l'oeil très large, d’un blanc argenté et bordé, par devant et en bas, par le noir profond qui se répand sur les freins. Gorge et souscaudales d’un jaune de citron pâle. Les autres parties inférieures d'un gris blanchâtre clair, passant au blanc sur le milieu du ventre et de la poitrine, et souvent légèrement lavé de gris-roux sur les flancs. Couvertures inférieures des ailes et bords internes des rémiges d’un blanchâtre remplacé, le long du pli de l'aile, par un jaune pâle.
Ce petit oiseau est très abondant à Madagascar, où il vit par bandes composées chacune de six à douze individus. Il se nourrit de petits insectes et du nectar de certaines fleurs, ainsi que des fruits du bananier et du mangier. Il se tient de préférence dans les broussailles, mais on le voit aussi sur les arbres, sautant de branche en branche et criant à chaque instant pilu-pilu-pilu. Son vol ressemble à celui de notre mésange bleue.
Son chant est doux et court, mais un peu croassant. On prend assez facilement ces oiseaux à la glu et on les tient en cage en leur donnant du pain trempé dans de l’eau sucrée, ainsi que des fruits du bananier et du mangier. Ils nichent dans le commencement du mois de Novembre et construisent un nid semblable à celui des Nectarinias. Les indigènes donnent à cette espèce le même nom qu'aux Nectarinias, savoir celui de Souy. Nous avons observé ces oiseaux partout où nous avons fait des excursions à Madagascar.
ZOSTEROPS MAYOTTENSIS.
Zosterops flavifrons , Pollen , nec Latham, in litteris; Schlegel, Contributions, 1. e., p- 87.
Nous avons donné de ce joli oiseau la description suivante.
Il est facile à reconnaître à son système de coloration. Front, dessous du corps et couvertures inférieures des ailes d’un jaune de citron vif, passant sur les flancs au roux brunâtre. Les autres parties supérieures sont d'un vert-jaune; les pennes de la queue et des ailes noirâtres, mais bordées de vert-jaune à leur barbe externe; les rémiges en outre, largement bordées de blanc jaunâtre à leur barbe interne. Freins noirs. Tour de l'oeil emplumé blanc. Iris de l'oeil brun; pieds couleur de plomb; bec bleu d’indigo dans les vivants, noir après la mort.
Aile 2 pouces; queue 12 lignes; bec depuis le front 4 lignes; tarse 6 lignes et demie; doigt du milieu 4 lignes et un quart.
Nous avons découvert cette espèce, nouvelle pour la science, dans l'ile de Mayotte, où elle est abondante. Elle a les mêmes habitudes que le Zosterops madagascariensis. Son cri à beaucoup de rapport avec celui de la femelle du serin de canarie. Ces oiseaux vivent en bandes de 6 à 12 individus. Ils se tiennent dans les broussailles et ne fréquentent que rarement les hauts arbres. Ils n’ont aucune méfiance et laissent approcher l’homme de très-près. On les voit partout et même en grand nombre le long des chemins et sentiers qui sont bordés de broussailles. Ils se nourrissent d'insectes et du nectar des fleurs, ainsi que de fruits du bananier et du mangier. \
ZOSTEROPS HAESITATA.
Hartlaub, Madagascar, p. 41.
Nous avons déjà fait observer plus haut que l’on pourra peut-être rapporter à cette espèce le Zosterops olivaceus des auteurs; mais ces sortes de rapprochements ne profitant guère à la science, nous gardons pour l'espèce du présent article l’épithète inventée par Hartlaub.
Voici l’énumération des principaux traits de l’oiseau, emprunté à une dizaine d'individus.
Aile 2 pouces à 2 pouces 2 lignes; queue 18 à 19 lignes; bec 5 lignes à 5 lignes et demie; tarse 8 lignes et demie; doigt du milieu 4 lignes et demie.
Point de différence extérieure entre les individus des deux sexes.
fris de l'oeil brun clair, pieds bruns; bec noir.
Pennes de la queue et des ailes brunes, mais ornées, à leur barbe externe, d’un liséré jaunâtre. Front, vertex et freins d’un noir peu foncé et quelquefois même très peu prononcé, mais se répandant sur le devant des joues et longeant le bord inférieur du tour des yeux qui est d’un blanc pur. Les autres parties supérieures et les côtés du cou sont d’un vert jaunâtre passablement vif sur le croupion et les suscaudales, plus sale sur les autres parties, et tirant un peu au gris sur le cou. Souscaudales d’un jaune pâle. Les autres parties inférieures sont d’un gris tendre, fortement lavé de roux pâle sur les côtés du tronc et passant au gris foncé sur la région des oreilles. Couvertures inférieures des ailes et bords internes des rémiges blanchâtres.
Cette espèce est connue à l'ile de la Réunion sous le nom d'oiseau vert. Elle est moins nombreuse que son congénère l'oiseau blanc, mais elle se tient plutôt dans le bas que dans le haut des montagnes. Ses habitudes sont du reste les mêmes que celles du Zosterops borbonica. On la chasse de la même manière, mais elle est plus méfiante et ne vit que rarement en société de son congénère. Nous n'avons jamais trouvé cette
espèce à Madagascar.
ZOSTEROPS MAURITANICA.
Motacilla mauritanica, Gmelin, p. 981. — Voir plus haut, à l’article du Zosterops madagascariensis, les autres détails sur la synonymie de cette espèce.
Cette espèce propre, à ce qu'il paraît, à l’île de Mauritius, y représente le Zosterops haesitata de l'ile de la Réunion. Elle se rapproche, sous beaucoup de rapports, de cette dernière espèce et offre un système de coloration très semblable: mais elle est d'une taille moins forte; le hec est plus courbé; la mandibule inférieure est jaunâtre et n'offre de noirâtre qu’à sa pointe; le noir de la face est remplacé par du gris noirâtre, et la teinte verdâtre du dessus de la tête, de la nuque, du manteau et des scapulaires est fortement lavée de gris.
Aile 23 à 24 lignes. Queue 14 lignes. Bec, depuis le front, 5 lignes. Tarse 8 lignes. Doigt du milieu 4 lignes et demie.
ZOSTEROPS BORBONICA. :
Ficedula borbonica, Brisson, Orn., vol. HI, p. 510, pl. 28, fig. 3. — Le petit Simon de Bourbon, Buffon, PI. enl. 705, fig. 2. — Le Grimpereau de l’île de Bourbon, Buffon, PI. enl. 681, fig. 2, vol. VI, p. 348: Certhia burbonica, Gmelin, 1, p. 474, N°. 33. — Malacirops borbonica, Bonaparte, Collect. Delattre, p. 56.
Nous avons pu examiner une grande série d'individus de cette espèce reconnaissable, parmi celles du rayon géographique dont nous traitons, à son tour de l'oeil qui est noirâtre au lieu de blanc.
Les teintes de cet oiseau sont plus ou moins sujettes à varier suivant les individus, mais non pas suivant le sexe.
Il présente ordinairement les détails suivants:
Aïle 4 pouce 11 lignes à 2 pouces; queue 1 pouce 5 lignes à 1 pouce 7 lignes: bec 4 lignes; tarse 8 lignes; doigt du milieu 4 lignes.
Iris de l'oeil rougeâtre. Bec et pieds bruns.
Dessus de la tête et du cou ainsi que les couvertures alaires d’un gris terne. Freins noirâtres, bordés quelquefois, en haut, d'une raie blanchâtre. Tour de l'oeil plus on moins noirâtre. Manteau et scapulaires d’un roux-brun pâle. Croupion, suscaudales et souscaudales, plumes des jambes, milieu du ventre et de la poitrine, ainsi que la gorge blanchâtres. Flancs d’un roux brunâtre vif. Jabot d'un gris blanchâtre. Pennes de la queue et des ailes noirâtres, mais avec un liséré gris blanchâtre à leur barbe externe. Couvertures inférieures des ailes et bords internes des rémiges blanchâtres.
Ce système de coloration présente, cependant, suivant les individus, les variations suivantes. . Quelquelois, la gorge tire ou passe même au gris clair. Dans d’autres, le roux brunâtre s'étend sur tout le jabot, ainsi que sur le dessus du cou et de la tête, en sorte que ces individus sont tout-à-fait dépourvus de gris. Dans d’autres encore, il n'existe pas de trace de ce roux brunâtre, en sorte que le gris occupe presque uniformément toutes les parties de l'oiseau, même jusqu'au croupion et aux couvertures de la queue, tant supérieures qu'inférieures.
Cette espèce est commune aux îles de la Réunion et de Mauritius.
Elle est connue chez les colons de l'ile de la Réunion sous le nom d’oiseau-blanc, et s’y trouve en abondance. Elle vit toujours en bandes composées, chacune, de 6 à 12 et même d’un plus grand nombre d'individus, et se tient surtout dans les montagnes, à une hauteur de 1200 à 1500 mètres. Cependant, elle fréquente aussi le littoral, quoique en moindre nombre. Je l'ai même vue dans les jardins de la ville de Saint-Dénis. Sa nourriture consiste en petits insectes, mais surtout dans le nectar des fleurs, ainsi que dans des fruits doux. Les montagnards de l'ile de la Réunion font un terrible ravage parmi ces petits oiseaux. Ils les prennent par centaines au moyen de glu pour les vendre en ville aux gastronomes, quoiqu'il soit défendu sévèrement, par un décret local, d’en prendre pendant l’espace de six ans. Il paraît toutefois que ces chasses acharnées n’apportent guère de diminution dans le nombre des individus, puisque toutes les forêts en sont peuplées. On les rôtit au brochet, les séparant les uns des autres par un petit morceau de lard. Du reste, c’est un mets exclusivement destiné aux
gastronomes bourbonnais, qui le payent fort cher. Le chant de cet oiseau ressemble à 10*
un gazouillement doux rappelant les syllabes piti-ti-piti-ti interrompu par un sifflement qui a des rapports avec celui de nos mésanges. Nous n'avons jamais vu cet oiseau à Madagascar.
MUSCIPETA MUTATA.
Cuvier, Règne animal, 1817. — Muscicapa mutata, Linné, 1, p. 825: Muscicapa madagascariensis, Brisson, Ornith., p. 424, pl. 40, fig. 3 (mäle au plumage parfait); fig. 4, 2 (mâles dans la livrée de passage). — Gobe-mouche à longue queue et à ventre blanc de Madagascar, Buffon, PI. enl. 248, fig. 2 (mâle dans la livrée parfaite): Tchitraea holosericea, Temminck, dans Bonaparte, Conspectus, [, p.825. — Gobe-mouche à longue queue de Madagascar, . Buffon, PL enl. 248, fig. 1 (mâle dans la livrée de passage): Muscicapa viridescens, Boddaert; Tchitraea viridescens, Gray. — Tchitraea pretiosa, Lesson (individus au plumage très parfait). — Consultez aussi sur les espèces de ce genre: Schlegel, Contributions dans le Nederlandsch Tijdschrift, Il, p. 84.
Nous avons déjà fait observer, dans nos Contributions, L. c., que les espèces du sousgenre Muscipeta ne sont encore que très insuffisamment connues. (Celles, dont les mâles au plumage parfait offrent la paire mitoyenne des pennes de la queue très allongées et un habit en partie blanc, paraissent se réduire à un nombre peu considérable. Ce sont la Muscipeta paradisi de Ceylan, de l'Hindoustan et du Bengale; la Muscipeta aflinis de Malacca et des îles de la Sonde; la Muscipeta cristata aux parties inférieures grises dans la livrée imparfaite, noires dans la livrée parfaite, habitant l'Afrique chaude jusqu’au Cap de Bonne Espérance et à laquelle il convient de rapporter les Tchitraea melanogastra de Swainson, melampyga de Verreaux, tricolor de Fraser, senegalensis de Lesson et Ferreti de Guérin; enfin la Muscipeta mutata de Madagascar et de Mayotte, et dont la Muscipeta rufiventris de l'Afrique occidentale ne paraît guère différer.
La Muscipeta mutata se distingue de toutes les espèces dont nous venons de parler par sa taille en général moins forte et au plumage parfait du mâle, par son dos soit blanc, soit teint en partie de noir, ainsi que par ses rectrices latérales largement bordées de noir.
Cette espèce a, dans les deux sexes et dans tous les âges, le dessus de la tête d'un noir-vert à reflets métalliques. Au plumage imparfait, la teinte générale est d’un rouxrouge, plus pâle sur le dessous que sur le dessus, et très intense chez les mâles dans la livrée de passage.
Les femelles adultes gardent les teintes propres au premier plumage des deux sexes.
Au plumage plus ou moins parfait du mâle, le dessous en arrière du eou est constamment blanc; le manteau et le dos offrent, au contraire, des variations qui paraissent dépendre du développement plus ou moins parfait des teintes.
Chez plusieurs mâles dans cette livrée, tués à Madagascar, le noir s'étend depuis le
dessus de la tête jusque sur les scapulaires et le croupion, tandis que les suscaudales sont blanches avec un liséré irrégulièrement noir. Ge noir est quelquefois interrompu, sur les plumes du dos et du manteau, par un fin liséré terminal blanc.
Chez les mâles dans la livrée parfaite tués à Mayotte et chez d'autres obtenus à Madagascar, le noir ne s'étend en arrière que sur le devant du manteau, et les plumes des autres parties du manteau, ainsi que celles du dos, sont blanches à leur partie terminale, noires à la partie basale. C’est sur des individus dans cette livrée que Lesson a fondé sa Tchitraea pretiosa.
Nous avons au Muséum un mâle de Muscipeta au plumage parfait, provenant de l’ancienne collection de feu Temminck, mais sans indication de patrie et qui a tout le manteau noir, tandis que le dos et les suscaudales sont blancs. Serait-ce l'adulte de la Muscipeta rufiventer de Swainson, provenant de la Sénégambie ?
Voici l'indication des mesures des principales parties de la Muscipeta mutata.
Mesures prises sur dix individus tués à Madagascar. Aïle 2 pouces 8 lignes à 2 pouces 11 lignes; queue 2 pouces 11 lignes à 8 pouces 4 lignes; pennes allongées du mâle adulte de 7 pouces 4 lignes à 9 pouces; bec 5 à 6 lignes; tarse 6 lignes à 6 lignes et demie; doigt du milieu 4 lignes à 4 lignes et demie.
Mesures prises sur dix individus tués dans l’île de Mayotte. Aïle 2 pouces 7 lignes à 2 pouces 10 lignes; queue 2 pouces 10 lignes à 3 pouces 5 lignes; pennes allongées du mâle adulte 5 pouces 9 lignes à 9 pouces 8 lignes; bec 5 à 6 lignes; tarse 6 lignes et demie; doigt du milieu 4 lignes et demie.
Individu au plumage parfait et à manteau noir, d’origine inconnue, et regardé comme la Muscipeta rufiventris de Swainson. Aile 2 pouces 11 lignes. Queue 2 pouces 11 lignes; pennes mitoyennes 6 pouces 10 lignes. Bec 5 lignes et demie.
Individu, également d’origine inconnue, mais se rapportant à la Muscipeta rufiventris de Swainson. Aile 3 pouces 2 lignes. Queue 3 pouces 10 lignes; pennes mitoyennes 7 pouces 2 lignes. Bec 5 lignes et demie. Tarse 6 lignes. Doigt du milieu 4 lignes et demie.
Individus de Madagascar et de Mayotte. Iris de l'oeil brun. Bec et pieds d’un bleu-noir.
Nous avons rencontré cette jolie espèce dans les îles de Mayotte, Nossi-bé, Nossi-falie et à Madagascar. Elle aime surtout les endroits de la forêt qui sont situés près d’un cataracte ou d’un ruisseau. On les voit voltiger parmi les branches des arbres élevés. Ces oiseaux vivent en solitude, quelquefois on les rencontre par couples, mais on en voit rarement trois ou quatre individus ensemble. Ils se nourrissent d'insectes, surtout de diptères et de libellules qu'ils attrapent au vol de la même manière que notre Gobemouche. Leur chant est court, varié et agréable, mais ils font souvent entendre un cri qui ressemble assez à celui de nos mésanges. A l'époque des amours, les mäles ne cessent de caresser leurs femelles par leur chant et des mouvements lestes. Leur nid à la forme d’un bonnet de nuit; il est placé entre la triple fourche d’une branche,
construit avec beaucoup d'art de fines racmes d’herbe et de mousse, et le tout est revêtu de fil d’araignée entremelé de feuilles sèches. Il se trouve ordinairement dans l'intérieur des forêts à la hauteur d'homme, le plus souvent dans des arbrisseaux de la famille des lauracées. Chez les colons français de l’île de Mayotte cet oiseau porte les noms de veuve blanche et de veuve brune, tandis que les malgaches lui donnent celui de Scetti. Il paraît que cette espèce est plus abondante à Mayotte qu'à Madagascar.
MUSCIPETA BORBONICA.
Bonaparte, Conspectus, 1, p. 825. — Muscicapa borbonica, Gmelin, [, p. 939: Brisson, Ornith., I, p. 420, pl. 39, fig. 5; Buffon, PL enl. 575, fig. 1. — Tchitraea borbonica, Blyth; Hartlaub, Madagascar, p. 46.
Cette espèce appartient au nombre de celles, dont le mâle adulte n'offre Jamais des rectrices mitoyennes allongées, et ne prend jamais cet habit en partie blanc propre à la plupart des autres espèces. Elle a toutes les parties inférieures d’un gris bleuätre, passant insensiblement au blanchâtre sur le ventre et les souscaudales. Elle ressemble, du reste, à la femelle de la Muscipeta cristata, dont elle se distingue, toutefois, au premier abord, par son bec plus court et plus petit, ainsi que par la teinte grise du dessus du cou. Cette tente grise occupe, dans la femelle, tout le cou et toute la tête, tandis que, dans le mâle, elle est remplacée, sur le dessus de la tête, sur la région des oreilles et le devant de la nuque, par un bleu-noir métallique. Les autres parties supérieures sont d'un roux-rouge peu foncé et plus pâle sur le dessous que sur le dessus.
Nous avons examiné une douzaine d'individus de cette espèce, tous tués à la Réumion et à Mauritius. Elle ne se trouve ni à Madagascar, ni aux îles Comores.
Aïle 2 pouces 5 lignes à 2 pouces 9 lignes; queue 2 pouces 6 lignes à 3 pouces; bec 4 lignes et demie à 5 lignes; tarse 8 lignes; doigt du milieu 4 lignes et demie.
[ris et bec bruns. Pieds couleur de plomb bleuûtre.
Cet oiseau est connu à l'ile de la Réunion sous le nom d'oiseau de la vierge. I y habite non seulement les forêts qui couvrent les montagnes, mais aussi les endroits boisés du littoral, et même quelquefois les jardins des villes. Il vit d'insectes, comme de petits diptères et de libellules, et il aime surtout la solitude et les endroits les plus sombres des forêts. Il ne se méfie pas de l’homme qui l’approche, et se contente de le regarder avec curiosité. On le voit ordinairement, seul ou par couples, sauter tranquillement de branche en branche, ou voltiger pendant quelques instants sous le feuillage, pour attraper les insectes qui en sortent. Il fait entendre, par intervalles, un chant monotone et mélancholique, ainsi qu'une espèce de cri croassant et perçant qui a beaucoup de rapport avec celui de la mésange charbonnière. Son nid, construit avec beaucoup d'art, est composé de fils végétaux, d'herbes, de racines très fines, le tout entre-
mêlé de mousse et revêtu de toile d’araignée. Il est placé dans la fourche d’une branche, à la hauteur d'homme et présente la forme d'un bonnet de nuit.
DICRURUS FORFICATUS.
Bonaparte, Conspectus, 1, p. 352; Hartlaub, Madagascar, p. 49. — Lanius forficatus, Linné.
Cette espèce paraît être propre à l’île de Madagascar. Il est vrai que le Dr. Kirk a affirmé à M. Sclater, Ibis, 1864, p. 299, que cet oiseau est commun dans les clairières des forêts de l’île d'Anjouan; mais il est permis de douter de l'exactitude de la détermination de l'espèce, puisque l’île de Mayotte, si proche d'Anjouan, nourrit, au lieu de cette espèce, une autre d’une forme très différente. Ce serait, toutefois, un phénomène hors de nos conceptions sur la distribution géographique des espèces, que l'identité des Dicroures de Madagascar et d’Anjouan, tandis que l’île de Mayotte, intermédiaire par sa situation entre Madagascar et Anjouan, nourrit une espèce d’une forme très différente.
Le Dicrurus forficatus est assez connu des naturalistes et facile à reconnaître. Nous en avons examiné une très grande série d'individus.
Aïle # pouces 4 lignes à 4 pouces 410 lignes; queue 4 pouces 2 lignes à 5 pouces; bec 9 lignes; tarse 8 lignes à 8 lignes et demie; doigt du milieu 6 lignes à 6 lignes et demie.
Bec et pieds noirs. [ris de l'oeil brun.
Dans les petits, pris du nid, la queue est très imparfaitement développée et peu fourchue, et le noir de leur plumage est terne.
Cet oiseau connu, chez les Antancars et Sacalaves, sous le nom de Rélouvi, est un des oiseaux les plus communs de Madagascar. On l’aperçoit partout où l’on dirige ses pas dans les contrées de la grande île Africaine visitées par les naturalistes. C’est un oiseau très actif et un chanteur par excellence. Il hante les petits bosquets des plaines comme les forêts les plus impénétrables. Le plus souvent on les voit, le long de la lisière des forêts, perchés sur les branches mortes des arbres, dans une pose presque perpendiculaire, et faisant entendre, à chaque instant, leur forte voix composée de sons dont quelques-uns ressemblent beaucoup à ceux de l'orgue. Ils aiment aussi à imiter souvent les cris d’autres oiseaux, comme celui du Centropus et d’autres. Dans les lieux fréquentés par un grand nombre de ces oiseaux, chacun d’eux se réserve un territoire de chasse, où il ne supporte, ni ses congénères, ni d’autres oiseaux, même ceux qui sont plus forts que lui. Ils font une chasse continuelle aux sauterelles, aux cigales, aux coléoptères, aux libellules et à d’autres insectes, sur lesquels ils se lancent avec une agilité remarquable et qu'ils attrapent presque toujours au vol. Quand cet oiseau s’est emparé d’un insecte, il retourne de suite avec sa proie sur l'arbre qu'il vient de quitter.
Avant de la dépecer, il fait entendre un petit chant, tout en redressant sa huppe, en balançant la queue et en gardant la proie dans le bec. Ces oiseaux ne sont nullement farouches, ils se laissent approcher sans méfiance par le chasseur et se contentent, dès qu'il est arrivé tout près d'eux, de voler à une petite distance sur une branche voisine. Ils ont encore l'habitude de prévenir, par un certain cri, les autres oiseaux du voisinage; dès qu'un oiseau de proie arrive, ils se lancent vigoureusement sur lui en le poursuivant à une assez grande distance. Dans le temps de la ponte, plusieurs mâles poursuivent quelquefois, en chantant, une seule femelle de leur espèce. Aussitôt que celle-ci se perche sur une branche, les mâles se livrent un combat pour la possession de cette femelle chérie. Celui qui reste vainqueur est alors choisi par elle comme mari. Ceci a lieu vers les premiers jours du mois d'Octobre. Ces oiseaux commencent alors à construire leur nid, qu'ils placent entre un rameau fourchu, soit dans la forêt, quelquefois près des demeures des indigènes, soit sur la lisière des bois. Îls préfèrent cependant une branche qui pend au dessus d’une rivière ou d’un ruisseau. Les matières qu'ils choisissent pour construire leur nid consistent en racines fines, filaments végétaux et fils d’araignée. Les oeufs, au nombre de trois ou quatre, ont une couleur de saumon très claire parsemée de taches brunâtres qui sont habituellement posées en cercle. Ils ont à peu près la grandeur de ceux de l’étourneau, mais ils sont moins allongés. Le mâle et la femelle couvent chacun à son tour. C’est presque toujours vers le midi que le mâle remplace la femelle sur le nid, et c’est alors qu’elle s'occupe de la recherche de sa nourriture près de l’endroit où se trouve le mâle. Cependant, il arrive souvent que celui-ci apporte de la nourriture à sa femelle. Aussitôt que les petits sont assez forts pour quitter le nid, ils se placent ordinairement en rang, à côté l’un de l’autre, sur une branche d'arbre de la forêt, et c’est là que les parents viennent les nourrir. En captivité, ces oiseaux s’attachent très vite à leur maitre; ils le suivent partout, se posant sur son épaule en chantant par intervalles. Nous avons longtemps tenu ces oiseaux en captivité, en les nourrissant de petits morceaux de viande crue, de blanc d'oeuf et de sauterelles. Nous avons observé ces oiseaux dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, aimsi que dans les îles de Nossi-bé, Nossi-falie, Nossi-Acoumba, Tani-kéli et Nossi-Bourrah (Sainte-Marie); mais jamais dans l’île de Mayotte.
DICRURUS WALDENIT.
Schlegel, Contributions, L. c., p. 86.
Voici la note que lord Walden, qui s'occupe d’une Monographie des Dicrures et à qui nous avons communiqué l'espèce, a bien voulu me remettre sur ce Dicrurus de Mayotte, auquel j'ai conféré l'épithète de Waldenü, en honneur de ce seigneur anglais. Le Dierurus de Mayotte forme une espèce bien caractérisée et facile à reconnaitre. Elle
ressemble au Dicrurus forficatus de Madagascar et au Dicrurus cristatus, Vieillot, du Zambéze, par la forme du bec, ainsi que par la texture et la couleur du plumage, qui est d’un noir réfléchissant le vert foncé, mais variant un peu, suivant les individus, quant à sa profondeur. La tête est dépourvue d’une huppe frontale. Cette espèce se rattache, par la structure de la queue, intimément au groupe Asiatique dont le Dicrurus macrocercus de Vieillot est le type. La paire externe des rectrices dépasse, dans l’un des individus, la paire mitoyenne de presque trois pouces, et l'avant dernière paire de deux pouces. Les mâles offrent une taille un peu plus forte que les femelles, auxquelles ils ressemblent du reste sous tous les rapports. (Cette espèce présente un intérêt tout particulier, soit par le cercle apparemment restreint de sa répartition géographique, soit parce qu’elle rapproche les Dicroures d'Afrique de ceux des Indes.
Longueur de l’aile 5 pouces 3 lignes à 5 pouces 6 lignes; queue 6 pouces 6 lignes à 7 pouces 10 lignes; bec, depuis l'angle de la bouche 14 à 415 lignes.
Nous faisons encore observer que notre mâle adulte présente une variété individuelle, en ce que quelques unes des moyennes et grandes couvertures supérieures de l'aile droite sont largement bordées d’un gris-blanc, marbré de brun-noir.
Oeil brun, bec et pieds noirs.
Cette espèce est connue chez les colons français de Mayotte sous le nom de veuve noire. Elle se tient dans les forêts vierges de cette île. C'est le hasard qui nous en a fait découvrir quelques échantillons, ce qui porte à croire que ces oiseaux ne s'y trouvent qu’en petite quantité. Nous ne les avons observés et tués que dans les forêts qui avoisinent la baie de Jongony dans la partie Sud-Ouest de cette île. On les voit presque toujours par couples composés, chacun, de trois à quatre individus. Ils sont assez farouches et difficiles à surprendre, car ils se tiennent toujours à une distance dans les branches élévées des arbres et ils s’envolent, aussitôt qu'ils aperçoivent le chasseur, dans les endroits impénétrables de la forêt. Le seul moyen de bien observer et de tuer le drongo de Mayotte, c'est de se tenir embusqué dans les broussailles pendant quelque temps. C’est alors seulement qu’on peut observer ses habitudes curieuses et qu'on entend son chant singulier. Les mâles font toute sorte de grimace pour plaire à leur femelle. Tantôt on les voit gonfler les plumes en battant des ailes, hochant la queue et en tournant à chaque instant la tête, tantôt sauter de branche en branche autour de la femelle en faisant entendre des sons qui ressemblent à ceux d’un orgue. Cet oiseau habite les mêmes lieux que le lémur de Mayotte. Il vit principalement de coléoptères. Leur cadavre répand une odeur pareille à celui des corbeaux.
CAMPEPHAGA CANA.
Muscicapa cana, Gmelin, 1, p. 940: Muscicapa madagascariensis einerea major, Brisson
Ornith., I, p. 389, pl. 36, fig. 1. — Ceblepyris cana, Lichtenstein; Hartlaub, Madagascar, p. 46.
Nous avons examiné une quinzaine d'individus de cette espèce. La femelle et le jeune mâle se distinguent constamment du mâle adulte par leur tête d’un gris-noir qui passe au gris sur la gorge, tandis que ces parties sont, dans le mâle adulte, d’un noir tirant au gris sur le dessus de cette partie.
Aile 3 pouces 9 lignes à 4 pouces 1 ligne; queue 3 pouces 3 lignes à 3 pouces 6 lignes; bec 6 lignes et demie à 7 lignes; tarse 8 lignes et demie à 9 lignes; doigt du milieu 6 lignes et demie à 7 lignes et demie.
Bec et pieds noirs. [ris de l'oeil brun.
Cet oiseau est assez commun dans les lieux que nous avons explorés dans la partie Nord-Ouest de Madagascar. Il vit presque toujours isolé; rarement on le trouve par couples ou en société de plusieurs individus. On le voit presque toujours fréquenter la lisière des forêts, où il aime à sauter tranquillement de branche en branche, en faisant la chasse aux petits coléoptères et aux autres insectes qui font sa nourriture principale. Dans une certaine période de l’année, il se nourrit aussi de fruits. (Cet oiseau est nullement farouche; il laisse approcher l’homme sans méfiance et se borne à sauter sur une branche voisine quand le coup du chasseur a manqué, pour recommencer. de nouveau ses recherches dans le feuillage. Semblable à l’alouette, il a l'habitude de monter quelquelois perpendiculairement à une certaine hauteur dans l'air, faisant en même temps entendre son eri fort et clair, sonnant hu tu”; ensuite, il se laisse tomber soudainement dans les arbres. Nous ignorons sa manière de nicher. Les malgaches de la partie Nord-
Ouest de la grande île Africaine donnent à cet oiseau le nom de »Vouroun tani-aombi”.
OXYNOTUS FERRUGINEUS.
Cette espèce originaire de Maurice porte, chez les créoles de cette île, le nom de nQuisinier”’. Suivant les observations faites par mon ami Edward Newton, on la trouve dans presque toutes les forêts qui couvrent les ravins et les montagnes, mais il y est très rare. C’est un oiseau solitaire qui se fait rarement entendre, sinon dans le temps des amours. Son cri ressemble à celui du torchepot; mais souvent il est interrompu par des sons croassants qui ont beaucoup de rapport avec le cri du gea, quoiqu'ils soit beaucoup moins forts. (Cet oiseau commence à construire son nid vers la fin du mois d'Octobre ou vers le commencement du mois de Novembre. Il le place ordinairement sur de pelits arbres à une hauteur d'environ vingt pieds. Les nids découverts par M. Edward Newton se trouvaient sur un arbre connu chez les créoles sous le nom de Bois-balai (Erythroxylum hypericifolium); un autre sur un arbre connu dans le pays sous le nom de Bois de pomme (Lyzygium glomeratum). Le nid offre à peu près la forme
de celui du Lanius rufus; mais il est moins profond et très petit pour la taille de l'oiseau. Îl est construit de petites racines, de filaments végétaux, de petits morceaux de lichen noirs et blancs, et le tout est revêtu de fil d’araignée. Les oeufs sont d’un vert pâle parsemé de taches médiocres couleur de cendre. (Ces taches sont plus particulièrement serrées sur le tour central et le gros bout, où l’on observe, en outre, quelques taches allongées d’un brun olivâtre.
OXYNOTUS NEWTONIL.
Cette espèce propre à l’île de la Réunion, a été longtemps confondue par les naturalistes avec l'Oxynotus ferrugineus, originaire de l’île de Maurice. Moi-même j'avais partagé cette manière de voir lorsque je publiais pour la première fois une note sur cette espèce dans le bulletin de la Société Impériale d’Acclimatation et d'Histoire Naturelle de l’île de la Réunion, tome Il, p. 7; mais j'ai relevé, peu de temps après, mon erreur dans un mémoire accompagné de figures et inséré dans l’Ibis. Cet oïseau se trouve à la Réunion dans les forêts qui couvrent les montagnes, ordinairement à une hauteur de 800 à 1400 mètres au dessus du niveau de la mer. Îl aime surtout la solitude et se tient de préférence dans les forêts les plus impénétrables. Le plus souvent on le rencontre dans les broussailles épaisses, qui couvrent les pentes des montagnes les plus escarpées où le chasseur le doit chercher, en descendant dans ces localités difficiles à aborder, à l’aide des mains et des pieds. On le voit presque toujours sauter, seul ou par couples, de branche en branche, en faisant entendre de temps en temps un fort cri qui consiste dans les syllabes de Ti-tuit, ti-tui et qui ressemble assez à celui de notre mésange charbonnière, mais qui est beaucoup plus fort. (Get oiseau vit principalement de coléoptères et de leurs larves qu'il cherche en examinant soigneusement les fentes des arbres. Il est très friand des larves d’oryctes qui vivent dans cette espèce de palmier dont les créoles tirent le mets renommé, appelé chou-palmiste. C’est pour cette raison que cet oiseau est très utile comme ennemi de ces insectes destructeurs qui, dans leurs différents états, font tant de dégât à ces plantes utiles. La manière de nicher de cette espèce est encore inconnue. Les créoles de l’île de la Réunion lui donnent les noms de Tui-tuit, de Merle blanc et de Tec-Tec des hauts.
ARTAMIA LEUCOCEPHALA.
Lanius madagascariensis major viridis, Brisson. — Lanius leucocephalus, Gmelin. — Buffon, PI. enl. 374.
Cet oiseau, quoique connu depuis Brisson et Buffon, appartient au nombre des plus rares dans les collections. Nous en avons emprunté les mesures suivantes à une dizaine
d'individus des deux sexes, adultes et jeunes. 1%
Aile 4 pouces 2 lignes à 4 pouces 6 lignes; queue 2 pouces 7 lignes à 2 pouces 11 lignes; bec 10 à 11 lignes; tarse 10 lignes et demie à 11 lignes; doigt du milieu 7 lignes à 7 lignes et demie.
On n’a connu jusqu’à présent que les mâles adultes de cet oiseau. On sait que les mäles ont la tête, le cou, toutes les parties inférieures du corps avec les plumes souscaudales, les sousalaires internes avec les axillaires, ainsi qu’une bande mal déterminée du croupion d’un blanc pur, tandis que les autres parties du plumage sont d'un vertnoir luisant et à reflets métalliques sur les parties supérieures: cette teinte foncée se répand aussi sur le bord terminal des plumes postérieures de la nuque.
La femelle se distingue du mâle adulte parce que le blanc en avant du ventre tire fortement au gris et qu'il est remplacé par cette teinte sur le dessus et les côtés de la tête, sur la nuque et le croupion.
Les jeunes ressemblent en général à la femelle adulte, mais ils n’ont pas de bandes noires à la nuque, et la teinte foncée des autres parties est remplacée par un gris noirâtre.
Bec gris bleuâtre. Pieds noirs. Iris de l'oeil brun.
Cette espèce est assez rare dans les parties de Madagascar visitées par nous. Elle y est connue sous le nom de Rémavou. Elle vit dans les forêts par couples ou bien en bandes de 6 à 8 individus. Elle n’est nullement farouche et facile à tuer parce qu’elle ne craint pas les coups de fusil, se contentant, quand le chasseur manque son coup, de voler un peu plus haut dans les arbres. Les Rémavous cherchent leur nourriture, qui consiste en petits coléoptères et d’autres insectes, dans les fentes et sous les feuilles des arbres qu'ils examinent avec soin. Les mouvements de ces oiseaux sont si tranquilles qu'on les aperçoit à peine, aussi est-ce uniquement par hasard que l'oeil tombe sur eux. Le seul cri que nous avons entendu de ces oiseaux est un sifflement assez doux; mais lorsqu'ils sont blessés, ils poussent un croassement désagréable, qui ne laisse pas d'attirer tous les autres individus du voisinage, de sorte que le chasseur se voit tout à coup entouré par ces oiseaux et qu'il est à même de tuer l’un après l’autre. Leur
vol est lent et ressemble assez à celui des bergeronnettes.
ARTAMIA VIRIDIS.
Lanius madagascariensis minor viridis, Brisson, Ornith., p. 495, pl. 15, fig. 3. — Piegrièche de Madagascar, Buffon, PI enl. 32, fig. 2 — Lanius viridis, Gmelin, I, p. 306. — Ocypterus viridis, Valenciennes. — Leptopteryx viridis, Wagler. — Analcipus hirundinaceus, Swainson. — Leptopterus viridis, Bonaparte.
Nous ne nous appesantirons pas sur les caractères de cette espèce assez connue, quoique très rare dans les collections. Nous en avons sous les yeux huit individus: ils se ressemblent entre eux parfaitement et sous tous les rapports. En voici les mesures des
principales parties. Aile 3 pouces 5 lignes à 3 pouces 8 lignes; queue 21 à 25 lignes: bec 7 à 8 lignes; tarse 6 à 7 lignes; doigt du milieu 5 à 6 lignes.
On doit s'étonner à juste titre que les naturalistes n’ayent pas reconnu l’affinité générique qui existe entre cet oiseau et l’Artamia leucocephala, et qu'il en ait été séparé, ainsi que l’Artamia bicolor, sous un nom générique particulier.
Nous avons observé et tué ces oiseaux pour la première fois dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, près du village Sjamanore où ils portent le nom de Sorawansa. Ils vivent en petites bandes de 6 à 12 individus, et sont actifs, mais farouches. Ils ont l'habitude de se rendre, après avoir sauté pendant quelque temps de branche en branche, à une distance assez considérable. Ils font entendre, par intervalles, une espèce de chant rappelant celui de notre moineau. Leur vol a également beaucoup de ressemblance avec celui des fringilles. Ils se nourrissent d'insectes et, à une certaine époque de la saison, de grains d'arbres et de fruits. Ces oiseaux sont assez rares dans les contrées explorées par nous; du moins, nous ne les avons observés qu’en petit nombre.
ARTAMIA BICOLOR.
Lanius madagascariensis coeruleus, Brisson. — Lanius bicolor, Linné, Mantissa, plant. 1771, p. 124; Gmelin, I, p. 305. — Loxia madagascariana, Linné, Syst. nat., 19me édition, 1, p. 306, nec Loxia bicolor, ibidem, p. 307. — Pie-grièche bleue de Madagascar, Buffon, PI. enl. 298, fig. 1. — Laniarius bicolor, G. R. Gray, Genera of Birds. — Dryoscopus bicolor, Bonaparte, Conspectus. — Cyanolanius bicolor, Bonaparte, Collect. Delattre, p. 79.
On a rangé cet oiseau parmi les Pies-grièches, tout en l'élevant au rang des genres. Ce n’est pourtant qu'une Artamia, genre qui n’a rien en commun avec les Lanius, et qui appartient, avec les Artamus, les Pericrodotus, les Camphephaga, les Dicrurus à une toute autre famille savoir celle des Muscicapae.
Cet oiseau, quoique des plus rares dans les collections, est assez connu et facile à reconnaître à ses teintes. Nous ferons cependant observer que le bleu de ses parties supérieures tire quelquefois au vert blanchâtre, et qu'il est remplacé, dans les femelles et les jeunes mâles, par un bleu sale et tirant fortement au verdâtre sur le dos et les ailes. Les femelles et jeunes mâles ont, en outre, le blanc des parties inférieures sale, tirant au roussâtre et passant même, sur les flancs, au gris.
Nous avons emprunté les mesures suivantes à une douzaine d'individus de cette espèce. Aile 3 pouces à 3 pouces 2 lignes; queue 30 lignes; bec 6 lignes à 6 lignes et demie; tarse 7 lignes à 7 lignes et demie; doigt du milieu 3 lignes et demie à 4 lignes.
C'était le 15 Août 1865 que nous avons observé et tué, pour la première fois, ces superbes oiseaux dans les forêts qui avoisinent la baie de Passandava près du village
d'Ambany-alla. On les rencontre presque toujours en société d'autres oiseaux comme des Zosterops, Philepitta’s, Calicalius ete. Comme ils se tiennent dans la cime des arbres élevés, il est assez difficile de les distinguer parmi leurs compagnons. On les voit sauter doucement de branche en branche dans les plus hauts arbres, en faisant entendre un chant tremblotant et court. Leur nourriture consiste en insectes comme petits coléoptères et pentatoma’s. (Ces oiseaux sont assez rares dans la partie Nord-Ouest de l’île malgache et ils habitent les forêts les plus impénétrables. Chez les Sakalaves, ces oiseaux portent les noms de Foundra-poury et Vouroun-sarahessa.
ARTAMIA BERNIERI.
Oriolia Bernieri, Isid. Geoffroy St. Hil., Acad. des sc., Avril 2, 1838; Revue Zoologique, Ï, p- 50. — Guérin, Mag. de Zoologie, 1839, Oiseaux pl. 4 — Hartlaub, Madagascar, p. 43.
L'individu unique sur lequel cette espèce a été basée, se trouve au Musée de Paris. Nous en donnons une figure exacte. (C’est un oiseau dans la première livrée, qui ap-
partient à une espèce du genre Artamia différente, par les proportions de ses parties, des autres espèces, mais dont l’adulte n’a pas encore été observé jusqu’à présent.
PACHYCEPHALA RUFA.
Lanius madagascaniensis rufus, Brisson, Ornith., Il, p.178, pl. 18, fig. 4 — Buffon, PI. enl. 298, fig. 2 — Lanius rufus, Gmelin. — Schetba rufa , Lesson. — Artamia rufa, Lafresnaye. — Artamia leucocephala, fem., Bonaparte. — Hartlaub, Madagascar, p. 48.
Cet oiseau que l’on a associé à l’Artamia leucocephala et que Bonaparte n’en a pas même distingué comme espèce, ne peut faire partie de ce genre. Sa physionomie et son système de coloration sont assez différents; il a la base du bec muni de soies rigides; son bec est caréné en dessus; les plumes du devant du front sont couchées vers le devant et recouvrent la base de la mandibule supérieure jusqu’au delà des narines; sa queue, enfin, est plus allongée. (Cet oiseau se rapprochant, par contre, dans tous ses détails, des Pachycephales, nous croyons devoir le ranger parmi les espèces de ce genre.
La Pachycephala rufa offre un bec assez robuste, rappelant celui des pies-grièches, à teinte noir-bleue et muni, à sa base, de soies raides et assez longues. Les pieds sont noirâtres dans les individus en peau. Les rémiges offrent entre elles les mêmes proportions respectives que celles des Pachycephales et Artamia’s.
Le mâle adulte a toute la tête, la nuque, le cou, le devant du manteau et le jabot d'un noir à reflets verts. Les autres parties inférieures sont blanches, les autres parties
supérieures d’un brun-rouge, passant au brun noirâtre en dedans du bord externe des rémiges.
Dans la femelle, le brun-rouge est beaucoup plus pâle et tirant au roux: tout le dessous et les plumes en moustache sont d'un blanchâtre lavé de gris sur le jabot, la poitrine et les flancs; le noir du dessus du cou passe au gris sur le devant du manteau et ne s'étend latéralement que sur la partie supérieure des oreilles.
Mâle: aile 3 pouces 11 lignes; pointe de l’aile 10 lignes; queue 2 pouces 41 lignes ; bec, depuis le front, 9 lignes; tarse 11 lignes; doigt du milieu 7 lignes.
Femelle: aile 3 pouces 6 lignes; queue 2 pouces 9 lignes; pointe de l'aile 6 lignes et demie.
Cette espèce n’a pas été observée par nous dans la partie occidentale de Madagascar , mais notre ami M. Lantz en a rapporté deux individus tués dans la partie orientale de l'ile près de Tintingue. Elle à à peu près la même manière de vivre que l’Artamia leucocephala.
PHILEPITTA JALA.
On sait que le genre Philepitta a été fondé, en 1838, par Mr. Isid. Geoffroy St. Hilaure, sur un oiseau recueilli par Bernier à la Côte Est de Madagascar, et auquel il. a attribué l’épithète de sericea; que M. Desmurs a décrit, sous l’épithète de Geoffroyi, une autre soi-disant espèce de ce genre et que M. Hartlaub a établi, en faveur de la Merula madagascariensis aurea de Madagascar, le genre Brissonia, quoiqu'il eût reconnu l’aflinité de cet oiseau avec le genre Philepitta et qu'il eût lui-même suggéré la question sur la possibilité de l'identité de ces deux oiseaux.
L'espèce nouvelle du genre Philepitta découverte par nous à Madagascar, et l'examen des changements de forme qu'éprouvent les appendices charnus de l’oeil dans cet oiseau, nous a mis sur la voie de reconnaître que la soi-disant Philepitta Geoffroyi n’est en effet que le jeune de la soi-disant Brissonia de Hartlaub, tandis que M. J. Verreaux et l'un de nous, M. Pollen, ont pu constater, par l'examen des individus du Musée de Paris, que ces oiseaux appartiennent tous les deux, par l'espèce, à la Philepitta sericea de Geoffroy qui en est l'adulte.
On peut par conséquent résumer la synonymie de cet oiseau comme suit.
Mâle adulte. Philepitta sericea, Isid. Geoffroy de St. Hilaire, Acad. des Sciences, Avr. Il, 4838; Revue de Zoologie, FL, p.49; Guérin, Magasin de Zoologie, 1839, Ois., pl. 8: Desmurs, Iconographie, pl. 32; Hartlaub, Madagascar, p. 42.
Mâle dans la livrée de passage. — Merula madagascariensis, aurea, Brisson, Ornith., Il, p. 247, pl. 24, fig. 2. — Buffon, PI. enl. 539, fig. 2. — Phyllornis jala, Boddaert (Buffon). — Turdus nigerrimus, Gmelin, 1, p. 821. — Turdus sauijala, Latham. — Brissonia aterrima, Hartlaub, Madagascar, p. 42.
Individu au plumage imparfait. — Philepitta Geoffroyi, Desmurs et Flor. Prevost, Revue zoologique, 1846, p. 241. — Desmurs, Iconographie, pl. 833. — Hartlaub, Madagascar, p. 42.
Les figures que nous avons données de cet oiseau représentent les trois individus types du Musée de Paris. On voit par ces figures que le mâle adulte et le jeune sont faciles à reconnaître. Quant à l'individu dans la livrée de passage, on doit supposer, à juger des différentes livrées de la Philepitta Schlegeli, que c'est un mâle dans la livrée de passage, les femelles adultes de cette espèce portant un habit très différent de celui du mäle adulte et se rapprochant de celui des jeunes.
Caroncules de l'oeil d’un vert olivâtre dans les adultes (note prise sur le frais par Mr. Grandidier).
PHILEPITTA SCHLEGELT
Pollen, in litteris. — Buddinghia superba, idem.
Cette espèce se rattache par sa taille et son organisation à la Philepitta jala; mais elle offre un système de coloration très différent, notamment au plumage parfait du mäle, dont les lobes charnus de l'oeil présentent en outre une forme très différente.
On peut emprunter à cet oiseau la diagnose suivante. Peau nue, entourant l'oeil élarsie dans les adultes, prolongée en trois lobes libres et teinte de vert et de bleu. Teinte dominante du plumage jaune en dessous, vert en dessus. Le mâle adulte avec le dessus de la tête et du cou noir, et le manteau jaune.
Nous avons sous les yeux cinq individus des deux sexes de cette espèce. Ils offrent les mesures suivantes. Aile 2 pouces 9 lignes à 2 pouces 10 lignes; queue 17 à 18 lignes; bec 5 lignes et demie à 6 lignes; tarse 8 à 9 lignes; doigt du milieu 5 lignes et demie à 6 lignes et demie.
Le bec est noir; la peau entourant l'angle de la bouche est jaune; les pieds sont d’un brun jaunâtre; l'iris de l'oeil est d’un brun clair; la peau charnue entourant l'oeil est granulée, d’un bleu d'azur vers le centre, d’un beau vert sur le bord de l’oal et les autres parties.
Mâle adulte. Peau charnue de l'oeil prolongée en trois lobes libres, dont l’un, plus court que les autres, se dirige vers le front, tandis que l’autre descend des freins vers le bas, et que le troisième, composé de deux parties couvrant l’une l’autre, se prolonge au dessus de la région des oreilles. Dessus et côtés de la tête, ainsi que la nuque et le devant du manteau, d’un noir foncé. Partie centrale du manteau d’un beau jaune de citron. Les autres parties supérieures de l'oiseau sont d’un vert jaunâtre, mais cette teinte est interrompue, sur les plumes latérales du manteau et sur celles du milieu du dos, par des taches terminales noires, et elle n’occupe que le bord externe des rémiges
qui sont noirâtres dans le reste de leur étendue. Les plumes des parties inférieures de l'oiseau sont d’un beau jaune de citron, mais noires à leur partie basale. Les couvertures inférieures des ailes sont d’un jaune très clair, et les rémiges bordées, à leur barbe interne, de blanc jaunâtre.
La femelle adulte a les appendices de la peau charnue des yeux moins allongées; elle n'a de noir, ni à la tête, ni à la nuque, ces parties étant d'un vert jaunâtre interrompu, sur chaque plume, par une raie longitudinale jaunâtre; le dessous enfin est d’un jaune beaucoup moins vif et passant à l’olivâtre sur les bords latéraux des plumes de la gorge, du jabot, de la poitrine et des flancs.
Dans notre jeune femelle, du reste semblable à la femelle adulte, l'oeil est entouré d'une peau simple et non pas prolongé en lobes.
Ce petit oiseau superbe a été découvert par nous dans les forêts les plus impénétrables de la Côte Nord-Ouest de Madagascar. On l’y rencontre quelquefois en société du magnifique Artamia bicolor et du Lanius madagascariensis. On le voit, souvent accompagné de sa femelle, sauter tranquillement de branche en branche, cherchant sa nourriture qui consiste principalement en pentatomas, et en petits coléoptères. Son cri a beaucoup de rapports avec celui de la cresserelle malgache, mais il est beaucoup plus fin et se compose des syllabes cit-cit-ci”, qu’il prononce assez vitement. Perché sur les branches il prend une position presque perpendiculaire et immobile. Cet oiseau ne craint pas l'approche du chasseur. Son vol est très rapide, quand il traverse la forêt. Il reste longtemps perché sur une même branche, pour faire entendre, à chaque instant, son cri. Ses mouvements dans les arbres touffus sont brusques. Nous n'avons pu obtenir que cinq individus de cette charmante espèce dont deux femelles et trois mâles. Chez les Sakalaves cet oiseau porte le nom d’Asity.