‹ Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendancesChapitre 14 sur 61 · TATARE MINOR · texte numérisé non relu

TATARE MINOR

Bernieria minor, Bonaparte, Comptes rendus, vol. XXXVIIT, p. 10. — Macrosphenus viridis, Lesson, nec Cassin.

Nous n’avons pu examiner que deux individus de cette espèce très semblable à la Tatare madagascariensis, mais à proportions réduites dans toutes ses parties. Elle est, sous ce rapport, à cette espèce, ce qu'est la Calamodyta arundinacea à la Calam. turdina.

Aile 2 pouces 7 lignes; queue 2 pouces 7 lignes; bec 7 lignes et demie; tarse 9 lignes; doigt du milieu 6 lignes.

Bec, iris de l'oeil et pieds d’un brun jaunâtre.

Cette espèce est plus commune que son congénère, le Tatare major. Chez les Sakalaves elle porte le nom de Tec-tecci-ala ce qui signifie Tec-tec de la forêt. Elle se tient, comme celle-ci, dans les fougères et les broussailles et vit exclusivement d'insectes des marécages. Nos individus ont été tués dans les environs des villages d’Ambany-ala et Congony, situés dans la baie de Passandava. Le petit cri que cet oiseau fait entendre

ressemble à celui de notre Calamodyta phragmitis.

CALAMODYTA NEWTONIT.

Calamoherpe Newtonü, Hartlaub, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 165.

Aile 2 pouces 6 lignes; queue 2 pouces 8 lignes; bec 6 lignes et demie; tarse 12 lignes; doigt du milieu 6 lignes et demie.

Bec d’un brun-noir tirant au rougeâtre. Pieds couleur de plomb rougeñtre. [ris de l'oeil brun-rouge.

Cette espèce découverte par M. E. Newton dans la partie orientale de Madagascar a été retrouvée par nous dans la partie occidentale de cette île. Nous n’en avons pu obtenir que deux individus, l’un tué sur les bords du lac de Pombylava à Nossi-bé et l’autre sur ceux d’un ruisseau débouchant dans la rivière de Sambéranou, laquelle se jette dans la baie de Passandava. La manière de vivre de ces oiseaux ressemble assez à celle des autres espèces du genre Calamodyta. Ils se nourrissent, comme elles, d’insectes aquatiques et de diptères. Leur chant rappelle un peu celui de notre rossignol, mais il est moins varié. Les Sakalaves donnent à cette espèce également le nom de Tec-tec.

CISTICOLA MADAGASCARIENSIS.

Drymoica madagascariensis, Hartlaub, Madagascar, p. 53.

L'histoire des Cisticoles étant encore à faire, et notre collection des oiseaux de ce genre n'ayant pas encore atteint les proportions nécessaires à ce travail, nous nous bornons ici à la simple communication que nous possédons l'adulte et le jeune de l'oiseau, introduit par Hartlaub sous le nom de Drymoica madagascariensis, et que cette espèce appartient en effet au même sous-genre que notre Cisticole d'Europe.

Aile 4 pouce 11 lignes; queue 1 pouce 14 lignes; bec 4 lignes et demie; tarse 8 lignes et demie; doigt du milieu 5 lignes et demie.

Bec brun; mais à mandibule inférieure plus claire. Pieds couleur de chair. Iris de l'oeil brun. |

Cet oiseau qui porte chez les Antancars le nom de Cabanty et chez les Sakalaves celui de Tec-tec, se tent toujours dans les hautes herbes nommées Fatac, dont les plaines de Madagascar sont couvertes. Ayant l'habitude de se cacher à chaque instant dans ces herbes épaisses, il est difficile de l’observer et de le chasser. Son cri consiste dans les syllabes Tec-tec-tec, qu'il fait entendre à chaque moment en balançant sa queue, soit qu'il est perché sur une tige d'herbe, soit qu'il vole. Son vol ressemble beaucoup à celui des bergeronnettes. Ces oiseaux se nourrissent de petites sauterelles et d’autres petits insectes qui se trouvent en abondance dans les herbes. Ils sont très communs dans les savannes de Madagascar et vivent presque toujours par couples ou en petites

bandes de trois à quatre individus. Leur manière de nicher nous est restée inconnue.

DRYMOICA ELLISIL.

Ellisia typica, Hartlaub, Madagascar, p. 14.

Cette espèce rappelle en général, par ses teintes et la forme de son bec, nos grandes Calamodytes d'Europe; mais elle tient des Drymoica par sa queue allongée, étagée et composée de pennes étroites.

Aile 2 pouces 2 lignes; queue 3 pouces; bec 5 lignes et demie à G lignes, tarse 10 lignes; doigt du milieu 6 lignes.

Mandibule supérieure d’un brun-noir; inférieure d’un brun jaunâtre. Pieds bruns. Iris de l'oeil brun.

Teinte générale du plumage d’un brun-roux olivâtre; mais une raie bordant le front et longeant les sourcils, la gorge, le jabot, le milieu de la poitrine et du ventre et le pli de l’aile d’un jaune päle, tirant un peu au roussâätre et interrompu, sur le jabot, par des taches clair-semées, peu apparentes et d’un brun-gris très clair.

Cette espèce, qui se tient principalement dans les fougères aquatiques, est assez rare

à Madagascar et diflicile à tuer. Les Sakalaves ont emprunté le nom qu'ils lui appliquent au petit chant croassant qu’elle fait entendre par intervalles et qui est composé des syllabes tec-tec. Ces oiseaux fréquentent les endroits marécageux ou les bords des rivières où les fougères abondent. Ils se nourrissent principalement d'insectes aquatiques.

EROESSA TENELLA.

Hartlaub, Proc. Zool. Soc. London , 4866, p. 219. — Damia pusilla, Pollen, in litteris.

Ge petit oiseau rappelle les Zosterops par la forme de son bec, les Phylloscopes par ses teintes; mais ses ailes offrent une conformation très différente, se rapprochant plutôt de celle des ailes du Calicalius et de la Newtonia.

Ailes courtes, très arrondies. Première rémige de moitié plus courte que la deuxième. Quatrième, qui est la plus longue de toutes, ne dépassant que fort peu la troisième et la cinquième. Bec en alène, tant soit peu courbé vers le bas. Soies de la bouche peu développées et placées sur les freins et à la base de la mandibule inférieure. Plaque du tarse souvent subdivisée.

Aïle 1 pouce 8 lignes; queue 4 pouce 6 lignes; bec 4 lignes; tarse 6 lignes et un quart; doigt du milieu 8 lignes et demie.

Bec d'un brun, très clair à la mandibule inférieure. Pieds d’un brun plus clair sur les doigts que sur la tarse. Iris de l'oeil brun.

Dessus et côtés du cou jusque vers les yeux gris. Les autres parties supérieures d'un vert jaune terne. Rémiges noirâtres, avec un liséré vert-jaune. (Côtés du front bordés par une raie Jaune qui se prolonge en arrière pour former une raie surciliaire. Paupière inférieure également jaune. Devant de la région des oreilles varié de blanc ou de jaune. Dessous de l'oiseau depuis le menton jusque sur la poitrine d'un jaune de citron interrompu, sur les côtés de la gorge et sur le jabot, par des taches longitudinales grisâtres, clair-semées et peu saillantes. Les autres parties inférieures d’un blanc plus ou moins lavé de gris jaunâtre, notamment sur les flancs. Sousalaires extérieures d’un jaune de citron, les autres d’un jaune blanchâtre.

Il paraît que cette espèce, assez rare dans la partie de l’île que nous avons explorée, est plus commune dans la partie orientale de Madagascar que mon ami M. Lantz a visitée. Elle vit souvent en société des Nectarinia’s et se tient dans les arbustes ainsi que dans les arbres des forêts, où elle voltige en petites bandes. Elle se nourrit surtout de petits insectes, mais également de fruits et du nectar des fleurs. Son chant sifflant est doux et agréable. Elle fréquente de préférence les arbres touffus, comme les tamariniers et les mimoses et on la vait en action pendant foute la journée, même durant la grande chaleur du midi, tournant et examinant chaque feuille et chaque fleur, qui lui semble récéler des insectes. Les Sakalaves donnent à cette espèce le nom de Ci-ci, probablement à cause de son chant.

SAXICOLA TORQUATA.

Muscicapa torquata Capitis bonae spei, Brisson, Ornith., Il, p. 379, pl. 36, fig. 4: Muscicapa torquata, Linné, Syst. nat., édit. 12, p. 328, sp. 17 (indiv. du Cap). — Motacilla rubicola, Linné, 1, p. 332, sp. 17 (Europe). — Rubetra madagascariensis, Brisson, IE, p. 439, pl. 24, fig. 4: Motacilla sibilla, Linné, 1, p. 337, sp. 44 (Madagascar). — Motacilla maura, Pallas, Reisen, vol. Il, 1773, Appendix, p. 708, sp. 17 (Sibérie). — Sylvia muscipeta, Scopoli, Annuus 1, p. 159, sp. 236 (Europe). — Sylvia sybilla et rubicola, Latham. — Saxicola rubicola, Bechstein (Europe). — Saxicola Hemprichi, Keyserl. et Blasius (Individus dans la livrée de passage, de la Nubie et de l’Abyssinie). — Saxicola pastor, Voigt, Traduct. allem. de Cuvier, Règne animal (Cap). — Pratincola indica, Blyth (Ind. contin.). — Pratincola rubicola, Koch; Pratincola sybilla, Cabanis; Pratincola indica, Blyth et Pratincola Hemprichüi, Bonaparte, dans Bonaparte, Conspectus, I, p. 804 et 305. — Pratincola sybilla et pastor, Hartlaub, Madagascar, p. 38 et 39 (Madagascar). — Saxicola albofasciata, Rüppell (Alpes de l’Abyssinie). — Motacilla borbonica, Bory de St. Vincent (indiv. de la Réunion).

L'oiseau que nous comprenons sous le nom de Saxicola torquata est répandu dans la plus grande partie de l’Europe et de là, en Asie, jusqu’au Bengale, dans la Chine, le Japon et l’île de Formosa; puis dans toute l'Afrique depuis l’Alger, l'Égypte et l’Abyssinie jusqu’au Cap de Bonne Espérance, à Madagascar et dans l’île de la Réunion.

Comme tant d’autres, cet oiseau a servi aux naturalistes à l'établissement d’un nombre considérable d'espèces que l’on doit considérer comme nominales puisqu'elles ne reposent que sur des caractères empruntés, soit au degré des changements que subissent les teintes du plumage suivant les individus ou les localités, soit à d’autres variations purement individuelles.

L'examen des grandes séries d'individus que nous possédons de cette espèce et qui ont été tués dans toutes les différentes localités énumérées plus haut, nous a appris qu'il n'existe pas de caractères tranchants pour diviser ces individus en espèces suivant les localités qu'ils habitent.

Voici, en peu de mots, à quoi se réduisent ces différences.

Les individus adultes de l'Afrique et de l'Asie offrent ordinairement des teintes plus pures et plus intenses que ceux de l'Europe. Ce phénomène est dû à la disparition plus ou moins complète des bords roux des plumes noires, et à l’intensité plus considérable de la teinte rousse de la poitrine, teinte qui se répand quelquefois, mais individuellement, jusque sur le bas-ventre. Nous avons devant les yeux des mâles adultes du Cap de Bonne Espérance, de la Sibérie méridionale, de la Chine et du Japon, tellement semblables les uns aux autres qu'il est impossible de leur trouver le moindre trait distinctif.

Les individus de Madagascar ne se distinguent en rien de ceux de l’Europe, si ce n’est que le roux de la poitrine est plus intense et que le blanc des plumes souscaudales est, quelquefois, en partié ou totalement remplacé par du brun ou du noir. On sait que c’est sur ce dernier trait, emprunté à Brisson, que repose la Motacilla sibilla de Linné; mais ce trait est purement accidentel, ainsi que le démontre notre série d’individus tués à Madagascar. Ajoutez encore que l’on trouve quelquefois, dans les autres contrées qu'habite l'espèce, des individus à croupion brunâtre, roux ou mêlé de noirâtre.

Les individus des Alpes de Sémien dans l’Abyssinie se distinguent de ceux des autres contrées par les plumes rousses de la poitrine qui prennent, dans les mâles adultes, à l'exception de leurs bords, une teinte noire. Cest la Saxicola albofasciata de Rüppell.

Il ne nous reste que les individus de la Réunion, mais ce sont précisément ceux qui, contre toute attente, s’éloignent le plus considérablement des individus des autres contrées par les traits suivants. Les plumes de la gorge ne sont noires que près de leur base et leurs bords blancs sont tellement larges que la gorge offre un blanc pur, même dans les mâles adultes. Le miroir blanc des ailes est un peu moins étendu que d'ordinaire et manque complètement dans la femelle adulte et dans les jeunes. Les plumes suscaudales sont d’un roux brunâtre, plus ou moins fortement mêlé de blanc dans les mâles adultes. Quant aux autres parties, elles ne présentent pas des différences sensibles. La femelle adulte a le noir en grande partie remplacé par du brun. Notez cependant, que les vieilles femelles de l’Europe prennent quelquefois une livrée semblable à celle des mâles adultes.

Individus de Madagascar. Aïle 2 pouces 2 lignes à 2 pouces 6 lignes; queue À pouce 9 lignes à 1 pouce 11 lignes; bec 4 lignes et demie; tarse 9 lignes et demie à 10 lignes; doigt du milieu 6 lignes à 6 lignes et demie.

Individus de la Réunion. Aïle 2 pouces 4 lignes à 2 pouces 6 lignes, queue 1 pouce 8 lignes à 1 pouce 11 lignes; bec 4 lignes et demie; tarse 9 lignes et demie à 10 lignes; doigt du milieu 6 lignes.

Cette espèce est très commune à Madagascar et à l’île de la Réunion, où elle est connue sous le nom de Tec-tec. Elle n’est nullement farouche et laisse approcher sans méfiance l’homme jusqu'à quelques pas, se contentant de voler à une petite distance pour se reposer. Dans la dernière île, elle se trouve même près des villes, et aussitôt qu'on arrive dans la campagne, on la voit partout sur les routes et dans les jardins. J'ai cependant observé qu’elle se tient de préférence à une certaine hauteur dans les montagnes, savoir à environ 4200 mètres et que, dans ces régions, les teintes de son plumage sont plus vives que celles des individus vivant sur le littoral. Ces oiseaux se nourrissent principalement de diptères qu'ils attrapent au vol, de la même manière que notre gobemouche, se perchant, après chaque capture, sur une branche ou une roche et battant

des ailes et de la queue. Leur cri consiste dans les syllabes Tec-tec-tec: de là le nom qu'il porte à Madagascar et à la Réunion. Leur manière de nicher ne diffère pas de celle des individus de l'Europe. On les voit presque constamment à terre ou bien perchés sur des roches, des balustrades ou des branches mortes d’arbustes qui se trouvent, le long des chemins et des sentiers, dans les plaines comme dans les clairières des forêts; mais ils recherchent de préférence le voisinage des endroits habités ainsi que les pares aux

boeufs.

COPSYCHUS PICA.

Natterer, von Pelzeln, Sitzungsbericht Acad. Wien, vol. XXXI, p. 323; Hartlaub, Madagascar, p. 38.

Cette espèce rappelle sous tous les rapports le Copsychus saularis, si commun dans les Indes orientales jusqu’à la Chine; mais elle est d’une taille beaucoup moins forte.

Nous en avons examiné une nombreuse série d'individus des deux sexes et dans les différents âges.

Aile 2 pouces 10 lignes à 3 pouces; queue 2 pouces 10 lignes à 3 pouces 1 ligne; bec G lignes; tarse 10 lignes et demie à 11 lignes; doigt du milieu 6 lignes et demie à 7 lignes et demie.

Bec noir. Pieds couleur de plomb. lris de l'oeil brun.

Ce chanteur par excellence porte chez les Antancars le nom de Sicitly, chez les Sakalaves celui de Toudiana. Son chant est tellement fort, varié et agréable qu'il peut rivaliser avec celui des meilleurs oiseaux chanteurs de l’Europe. On voit cet oiseau sauter lentement, mais d’une manière leste, d’une branche à l’autre, tout en regardant de temps à temps ce qui se passe autour de lui. Après s'être assuré qu'il n’y a personne qui le: regarde, il se dresse presque perpendiculairement sur une branche pour émettre, à plein gosier et en battant en même temps de la queue, son chant mélodieux. Ce chant ressemble assez à celui du rossignol, mais il est plus figuré, quoique plus court et plus voilé. C’est un fait curieux que l’on ne voit que très rarement la femelle de cet oiseau. Il se nourrit principalement d'insectes, comme de diptères qu'il attrape au vol, ainsi que de certains fruits. La ponte doit avoir lieu vers la fin du mois d'Octobre, vu que les indigènes nous ont apporté, dans la première moitié du mois de Novembre, de jeunes oiseaux de cette espèce, déjà pourvus de plumes. (Ces oiseaux se tiennent de préférence dans les broussailles ou bien dans les arbustes qui bordent la lisière des forêts. Ils ont à peu près les habitudes ainsi que le vol de notre rouge-gorge. Nous ne croyons pas que celte espèce se trouve dans la partie orientale de l’île, car autant que nous sachons, nul voyageur ne l’a observée dans ces contrées. On sait qu’elle a été découverte dans les environs de la baie de Bombetoc par le naturaliste autrichien W. Boyer.

COPSYCHUS ALBISPECULARIS.

Turdus albospecularis, Lafresnaye: Eydoux et Gervais, dans Guérin, Magazin de Zoo! 1836, Oiseaux, pl. 64 et 65. — Thamnobia albospecularis, Gray, Gen. of Birds. — Gervaisia albispecularis, Bonaparte, 1853.

Nous ne possédons de cette espèce que les mâles adultes. Ils sont au nombre de six et tous recueillis, par M. Lantz, près de Tintingue à la Côte Nord-Est de Madagascar.

Aile 2 pouces 9 lignes à 2 pouces 10 lignes; queue 2 pouces 7 lignes à 2 pouces 10 lignes; bec 5 lignes et demie à 6 lignes; tarse 11 lignes; doigt du milieu 6 lignes et demie à 7 lignes.

HYPSIPETES UROVANC.

Verreaux; Hartlaub, Madagascar, p. 44. — Merula madagascariensis cinerea, Brisson. — Turdus ourovang, Gmelin.

Cette espèce, commune à Madagascar, se trouve aussi dans l’île de Mayotte. L'examen d’une série composée d’une quinzaine d'individus, nous a offert les détails suivants à ajouter à ceux déjà connus.

Aile 3 pouces 9 lignes à 4 pouces 2 lignes. Queue 3 pouces 5 lignes à 3 pouces 8 lignes. Bec 8 lignes et un quart à 9 lignes et demie. Tarse 7 lignes et demie à 8 lignes et demie. Doigt du milieu 6 à 7 lignes.

Iris de l'oeil d’un brun-jaune. Bec rouge d'orange. Pieds d’un brun jaunâtre.

Point de différence dans les tetes du plumage suivant le sexe.

C'est un des oiseaux les plus communs à Madagascar et à Mayotte. Il porte chez les Antancars de la partie Nord-Ouest de la grande île Africaine le nom de Soucouréva. On le voit presque toujours dans les forêts ou dans les petits bosquets d’arbustes qui se trouvent en abondance dans ces îles. Ces oiseaux vivent soit par petites bandes de 6 à 8 individus, soit par couples. Ils sont très actifs et ne se méfient pas de l’homme. Leur chant est court, monotone et entremêlé à chaque instant des sons de tuuc-tuuc et truit-truit. En le faisant entendre, ils balancent leur queue et sautent de branche en branche. Ils préfèrent les endroits arrosés par des ruisseaux ou les bords des étangs, parce qu'ils aiment beaucoup à se baigner, pour se sécher ensuite sous l'ombre des feuilles échauffées par les rayons du soleil. Ils se nourrissent d'insectes, ainsi que de fruits et des grains de certains malvacées. La chair de ces oiseaux est très délicate et très recherchée par les blancs qui visitent parfois ces contrées. La ponte a lieu dans les premiers jours du mois d'Octobre, le nid est construit de petites racines très fines, d'herbes sèches et de mousse. Il est ordinairement placé dans les broussailles, à une hauteur de quatre à six pieds. Les oeufs ont à peu près la grandeur de ceux de notre merle: ils sont

tachetés de brun violet sur un fond blanc sale. Nous avons également observé cet oiseau à l’île Sainte-Marie, et M. Sclater dit que le Dr. Kirk l’a trouvé aux îles Anjuan et Mohély.

HYPSIPETES BORBONICA.

Merula borbonica, Brisson, Ornith., vol. IT, p. 293, pl. 24, fig. 3.

Cette espèce, très différente de l’Hypsipetes urovang, parait être propre à l’île de Bourbon.

Les détails suivants sont empruntés à deux mâles et deux femelles adultes, tués dans l’île de la Réunion.

Aile # pouces à 4 pouces 2 lignes. Queue 3 pouces 5 lignes à 4 pouces. Bec depuis le front, 8 lignes et demie à 9 lignes et demie; hauteur des deux mandibules près du front 3 lignes. Tarse 9 à 10 lignes. Doigt du milieu 7 lignes et demie.

Point de différence dans les teintes des deux sexes.

Bec et pieds rouge d'orange. Iris de l'oeil blanchâtre.

Plumes du dessus de la tête très lancéolées et, ainsi que celles des freins, d'un noir profond. Plumes du dessus du cou, du manteau, des épaules et de la partie antérieure du dos d’un gris foncé plus ou moins fortement lavé de vert, mais passant au brun vers le centre des plumes. Croupion et suscaudales d’un roux-brun jaunâtre. Ailes et queue brunes. Gorge, côtés de la tête et du cou d’un gris foncé. Jabot et poitrine d’un gris plus ou mois lavé de roux-brun jaunâtre. Cette dernière teinte occupe plus ou moins uniformément tous les côtés du tronc et les plumes des jambes; mais elle passe au blanc sur le milieu de la poitrine et du ventre. Souscaudales d’un roux blanchâtre, mais brunes vers leur centre. Sousalaires roussätres. Barbes internes des rémiges bordées de blanchâtre.

Il est bon de rappeler que les pennes caudales de ces oiseaux, vues en dessus et sous un certain jour, ont l'apparence d'offrir des bandelettes plus foncées que la teinte dominante. Ce trait avait déjà été observé par Brisson, quoique d’une manière incomplète.

Cette espèce qu'on a longtemps confondue avec son congénère l'Hypsipetes olivacea, ne parait se trouver que dans l’île de la Réunion, où elle était autrefois très commune. Actuellement, elle est limitée à une hauteur de 800 à 1200 mètres dans les montagnes. Quoiqu'elle se soit réfugiée dans ces lieux isolés, elle est néanmoins encore exposée à la poursuite des montagnards. Ces gens prennent ces oiseaux par centaines, soit à coups de fusil, soit avec de la glue. Ils les vendent aux habitants des villes, les premiers comme un mets délicieux, les autres pour être tenu en cage à cause de l'agrément de leur chant. (Cette espèce devient de jour en jour plus rare dans l’île de la Réunion, et il est à craindre que, semblable à d'autres animaux, elle aussi aura un jour disparu du globe par suite de la persécution acharnée qu'elle subit de certains habitants, même à

l'époque où la chasse est défendue. Certain créole de ma connaissance, en parlant de

la chasse de cet oiseau, me fit part que, dans les mois de Juillet et d’Août, c’est à dire dans la saison des amours, ces oiseaux sont très gras, et offrent un gibier des plus délicats; les montagnards disent que dans ces mois les merles sont si lourds qu’en tombant ils s'enterrent. A cette époque on ne peut cependant s’en procurer en nombre considérable, puisqu'ils sont silencieux, et ne font entendre que rarement de petits cris. Ils sont, par contre, maigres à une époque postérieure, c’est à dire celle où les petits commencent à voler; descendant alors tous à la lisière des bois, ne cessant de chanter et trahissant ainsi leur présence, ils offrent une chasse facile. Le chasseur, portant au dos, dans une cage pyriforme, un merle appelant, ils sy approchent étonnés et d’un air curieux et se laissent abattre à coups de fusil les uns après les autres. L’'Hypsipetes borbonicus est monogame et vit par couples, mais souvent on trouve plusieurs couples ensemble, ce que les montagnards nomment un carré de merles”. Ces oiseaux habitent les solitudes sauvages et silencieuses des montagnes couvertes de forêts. [ls se nourrissent en plus grande partie de fruits et rarement d'insectes. Îls sont plus particulièrement friands des fruits du Schmidelia integrifolia appelé pour cette raison, des créoles de l’île de la Réunion, bois de merle, ainsi que des fruits du Prockia theiformis, arbre connu dans ce pays sous le nom de Change-écorce. Suivant les montagnards, les merles nichent depuis le mois de Juillet jusqu’au mois de Décembre, ce qui fait supposer qu'ils font plus d'une ponte par an. Pour nicher, ils remontent très haut dans les montagnes, construisent un simple nid de petites racines et de mousse, le posent aux angles des rameaux sur les arbustes et les arbres peu élevés et ne pondent ordmairement que deux oeufs de la grosseur d’une noisette et d’un bleu pâle verdâtre. Le chant de ces oiseaux est assez agréable, varié et figuré. De temps en temps ils font entendre un cri plaintif et touchant, qui sert à s’entre-appeler.

HYPSIPETES OLIVACEA.

Jardine, Illustr. of Ornith., pl. 178. — Hartlaub, Madagascar, p. 44 (ex parte).

Cet oiseau remplace, dans l’île de Mauritius, l’Hypsipetes borbonica de l'ile de la Réunion. Il ressemble absolument, par ses teintes, à cette dernière espèce, mais 1l est d’une taille considérablement plus forte, son bec est beaucoup plus robuste, et il a l’inis de l'oeil d’un jaune ou brun rougeâtre vif, et non pas blanc.

M. le Professeur Alfred Newton a bien voulu nous prêter les deux individus tués, à Mauritius, par son frère, M. Edward Newton. Ces deux individus, quoique du même sexe, et d’une taille assez différente l’un de l’autre, présentent toutefois les caractères distinctifs de l'oiseau, en sorte que le plus petit d’entre eux offre toujours une taille considérablement plus forte et un bec beaucoup plus robuste que l'oiseau de la Réunion.

Voici, du reste, l'indication des dimensions de ces deux individus.

Individu mâle, de forte taille. — Aile 5 pouces 2 lignes. Queue 4 pouces 5 lignes. Bec, depuis le front, 11 lignes. Hauteur des deux mandibules près du front 4 lignes. Tarse 12 lignes. Doigt du milieu 9 lignes.

Individu mâle de taille moins forte que le précédent. — Aïle 4 pouces 8 lignes. Queue 3 pouces 9 lignes. Bec 10 lignes et demie.

Je trouve sur les étiquettes attachées à ces oiseaux les notices suivantes, écrites de la main de M. Edward Newton. Individu de forte taille: iris bright reddish yellow, feet yellow, beak yellow, claws black. Individu de petite taille: iris bright reddish brown, beak orange, claws dirty yellow; gizzard filled with the seeds of the Tandaman.

Cette espèce, origmaire de l’île Maurice, n’a jamais été observée par nous, ni à Madagascar, ni dans les autres îles adjacentes. Elle a les mêmes habitudes que son congénère, l'Hypsipetes borbonicus, et devient comme celui-ci de plus en plus rare dans sa patrie. C’est par erreur qu'on a énuméré cette espèce parmi les oiseaux de Madagascar; elle ne vient, en effet, que de l’île Maurice.

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