LANIUS MADAGASCARIENSIS
Linné, [, p. 187. — Lanius madagascariensis minor, Brisson. — Schetha madagascariensis, Lesson. — Dryoscopus madagascariensis, Bonaparte, Conspectus. — Calicalius madagascariensis, Bonaparte, Collection Delattre; Hartlaub, Madagascar, p. 50. — Hylophorba ruticilla, Sclater, Proc. Zool. Soc. London, 1865, p. 326, pl. 12 (jeune femelle).
Première rémige de moitié plus courte que la deuxième. Cinquième dépassant les autres.
Aile 2 pouces 4 lignes à 2 pouces 6 lignes; queue 1 pouce 8 lignes à 1 pouce 10 lignes; bec 4 à 5 lignes; tarse 7 lignes et demie à 8 lignes; doigt du milieu 4 lignes et demie à 5 lignes.
Iris de l'oeil brun. Bec noir. Pieds brunâtres.
Cet oiseau, encore très rare dans les collections ornithologiques, l’est également dans son pays natal. Sur les bords de la baie de Passandava où nous n'avons toutefois observé que quelques individus, :l est connu sous les noms de Titili-Tatéma et Vouroun-Benda. On le voit presque toujours en société de l’Artamia bicolor et quelquefois dans celle du Philepitta Schlegeli. Sa manière de vivre est à peu près la même que celle de l’Artamia bicolor, mais le cri qu'il fait entendre de temps en temps, a beaucoup de rapport avec celui de notre moineau. (Ce gentil oiseau est insectivore.
VANGA CURVIROSTRIS.
Collurio madagascariensis, Brisson. — Lanius curvirostris, Linné. — Tammnophilus
leucocephalus, Vieillot. — Vanga curvirostris, Cuvier. 13°
Cette espèce est très facile à reconnaître à ses teintes qui sont absolument les mêmes dans les deux sexes. Sa taille n’est pas non plus très variable, ainsi que le démontrent les mesures suivantes empruntées à seize individus de cet oiseau. Aile 8 pouces 10 lignes à 4 pouces 4 lignes; queue 3 pouces 410 lignes à 4 pouces 4 ligne; bec 12 lignes à 13 lignes et demie; tarse 12 lignes; doigt du milieu 8 lignes à 8 lignes et demie.
Elle a le bec noir, les yeux bruns et les pieds couleur de plomb.
Cette espèce porte, à Madagascar, le nom de Vanga ou Banga. Elle est dificile à observer parce qu'elle se tient toujours dans les forêts impénétrables, sur la cime des plus hauts arbres, et cachée parmi le feuillage. Pourtant elle n’est pas rare dans les contrées de la partie Nord-Ouest de Madagascar que nous avons explorées. Son fort cri sifflant s'entend de très loin, mais il est mélancholique et touche au coeur. L'oiseau prononce ce cri sifllant tu! tu! par intervalles, étant perché sur une branche de la cime d’un arbre très haut, ou bien en sautant d’une branche à l’autre pour chercher sa nourriture qui consiste principalement en coléoptères. Il arrive souvent qu’on entend cet oiseau siffler au dessus de la tête sans qu'on l’aperçoive, vu que ce sifflement fait l'effet de venir de loin. Le chasseur, ayant étudié ce phénomène, n’a qu’à imiter son cri pour le voir-descendre de branche en branche et, poussé par la curiosité, s'approcher jusqu’à bout portant du fusil. Ces oiseaux mènent une vie solitaire c’est à dire que chacun a son territoire de chasse dans la forêt. Si l’un de ces oiseaux siffle, les autres qui se trouvent dans le voisinage répondent à l'instant. Son cri rappelle celui de notre Emberiza citrinella, mais il est beaucoup plus fort.
VANGA DAMIE
Xenopirostris Damii et albifrons, Pollen (voir Schlegel, Contributions, 1. c., p. 82).
Comme il est parfaitement inutile d'adopter le genre Xenopirostris, nous rangeons cette espèce, avec le Vanga xenopirostris de Lafresnaye (Xenopirostris Lafresnayi, Bonaparte), dans le genre Vanga. Les Xenopirostris ne sont, en effet, que des Vanga’s à mandibule inférieure légèrement courbée vers le haut.
Le Vanga Dami se distingue des Vanga xenopirostris par sa taille moins forte, par son menton qu est blanc au lieu de noir, et par une distribution différente du gris sur les ailes.
Nous ne possédons de cette espèce que deux mâles, dont l'un est adulte et l’autre dans une livrée apparemment imparfaite.
L'adulte offre les caractères suivants. Aïle 4 pouces { ligne; pointe de l’aile 8 lignes et demie. Queue 2 pouces 9 lignes. Bec depuis le front 10 lignes; hauteur du bec 5 lignes et demie. Tarse 10 lignes. Doigt du milieu sans l’ongle 8 lignes. Pointe de l'aile très-courte; ailes très-arrondies; rémiges larges et arrondies; quatrième, cinquième
et sixième rémiges d’égale longueur et dépassant toutes les autres; pointe de la première sous l’aplomb de celle de la dernière des rémiges tertiaires. Iris de l'oeil brun. Bec d’un noir bleu; pieds couleur de plomb; mais ces teintes changent, après la mort, au noir. Toutes les plumes des parties inférieures avec les couvertures inférieures des ailes, ainsi qu'un collier entourant la nuque, d’un blanc pur; ce collier cependant est interrompu sur le milieu de la nuque, les plumes de cette partie étant noirs à leur extrémité. Dessus et côtés de la tête, les autres parties de la nuque jusque sur le manteau, le pli des ailes et les scapulaires antérieures d’un noir luisant tirant an bleu-vert. Les autres parties des ailes noires, mais toutes les plumes et pennes offrent des bords d'un gris foncé le plus souvent tellement larges que le noir est refoulé vers le centre où la partie basale des plumes. Dos et pennes caudales d’un gris foncé.
L'autre individu indiqué d’abord par M. Pollen sous l’épithète d’albifrons se distingue de celui que nous venons de décrire par les caractères suivants. Le devant du front les freins et les côtés de la tête, à l’exception du bord supérieur de la région des oreilles sont blancs; le blanc des parties inférieures est lavé de roux jaunâtre: le noir luisant est borné sur le dessus de la tête, et toutes les autres parties supérieures sont d’un gris cendré uniforme passant au noirâtre sur la barbe interne des rémiges du premier et second ordre. Aile 4 pouces 3 lignes et demie; pointe de l'aile 4 lignes. Queue 3 pouces 1 ligne. Bec depuis le front 41 lignes; hauteur du bec 5 lignes et demie. Tarse 11 lignes. Doigt du milieu 8 lignes.
Cette espèce a été découverte par mon ami et compagnon de voyage M. D. C. van Dam, le 9 Octobre 1864 dans les forêts qui avoisinent le village d’Ambassuana dans la partie Nord-Ouest de Madagascar. Elle très rare et mène une vie solitaire. On la voit le long de la lisière des bois chercher sa nourriture qui consiste en insectes. Dans l'estomac des deux individus tués se trouvaient des débris de coléoptères. Nous ignorons complétement les habitudes de cet oïseau ainsi que son nom indigène.
NEWTONIA BRUNNEICAUDA.
Erythrosterna (?) brunneicauda, A. Newton, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 180; E. Newton, Ibis, 1863, p. 347.
Ce petit oiseau, dont nous avons examiné une dizaine d'individus, ne rentre dans aucun des genres connus jusquà ce jour; du reste, il ne saurait faire partie de la famille des Muscicapae, ses ailes, semblables à celles du Calicalius et de la Damia, offrant une conformation très différente de celle des oiseaux de cette famille.
Aïles courtes, très arrondies. Première rémige de moitié plus courte que la deuxième. Cinquième ne dépassant guère la quatrième et la sixième. Rémiges primaires suivantes décroissant d’une manière peu sensible. Bec avec ses soies semblables à ce que l'on
observe dans la petite moucherolle d'Europe. Plaque du tarse d’une seule pièce. Point de différence dans les tentes du plumage des deux sexes.
Aile 4 pouce 10 lignes à 2 pouces; queue 1 pouce 6 lignes à 1 pouce 8 lignes; bec % lignes à 4 lignes et demie; tarse 7 lignes et demie à 8 lignes; doigt du milieu 4 lignes.
Iris de l'oeil d’un jaune clair. Bec noir. Pieds bruns.
Teintes du plumage très simples. Dessus d'un cendré olivätre passablement foncé. Rémiges et rectrices d’un brun noirâtre, avec un liséré d’un gris roussätre pâle. Dessous d'un blanc lavé, en avant du bas-ventre, plus ou moins de roussätre pâle.
Ce petit oiseau habite de préférence les forêts des paletuviers où il se tient sur les branches les plus élevées des arbres et parmi le feuillage le plus touffu, ce qui fait qu'il est difficile à observer. Par intervalles, il fait entendre, avec une forte voix, son cri monotone tuw!-tuwl!-tuw! Sa nourriture consiste en petits insectes notamment en diptères.
CORVUS SCAPULATUS.
Daudin; Schlegel, Notice sur le genre Corvus dans Bijdragen tot de Dierkunde, 4°, 1859, p. 2 et Muséum, Coraces, p. 3. — Corvus leuconotus, Swainson. — Corvus eurvirostris, Gould. — Corvus phacocephalus, Cabanis. — Corvus madagascariensis, Bonaparte.
Nous avons déjà constaté, 1. e., que les caractères assignés par les auteurs aux individus habitant les principales et différentes localités du cercle de répartition de l'espèce, sont purement accidentels et que les soi-disantes espèces établies en faveur de ces caractères n'existent que dans l'imagination de leurs créateurs.
Nous avons sous les yeux une vingtaine d'individus de cette espèce, dont: dix sont originaires de Madagascar et de l’île de Mayotte, les autres de l’Abyssinie, de la Nubie, de la Sénégambie, de la Côte d'Or et de l'Afrique australe.
L'espèce ne se trouve pas dans les îles Mascarennes.
Voici quelques détails sur les individus de Madagascar et Mayotte.
Aile 12 pouces à 13 pouces 6 lignes; queue 6 pouces 7 lignes à 7 pouces 7 lignes; bec 1 pouce 10 lignes à 2 pouces 1 ligne; tarse 1 pouce 11 lignes à 2 pouces 1 ligne; doigt du milieu 17 à 18 lignes.
Iris de l'oeil, bec et pieds noirs.
Cet oiseau est très commun dans les îles de Mayotte, Nossi-bé, Nossi-Bourrah et dans la partie Nord-Ouest de Madagascar, Il porte chez les indigènes de Madagascar le nom de Quagga ou Goaka. Il fréquente surtout les contrées habitées et les bords de la mer où il se nourrit de toute sorte de matières animales, qu'ils soient en putréfaction ou non, de grains, notamment de riz, ainsi que des fruits qu'il trouve à terre. A Mayotte et Nossi-bé on le voit surtout dans les abattoirs. Ces oiseaux ont aussi l’habitude de visiter, aux heures de flux et de reflux, la plage pour faire la chasse aux petits
crabes dont ils sont très friands. Se rendant, ainsi que le milan, très utiles, lés habitants de ces contrées voient avec mécontentement qu’on les tue, ce qui est même défendu à Mamouzon et à Nossi-bé. Ils vivent toujours en société et ce n'est qu'à l’époque de la propagation, commençant vers la fin d'Octobre, qu'on les rencontre par couples. Leur cri ressemble beaucoup à celui de notre freux. Ces oiseaux sont, du reste, comme leurs congénères, très rusés el distinguent très-bien le chasseur d’un homme sans armes. C'est la seule espèce de corbeau vivant dans les contrées que nous avons parcourues.
EURYSTOMUS MADAGASCARIENSIS.
Gray, Gen. of Birds; Hartlaub, Madagascar, p. 27; Schlegel, Muséum , Coraces, p- 145. — Coracias madagascariensis, Gmelin, 1, p.379: Buffon, PL. enl. 504. — Eurystomus violceus, Vieillot. — Coracias violaceus , Wagler. — Voir sur cet oiseau, Pollen, Mémoires scientifiques.
Cette espèce de Madagascar offre absolument les mêmes teintes que l'Eurystomus afer de l’Afrique occidentale, et ne s'en distingue que par sa taille considérablement plus forte.
Nous en avons examiné une vingtaine d'individus.
Aile 7 pouces 8 lignes à 7 pouces 11 lignes. Queue 3 pouces 41 lignes à 4 pouces 3 lignes. Bec 12 à 13 lignes. Tarse 7 lignes et demie à 8 lignes. Doigt du milieu 9 à 10 lignes.
Bec jaune. Pieds et iris de l'oeil bruns.
Nous avons souvent observé et tué ce bel oiseau dans l’île Malgache, surtout dans le voisinage des forêts de Syrangene. C'était plus particulièrement dans cet endroit que j'ai eu l’occasion d'étudier ses habitudes et ses moeurs. A Madagascar, il fréquente de préférence les contrées où les indigènes ont abattu et brulé une partie de la forêt, dans le but de semer leur riz. Dans ces lieux ouverts on voit presque journellement ces oiseaux perchés sur les branches d'un arbre mort, et on entend par intervalles leur cri fort et désagréable: sara-roc-roc-roc. C’est pour ce motif qu'ils sont connus chez les Antancars sous le nom de Sararoc, tandis que les Sakalaves leur donnent le nom de Fitili-varats, ce qui signifie oiseau de tonnerre, parce que ces oiseaux ne paraissent dans la partie occidentale de Madagascar que vers le commencement du mois d'Octobre, quand commencent les ouragans qui annoncent l’hivernage (mauvaise saison). Leur vol ressemble beaucoup à celui des bergeronnettes. En volant, ils ont l'habitude de ramener souvent leurs ailes contre le corps, ce qui leur donne l’air de se laisser tomber. On les voit souvent se réunir par groupes sur une branche morte, serrés les uns contre les autres; ils semblent alors être comme collés ensemble. C’est dans le mois d'Octobre que ces oiseaux nichent et pondent. Je suis certain de cela, parce que j'ai tué une fois, à la chasse, une femelle, qui était prête à pondre. En la préparant jy trouvai un oeuf hien développé de la grosseur de celui d’une petite poule de Bantam: il était d’un blane
pur. C'est à cette époque qu'on voit le mâle caresser sa femelle, semblable à ce que font les pigeons. Leur principale nourriture consiste en sauterelles, cigales, coléoptères, ainsi qu'en certains fruits et grains. Il est étonnant de voir avec quelle adresse cet oiseau s’élance d’une branche sur les insectes qu'il prend toujours au vol. La quanlité qu'il en dévore journellement, le range parmi les oiseaux très utiles. En captivité, il mange avec gourmandise le riz cuit, ainsi que des bananes. Je crois qu'on pourrait faire du Rolle un charmant oiseau de chambre; en l'élevant jeune et en lui coupant une partie du ligament de la langue, il apprendrait facilement à prononcer quelques mots et à siffler de petits airs. Toutefois, on ne pourrait guère le tenir en volière, car on m'a assuré qu'il tue les petits oiseaux avec lesquels ils se trouve. Lorsqu'il est blessé d’un coup de fusil, il se défend à coups de bec et, comme les hiboux, il lève en même temps les plumes du sommet de la tête et des oreilles. Ces oiseaux sont très actifs et font du matin au soir beaucoup de bruit par leurs croassements désagréables. Ils vivent par couples ou en petites bandes de 6 à 12 individus près des demeures des indigènes. Dans le Nord de Madagascar, tant à la Côte Ouest qu’à la Côte Est, ils n'arrivent jamais avant les premiers jours d'Octobre. A cette époque ils vivent par couples, nichent et pondent, et c’est vers ce même temps qu'ils visitent parfois l'ile de la Réunion. Il paraît par conséquent que cet oiseau habite depuis le mois de Mai jusqu’au mois d'Octobre l'intérieur de Madagascar, tandis qu'il se trouve, durant les mois d'Octobre jusqu'en Avril, sur les Côtes orientale et occidentale de cette île. Notre ami Jules Verger l’a observé à cette même époque dans les îles de Nossi-bé et Nossi-falie.
FREGILUPUS MADAGASCARIENSIS.
Cette espèce est devenu tellement rare à la Réunion qu'on n’en a pas entendu parler depuis une dizaine d'années. Elle a été détruite dans toutes les parties du littoral, même dans celles des montagnes peu éloignées de la côte. Des personnes dignes de foi m'ont cependant assuré qu’elle doit encore exister dans les forêts de l’intérieur, près de Saint-Joseph. Les vieux créoles que j'a consultés à ce sujet me disaient que, dans leur jeunesse, ces oiseaux étaient encore communs et qu'ils étaient tellement stupides qu’on les pouvait tuer à coups de bâton. Les créoles de l'île lui donnent le nom de Huppe. Ce n'est donc pas à tort qu'un habitant distingué de l’ile de la Réunion, M. A. Legras, s’exprimait sur cet oiseau dans les termes suivants: La huppe est devenue tellement rare qu’à peine nous en avons vu une douzaine dans nos pérégrinalions à la découverte des oiseaux; nous avons même eu la douleur d'en chercher vainement un spécimen dans notre Musée”.
HARTLAUBIA MADAGASCARIENSIS.
Bonaparte, Collect. Delattre, p. 9. — Merula madagascariensis, Brisson, Ornith., Ii, p. 274, pl. 25, fig. 1; Buffon, PI. enl. 557, fig. 1. — Saraglossa madagascariensis, G. R. Gray.
Le mâle de cet étourneau de Madagascar étant généralement connu, nous nous bornons ici aux détails suivants.
Iris de l'oeil et pieds bruns; bec noir.
Mesures prises sur seize individus. Aile 3 pouces 6 lignes à 4 pouces; queue 2 pouces À lignes à 2 pouces 10 lignes; bec 7 lignes et un quart à 8 lignes; tarse 7 lignes et demie à 9 lignes; doigt du milieu 7 à 8 lignes.
La femelle est ordinairement d’une taille un peu moins forte que le mâle. Dessus d'un brun-gris olivâtre, offrant de légers reflets métalliques sur les pennes des ailes et de la queue ainsi que sur les grandes couvertures alaires, et interrompue, sur la barbe externe de la partie basale des grandes rémiges, par une large bordure blanche. Dessous d’un brun grisätre passant, en partie et d’une manière irrégulière, au blanc sur le milieu du ventre et les couvertures inférieures de la queue. (Couvertures inférieures des ailes, à l'exception des extérieures, blanches.
Cette espèce qui porte dans la partie Nord-Ouest de Madagascar le nom de Vourountaniaombi, ce qui signifie oiseau de merde de boeuf, est commune dans ces lieux. On la rencontre par bandes de 6 à 12 individus, près de ces endroits qui sont visités par les boeufs, c’est à dire le long de la lisière des forêts qui environnent les plaines. Nous l'avons même tuée dans les arbres qui ombragent les villages tout près des demeures des indigènes. Ces oiseaux sont nullement farouches; ils se tiennent ordinairement dans la cime des arbres, où ils se perchent, l’un près de l’autre, sur les branches les plus extrèmes, ce qui fait qu'on tue souvent d’un seul coup de fusil une demie douzaine et davantage. Leur chant est peu varié, court et consiste dans des sons semblables à
ceux du chant de notre moineau. Leurs habitudes ressemblent également beaucoup celles de notre étourneau et ils vivent, comme eux, des larves d'insectes qui se trouvent en abondance dans les parcs aux boeufs. Leur chair est délicate, pourvu qu'elle soit bien assaisonnée. Nous ignorons leur manière de nicher. Cette espèce a également été observée par nous dans l’île de Nossi-falie, et par les naturalistes Newton, Roch et Lantz dans la partie orientale de la grande île Malgache.
FALCULIA PALLIATA.
Isid. Geoffroy de St. Hil. Magazin de Zoologie, 1836, pl. 49.
L'adulte de cet oiseau curieux étant suffisamment connu des naturalistes, nous nous
bornons à compléter son histoire par les détails suivants, empruntés à une vingtaine d'individus.
Aile 5 pouces 10 lignes à 6 pouces 8 lignes; queue 4 pouces à 4 pouces 2 lignes; bec 25 à 30 lignes; tarse 12 lignes et demie à 13 lignes et demie; doigt du milieu 10 lignes et demie à 41 lignes.
Iris de l'oeil brun foncé; bec bleuâtre; pieds couleur de plomb.
Les mâles offrent souvent un bec un peu plus grand que les femelles, mais il n'existe pas de différence des teintes suivant le sexe. Les jeunes ressemblent encore, sous ce dernier rapport, aux adultes, à cette exception près qu'ils ont les plumes du manteau et des épaules, ainsi que les couvertures alaires terminées par une large bordure blanche roussâtre. Le bec ne présente, au premier âge et même dans les individus qui viennent de quitter le nid, que la moitié de la longueur de celui des adultes.
Cet oiseau curieux n’est pas rare dans la partie Nord-Ouest de Madagascar et assez abondant dans les contrées situées entre Sjammanore et Syrangene, où il porte le nom de Vouroun-Zaza ce qui sigmfie oiseau-enfant. Les indigènes le nomment ainsi à cause de son eri, qui ressemble à la voie plaintive des jeunes enfants. Les Sakalaves lui donnent, pour cette même raison, le nom de Fitili-saicy. Ces oïseaux vivent en société, quelquefois par bandes composées chacune d’une vingtaine d'individus. Leur eri est tellement fort qu'on les entend de très loin. Parmi les différents sons qu’ils poussent, on en remarque un, qui ressemble beaucoup à la syllabe ”miaou”’ de nos chats. Si on a blessé un de ces oiseaux, il fait entendre de cris épouvantables et c’est alors que ous ses compagnons approchent sans méfiance, en poussant des cris croassants de très près du chasseur, afin de venir au secours de leur compagnon. On peut alors tuer successivement plusieurs individus de la bande; mais si le chasseur perd trop de temps à charger son fusil, ils s’éloignent à une distance assez considérable pour rendre leur poursuite inutile. Nous avons observé ces oiseaux, tantôt dans la cime des hauts arbres, tantôt dans les broussailles ou dans les entourages des parcs aux boeufs. Presque tous les individus que nous avons tués de cette espèce étaient excessivement sales. Ceci vient de ce qu'ils se posent sur les troncs d’arbres brulés, où ils se salissent les parties blanches du corps. La ponte a lieu dans les premiers jours du mois d'Octobre. Le nombre des petits est ordinairement de quatre; leurs parents les nourrissent encore longtemps après qu'ils ont quitté le nid. Le Vouroun-Zaza construit son nid grossier de petites branches d'arbre dont la plupart sont vertes; il a la forme de celui des pigeons, mais il est fait beaucoup plus solidement, et l’intérieur est garni de racines fines et d'herbe. Il est presque toujours placé dans l'endroit où l’arbre se divise en branches, ordinairement à une hauteur de 30 à 40 pieds. (Ces oïseaux se nourrissent d'insectes et principalement de larves de coléoptères. Nous avons tenu pendant plusieurs semaines des petits en cage, en les nourrissant avec de la viande crue et des oeufs durs;
mais ils moururent en languissant l’un après l’autre. Le vol de cette espèce ressemble beaucoup à celui de nos étourneaux. l’Espèce a été découverte par feu le savant botaniste Bernier dans la partie Nord-Est de Madagascar.